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Un grand « bang » juste après le décollage ne doit pas vous inquiéter : une ancienne hôtesse de Ryanair explique ce qui se passe réellement sous l’avion

Un gros « bang » juste après le décollage ? Pas de panique, c'est le train d'atterrissage qui se replie, explique une ancienne hôtesse de Ryanair

Un grand bruit métallique après le décollage, une impression de chute… au Royaume-Uni, une experte du secteur aérien rassure les passagers anxieux.

Interrogée par le média en ligne britannique LADbible pour le compte de la plateforme SlotsLV, une technicienne de maintenance aéronautique et ancienne membre d’équipage de cabine chez Ryanair, Kate Lynn, détaille ce qui se passe vraiment sous vos pieds dans les premières minutes de vol. Entre impression de « trou d’air » et gros « bang » venu du plancher, elle explique qu’il s’agit, dans la grande majorité des cas, de procédures parfaitement normales.

Pourquoi on a l’impression que l’avion « tombe » après le décollage

Pour de nombreux passagers, les minutes qui suivent le décollage sont les plus stressantes. L’appareil grimpe, les moteurs sont bruyants, le sol s’éloigne rapidement… puis soudain, cette sensation dans le ventre, comme si l’avion perdait brusquement de l’altitude.

C’est ce phénomène que décrit Kate Lynn. Selon elle, ce moment angoissant ne correspond pas forcément à une véritable chute de l’appareil. Elle explique que beaucoup de voyageurs interprètent mal les sensations physiques liées à la phase de montée.

Une fois la piste quittée, l’avion se trouve encore en « configuration décollage » : puissance maximale des moteurs, volets et becs de bord d’attaque sortis sur les ailes, attitude de montée assez prononcée. Tout cela est conçu pour assurer une forte portance et un maximum de sécurité à bas niveau.

Quelques instants plus tard, les pilotes enclenchent une transition vers la « configuration de montée ». Concrètement, ils :

  • réduisent la poussée des moteurs, en passant de la puissance maximale de décollage à une puissance de montée plus modérée ;
  • rentrent progressivement les volets et autres dispositifs hypersustentateurs ;
  • adaptent la trajectoire pour une montée plus régulière et plus économe en carburant.

Cette évolution simultanée de la poussée, du bruit ambiant et de l’assiette de l’avion peut perturber l’oreille interne. Le corps a alors la sensation d’un « creux » ou d’une perte de soutien, ce que de nombreux passagers traduisent comme un « l’avion descend d’un coup ».

La sensation de « chute » après le décollage correspond le plus souvent à la transition entre la configuration de décollage et la configuration de montée, pas à une réelle perte d’altitude.

Pourtant, comme le rappelle l’experte auprès de SlotsLV, l’appareil continue en réalité sa montée de façon tout à fait normale. C’est notre perception, et non la trajectoire de l’avion, qui donne cette impression de bascule.

Le gros « bang » sous vos pieds : le train d’atterrissage qui se replie

Autre gros facteur de frayeur : ce bruit sourd, parfois accompagné de légères vibrations, qui survient souvent dans la foulée du décollage. Les voyageurs les plus inquiets imaginent alors une pièce qui se détache, une soute qui lâche, ou un problème mécanique grave.

Kate Lynn explique que ce « bang » ou « clonk » est en réalité l’un des sons les plus banals d’un vol de ligne. Il s’agit tout simplement du train d’atterrissage qui se rétracte.

Sur un avion commercial, le train d’atterrissage est un ensemble volumineux et très lourd : roues, amortisseurs, tiges, vérins… Immédiatement après le décollage, une fois que l’appareil a quitté le sol et atteint une hauteur suffisante, les pilotes commandent son entrée dans le fuselage. Ce mouvement comporte plusieurs étapes, qui peuvent chacune générer un bruit distinct :

  • le retrait des jambes de train dans leur compartiment ;
  • la fermeture des trappes extérieures qui assurent l’aérodynamisme ;
  • le verrouillage du train en position rentrée, via des systèmes d’« uplocks » qui viennent le maintenir fermement.

C’est ce verrouillage final et la fermeture des trappes qui produisent souvent le fameux « gros bang » sous la cabine, notamment si l’on se trouve assis à proximité de la zone où se loge le train principal.

Le bruit sec entendu après le décollage est généralement le train d’atterrissage qui se replie et se verrouille, une opération indispensable pour permettre la vitesse de croisière.

Loin d’annoncer une défaillance, ce bruit est donc le signe que le système fonctionne comme prévu. Une fois le train entièrement rentré, l’avion offre moins de traînée, ce qui réduit la consommation de carburant et le bruit extérieur.

Pourquoi ces sons paraissent plus inquiétants qu’ils ne le sont

À bord, les passagers n’ont pas accès aux instruments ni aux informations détaillées que consultent les pilotes. Le cerveau se concentre alors sur ce qu’il peut analyser : les sons, les vibrations, les changements de poussée ressentis dans le siège.

Plusieurs facteurs transforment des bruits normaux en signaux d’alerte dans l’esprit des voyageurs anxieux :

  • l’environnement confiné, qui amplifie les sons mécaniques ;
  • la méconnaissance du fonctionnement d’un avion ;
  • la phase de décollage, souvent associée au plus grand risque dans l’imaginaire collectif ;
  • l’absence de repère visuel clair, surtout de nuit ou au-dessus des nuages.

Pour Kate Lynn, comprendre la logique de ces opérations change tout. Une fois que l’on sait à quoi correspondent ces bruits, l’attention se porte moins sur la peur et davantage sur l’observation. Elle souligne que ces éléments font partie de routines extrêmement encadrées par des procédures internationales et surveillées par les équipages.

Comment ces explications peuvent réduire l’angoisse en avion

La spécialiste, qui connaît à la fois la maintenance des appareils et le quotidien en cabine chez Ryanair, insiste auprès de LADbible sur l’impact psychologique de la pédagogie à bord. Selon elle, le simple fait de pouvoir anticiper les sensations à venir peut rendre un vol nettement plus serein.

Un passager prévenu sait ainsi que, quelques instants après le décollage :

  • le bruit des moteurs va diminuer, non pas parce qu’ils « tombent en panne », mais parce qu’ils passent en puissance de montée ;
  • une impression de « ventre qui se serre » peut survenir, liée au changement de poussée et à l’angle de montée ;
  • un ou plusieurs bruits sourds peuvent se faire entendre sous la cabine, au moment où le train rentre et se verrouille.

Pour une partie des voyageurs, associer ces événements à des procédures connues rassure davantage que d’entendre une simple formule générale du type « tout va bien ». L’information donne une impression de contrôle, même si, en réalité, tout se passe dans le cockpit et sous le plancher.

Ce qui se passe sur un vol au départ de la France

Les explications fournies par cette ancienne hôtesse de Ryanair valent aussi bien pour un vol au Royaume-Uni que pour un vol au départ de la France. Les avions de ligne européens respectent les mêmes grands principes d’exploitation, encadrés notamment par l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne, l’EASA.

Que l’on vole avec Air France, Transavia, easyJet, Ryanair ou une autre compagnie opérant en France, les grandes étapes restent donc comparables :

Moment du vol Action technique Ce que le passager perçoit
Juste après la rotation Montée en puissance continue, train encore sorti Forte accélération, bruit élevé des moteurs
Quelques secondes plus tard Commande de rentrée du train Vibrations légères, bruits mécaniques sous le plancher
Rentrée complète du train Fermeture des trappes, verrouillage des uplocks Gros « clac » ou « bang » au niveau du sol de la cabine
Transition vers la montée Réduction poussée, rentrée progressive des volets Baisse nette du bruit moteur, sensation de « décrochement »

En France, les compagnies peuvent proposer des formations spécifiques pour les personnes souffrant d’aérophobie, souvent en partenariat avec des psychologues ou des pilotes. Ces stages expliquent justement ces étapes techniques, parfois avec simulateur de vol à l’appui. Ils insistent sur le fait que les bruits et mouvements ressentis ne traduisent pas un danger, mais le déroulement normal d’un vol commercial.

Quelques repères utiles pour les passagers anxieux

Les propos relayés par LADbible et SlotsLV permettent aussi de rappeler certains repères concrets à garder en tête lorsqu’on appréhende un vol :

  • les avions de ligne subissent des contrôles techniques réguliers, bien plus fréquents que ceux d’une voiture ;
  • les équipages sont formés à reconnaître immédiatement un bruit ou une vibration anormale, ce que ne peut pas faire un passager ;
  • les procédures de décollage, de montée et de rentrée du train sont décrites avec une précision extrême dans les manuels des compagnies ;
  • les sons les plus impressionnants pour l’oreille d’un non-initié correspondent souvent à des systèmes de sécurité qui s’activent ou se verrouillent.

Savoir que le « bang » entendu près des ailes est lié au verrouillage du train d’atterrissage, ou que la baisse du bruit des moteurs fait partie d’une gestion normale de la poussée, peut transformer une frayeur en simple constat : l’avion suit son programme habituel.

Comprendre quelques termes techniques pour mieux vivre le vol

Certains mots utilisés par les professionnels méritent une explication simple. Le « train d’atterrissage », par exemple, désigne l’ensemble des roues et des structures de soutien qui permettent à l’avion de rouler, de décoller et d’atterrir. Une fois en l’air, ce train devient inutile et pénalise l’appareil sur le plan aérodynamique. D’où sa rétraction rapide après le départ.

Les « volets » et « becs » sont des surfaces mobiles situées à l’arrière et à l’avant des ailes. Ils augmentent la portance à basse vitesse, ce qui aide au décollage et à l’atterrissage. Pendant la montée, ils sont progressivement rentrés pour permettre une meilleure efficacité de l’aile à vitesse élevée. Là encore, ces mouvements peuvent générer des bruits et des vibrations perceptibles en cabine.

Pour un passager français qui prend souvent l’avion, connaître ces bases permet d’interpréter autrement ce qui se passe à bord. Face à un gros « bang » après le décollage, au lieu d’imaginer une avarie, on peut se dire qu’un élément lourd vient, tout simplement, de se ranger et de se verrouiller comme prévu.

Questions fréquentes

Pourquoi ai-je l'impression que l'avion « tombe » juste après le décollage ?

Cette sensation provient de la transition entre la configuration de décollage (puissance maximale, volets sortis, montée prononcée) et la configuration de montée (puissance réduite, volets rentrés, montée régulière). L'évolution simultanée de la poussée, du bruit et de l'assiette perturbe l'oreille interne, créant une impression de chute alors que l'avion continue sa montée normalement.

D'où vient le gros bruit métallique après le décollage ?

Ce bruit provient du train d'atterrissage qui se rétracte dans le fuselage et se verrouille. Ce sont notamment le verrouillage final et la fermeture des trappes extérieures qui produisent ce « bang » caractéristique, particulièrement audible si vous êtes assis près du train principal.

Est-ce que ces bruits et sensations signalent un problème mécanique ?

Non, ces bruits et sensations font partie des opérations tout à fait normales et encadrées par des procédures internationales. Le train qui se replie est même le signe que le système fonctionne correctement et permet à l'avion de réduire sa traînée pour la vitesse de croisière.

Ces explications s'appliquent-elles à tous les vols en Europe ?

Oui, tous les avions de ligne européens respectent les mêmes principes d'exploitation encadrés par l'EASA (Agence de l'Union européenne pour la sécurité aérienne). Que vous voliez avec Air France, Transavia, easyJet, Ryanair ou une autre compagnie en France, les grandes étapes restent comparables.

Comment réduire mon angoisse face à ces sensations ?

Comprendre à l'avance à quoi correspondent ces bruits et sensations permet de transformer votre appréhension en observation. Savoir que le bruit moteur diminue simplement parce que la puissance passe en montée, et qu'une sensation de ventre serré est liée au changement d'assiette, apaise davantage qu'une simple assurance générale.
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