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En Thaïlande, le séjour sans visa passe de 60 à 30 jours et près de 30 000 voyageurs ont été refoulés depuis janvier : les justificatifs à prévoir

En Thaïlande, le séjour sans visa passe de 60 à 30 jours et près de 30 000 voyageurs ont été refoulés depuis janvier : les justificatifs à prévoir

En Thaïlande, les contrôles aux frontières se durcissent et les séjours touristiques sans visa sont raccourcis, avec un impact direct sur certains voyageurs.

La Thaïlande serre la vis sur les entrées sur son territoire : selon le média suisse en ligne 20 Minuten, près de 30 000 personnes ont déjà été refoulées depuis le début de l’année 2026 et la période de séjour sans visa vient d’être réduite. Une évolution qui vise officiellement la criminalité et les abus de séjour, mais qui impose aussi aux touristes, y compris français, une préparation plus rigoureuse de leur voyage.

Près de 30 000 personnes refoulées aux frontières thaïlandaises

D’après les informations relayées par 20 Minuten, l’autorité thaïlandaise de l’immigration a annoncé sur Facebook que presque 30 000 voyageurs se sont vu refuser l’entrée dans le pays depuis le 1er janvier 2026. Les autorités mettent en avant deux objectifs : lutter contre le détournement des règles de visa et freiner la criminalité transfrontalière.

Depuis le début de l’année 2026, presque 30 000 voyageurs ont été renvoyés à la frontière thaïlandaise, un chiffre inédit pour une destination touristique de masse.

Les services de l’immigration thaïlandaise expliquent vouloir cibler :

  • les réseaux criminels, notamment certaines bandes de centres d’appels frauduleux,
  • les personnes travaillant illégalement dans le pays,
  • les voyageurs qui utilisent les séjours touristiques pour rester de manière prolongée sans visa.

Les contrôles se durcissent donc à l’arrivée, dans les aéroports comme aux frontières terrestres, avec des interrogatoires plus poussés sur la durée du séjour, les moyens financiers, l’hébergement et le billet de sortie du territoire.

Fin des 60 jours sans visa : retour à 30 jours maximum

Au cœur de ce tour de vis migratoire, un changement majeur : la durée du séjour sans visa. Après avoir relevé temporairement la période de dispense de visa à 60 jours en 2024, la Thaïlande opère un retour en arrière.

Pour tout séjour de plus de 30 jours, un visa est à nouveau obligatoire en Thaïlande. La parenthèse des 60 jours sans visa est refermée.

Concrètement :

  • Un séjour jusqu’à 30 jours reste possible sans visa pour les ressortissants de nombreux pays, dont la France.
  • Au-delà de 30 jours sur place, il faut désormais obtenir un visa adapté avant le départ (par exemple un visa touristique auprès de l’ambassade ou via un système en ligne lorsqu’il existe).
  • Les séjours longs, autrefois facilités par l’extension à 60 jours, deviennent donc plus encadrés.

Les touristes « classiques », qui partent pour deux ou trois semaines de vacances, ne verront pratiquement pas la différence. Les profils les plus touchés sont ceux qui enchaînent les mois en Thaïlande sans véritable statut de résident.

« Visa runners », hivernants et nomades numériques dans le viseur

Selon 20 Minuten, les autorités thaïlandaises ciblent notamment les « visa runners ». Il s’agit de personnes qui quittent brièvement la Thaïlande pour un pays voisin (Laos, Malaisie, Cambodge…), puis reviennent afin de bénéficier d’un nouveau tampon de séjour sans visa, et ainsi prolonger leur présence dans le pays.

Ce profil, tout comme les « hivernants » qui passent plusieurs mois sur les plages thaïlandaises et les nomades numériques travaillant à distance, se retrouve désormais exposé.

Les voyageurs qui enchaînent les séjours courts pour rester de fait plusieurs mois en Thaïlande risquent aujourd’hui un interrogatoire serré… et un refus d’entrée.

Les personnes les plus surveillées sont notamment :

  • celles qui n’ont pas de billet retour ou de preuve de sortie du territoire,
  • celles dont le budget sur place semble insuffisant aux yeux des agents,
  • celles qui ne peuvent pas montrer de réservation d’hébergement crédible,
  • celles qui multiplient les entrées-sorties en peu de temps.

Le journal suisse souligne que, d’après le quotidien Blick, il n’y aurait pas, à ce stade, de signalement massif de Suisses refoulés, même si les interrogatoires se sont déjà nettement intensifiés. Le principe vaut pour tous les voyageurs, y compris européens : un profil jugé douteux ou trop « limite » peut se voir interdire l’entrée, même sans antécédent particulier.

Les justificatifs à prévoir avant de partir en Thaïlande

Face à ces nouvelles pratiques, le ministère suisse des Affaires étrangères (EDA), cité par 20 Minuten, recommande aux voyageurs de se préparer de façon rigoureuse. Ces conseils valent en réalité pour tout touriste européen, Français compris.

Les autorités conseillent de voyager avec un dossier complet : passeport, billet de sortie, preuves d’hébergement et moyens financiers suffisants.

Plusieurs documents et éléments sont désormais quasi incontournables à l’arrivée :

  • Un passeport en cours de validité, couvrant entièrement la durée du séjour et souvent au-delà (les pays exigent fréquemment plusieurs mois de validité restante).
  • Un billet retour ou de continuation (par exemple un vol vers un autre pays d’Asie), permettant de prouver que vous ne comptez pas vous installer en Thaïlande.
  • Une preuve d’hébergement : réservation d’hôtel, de guesthouse ou contrat de location. Les agents peuvent demander les coordonnées précises du lieu d’hébergement.
  • Des moyens financiers suffisants : espèces, relevés ou cartes bancaires. Les autorités peuvent vérifier que vous pouvez subvenir à vos besoins sans travailler sur place.

Les voyageurs qui ne savent pas expliquer leur projet de séjour, hésitent sur la durée ou n’ont pas de plan clair d’hébergement s’exposent à des questions insistantes. Le ton des contrôles s’oriente vers une logique de filtrage, à la frontière entre coopération touristique et politique sécuritaire.

Exemple pratique : un séjour de deux mois

Un Français qui souhaite passer environ deux mois en Thaïlande ne peut plus compter sur un simple tampon de 60 jours sans visa comme en 2024. Il doit :

  • Soit réduire son séjour à moins de 30 jours.
  • Soit demander un visa touristique avant de partir, qui couvrira la durée réelle.
  • Soit organiser une combinaison séjour en Thaïlande + séjour dans un autre pays, en respectant scrupuleusement les durées autorisées et en anticipant les contrôles.
  • La stratégie du « je verrai sur place » devient risquée. Les nouvelles règles donnent une large marge d’appréciation à l’agent d’immigration au comptoir.

    Ce que cela change pour un voyageur français

    Pour un touriste français qui part deux ou trois semaines, rien ne change en apparence : l’entrée sans visa jusqu’à 30 jours reste possible. En revanche, la marge d’erreur se réduit pour certains profils :

    • Un backpacker sans billet retour, avec un budget limité et aucun plan d’hébergement concret, pourra être considéré comme suspect.
    • Un nomade numérique installant son activité en Thaïlande, sans visa de travail ni véritable statut, s’expose davantage à un refus d’entrée ou à des ennuis ultérieurs.
    • Un retraité qui aime « hiverner » plusieurs mois dans le pays devra désormais organiser un visa adapté.

    En France, les règles d’entrée pour les étrangers fonctionnent déjà sur cette logique : un agent de la police aux frontières peut exiger billet retour, justificatif d’hébergement et moyens de subsistance. La Thaïlande s’aligne progressivement sur ce type de dispositif, tout en ciblant les séjours touristiques répétitifs qui masquent, dans certains cas, du travail illégal ou des activités criminelles.

    Et en France, quelles règles pour les touristes étrangers ?

    La France, comme les autres pays de l’espace Schengen, applique elle aussi des règles strictes pour l’entrée des touristes extracommunautaires. Même si la situation est inversée par rapport à un Français se rendant en Thaïlande, les principes restent comparables :

    • Durée de séjour limitée pour les touristes sans titre de séjour (en général jusqu’à 90 jours sur 180 jours pour les titulaires de certains visas ou accords).
    • Contrôle de la justification du séjour : billet retour, réservation d’hôtel ou attestation d’accueil, ressources suffisantes.
    • Possibilité de refus d’entrée à la frontière si l’agent estime que les conditions ne sont pas remplies.

    Comme en Thaïlande avec l’immigration, la France s’appuie sur la police aux frontières, l’équivalent des services thaïlandais à l’arrivée à l’aéroport. Dans les deux cas, le droit d’entrée n’est jamais totalement automatique : même avec un passeport valide, le voyageur doit encore convaincre l’agent que son séjour respecte les règles.

    Pourquoi la Thaïlande durcit sa politique migratoire maintenant

    La Thaïlande reste l’une des destinations touristiques favorites des Européens. Ce succès attire aussi des activités moins avouables : certains réseaux criminels utilisent le pays comme base opérationnelle, d’autres s’y installent grâce à des allers-retours répétés avec un simple tampon de touriste.

    En raccourcissant la période de séjour sans visa et en multipliant les refus d’entrée, les autorités espèrent réduire :

    • les centres d’appels frauduleux opérant depuis le territoire,
    • le travail illégal dans les secteurs touristiques ou en ligne,
    • les séjours prolongés qui échappent à tout encadrement.

    Pour le voyageur régulier, ces mesures se traduisent par un changement d’état d’esprit : la Thaïlande n’est plus seulement une destination bon marché et accueillante, c’est aussi un pays qui contrôle plus fermement qui entre, pour combien de temps et avec quels moyens.

    Comment limiter le risque d’être refoulé à l’arrivée

    Un touriste français qui prépare sérieusement son séjour aura peu de chances de se voir refuser l’entrée, même avec ces nouvelles règles. Plusieurs précautions réduisent fortement le risque :

    • Réserver au moins les premières nuits d’hébergement et conserver les confirmations sur son téléphone ou imprimées.
    • Acheter un billet retour ou un billet de continuation crédible, avec une date cohérente avec la durée annoncée.
    • Prévoir des preuves de moyens financiers : cartes bancaires internationales, relevés récents, éventuellement espèces en complément.
    • Clarifier son projet de séjour : durée, itinéraire approximatif, activités prévues, sans évoquer de projet de travail sur place si aucun visa ne l’autorise.

    Pour les séjours longs ou répétés, passer par une demande de visa touristique ou d’un autre type de visa adapté devient désormais la solution la plus sûre. Cela évite de s’en remettre au bon vouloir d’un agent qui, face à des allers-retours multiples, peut soupçonner une volonté de résidence déguisée.

    Questions fréquentes

    Puis-je toujours entrer en Thaïlande sans visa ?

    Oui, pour un séjour jusqu'à 30 jours, les ressortissants français peuvent entrer sans visa. Au-delà de 30 jours, un visa est obligatoire et doit être obtenu avant le départ.

    Quels sont les documents que je dois absolument avoir à l'arrivée en Thaïlande ?

    Un passeport en cours de validité (avec plusieurs mois restants), un billet retour ou de continuation, une réservation d'hébergement avec coordonnées précises, et des justificatifs de moyens financiers (espèces, cartes bancaires ou relevés).

    Que se passe-t-il si j'arrive sans billet retour ou sans hébergement réservé ?

    Vous vous exposez à un interrogatoire serré et à un possible refus d'entrée, même si vous respectez la durée de 30 jours. Les agents ont une large marge d'appréciation pour juger votre profil de voyageur.

    Les « visa runners » peuvent-ils toujours sortir et revenir en Thaïlande ?

    Cette pratique est désormais fortement surveillance. Les autorités contrôlent les patterns d'entrées-sorties rapides et peuvent refuser l'entrée à une personne jugée suspect de vouloir contourner les règles de visa.

    Dois-je vraiment demander un visa pour un séjour de deux mois ?

    Oui, pour un séjour supérieur à 30 jours, un visa est obligatoire. Vous devez l'obtenir avant votre départ auprès de l'ambassade de Thaïlande ou via un système en ligne si disponible.
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