Au Portugal, beaucoup d’automobilistes pensent qu’allumer les feux de détresse en double file les met à l’abri d’une amende.
Le site d’actualité portugais a rappelé, à partir du Code de la route national, que cette pratique quotidienne dans les grandes villes, consistant à se garer en double file avec les feux de détresse allumés en restant au volant, reste une infraction. Une clarification précieuse, alors que nombre de conducteurs au Portugal continuent de croire au fameux « bouton de l’impunité ».
Le mythe du « je reste au volant, donc je suis dans mon droit »
Dans de nombreuses rues portugaises, la scène se répète : un conducteur s’arrête en double file, enclenche les feux de détresse, reste derrière le volant et estime être protégé d’une contravention. L’idée est simple : tant que le moteur tourne et que la voiture est « prête à repartir », il ne s’agirait pas vraiment d’un stationnement.
Le média portugais rappelle pourtant que le Code de la route du pays est très clair : le fait de rester dans le véhicule, moteur allumé, ne change rien à la qualification de l’arrêt. La police peut sanctionner, même si le conducteur affirme qu’il « attend juste quelqu’un deux minutes ».
S’arrêter en double file, même quelques instants, reste en pratique un stationnement interdit, que le conducteur soit dedans ou non.
À l’origine de cette confusion : un mauvais usage des termes « paragem » (arrêt) et « estacionamento » (stationnement) définis dans le Code de la route portugais, proche dans son esprit du Code de la route français.
Ce que dit précisément le Code de la route portugais
Arrêt : un temps très court, pour un motif précis
Le texte cité par le média portugais rappelle qu’au Portugal, la « paragem » correspond à l’immobilisation du véhicule pour une durée strictement nécessaire à deux types d’actions :
faire monter ou descendre des passagers ;
charger ou décharger rapidement des bagages.
Dès que l’immobilisation dépasse ce cadre très limité ou qu’elle n’a pas de lien direct avec ces opérations, on sort de la notion d’arrêt pour entrer dans celle de stationnement.
Stationnement : avec ou sans occupants, peu importe
Le Code de la route portugais précise, dans son article 48, que le stationnement est l’immobilisation d’un véhicule, avec ou sans occupants, qui ne constitue pas un simple arrêt et qui n’est pas due à une circonstance liée à la circulation (embouteillage, feu rouge, accident devant soi…).
En droit portugais, la présence du conducteur au volant ne suffit pas à qualifier une immobilisation de « simple arrêt ».
Résultat : lorsqu’un automobiliste se met en double file pour « quelques minutes » en attendant quelqu’un, il est considéré comme stationné, même s’il garde les mains sur le volant et le pied près de la pédale de frein.
La double file : une pratique explicitement interdite au Portugal
L’article 49 du Code de la route portugais est sans ambiguïté : le stationnement en double file y est expressément interdit. Cette interdiction vaut dans tous les cas, que le conducteur se trouve à l’intérieur ou à l’extérieur du véhicule.
Le texte souligne que cette pratique réduit la largeur de la chaussée, gêne la circulation et peut forcer les autres véhicules à dévier leur trajectoire ou à ralentir brutalement. Elle augmente aussi les risques de choc latéral ou d’accrochage, en particulier dans les rues étroites.
Les autorités portugaises considèrent donc qu’il ne s’agit pas d’une simple commodité urbaine, mais bien d’un comportement dangereux, qui justifie une amende parfois salée.
« Juste quelques secondes » : pourquoi cela reste risqué
Le média portugais pose ensuite la question que se posent tous les conducteurs : qu’en est-il d’un arrêt de quelques secondes, uniquement pour faire monter ou descendre un passager ?
Le Code de la route du Portugal autorise théoriquement cet arrêt, à une condition stricte : il ne doit pas perturber la circulation ni gêner les autres usagers. Or, en double file, cette condition est rarement remplie.
En double file, le véhicule occupe une voie de circulation, réduit l’espace disponible et oblige souvent les autres conducteurs à se déporter.
La probabilité que cet arrêt constitue une infraction reste donc élevée. L’argument du « cela n’a duré que cinq secondes » perd alors largement sa force face à la police routière, surtout en cas de perturbation visible du trafic.
Les feux de détresse : un usage souvent détourné
Un signal réservé à l’urgence
Au Portugal, comme en France, les feux de détresse – les « quatre clignotants » – n’ont pas pour vocation d’indiquer que l’on va se garer n’importe où, ni de justifier une double file improvisée. Le média rappelle que leur usage normal consiste à signaler :
une panne ou une avarie du véhicule ;
un danger immédiat sur la chaussée ;
une situation exceptionnelle nécessitant une vigilance accrue des autres usagers.
Ils ne créent aucun « droit spécial » de s’arrêter en infraction, que ce soit sur un passage piéton, en double file ou devant une intersection.
Le « bouton de l’impunité » n’existe pas
Le média portugais insiste sur cette idée : beaucoup d’automobilistes se persuadent qu’en allumant les feux de détresse, ils signalent suffisamment leur présence pour être tolérés. Or, ni le Code de la route portugais ni celui d’autres pays européens ne prévoient un tel passe-droit.
Les feux de détresse ne transforment pas une manœuvre interdite en stationnement légal ; ils informent seulement d’une anomalie.
En pratique, activer ses feux de détresse tout en bloquant une voie peut même aggraver la perception de la faute, en montrant que le conducteur avait conscience de la gêne créée.
Portugal : combien coûte l’amende pour la double file ?
Le média portugais rappelle que s’arrêter ou stationner en double file constitue une infraction passible d’une amende. Selon la gravité de la gêne et le contexte (densité du trafic, lieu précis), la coima – le terme portugais pour contravention – se situe entre 60 et 300 euros.
Type de situation
Conséquences possibles au Portugal
Double file de courte durée sans forte gêne apparente
Amende dans le bas de la fourchette (à partir de 60 €)
Double file créant un ralentissement visible
Amende pouvant monter nettement, jusqu’à plusieurs centaines d’euros
Double file en zone à visibilité réduite ou près d’un carrefour
Risque de contrevention grave et perte de points sur le permis
Le risque augmente fortement lorsque la double file se situe à proximité d’un carrefour, dans un virage ou dans une zone de visibilité limitée. Dans ces cas, l’infraction peut être classée comme grave, avec à la clé une perte de points sur le permis de conduire portugais.
Quelle est la règle en France pour la double file ?
Le Code de la route français adopte la même philosophie que le Portugal. En France, il distingue également arrêt et stationnement :
l’arrêt : véhicule immobilisé le temps de faire monter ou descendre un passager ou de charger/décharger rapidement ;
le stationnement : véhicule immobilisé pour une durée plus longue, sans lien direct avec ces opérations.
Comme au Portugal, le fait de rester au volant, moteur en marche, ne change rien à la nature de l’infraction. Une voiture en double file qui gêne la circulation peut être verbalisée, même si le conducteur affirme qu’il ne fait « qu’attendre deux minutes ».
Les feux de détresse n’autorisent pas non plus la double file en France. Ils servent, là encore, à signaler une panne ou un danger immédiat, pas à prévenir les autres usagers que l’on empiète sur une voie de circulation.
Pour un conducteur français, retenir une chose : double file égale gêne potentielle, et donc risque de verbalisation, même avec les feux de détresse.
Les montants précis des amendes en France dépendent de la qualification exacte (arrêt gênant, stationnement très gênant, etc.), mais la logique reste identique à celle appliquée au Portugal : la double file n’est tolérée qu’à titre très exceptionnel, et jamais lorsque la circulation est perturbée.
Comment faire alors pour déposer ou récupérer quelqu’un ?
Dans les grandes villes, la tentation de la double file vient souvent du manque de places disponibles devant les écoles, les gares ou les commerces. Au Portugal comme en France, la solution la plus sûre consiste à anticiper :
identifier une place de stationnement autorisée à proximité, même si elle oblige à marcher quelques dizaines de mètres ;
prévenir la personne à déposer ou récupérer pour limiter la durée d’immobilisation ;
éviter les zones à forte circulation, les carrefours et les lieux à visibilité réduite.
Certains pays, dont la France, mettent parfois en place des zones de « dépose-minute » autour des gares ou des établissements scolaires. Lorsqu’elles existent, ce sont ces zones qui doivent être privilégiées, et non la file de circulation elle-même.
Feux de détresse, double file : les risques concrets en cas de mauvaise habitude
Au-delà de l’amende, les conducteurs portugais et français s’exposent à plusieurs risques cumulatifs lorsqu’ils banalisent la double file avec les feux de détresse :
blocage de la circulation, pouvant créer un effet bouchon en quelques minutes ;
manœuvres brusques des autres véhicules pour contourner l’obstacle ;
stress et agressivité au volant dans une file déjà dense ;
responsabilité aggravée en cas d’accident, si la double file a contribué au danger.
Un simple « arrêt rapide » peut alors déclencher une chaîne de réactions imprévisibles, bien éloignées de la commodité initialement recherchée. Pour un automobiliste français lisant cet article, le message venu du Portugal résonne de façon très familière : rester au volant avec les feux de détresse en double file n’a rien d’un droit, c’est une habitude risquée, sanctionnée par les codes de la route des deux pays.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Peut-on rester en double file quelques secondes si on garde les feux de détresse allumés?
Non. Au Portugal comme en France, les feux de détresse ne créent aucun droit spécial de s'arrêter en infraction. Rester en double file, même quelques secondes, reste une infraction passible d'amende.
Quelle est la différence entre un arrêt et un stationnement au Portugal?
L'arrêt est l'immobilisation brève et nécessaire pour faire monter ou descendre des passagers ou charger/décharger rapidement des bagages. Le stationnement est toute autre immobilisation prolongée, avec ou sans conducteur à bord.
Quel est le montant de l'amende pour double file au Portugal?
L'amende varie entre 60 et 300 euros selon la gravité de la gêne et le contexte. En zone à visibilité réduite ou près d'un carrefour, l'infraction peut être grave et entraîner une perte de points sur le permis.
La présence du conducteur au volant change-t-elle la qualification de l'infraction?
Non. Le Code de la route portugais précise que la présence du conducteur au volant ne suffit pas à qualifier une immobilisation de simple arrêt; elle reste donc une infraction de stationnement.
À quoi servent réellement les feux de détresse?
Les feux de détresse signalent une panne, une avarie, un danger immédiat ou une situation exceptionnelle. Ils n'autorisent jamais un stationnement ou un arrêt en infraction.