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Ana Luzón, experte en nutrition : « Voir des sucres sur l’étiquette ne veut pas dire que le produit contient du sucre ajouté »

Femme consultant une étiquette de yaourt au supermarché, comparant les ingrédients et le tableau nutritionnel avant de faire son choix.

En Espagne, la nutritionniste Ana Luzón détaille sa méthode pour choisir un yaourt sans se perdre dans des comparaisons complexes.

Interrogée par le média espagnol El Español, l’experte en nutrition et diététique Ana Luzón explique comment elle choisit ses yaourts au supermarché. Loin des modes et des promesses marketing, elle décrit une stratégie simple, centrée sur les ingrédients, pour repérer les produits réellement intéressants sur le plan nutritionnel, qu’ils soient à base de lait ou de soja.

Un message clé : « sucres » ne veut pas dire « sucre ajouté »

Ana Luzón commence par un point qui prête souvent à confusion : la mention « sucres » dans le tableau nutritionnel. Pour beaucoup de consommateurs, cette ligne est synonyme de sucre ajouté. Pour elle, c’est une erreur fréquente.

Voir « sucres » dans le tableau nutritionnel signifie qu’il y a des sucres, mais pas forcément qu’on a ajouté du sucre. La lait contient naturellement du lactose, qui est un sucre.

Elle rappelle que le lait renferme du lactose, un sucre présent naturellement. Un yaourt nature, même sans sucre ajouté, affichera donc des grammes de « sucres » sur l’étiquette, simplement à cause de ce lactose.

Pour faire la différence entre sucres naturellement présents et sucres ajoutés, elle adopte un réflexe systématique : aller directement à la liste des ingrédients. Si l’on y trouve du « sucre », du « sirop » ou d’autres formes sucrantes, il s’agit bien de sucres ajoutés. S’ils n’apparaissent pas, la présence de « sucres » dans le tableau vient seulement du lait ou de l’ingrédient principal.

Une liste d’ingrédients la plus simple possible

Pour ses propres achats, Ana Luzón indique qu’elle ne « se complique pas trop » lorsqu’elle achète des yaourts. Elle privilégie les yaourts nature, grecs ou parfois de soja. Mais avant de les mettre dans son panier, elle vérifie deux choses.

Yaourt nature : deux ingrédients suffisent

Pour un yaourt nature, sa référence est très claire.

Dans un yaourt nature, le plus courant est de trouver quelque chose d’aussi simple que du lait et des ferments lactiques. C’est exactement ce que je recherche.

Elle ne considère pas qu’une liste d’ingrédients plus longue rend automatiquement le produit « mauvais ». Elle insiste plutôt sur la proportion : si elle achète un yaourt, elle veut que l’essentiel du produit reste du lait et des ferments.

Cette approche permet de limiter les additifs, arômes, édulcorants ou épaississants souvent ajoutés aux produits laitiers aromatisés ou présentés comme « gourmands » ou « light ».

Lait de vache, de chèvre ou de brebis : une question de goût

La technicienne en nutrition rappelle que le type de lait n’est pas en soi un gage de qualité supérieure.

Que le lait soit de vache, de chèvre ou de brebis ne rend pas le yaourt automatiquement meilleur ou pire. Pour moi, cela a surtout à voir avec le goût et mes préférences.

Elle souligne par exemple que les yaourts de chèvre ont souvent une saveur plus acide et marquée. Selon elle, le choix se fait donc d’abord sur le palais, et non sur une prétendue hiérarchie nutritionnelle entre espèces animales.

Alternatives végétales : soja, calcium et vitamines

Ana Luzón consomme aussi des yaourts de soja. Là encore, elle applique la même logique de simplicité.

Elle recherche d’abord un produit où le premier ingrédient est la soja, accompagné d’eau et de ferments. Puis elle prête attention à un point en particulier si elle utilise ce produit à la place d’un yaourt laitier au quotidien.

Si je le consomme régulièrement comme alternative au yaourt de lait, je préfère qu’il soit enrichi en calcium et, si possible, en vitamine B12 et en vitamine D.

Elle précise que ce n’est pas parce qu’un produit contient beaucoup de vitamines et de minéraux qu’il devient automatiquement « sain ». Son intérêt, ici, est spécifique : ces nutriments rapprochent davantage l’alternative végétale d’un produit laitier sur le plan nutritionnel, surtout pour les personnes qui réduisent ou suppriment les produits animaux.

Elle ajoute toutefois qu’il n’est pas nécessaire de copier à l’identique la composition d’un yaourt au lait. L’essentiel, selon elle, consiste à savoir ce que l’on achète et à quoi il va servir dans l’alimentation globale.

Protéines et graisses : arrêter la course au chiffre parfait

L’experte espagnole invite aussi à relativiser l’obsession pour certains chiffres, comme les protéines ou la teneur en matières grasses, surtout dans le cas des yaourts simples.

Protéines : éviter le « concours » inutile

Elle reconnaît que l’on peut regarder la quantité de protéines, notamment pour comparer des produits très différents. Mais pour ses yaourts habituels — nature, grecs ou de soja — ce n’est pas ce qui la préoccupe le plus.

Les différences existent, mais je n’ai pas besoin de transformer l’achat du yaourt en concours pour voir lequel a le plus de protéines.

Elle met ainsi en garde contre une vision trop comptable de l’alimentation, où chaque produit serait jugé uniquement à l’aune d’un nutriment isolé, au détriment de la globalité du régime alimentaire et du plaisir de manger.

Graisses : entier, demi-écrémé ou allégé, tous ont leur place

Concernant la graisse, son discours va dans le même sens. Elle ne commence pas par ce critère. Pour elle, un yaourt entier, écrémé ou intermédiaire peut tout à fait s’intégrer dans une alimentation équilibrée.

Pour moi, il a bien plus de sens de choisir selon mes préférences et l’usage que je vais en faire que de chercher systématiquement la version la plus maigre.

Elle prend ainsi le contre-pied des réflexes qui consistent à privilégier automatiquement les versions « 0 % » sans tenir compte du goût, de la satiété ni du reste du repas.

Sa méthode au supermarché : simplicité et cohérence

Au final, Ana Luzón décrit une démarche volontairement simple lorsqu’elle arrive au rayon des yaourts.

Je choisis le type de yaourt que je veux, puis je regarde l’étiquette pour vérifier ce qu’il contient : nature, grec ou de soja, sans sucres ajoutés et, si possible, avec une liste d’ingrédients simple.

Elle insiste sur le fait qu’elle n’a pas besoin de savoir quel produit contient exactement « 2 grammes de protéines en plus ou 3 grammes de graisse en moins » pour prendre une bonne décision. À ses yeux, bien acheter signifie parfois ne pas compliquer le choix au-delà du raisonnable.

Les critères qu’elle regarde en priorité

  • Type de produit : yaourt nature, grec ou de soja.
  • Présence ou non de sucres ajoutés (vérifiée dans la liste d’ingrédients).
  • Liste d’ingrédients courte et claire.
  • Pour les alternatives végétales : enrichissement en calcium, éventuellement en vitamines B12 et D.
  • Texture et goût adaptés à l’usage prévu (dessert, collation, cuisine).

Comment un consommateur français peut s’y retrouver

En France, la logique reste la même, même si l’étiquetage suit les règles européennes. Les yaourts doivent afficher un tableau nutritionnel et une liste d’ingrédients. La mention « glucides » dont « sucres » inclut à la fois les sucres naturellement présents (lactose, fructose, etc.) et les sucres ajoutés.

Où regarder ? Ce que cela indique
Tableau nutritionnel (ligne « dont sucres ») Quantité totale de sucres par 100 g, naturels + ajoutés
Liste d’ingrédients Présence éventuelle de sucre, sirop, miel, jus concentré, etc.

Un lecteur français peut donc appliquer exactement la méthode décrite par Ana Luzón : utiliser le tableau pour avoir une idée de la quantité totale, mais vérifier la nature de ces sucres dans la liste d’ingrédients. Les mentions « yaourt nature », « yaourt brassé », « yaourt grec » ou « spécialité laitière » ont aussi leur importance, car certaines « spécialités » ne répondent pas à la définition stricte du yaourt et comportent davantage d’additifs.

En France comme en Espagne, les alternatives végétales au yaourt se multiplient : soja, amande, coco, avoine… Les autorités sanitaires recommandent, lorsque ces produits remplacent régulièrement les laitages, de tenir compte de leur enrichissement éventuel en calcium, puisque ces boissons ou desserts végétaux n’en contiennent pas naturellement dans les mêmes proportions que le lait.

Ce que la méthode d’Ana Luzón change dans la pratique

L’approche défendue par la nutritionniste espagnole privilégie la compréhension de l’étiquette à la place du simple marketing en façade. Elle invite à regarder ce que l’on consomme réellement, sans tomber dans une chasse obsessionnelle au « parfait » yaourt.

Elle montre aussi que l’on peut concilier santé et réalisme : choisir des produits simples, adaptés à ses goûts, vérifier quelques critères clés, puis arrêter de se focaliser sur chaque gramme de nutriment. Cette attitude limite le stress lié à l’alimentation, tout en améliorant progressivement la qualité du contenu du frigo.

Pour un consommateur, adopter cette méthode revient à garder quelques repères en tête : peu d’ingrédients, pas de sucres ajoutés pour un yaourt nature, un éventuel enrichissement pertinent pour les alternatives végétales, et un choix de matière grasse en fonction du plaisir et de l’usage, plutôt que d’une peur automatique de la graisse.

Questions fréquentes

Pourquoi un yaourt nature sans sucre ajouté affiche-t-il du sucre sur l'étiquette?

Parce que le lait contient naturellement du lactose, un sucre. Cette présence de lactose est donc visible dans le tableau nutritionnel même sans ajout de sucre, d'où l'importance de vérifier la liste des ingrédients pour confirmer l'absence de sucre ajouté.

Comment reconnaître les sucres ajoutés dans un yaourt?

En consultant la liste des ingrédients: si on y trouve les termes « sucre », « sirop » ou d'autres formes sucrantes, il s'agit de sucres ajoutés. S'ils n'apparaissent pas, la présence de sucres dans le tableau provient uniquement du lait ou de l'ingrédient principal.

Quel est le nombre d'ingrédients idéal pour un yaourt nature?

Ana Luzón recommande une liste aussi simple que possible. Pour un yaourt nature, deux ingrédients suffisent: lait et ferments lactiques. L'essentiel est que le produit reste composé majoritairement de lait et de ferments, limitant ainsi les additifs, arômes et épaississants.

Les yaourts de soja constituent-ils une bonne alternative au yaourt laitier?

Oui, à condition que le premier ingrédient soit le soja et que le produit soit enrichi en calcium et, si possible, en vitamines B12 et D. Cet enrichissement permet à l'alternative végétale de se rapprocher davantage du profil nutritionnel d'un yaourt au lait.

Faut-il privilégier les yaourts riches en protéines ou pauvres en graisses?

Selon Ana Luzón, non: il n'est pas nécessaire de transformer l'achat du yaourt en « concours » pour comparer les nutriments. Un yaourt entier, demi-écrémé ou allégé peut s'intégrer dans une alimentation équilibrée; le choix doit d'abord tenir compte du goût personnel et de l'usage prévu.
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