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Un V12 de 630 ch, 45 cm de garde au sol et jusqu’à 208 000 euros : cette Classe G Maybach ne quittera jamais le bitume

Présentée en 2017, cette Mercedes-Maybach mêle des capacités de franchissement extrêmes à un niveau de confort conçu pour la route.

Ce véhicule hors norme a été dévoilé en Suisse, au Salon de Genève, en mars 2017. Les informations techniques reprises ici proviennent de Mercedes-Benz : la G 650 Landaulet pousse très loin le contraste entre l’architecture rustique de la Classe G et l’univers luxueux de Maybach.

Un tout-terrain conçu pour ne pas quitter les allées privées

Sur le papier, la Mercedes-Maybach G 650 Landaulet possède l’équipement d’un franchisseur sérieux. Sa garde au sol atteint 450 mm, soit 45 cm. Elle reçoit des essieux portiques, une boîte de transfert avec gamme courte et trois blocages de différentiel à 100 %.

Dans les faits, ce modèle n’a sans doute jamais été pensé pour les pistes difficiles. Mercedes-Maybach n’en a construit que 99 exemplaires. À ce degré de rareté, chaque voiture devient un objet de collection. Ses propriétaires ont bien plus de raisons de préserver la carrosserie que de la confronter aux pierres, à la boue ou aux passages étroits.

La G 650 Landaulet associe une garde au sol de 45 cm et des équipements de franchissement à un habitacle arrière de limousine.

Le véhicule mesure 5,35 mètres de long et 2,235 mètres de haut. Son empattement atteint 3 428 mm, après un allongement de 57,8 cm par rapport à la base utilisée. Cette modification répond avant tout à un impératif : dégager suffisamment d’espace pour installer deux vastes sièges arrière, bien loin de l’aménagement habituel d’un véhicule destiné au tout-terrain.

Les essieux portiques, la pièce maîtresse du dispositif

La hauteur spectaculaire de la G 650 Landaulet ne vient pas seulement de ses jantes de 22 pouces et de ses pneus 325/55 R22. Elle repose surtout sur ses essieux portiques, une technique reprise de la G 500 4×4² et de la G 63 6×6.

Un système qui éloigne les organes mécaniques du sol

Avec ce dispositif, l’axe des roues ne se situe pas au même niveau que celui de l’essieu. Des réducteurs placés près des moyeux permettent de surélever l’ensemble du châssis. Les éléments mécaniques les plus exposés se retrouvent ainsi plus loin du sol.

Cette architecture apporte aussi une démultiplication supplémentaire. Elle aide à transmettre davantage de couple aux roues à très faible vitesse, un avantage utile lorsqu’un véhicule doit monter un obstacle ou progresser sur un terrain meuble. C’est une solution technique efficace, mais coûteuse et complexe, rarement associée à une automobile de luxe.

  • Garde au sol : 450 mm.
  • Hauteur totale : 2,235 mètres.
  • Empattement : 3 428 mm.
  • Jantes : 22 pouces.
  • Production : 99 exemplaires.

Un V12 biturbo pour déplacer un colosse

Sous le capot, Mercedes-Maybach a installé un V12 biturbo de 6,0 litres développé par Mercedes-AMG. Ce moteur délivre 463 kW, soit 630 ch, ainsi qu’un couple de 1 000 Nm. Une boîte automatique 7G-Tronic Speedshift à sept rapports transmet cette force aux quatre roues.

Un tel moteur ne transforme pas forcément ce grand véhicule en machine sportive. Il lui permet surtout de conserver de l’aisance malgré son gabarit, ses équipements et son architecture renforcée. Le couple disponible très tôt constitue aussi un atout pour le franchissement, où l’on recherche une progression lente, régulière et maîtrisée.

La G 650 Landaulet conserve donc des éléments attendus sur un tout-terrain : gamme courte, réduction adaptée aux évolutions lentes et blocages de différentiel. Lorsqu’un différentiel est bloqué, les roues concernées tournent à la même vitesse. Ce fonctionnement peut aider à conserver de la motricité lorsqu’une roue perd son adhérence.

À l’arrière, une Classe S à ciel ouvert

La singularité de ce modèle se trouve surtout dans son habitacle. Les passagers arrière bénéficient de sièges First-Class issus de la Classe S. Ils disposent de réglages électriques, d’une position allongée, de repose-mollets et d’une fonction de massage ENERGIZING.

Chacun profite aussi d’un écran de 10 pouces. La console centrale intègre des tablettes rabattables, une commande de climatisation dédiée et des porte-gobelets capables de maintenir une boisson au chaud ou au frais. Une vitre de séparation électrique peut devenir opaque sur commande afin d’isoler l’arrière du poste de conduite.

Le principe du landaulet

Le terme landaulet désigne une carrosserie dont la partie arrière peut s’ouvrir, tandis que le conducteur reste sous un toit fixe. Sur la G 650, le toit en toile s’ouvre électriquement au-dessus des deux passagers arrière. Cette configuration permet de voyager à ciel ouvert sans exposer le conducteur.

Le marchepied électrique ne relève pas du simple agrément : avec 45 cm de garde au sol, il facilite l’accès à bord.

La sellerie bicolore à surpiqûres en losanges, les éléments en carbone et le vaste espace arrière donnent à cette Classe G une fonction très éloignée de celle d’un véhicule de travail. Tout est conçu pour voyager avec confort, y compris lorsque la voiture reste stationnée ou roule à faible allure sur une propriété privée.

En France, la Classe G reste une voiture très haut de gamme

En France, la Classe G actuelle s’affiche, selon la finition, entre 163 000 et 208 000 euros d’après les tarifs mentionnés dans la source. La gamme comprend notamment une version 450d diesel de 367 ch, une version essence 500 de 449 ch et une déclinaison électrique 580 EQ de 587 ch.

Ces versions conservent l’identité historique du modèle : un châssis à longerons et une silhouette très verticale. Elles n’adoptent pas pour autant l’architecture extrême de la G 650 Landaulet, avec ses essieux portiques et son V12 biturbo de 630 ch.

La G 650 se situe donc dans une catégorie à part. Mercedes n’avait pas communiqué de prix officiel à son lancement. Un exemplaire affichant seulement 220 kilomètres a ensuite été proposé par un revendeur spécialisé à près d’un million d’euros. Ce montant illustre le basculement du véhicule vers le marché de la collection.

Une mécanique de franchissement confrontée au coût de l’usage

La rareté n’est pas le seul frein à une utilisation régulière hors des routes. La consommation homologuée à l’époque atteignait 17 l/100 km en cycle mixte, pour 397 g/km de CO₂. Ces données correspondent aux normes d’homologation alors en vigueur et ne préjugent pas d’un usage réel.

Les essieux portiques améliorent les aptitudes sur terrain difficile, mais ils imposent aussi une mécanique particulière. Les pneus de très grande dimension, la hauteur du véhicule et les éléments spécifiques peuvent rendre l’entretien plus exigeant. Pour les 99 propriétaires, préserver l’état d’origine et la faible distance parcourue a probablement plus de valeur qu’exploiter les capacités du châssis.

Cette Mercedes-Maybach reste ainsi l’un des exemples les plus singuliers de la Classe G : un véhicule capable de franchir des obstacles sérieux, mais destiné avant tout aux collections et aux trajets sur bitume.

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