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Sexfriends : une vaste étude révèle les compromis cachés de ces relations sans engagement

Deux personnes adultes en discussion intime dans un cadre domestique, illustrant une relation interpersonnelle sans engagement formel.

Aux États-Unis, une méta-analyse éclaire les bénéfices et les fragilités des relations sexuelles entre amis, sans promesse d’exclusivité.

Le média en ligne américain PsyPost rapporte les résultats d’une recherche publiée dans la revue scientifique Archives of Sexual Behavior. En réunissant plusieurs décennies de travaux, les chercheurs ont tenté de mieux cerner ce que recouvrent les relations entre amis avec activité sexuelle, souvent appelées « sexfriends » en français.

Une relation née d’une amitié, sans cadre de couple

Le principe diffère d’une rencontre sexuelle ponctuelle. Dans cette configuration, deux personnes se connaissent déjà comme amis et intègrent une activité sexuelle à leur relation. Elles ne se définissent pas nécessairement comme un couple et ne prévoient pas forcément d’exclusivité ou d’engagement durable.

Cette absence de cadre explicite explique en partie la difficulté des chercheurs à comparer les études existantes. Les disciplines concernées — psychologie, communication et santé publique — ne retenaient pas toujours les mêmes définitions ni les mêmes critères d’évaluation.

Spencer B. Olmstead, de l’université du Tennessee, Leah E. LeFebvre, de l’université d’Alabama, et Mike Allen, de l’université du Wisconsin-Milwaukee, ont donc regroupé les données disponibles. Leur travail porte sur 38 études répondant à leurs critères, représentant au total plusieurs milliers de participants.

Les relations entre amis avec activité sexuelle affichent davantage de diversité sexuelle et moins de violences relationnelles que les couples engagés, mais elles s’accompagnent aussi de risques sanitaires et psychologiques légèrement plus élevés.

Des pratiques sexuelles plus variées dans les données étudiées

Les auteurs ont classé les résultats en cinq ensembles : les caractéristiques de la sexualité, les risques pour la santé sexuelle, les violences ou agressions, la santé mentale clinique et le bien-être psychologique du quotidien.

Sur le volet sexuel, les personnes engagées dans une relation entre amis avec activité sexuelle rapportaient globalement une plus grande diversité que celles appartenant aux autres groupes étudiés. Les comparaisons incluaient des couples fiancés, des partenaires amoureux engagés, des personnes ayant des rapports sexuels occasionnels, des personnes se contactant principalement pour un rapport sexuel et des célibataires.

Face aux couples engagés, des différences apparaissent. Les personnes en couple déclaraient plus fréquemment des baisers profonds et des gestes sexuels affectueux. Les personnes dans une relation entre amis avec activité sexuelle mentionnaient davantage de sexe oral et de rapports anaux.

La méta-analyse observe aussi un écart selon le genre au sein des échantillons hétérosexuels : les hommes hétérosexuels rapportaient davantage de caractéristiques sexuelles que les femmes hétérosexuelles dans ces relations.

Ce que les chercheurs ont comparé

  • La satisfaction sexuelle, les pratiques et les motivations ;
  • Le recours au préservatif et le nombre de partenaires ;
  • Les infections sexuellement transmissibles, ainsi que la consommation d’alcool ou de drogues lors des rapports ;
  • Les violences physiques, la manipulation psychologique, les abus émotionnels et la tromperie ;
  • L’anxiété, les symptômes dépressifs, la solitude, la jalousie et le stress.

Un risque sexuel comparable aux rencontres occasionnelles

Les participants ayant ce type de relation présentaient davantage de risques pour leur santé sexuelle que les personnes en couple engagé ou les célibataires sans relation sexuelle de ce genre. Leur niveau de risque se rapprochait de celui observé lors de rencontres sexuelles ponctuelles.

Les auteurs évoquent plusieurs pistes pour comprendre ce résultat. Ces relations peuvent aller de pair avec un nombre total de partenaires plus élevé. Une même personne peut aussi entretenir simultanément plusieurs relations de ce type. Ces éléments ne permettent pas d’affirmer qu’une relation entre amis provoque, à elle seule, un risque accru : ils signalent une association dans les études analysées.

Dans tous les contextes, la prévention repose notamment sur une information claire entre partenaires, le dépistage lorsque la situation le justifie et l’usage d’une protection adaptée. Le préservatif reste un moyen de réduire la transmission de nombreuses infections sexuellement transmissibles, sans protéger contre toutes.

Moins de violences déclarées, sans garantie individuelle

Le résultat le plus favorable concerne les violences et l’agression au sein de la relation. Les participants concernés rapportaient des niveaux plus faibles de violence physique, d’abus émotionnel, de contrôle psychologique et de tromperie que les personnes engagées dans un couple romantique.

Les chercheurs avancent une explication prudente : l’absence d’engagement formel et le caractère potentiellement temporaire de la relation pourraient rendre l’emprise plus difficile à installer. Quitter une relation peu institutionnalisée peut aussi paraître plus accessible que rompre une union durable.

Ce constat statistique ne signifie pas qu’une relation sans engagement protège automatiquement contre les comportements violents. La violence, la pression sexuelle, le contrôle ou le non-respect d’un refus peuvent survenir dans toute relation. Le consentement doit être libre, explicite et peut être retiré à tout moment.

Une santé mentale légèrement plus fragile dans les résultats

La recherche associe faiblement ces relations à des difficultés de santé mentale un peu plus nombreuses. Les personnes interrogées déclaraient davantage de problèmes que celles en couple engagé ou que les célibataires, qu’il s’agisse d’indicateurs cliniques comme l’anxiété et les symptômes dépressifs, ou d’indicateurs courants tels que la jalousie, la solitude et le stress.

La nuance est majeure : les études examinées observent surtout des situations à un moment donné. Elles ne permettent donc pas d’établir une relation de cause à effet. Les auteurs soulignent qu’un effet de sélection reste possible : des personnes déjà confrontées à une faible estime d’elles-mêmes, à l’anxiété ou à la dépression pourraient être plus enclines à choisir ce type de relation.

Les données ne permettent pas de dire si la relation fragilise la santé mentale ou si des fragilités préexistantes influencent le choix relationnel.

Pour trancher, il faudrait suivre les mêmes personnes durant plusieurs mois ou années. Ce type de recherche permettrait d’observer l’évolution des relations, des attentes affectives et du bien-être de chacun.

En France, la prévention et le consentement restent les repères

En France, aucune règle juridique particulière ne définit une relation entre amis avec activité sexuelle. Les règles générales du droit s’appliquent, notamment en matière de consentement et de violences sexuelles. Le fait que deux personnes se connaissent, aient déjà eu des rapports ou ne forment pas un couple ne retire jamais la nécessité d’un accord libre à chaque relation sexuelle.

Sur le plan sanitaire, les professionnels de santé, les centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic, ainsi que les structures de planification et d’éducation familiale peuvent informer sur le dépistage, la contraception et la prévention des infections sexuellement transmissibles.

Des attentes à clarifier au fil de la relation

Le mot « sans engagement » peut recouvrir des réalités très différentes. Certains y voient une relation exclusivement sexuelle entre amis ; d’autres espèrent une évolution vers un couple ; d’autres encore souhaitent préserver le lien amical sans projet amoureux. Un décalage entre ces attentes peut nourrir frustration, jalousie ou sentiment de rejet.

La méta-analyse rappelle aussi ses propres limites. Une grande part des travaux retenus concernait des étudiants jeunes, blancs, hétérosexuels et cisgenres aux États-Unis. Ces résultats ne décrivent donc pas automatiquement l’expérience d’adultes plus âgés, de personnes issues d’autres milieux culturels ou de personnes aux orientations sexuelles et identités de genre diverses.

Les chercheurs appellent enfin à des méthodes plus homogènes et à des études recueillant le point de vue des deux partenaires d’une même relation. Cette approche aiderait à mieux comprendre l’équilibre parfois instable entre amitié, intimité sexuelle et attentes affectives.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une relation sexuelle entre amis sans engagement ?

Il s'agit de deux personnes qui se connaissent déjà comme amis et intègrent une activité sexuelle à leur relation, sans se définir comme un couple ni prévoir d'exclusivité ou d'engagement durable. Cela diffère d'une rencontre sexuelle ponctuelle par l'existence d'une amitié préalable.

Quel est le risque sanitaire réel dans ces relations ?

Le risque pour la santé sexuelle se rapproche de celui des rencontres occasionnelles, notamment en raison d'un nombre total de partenaires potentiellement plus élevé et de plusieurs relations de ce type menées simultanément. La prévention reste essentielle avec le dépistage et l'usage de protection adaptée.

Y a-t-il plus de violences dans ces relations ?

Non, les études montrent au contraire des niveaux plus faibles de violence physique, d'abus émotionnel et de tromperie comparé aux couples romantiques engagés. Cependant, cela ne signifie pas qu'aucune violence n'y peut survenir : le consentement doit rester libre et explicite.

Ces relations fragilisent-elles vraiment la santé mentale ?

Les données montrent une association avec légèrement plus d'anxiété, dépression et solitude que chez les couples engagés, mais sans établir de lien de cause à effet. Un effet de sélection est possible : des personnes fragiles pourraient être plus enclines à choisir ce type de relation.

Quelle est la situation légale en France ?

Aucune règle juridique particulière ne définit ces relations. Les règles générales du droit s'appliquent, notamment en matière de consentement libre et de violences sexuelles, indépendamment du type de relation.
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