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Crème solaire en hiver : pourquoi les spécialistes conseillent d’en mettre même quand le thermomètre chute

Aux États-Unis, les mois froids ne font pas disparaître les rayons ultraviolets, y compris lors des journées grises ou enneigées.

Publié le 11 janvier 2023 par MedlinePlus, un service d’information médicale américain, ce rappel insiste sur un réflexe souvent réservé à l’été : protéger sa peau et ses yeux du soleil, même lorsque les températures baissent.

Le froid ne mesure pas l’intensité des rayons ultraviolets

Crème solaire, baignade et chaleur sont souvent associés dans les esprits. En hiver, la peau paraît moins exposée : on passe généralement moins de temps dehors et les vêtements couvrent une large partie du corps. Cette impression peut pourtant être trompeuse.

Les rayons ultraviolets, aussi appelés UV, restent invisibles. Leur intensité peut diminuer en hiver parce que l’inclinaison de la Terre modifie l’exposition au soleil, mais la température extérieure ne permet pas de savoir si la peau est protégée. Une journée froide, lumineuse et sans nuages peut exposer le visage, les oreilles, les mains ou les lèvres.

Le soleil peut abîmer la peau sans provoquer forcément de coup de soleil immédiat.

Le National Cancer Institute, institut américain consacré au cancer, recommande ainsi de porter une protection solaire et de limiter l’exposition directe durant les heures les plus lumineuses, tout au long de l’année. Selon MedlinePlus, les nuages ne réduisent les UV que d’environ moitié. Une couverture nuageuse ne doit donc pas être interprétée comme une protection complète.

Pour les zones qui restent découvertes, comme le visage et les oreilles, le média américain conseille une crème solaire avec un indice de protection d’au moins 30. Un bonnet, une casquette adaptée à la saison ou un cache-oreilles peuvent aussi limiter l’exposition de certaines parties du visage.

Des effets qui peuvent apparaître bien après l’exposition

Le coup de soleil est la manifestation la plus visible des excès de soleil. Il peut s’atténuer en quelques jours. Les UV peuvent aussi entraîner des modifications plus discrètes, susceptibles d’apparaître après des années d’expositions répétées.

MedlinePlus rappelle que le soleil peut accélérer le vieillissement visible de la peau. Sa texture peut changer, les rides devenir plus marquées et la peau peut se fragiliser. Certaines personnes observent aussi l’apparition de petits vaisseaux sanguins visibles, en particulier sur le visage.

Les zones régulièrement exposées, notamment les mains et les avant-bras, peuvent voir apparaître des taches brunes ou de grandes taches de rousseur. Ces manifestations sont plus fréquentes sur les peaux claires, selon la source. Des petites taches blanches et des plaques rouges peuvent également être observées.

Les signes cutanés à ne pas banaliser

Certains changements demandent un avis médical. La source cite les kératoses actiniques, des lésions rouges et squameuses qui peuvent toucher le visage, les oreilles ou le dos des mains. Lorsque ce type d’atteinte concerne les lèvres, on parle de chéilite actinique.

Ces lésions sont décrites comme précancéreuses. Elles ne permettent pas, à elles seules, de poser un diagnostic. Un médecin doit examiner toute modification préoccupante ou persistante de la peau.

  • Une lésion qui change d’aspect mérite une attention particulière.
  • Une plaque rouge ou rugueuse qui persiste peut justifier une consultation.
  • Les lèvres, les oreilles, le cou et le dessus des mains sont parfois oubliés lors de la protection.
  • Une protection solaire ne remplace pas la surveillance régulière de la peau.

À la montagne, la neige ajoute un facteur de risque

Les amateurs de ski, de randonnée hivernale et d’activités en altitude font face à une exposition particulière. Dans les massifs, l’air clair et sec peut renforcer l’intensité des UV. Celle-ci augmente aussi avec l’altitude.

Dans les Alpes, MedlinePlus évoque une hausse d’environ 6 % des UV pour chaque tranche de 1 000 pieds gagnée, soit près de 305 mètres. La neige complique encore la situation : elle réfléchit les rayons et peut les renvoyer vers le visage et les yeux.

Sur les pistes, la protection ne concerne pas seulement la peau : les yeux peuvent aussi souffrir de la réverbération sur la neige.

Cette exposition réfléchie peut contribuer à des atteintes oculaires. MedlinePlus mentionne notamment la photokératite, parfois appelée cécité des neiges. Cette affection douloureuse survient après une exposition aux UV réfléchis par la glace ou la neige. Des lunettes de soleil ou un masque doté d’une protection contre les UV constituent une précaution utile avant de partir sur les pistes.

Le texte rappelle aussi que les populations autochtones d’Alaska avaient conçu des protections oculaires il y a des milliers d’années afin de se préserver de la lumière solaire réfléchie par la neige. Ce principe reste très actuel : l’éblouissement n’est pas seulement inconfortable, il signale une exposition intense.

Ce qui s’applique en France

En France, les recommandations de prévention reposent également sur la limitation de l’exposition aux UV et sur la protection des zones découvertes. L’indice UV, communiqué notamment dans les prévisions météorologiques, renseigne davantage sur le niveau de rayonnement que le thermomètre.

La protection solaire trouve surtout son intérêt lors d’activités prolongées dehors : randonnée, sport, promenade, travail en extérieur ou séjour à la montagne. Elle s’ajoute aux vêtements couvrants, au chapeau et aux lunettes filtrant les UV. Ces mesures ont chacune leur rôle et ne se remplacent pas totalement.

Les enfants nécessitent une vigilance renforcée, car ils passent souvent beaucoup de temps dehors et leur peau est particulièrement sensible aux agressions solaires. Les adultes ayant la peau claire, de nombreux grains de beauté ou des antécédents personnels de lésions cutanées peuvent demander conseil à un professionnel de santé sur les précautions adaptées à leur situation.

Faire de la protection un réflexe saisonnier

Appliquer une crème solaire en hiver ne signifie pas en mettre systématiquement sur tout le corps. Le contexte compte : durée passée à l’extérieur, altitude, présence de neige, météo, vêtements portés et parties de peau exposées. Le visage, les oreilles et les mains sont souvent les premières zones concernées.

Une application réalisée avant une sortie peut perdre de son efficacité au fil de la journée, notamment après la transpiration, les frottements d’une écharpe, le port d’un casque ou l’essuyage du visage. Lors d’une longue activité extérieure, mieux vaut prévoir le produit nécessaire pour renouveler la protection conformément aux indications figurant sur son emballage.

La prévention ne vise pas uniquement à éviter une rougeur immédiate. Elle cherche aussi à réduire l’accumulation des expositions au soleil au fil des années, un phénomène qui concerne autant les vacances d’été que les après-midis d’hiver en terrasse, en promenade ou sur les pistes.

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