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Comptes à l’étranger : au 30 septembre, le fisc reçoit automatiquement ces données de 118 pays

En Allemagne, détenir un compte hors du pays reste légal, mais les autorités fiscales disposent d’un vaste dispositif de contrôle international.

Publié le 28 septembre 2026, l’article source explique que l’administration fiscale allemande doit recevoir, au 30 septembre, des renseignements bancaires transmis par 118 États. Cette coopération vise les contribuables imposables en Allemagne qui possèdent des comptes financiers ouverts à l’étranger, qu’il s’agisse d’épargne, de placements ou de revenus du capital.

Un échange automatique entre 118 États

Un compte rémunéré en Suède, un dépôt à terme auprès d’une banque établie à Dubaï ou un compte en Suisse : ces placements ne sont pas interdits pour une personne fiscalement domiciliée en Allemagne. Leur existence n’empêche pas non plus d’effectuer les opérations courantes à distance.

La règle est claire : les revenus imposables issus de ces comptes doivent être déclarés aux autorités allemandes. En Allemagne, les banques prélèvent généralement directement l’impôt dû sur de nombreux revenus de capitaux, puis le reversent à l’administration. Une banque étrangère ne réalise en principe pas cette retenue pour le contribuable allemand.

Dans ce cas, le titulaire doit intégrer lui-même les intérêts, dividendes et autres revenus concernés dans sa déclaration fiscale. Le fait de penser qu’un compte ouvert hors d’Allemagne resterait inconnu de l’administration ne constitue donc pas une stratégie fiable.

Le 30 septembre 2026, 118 États doivent transmettre à l’administration fiscale allemande des données relatives aux comptes détenus par des citoyens allemands.

Les échanges reposent sur la norme commune de déclaration, un mécanisme international conçu pour permettre aux administrations fiscales de partager des informations sur certains comptes financiers. La liste des territoires concernés va de l’Albanie à Chypre. Elle comprend les États membres de l’Union européenne, ainsi que des pays ayant conclu un accord avec l’Allemagne ou avec l’Union européenne.

Des places souvent perçues comme favorables à l’optimisation fiscale figurent aussi parmi les territoires participants, notamment les Émirats arabes unis, où se trouve Dubaï, et la Suisse. Les États-Unis ne figurent pas dans cette liste précise. Un accord distinct organise tout de même la transmission de données fiscales entre Berlin et Washington.

Les informations transmises aux autorités allemandes

Les banques étrangères ont rassemblé les données relatives à l’année 2025 jusqu’à la fin juillet 2026. Elles doivent ensuite les communiquer à l’Office central fédéral des impôts allemand avant l’échéance fixée au 30 septembre.

Les informations reçues ne se limitent pas à l’existence du compte. Elles permettent aussi d’identifier le titulaire et d’apprécier les revenus éventuellement imposables.

  • Le nom et l’adresse du titulaire ;
  • sa date et son lieu de naissance ;
  • son numéro d’identification fiscale ;
  • les données concernant d’éventuels cotitulaires ;
  • le numéro du compte ;
  • l’identifiant de l’établissement financier déclarant ;
  • le solde du compte ;
  • les intérêts perçus ;
  • les dividendes ;
  • les autres revenus déclarables.

Cette transmission ne donne pas aux autorités allemandes accès à l’intégralité des mouvements bancaires ou à chaque virement effectué. Le dispositif porte sur les éléments prévus par les règles de déclaration applicables aux comptes financiers et à certains produits qu’ils génèrent.

Un contrôle après la réception des données

L’Office central fédéral des impôts allemand transmet ensuite ces éléments aux services fiscaux territorialement compétents. Ceux-ci peuvent les rapprocher des déclarations déposées par les contribuables.

Si une différence apparaît entre les informations reçues de l’étranger et les revenus déclarés, le service fiscal peut envoyer un courrier afin de demander des explications. L’objectif est de vérifier que les revenus du capital ont bien été intégrés à la déclaration.

Un titulaire de compte à l’étranger a intérêt à conserver des documents précis sur l’origine des fonds, les relevés bancaires et les revenus perçus.

Cette documentation peut servir à répondre rapidement aux questions de l’administration. Elle peut aussi aider à distinguer un simple transfert d’argent d’un revenu imposable, deux situations qui ne reçoivent pas nécessairement le même traitement fiscal.

Une extension prévue aux crypto-actifs

L’année 2026 marque aussi le début de la collecte de certaines données liées aux crypto-actifs. Le nouveau dispositif de déclaration prévu pour ce secteur impose à certains prestataires de recueillir des informations sur les utilisateurs concernés et sur des opérations déclarables réalisées au cours de 2026.

L’échange automatique transfrontalier de ces données ne doit commencer qu’à partir de septembre 2027. Ce calendrier distingue donc la phase de collecte, engagée en 2026, de la phase de transmission entre administrations fiscales.

Les crypto-actifs désignent des actifs numériques enregistrés ou échangés au moyen de systèmes informatiques spécialisés. Le nouveau mécanisme vise les prestataires concernés par ces opérations, et non une transmission immédiate de toutes les données détenues par les particuliers.

Ce qu’il faut savoir en France

En France aussi, les résidents fiscaux doivent déclarer les comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos à l’étranger. Cette obligation concerne notamment les comptes bancaires, les comptes de paiement et certains contrats de capitalisation souscrits hors de France. La déclaration accompagne la déclaration annuelle de revenus.

L’administration fiscale française participe également aux échanges internationaux d’informations financières. Elle peut ainsi recevoir des données envoyées par des administrations étrangères sur des comptes détenus par des résidents fiscaux français. Les revenus tirés de comptes ou placements étrangers peuvent, selon leur nature et les conventions fiscales applicables, devoir être déclarés en France.

Pour un contribuable français, conserver les relevés annuels, les justificatifs d’ouverture ou de fermeture, ainsi que les documents relatifs aux intérêts et dividendes perçus permet de préparer la déclaration avec davantage de précision. En cas de compte partagé, la situation de chaque titulaire mérite aussi une attention particulière, car les données transmises peuvent identifier plusieurs détenteurs.

La détention d’un compte à l’étranger n’est donc pas, à elle seule, un indice d’irrégularité. Le risque naît surtout d’une omission déclarative ou d’une incohérence entre les informations fiscales déposées et celles qui circulent désormais entre les administrations.

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