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Ciao Energy, la boisson de Squeezie, Léna Situations et Inoxtag : les nutritionnistes sont unanimes et pointent un public à risque

À la sortie du lycée, les canettes colorées passent de main en main comme un accessoire de plus. Sur TikTok, un format de Léna Situations ou d’Inoxtag suffit parfois à transformer une boisson en petit rituel du mercredi, tandis que Squeezie reste pour beaucoup une figure de confiance, presque familière. Ciao Energy s’inscrit dans cette nouvelle génération de produits qui ne se contente pas de promettre un goût : elle vend une ambiance, un réflexe, une appartenance.

Le problème ne se joue pas forcément dans une seule canette bue pendant une révision ou avant une séance de sport. Il se niche dans l’accumulation, dans le geste répété sans vraiment regarder l’étiquette, et dans un public très jeune qui ne mesure pas toujours ce que contient une boisson énergisante. Les nutritionnistes interrogés sur ce type de produits reviennent tous au même point de vigilance : les adolescents constituent le public le plus exposé. Et cela mérite mieux qu’un simple scroll.

Ciao Energy, un succès porté par des visages que les jeunes connaissent déjà

Dans un supermarché, le packaging attire l’œil avant même que la liste des ingrédients soit lue. Les codes sont clairs : couleurs franches, promesse d’énergie, univers créatif et noms associés à Squeezie, Léna Situations ou Inoxtag, trois créateurs suivis par des millions de jeunes. Cette proximité change la perception du produit : il n’est plus seulement une boisson caféinée, il devient un objet lié à une vidéo, à une blague ou à une communauté.

Une canette peut ainsi rejoindre un sac de cours avec la même simplicité qu’un paquet de biscuits. Les recommandations européennes invitent pourtant les mineurs à rester sous un repère d’environ 3 mg de caféine par kilo de poids corporel sur une journée : pour un adolescent de 50 kilos, le seuil se situe autour de 150 mg. Selon les recettes et les formats, une seule boisson énergisante peut déjà représenter une part notable de ce repère.

Le mot « énergie » entretient aussi une confusion tenace. Il évoque la vitalité, alors que la caféine agit surtout comme un stimulant temporaire : elle peut retarder la sensation de fatigue, sans réparer un sommeil trop court ni remplacer un repas. Un cerveau épuisé ne devient pas reposé parce qu’il a bu quelque chose de pétillant. Chez les plus jeunes, qui dorment souvent moins que nécessaire, cette nuance compte énormément.

Le vrai risque commence quand la canette devient une habitude

Le premier réflexe utile tient en quelques secondes : retourner la canette et regarder la quantité de caféine, de sucres ou d’édulcorants indiquée pour le contenant entier, pas seulement pour 100 ml. Il faut aussi compter ce qui a été bu avant : café au petit déjeuner, thé glacé, cola au déjeuner, pré-workout avant le sport. La caféine ne vient presque jamais d’une seule source dans une journée ordinaire.

Beaucoup de parents découvrent le sujet après une mauvaise nuit, des palpitations ou un adolescent devenu irritable sans comprendre pourquoi. Il ne s’agit pas de dramatiser chaque consommation, ni de culpabiliser un jeune qui suit une tendance. Soyons honnêtes : personne ne calcule vraiment chaque milligramme de caféine tous les jours. Mais instaurer une règle simple, comme éviter les boissons énergisantes après 14 heures, peut déjà changer les soirées.

Les nutritionnistes mettent surtout en garde contre le mélange entre boisson énergisante, manque de sommeil et activité physique intense. Une forte dose de caféine peut favoriser nervosité, tremblements, maux de tête, troubles digestifs ou difficultés d’endormissement chez les personnes sensibles, avec un cercle parfois difficile à casser le lendemain.

« Le danger n’est pas nécessairement la canette isolée, mais la banalisation d’un stimulant chez un public qui dort peu et qui enchaîne déjà les écrans », résume régulièrement la prudence recommandée par les professionnels de la nutrition.

  • Vérifier la teneur en caféine pour la canette entière.
  • Éviter toute consommation en fin d’après-midi ou le soir.
  • Ne pas associer une boisson énergisante à l’alcool.
  • Privilégier l’eau pendant et après une activité sportive.
  • Demander un avis médical en cas de palpitations, d’anxiété ou de traitement en cours.

Une question de marketing, mais aussi de dialogue à la maison

Le débat autour de Ciao Energy ne vise pas à rendre Squeezie, Léna Situations ou Inoxtag responsables de chaque choix individuel. Les créateurs occupent une place puissante dans l’imaginaire des jeunes, et les marques le savent très bien. **La confiance se transfère vite** : quand une personnalité paraît drôle, sincère et proche de son public, le produit qu’elle porte semble spontanément moins suspect qu’une marque inconnue.

Face à cela, l’interdiction sèche produit rarement le résultat espéré. Un échange plus concret fonctionne souvent mieux : demander ce que la boisson apporte vraiment, à quel moment elle est consommée, et ce qu’elle remplace. Derrière une canette achetée sur le chemin des cours, il y a parfois une fatigue réelle, une nuit passée sur les devoirs, les jeux ou les réseaux. **Le sommeil reste le meilleur carburant**, même si cette vérité paraît terriblement peu spectaculaire.

Cette vigilance concerne aussi les adultes qui consomment café, boissons énergisantes et compléments stimulants sans y penser. Lire l’étiquette avec un adolescent plutôt que la commenter de loin peut ouvrir une discussion étonnamment simple sur la publicité, les influenceurs et le corps. Une boisson n’est pas un poison, mais elle n’est pas non plus un contenu comme les autres : elle entre dans le quotidien, dans le sommeil et parfois dans le rythme cardiaque.

Point essentiel Détail Valeur ajoutée pour le lecteur
La popularité ne change pas la composition Une boisson associée à des créateurs populaires conserve les effets potentiels liés à la caféine, aux sucres et aux autres stimulants présents dans sa recette. Faire la différence entre l’image sympathique d’une marque et les informations nutritionnelles concrètes affichées sur la canette.
Les adolescents sont plus sensibles aux habitudes Le poids, la qualité du sommeil, l’anxiété, les pratiques sportives et les autres boissons consommées modifient fortement la réaction de chacun. Repérer les situations où une consommation occasionnelle risque de devenir un réflexe quotidien difficile à réguler.
Lire l’étiquette suffit souvent à lancer le dialogue La quantité de caféine doit être observée pour le format entier, puis replacée dans la journée : café, thé, cola, chocolat et compléments compris. Mettre en place des règles réalistes sans transformer une discussion familiale en procès ou en interdiction incomprise.
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