EUROTEL

Nouvelle ligne directe Malmö-Oslo : six heures de train, des saunas en bord de mer et des pauses gourmandes à Göteborg

Nouvelle ligne directe Malmö-Oslo : six heures de train, des saunas en bord de mer et des pauses gourmandes à Göteborg

Une nouvelle liaison ferroviaire directe relie Malmö à Oslo en un peu plus de six heures, à travers la côte ouest suédoise, entre bains glacés, cafés design et forêts de conifères.

Le journal britannique The Guardian consacre un long reportage à cette nouvelle ligne Malmö-Oslo opérée par la compagnie suédoise Snälltåget. Le trajet, qui traverse le sud-ouest de la Suède jusqu’à la capitale norvégienne, change radicalement la façon de voyager entre ces deux villes, longtemps reliées surtout par des bus lents ou une succession de correspondances ferroviaires.

Un train rouge pour relier Malmö à Oslo sans correspondance

Snälltåget, compagnie ferroviaire privée suédoise déjà connue pour ses trains de nuit, propose désormais une liaison directe quotidienne entre Malmö et Oslo. Le train part à 6 h 38 de la gare centrale de Malmö pour un trajet d’environ 6 h 30 le long du « corridor » ouest de la Suède, jusqu’à la frontière norvégienne puis Oslo.

Cette nouvelle ligne directe remplace un parcours morcelé, fait de bus et de multiples changements de trains, par un seul trajet plus simple et moins coûteux.

Selon les informations rapportées par The Guardian, les billets commencent à environ 149 couronnes suédoises, soit autour de 11 livres sterling l’aller simple. La liaison, inaugurée durant l’été, a déjà transporté plus de 25 000 passagers, un succès rapide pour une desserte encore limitée à un aller direct par jour en direction d’Oslo. Snälltåget prévoit d’augmenter ces fréquences l’an prochain.

Le convoi se distingue aussi par son ambiance. La voiture-restaurant, restée dans son jus des années 1990, est signalée par un panneau prévenant qu’elle doit être modernisée, invitant presque les voyageurs à profiter de cette plongée dans une esthétique « clinique » rose et turquoise. L’atmosphère évoque une cantine d’hôpital, mais remplie d’odeurs de brioches à la cannelle et de café filtre bien serré.

Malmö, la créative qui regarde trop souvent Stockholm lui voler la vedette

Le reportage débute à Malmö, grande ville du sud de la Suède située juste en face de Copenhague, de l’autre côté du pont de l’Øresund. L’auteur y souligne le contraste avec Stockholm : moins policée, plus brute, mais avec des habitants perçus comme plus ouverts et curieux.

La ville est jeune – près de la moitié de la population a moins de 35 ans – et extrêmement cosmopolite, avec 187 nationalités représentées. Un mélange qui nourrit une scène culturelle et créative foisonnante. Dans le centre, le Form/Design Center, installé dans un ancien grenier à grain du XVIᵉ siècle, sert de point de rencontre pour les amateurs d’architecture, de design et d’artisanat. Les galeries Moderna Museet et Malmö Konsthall complètent ce paysage contemporain.

Le quartier de Möllevången, surnommé « Möllan », concentre ce bouillonnement. Très apprécié des artistes et des créatifs, il aligne bars à vins nature, restaurants branchés et pizzerias nichées dans de petites cabanes en bois, comme Far i Hatten au cœur du Folkets Park, le « parc du peuple ». Une terrasse comme celle d’Ava, sur une placette arborée, offre à la fois bières artisanales et ambiance décontractée qui rappelle certains quartiers de l’est londonien.

Varberg, petite ville de marché transformée en destination bien-être

Saunas sur pilotis et tradition du bain nu

Au départ de Malmö, le nouveau trajet permet désormais de multiplier les escales le long de la côte ouest. L’une des plus marquantes selon The Guardian se trouve à Varberg, petite ville littorale qui évoque une station balnéaire britannique avec ses rues pavées, ses fanions colorés, ses cafés intimistes et son marché de week-end rempli de stands de fruits, légumes, confitures, ceintures en cuir et chaussettes.

Varberg est aussi une ville d’eaux. Son symbole le plus photographié : le Kallbadhuset, un établissement de bains froids en bois, d’inspiration mauresque, dressé sur pilotis au-dessus de la mer du Kattegat. L’entrée, facturée l’équivalent d’une poignée d’euros, donne accès à des saunas séparés pour les hommes et les femmes, tous offrant une vue spectaculaire sur la mer.

Après un passage au sauna, les baigneurs plongent dans une eau glacée, avant de remonter s’échauffer, face à la mer, dans ce bâtiment couleur moutarde aux allures de décor de tableau.

La baignade s’effectue nue, dans la continuité d’une tradition bien ancrée. Un panneau à proximité d’un autre site de baignade féminine, Skarpe Nord, rappelle que le bain nu à Varberg remonte à plus de cent ans. Le long de la promenade, le littoral aligne plusieurs zones explicitement dédiées à cette pratique.

Un spa à la gloire de Lénine

Quand la météo tourne au gris, les bains de mer se font moins tentants et les visiteurs se replient vers les spas couverts. L’un des lieux les plus étonnants mis en avant dans le reportage est caché dans les sous-sols de l’hôtel Gästis : une reconstitution du bain public préféré de Vladimir Lénine.

Le propriétaire de l’hôtel, Lasse Diding, a conçu ce spa comme un hommage à ce bain russe qu’il avait visité dans les années 1980 à Saint-Pétersbourg. L’espace, entièrement carrelé de plus de 75 000 carreaux bleus cobalt, est éclairé à la bougie et orné de bustes de dirigeants communistes. Diding, marqué par les mouvements contestataires de l’époque de la guerre du Viêt Nam, a par ailleurs disséminé dans Varberg plusieurs monuments à connotation politique, comme un grand drapeau palestinien, un hôtel thématique dédié à Cuba révolutionnaire ou encore une statue de Danuta Danielsson, célèbre pour avoir frappé de son sac à main un néonazi lors d’une manifestation à Växjö en 1985.

Pause gourmande et flânerie à Göteborg

Vintage, design et cafés dans l’ancien port industriel

Depuis Varberg, Göteborg n’est qu’à 39 minutes de train rapide. Deuxième ville de Suède, ancien port industriel aujourd’hui très tourné vers la culture, Göteborg apparaît dans le reportage comme une étape idéale avant de filer vers la Norvège.

L’auteur s’installe dans un hôtel inspiré de l’esthétique boudoir française, à quelques minutes à pied de la gare centrale, avant de partir vers Kungsgatan, grande artère commerçante, puis Magasingatan, quartier prisé pour ses nombreuses boutiques de seconde main et d’artisans. Les friperies comme Ragtime, Pop ou Humana y côtoient des ateliers comme Customwood, spécialisé dans le mobilier en bois sur mesure.

La « fika », rituel suédois incontournable

Le voyage met aussi en lumière la fika, cette pause café typiquement suédoise, structurante dans la vie quotidienne. À Göteborg, l’auteur s’arrête chez Da Matteo, café installé dans une ancienne grange aménagée sur trois niveaux, à la décoration très travaillée, entre briques, bois et touches industrielles. On y travaille sur ordinateur portable, on partage des tables et l’on respire les effluves mêlés du pain frais et du café torréfié sur place.

La fika, c’est l’art de suspendre le temps autour d’un café et d’une pâtisserie, qu’il s’agisse d’une brioche à la cannelle ou d’un roulé à la cardamome.

La douceur choisie dans le reportage est un « bullar » parfumé à la cardamome, accompagné d’un latte. L’addition atteint une dizaine d’euros, reflet des prix suédois dans les grandes villes, mais aussi du positionnement très qualitatif de ce type d’adresses.

En se promenant dans le parc de Slottsskogen, vaste espace vert urbain équivalent en taille à Hyde Park à Londres, le texte rappelle le charme de Göteborg : une ville compacte, facile à vivre, avec un mélange de quartiers un peu rugueux, d’accès à la nature et d’offre culturelle digne d’une capitale. Le vieux quartier de Haga, avec ses rues pavées, ses tramways en bois qui grincent et ses odeurs de pâtisseries, incarne cette douceur de vie.

Dernier acte vers Oslo : l’impression d’un film qui se déroule par la fenêtre

Entre Göteborg et Oslo, le trajet devient « le climax cinématographique » du voyage, selon la formule reprise par The Guardian. Le train quitte les pâturages verts et les vaches au bord des rivières pour plonger dans une succession de lacs, de forêts de conifères et de falaises granitiques. À chaque kilomètre, les eaux s’élargissent, les rochers se dressent plus haut, les arbres paraissent plus denses, au point que les enfants collent leur visage aux vitres.

La portion Göteborg-Oslo transforme un simple déplacement en véritable séance de cinéma, avec forêts, lacs et roches sculptant le paysage.

Une fois à Oslo, l’auteur opte pour un hôtel simple et minimaliste à deux pas de la gare, afin de pouvoir repartir facilement. Sac posé, direction le nord de la ville et le lac de Sognsvann, base de départ d’une boucle de randonnée menant au point de vue de Vettakollen. En une trentaine de minutes de marche en pente douce entre les pins, les promeneurs atteignent un promontoire rocheux où des familles pique-niquent face à la capitale norvégienne qui se déroule jusqu’au fjord.

Cette juxtaposition entre nature immédiatement accessible et urbanisme dense, métal et verre, est présentée comme l’une des signatures de la Scandinavie : la possibilité de quitter le centre-ville, de prendre un train ou un tram et de se retrouver très vite en pleine forêt ou au bord de l’eau.

Ce que change cette ligne pour un voyageur français

Pour un lecteur installé en France, cette nouvelle liaison Malmö-Oslo ouvre un itinéraire cohérent de voyage sans avion à travers la Scandinavie. Un trajet en TGV ou en train de nuit permet de rallier l’Allemagne, puis le Danemark, avant de franchir le pont de l’Øresund vers Malmö et d’enchaîner directement vers Oslo grâce à Snälltåget.

Le principe est proche de certains services français de trains directs de longue distance, comme les grandes lignes reliant Paris au sud de la France ou au sud-ouest, mais dans un contexte transfrontalier. La différence principale tient au rôle des compagnies privées comme Snälltåget, qui complètent l’offre des opérateurs publics historiques en développant des liaisons à vocation touristique ou de confort, avec voiture-restaurant et arrêts pensés pour les voyageurs de loisirs.

Comme en France avec la SNCF, les voyageurs suédois combinent souvent trains régionaux, Intercity et liaisons longue distance. L’arrivée d’une ligne directe facilite toutefois grandement la vie de ceux qui veulent relier deux grands pôles comme Malmö et Oslo en limitant les ruptures de charge, ce qui peut intéresser autant les touristes que les étudiants et jeunes actifs très mobiles dans la région nordique.

Pour ceux qui envisagent ce type de trajet depuis la France, l’intérêt majeur réside dans la continuité du voyage en train : moins de stress lié aux correspondances, un temps de parcours prévisible, et des étapes faciles à organiser dans des villes comme Varberg ou Göteborg, sans voiture de location.

Voyager en Scandinavie par le rail : quelques repères utiles

La description du voyage publiée par The Guardian met en avant plusieurs éléments pratiques qui peuvent guider un projet de séjour :

  • la cadence actuelle : un départ matinal par jour depuis Malmö vers Oslo, avec perspective d’augmentation l’an prochain ;
  • un tarif d’appel attractif pour un trajet longue distance en Europe du Nord ;
  • des gares souvent situées en plein centre-ville, permettant d’accéder à pied aux hôtels, parcs et musées ;
  • la possibilité de composer un itinéraire en « sauts de puce » : Malmö – Varberg – Göteborg – Oslo.

Pour un voyageur français habitué aux TGV modernes, certains détails peuvent surprendre : voitures plus anciennes, ambiances rétro, voitures-restaurants au décor daté. Mais ce caractère un peu décalé fait partie de l’expérience, d’autant qu’il s’accompagne de spécialités locales comme les brioches à la cannelle et le café filtre très corsé, omniprésents en Suède.

La pratique du bain froid et du sauna, très structurante dans les pays nordiques, peut aussi surprendre au premier abord. Le principe repose sur l’alternance entre chaleur intense au sauna et immersion dans une eau très fraîche, parfois glacée l’hiver. De nombreux adeptes estiment que cette alternance favorise une meilleure circulation et procure une forte sensation de bien-être, même si chacun doit rester attentif à son état de santé et à ses limites physiques.

Combinée au confort du train, cette culture du bien-être contribue à transformer un simple déplacement en itinéraire de vacances à part entière. Entre les ruelles pavées de Malmö, les pilotis de Varberg, les cafés de Göteborg et les sentiers forestiers autour d’Oslo, la nouvelle ligne directe Malmö-Oslo crée une sorte de « colonne vertébrale » ferroviaire qui rend ce voyage plus accessible à ceux qui souhaitent privilégier le rail aux trajets aériens en Europe du Nord.

Questions fréquentes

Combien de temps dure le trajet Malmö-Oslo en train direct ?

Le trajet dure environ 6 h 30. Le train part à 6 h 38 de la gare centrale de Malmö pour rejoindre Oslo en traversant la côte ouest suédoise et la frontière norvégienne.

Quel est le prix d'un billet aller simple ?

Les billets commencent à environ 149 couronnes suédoises, soit autour de 11 livres sterling pour un aller simple.

Combien de liaisons directes sont proposées actuellement ?

La liaison est actuellement limitée à un aller direct par jour en direction d'Oslo, mais Snälltåget prévoit d'augmenter les fréquences l'an prochain.

Quelles sont les principales étapes du voyage entre Malmö et Oslo ?

Le trajet permet des escales à Varberg, petite ville côtière célèbre pour ses saunas glacés et ses bains nus, et à Göteborg, deuxième ville de Suède offrant boutiques vintage et cafés de design dans son ancien port industriel.

Que représente la fika mentionnée dans l'article ?

La fika est une pause café typiquement suédoise, rituel incontournable de la vie quotidienne qui consiste à suspendre le temps autour d'un café et d'une pâtisserie.
Défiler vers le haut