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Pourquoi certains cheveux bouclent et d’autres non : les scientifiques ont trouvé, et tout se joue sous la peau

Pourquoi certains cheveux bouclent et d'autres non : les scientifiques ont trouvé, et tout se joue sous la peau

Pourquoi certains cheveux restent raides comme des baguettes quand d’autres forment des boucles serrées ? Des chercheurs, principalement aux États-Unis, pensent tenir la clé… sous la peau.

Longtemps, on a accusé le sèche-cheveux, l’humidité ou les shampoings d’être responsables de nos mèches rebelles. Or, selon un article de vulgarisation scientifique publié par le média anglo-saxon ScienceAlert, la vraie explication se cache dans une structure minuscule nichée dans le cuir chevelu : le follicule pileux. Et tout se joue avant même que le cheveu ne voie la lumière du jour.

Tout commence sous la peau, dans le follicule

Chaque cheveu naît dans un follicule, une sorte de petit « puits » situé sous la surface de la peau, puis sort par un pore. C’est au cœur de cette micro-usine biologique que se décide son destin : lisse, ondulé ou franchement bouclé.

Dès 2005, des chercheurs ont disséqué des follicules de cuir chevelu humain. Ils ont observé que, chez les personnes aux cheveux bouclés, les mèches étaient déjà en train de se courber avant même de sortir de la peau. Leur conclusion était claire : le caractère lisse ou bouclé est programmé dans le bulbe du follicule lui-même.

La forme du follicule, et la manière dont les cellules y travaillent, dicte si le cheveu sort droit, ondulé ou en spirale.

Les travaux publiés depuis ont affiné cette idée : la forme du follicule agit comme un moule, mais un moule vivant, asymétrique et très sophistiqué.

Quand le follicule se penche, le cheveu se courbe

Les scientifiques décrivent un mécanisme assez simple à visualiser : si le follicule est implanté verticalement dans la peau, le cheveu qui en sort aura tendance à être droit. Mais si ce follicule est incliné ou recourbé, un peu comme une tête de club de golf, le cheveu commence déjà à se déformer au moment de sa fabrication.

Les recherches récentes vont plus loin. Elles suggèrent que les cellules situées d’un côté du « moule » ne se comportent pas exactement comme celles de l’autre côté. Elles ne se divisent pas au même rythme, ne mûrissent pas de la même façon et ne produisent pas exactement les mêmes composants.

Conséquence : la composition du cheveu n’est pas uniforme tout autour de la fibre. Les quantités de kératine, la protéine qui constitue la majeure partie du cheveu, et d’autres matériaux varient selon les faces.

Un cheveu bouclé n’est pas seulement un cheveu « tordu » : sa structure est asymétrique, ce qui le pousse naturellement à se courber dans un sens plutôt qu’un autre.

À l’inverse, les follicules des cheveux raides présentent une organisation plus symétrique. Les cellules y travaillent de façon plus uniforme, la répartition de kératine se fait de manière plus homogène, et la fibre garde une trajectoire rectiligne.

Une fois sorti, le cheveu garde la forme de son « berceau »

Lorsque le cheveu émerge du cuir chevelu et tombe sur les épaules, tout est déjà joué. Il conserve la forme imprimée par son follicule d’origine. Avec le temps, il peut s’abîmer, se dessécher ou se casser, mais sa tendance à être raide ou frisé ne change pas.

Les scientifiques rappellent que le follicule est une structure extrêmement complexe : il abrite des cellules souches, des vaisseaux sanguins et des glandes. Cet ensemble orchestre la fabrication d’une sorte de « corde biologique » : la tige capillaire.

Une fois ce cheveu sorti de la peau, les cellules qui le composaient ne se divisent plus. Il ne s’agit plus que d’une fibre de kératine morte, organisée en couches très serrées. Ce qui s’est passé dans le follicule détermine ainsi tout son futur comportement.

  • Dans le follicule : cellules vivantes, division, maturation, mise en forme.
  • À la sortie de la peau : fibre essentiellement morte, structure figée.
  • Au quotidien : entretien possible, mais pas de transformation profonde de la nature du cheveu.

Boucles, raideur, coarseness : une question de génétique, pas de « race »

Une synthèse de la littérature scientifique publiée en 2019, citée par ScienceAlert, souligne que si la composition d’un cheveu (quantité de kératine, diamètre, texture) joue sur son aspect général – plus ou moins épais, plus ou moins rugueux –, c’est bien la forme du follicule qui reste le facteur décisif pour définir s’il sera lisse ou frisé.

Les auteurs de cette revue insistent aussi sur un point souvent mal compris : classer les types de cheveux selon les « races » ne repose pas sur des bases scientifiques solides. Toutes les populations, quel que soit leur héritage génétique, présentent un spectre de formes capillaires, du très raide au très crépu.

Les différences de cheveux observent des tendances selon les lignées génétiques, mais aucun groupe humain n’est limité à un seul type de chevelure.

La structure du follicule est largement déterminée par l’ADN, ce qui explique que l’on partage fréquemment le même type de cheveux au sein d’une même famille. Des variations peuvent apparaître, mais la trame générale reste héréditaire.

Pourquoi l’évolution a-t-elle façonné des cheveux bouclés ?

Reste une question qui intrigue les chercheurs : à quoi servent ces différences de forme ? Pourquoi l’évolution aurait-elle conservé des cheveux très bouclés dans certaines régions du monde, et des cheveux plus raides dans d’autres ?

Une piste se dégage progressivement : les cheveux du cuir chevelu auraient joué un rôle dans la régulation de la température du corps humain. L’idée est que la chevelure pourrait aider le cerveau à rester à une température supportable, surtout sous un soleil intense.

Pour tester cette hypothèse, des chercheurs ont mené en 2023 une expérience avec un mannequin thermique placé dans une chambre climatique. Le mannequin portait tour à tour plusieurs perruques de cheveux humains : une perruque aux cheveux raides, une aux boucles lâches et une autre aux boucles très serrées.

Les résultats sont parlants : toutes les perruques limitaient l’absorption de chaleur par rapport à un crâne nu. Mais les cheveux très bouclés semblaient particulièrement efficaces pour protéger le mannequin de la chaleur simulée, venue du dessus comme un soleil artificiel.

Les cheveux frisés formeraient une sorte de « casque » naturel, laissant circuler l’air tout en réduisant l’impact direct du rayonnement solaire sur le cuir chevelu.

Les scientifiques reconnaissent toutefois que décrypter les avantages évolutifs précis d’un trait physique, comme la forme des cheveux, reste extrêmement complexe. D’autres facteurs environnementaux et sociaux ont probablement joué un rôle au cours de l’histoire humaine.

Cheveux bouclés et cheveux raides : ce que cela change en France

En France, ces avancées scientifiques n’ont pas d’impact immédiat sur une réglementation ou une prise en charge particulière, mais elles intéressent plusieurs secteurs : cosmétique, dermatologie, recherche médicale. Les laboratoires de soins capillaires, par exemple, suivent de près ces travaux, qui permettent de mieux comprendre comment agir à la surface du cheveu tout en respectant sa structure naturelle.

Les dermatologues français, spécialisés en pathologies du cuir chevelu, s’appuient déjà sur la distinction entre follicule et tige capillaire pour expliquer aux patients ce que peuvent ou non faire les traitements. Une lotion ou un shampoing traitera surtout la fibre et l’environnement du follicule, mais ne changera pas la forme de ce follicule, donc pas la nature profonde du cheveu.

Les interventions plus lourdes, comme les greffes de cheveux pratiquées dans certains centres spécialisés, reposent d’ailleurs sur cette réalité : on transplante des follicules entiers d’une zone à l’autre. Le type de cheveu implanté, déterminé par ces follicules, se retrouve alors dans la nouvelle région du cuir chevelu.

Ce que les soins peuvent – ou ne peuvent pas – faire à vos boucles

Pour un lecteur français, ces données scientifiques aident à mieux calibrer ses attentes face aux promesses des produits cosmétiques. Aucun soin ne peut transformer de façon permanente un cheveu naturellement raide en cheveu bouclé, car la « programmation » s’est jouée sous la peau, dans le follicule.

En revanche, les soins peuvent agir sur plusieurs aspects :

  • la souplesse de la fibre, en hydratant la couche externe du cheveu ;
  • la tenue des boucles, grâce à des agents coiffants qui fixent une forme temporaire ;
  • la protection de la kératine, en limitant les dégâts causés par la chaleur ou les produits chimiques ;
  • l’environnement du follicule, en apaisant un cuir chevelu irrité ou en régulant le sébum.

Les techniques de lissage ou de permanente modifient la structure interne de la fibre grâce à des produits chimiques et de la chaleur. Elles cassent certains liens dans la kératine pour en reformer d’autres, ce qui change la forme du cheveu à l’extérieur. Mais le follicule, lui, reste le même : les nouveaux cheveux qui repoussent reprennent leur forme naturelle.

Quelques notions techniques utiles pour mieux comprendre ses cheveux

La kératine, souvent mentionnée sur les flacons, est une protéine fibreuse très résistante. Elle compose la majeure partie des cheveux et des ongles. Dans un cheveu, la kératine s’organise en couches et en fibres torsadées, un peu comme un câble électrique composé de multiples fils. La manière dont ces fibres sont arrangées, et les liaisons chimiques entre elles, jouent un grand rôle dans la rigidité ou la souplesse de la tige capillaire.

Autre point rarement expliqué : la forme elliptique ou circulaire de la section du cheveu. Un cheveu parfaitement rond a tendance à être plus raide. Quand la section devient ovale, ou plus marquée d’un côté que de l’autre, la tension interne n’est plus la même sur tout le pourtour de la fibre, ce qui favorise l’apparition d’ondulations ou de boucles.

Pour les personnes aux cheveux très bouclés ou crépus, cette structure entraîne aussi des besoins spécifiques. Les courbes du cheveu rendent plus difficile la diffusion du sébum produit à la racine jusqu’aux pointes. Les longueurs se dessèchent plus vite, ce qui explique la nécessité de soins plus riches et de gestes adaptés pour limiter la casse.

À l’inverse, un cheveu très raide laisse le sébum glisser plus facilement de la racine vers les pointes, ce qui peut donner plus rapidement une impression de cheveux gras, mais rend souvent la fibre plus protégée en surface.

Ces différences, qui commencent dans un minuscule follicule enfoui dans la peau, se traduisent ainsi au quotidien dans la salle de bain, devant le miroir, et dans la façon dont chacun apprend à apprivoiser sa chevelure, qu’elle soit en baguette, en boucle large ou en spirale serrée.

Questions fréquentes

Peut-on vraiment changer la nature de ses cheveux avec les bons produits ?

Non. Une fois le cheveu sorti de la peau, il s'agit d'une fibre morte dont la structure est figée. Les produits cosmétiques peuvent améliorer l'apparence, mais ne modifient pas la nature fondamentale du cheveu déterminée par le follicule.

Pourquoi les cheveux bouclés et raides se trouvent-ils dans toutes les populations ?

Classer les types de cheveux par « races » n'a pas de fondement scientifique. Toutes les populations présentent un spectre complet de formes capillaires, du très raide au très crépu, quelle que soit leur origine génétique.

Comment la forme du follicule détermine-t-elle la forme du cheveu ?

Si le follicule est vertical, le cheveu sort droit. S'il est incliné ou recourbé, le cheveu commence à se déformer dès sa fabrication. De plus, les cellules d'un côté du follicule ne se comportent pas comme celles de l'autre, créant une asymétrie qui force le cheveu à se courber.

À quoi servent les cheveux bouclés d'un point de vue évolutif ?

Une hypothèse en cours d'étude suggère que les cheveux jouent un rôle dans la régulation thermique. Les cheveux très bouclés formeraient un « casque » naturel qui limite l'absorption directe du rayonnement solaire, protégeant ainsi le cerveau sous un soleil intense.

La forme des cheveux est-elle héréditaire ?

Oui, la structure du follicule pileux est largement déterminée par l'ADN, ce qui explique que les membres d'une même famille partagent fréquemment le même type de cheveux.
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