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Régime céto, méditerranéen ou pauvre en graisses : les scientifiques les ont comparés, le céto l’emporte sur un seul point précis

Régime céto, méditerranéen ou pauvre en graisses : les scientifiques les ont comparés, le céto l'emporte sur un seul point précis

Aux États-Unis, des chercheurs ont comparé trois régimes très en vogue chez les personnes obèses. Au-delà du poids perdu, un profil se distingue nettement pour un organe clé.

Une équipe de scientifiques américains a testé, dans un essai clinique, trois régimes différents chez des adultes obèses atteints de prédiabète et de foie gras. Objectif : savoir si, à perte de poids équivalente, le choix du régime change vraiment quelque chose pour la santé métabolique. Les résultats, rapportés par le site de vulgarisation scientifique ScienceAlert à partir d’une étude publiée dans la revue Cell Metabolism, donnent un avantage net au régime cétogène… mais sur un point très précis.

Trois régimes mis à l’épreuve chez 42 adultes obèses

L’étude a été menée aux États-Unis auprès de 42 adultes présentant trois caractéristiques : obésité, prédiabète et excès de graisse dans le foie. Les participants ont été répartis de façon aléatoire en trois groupes, chacun suivant un régime bien défini :

  • un régime cétogène très pauvre en glucides ;
  • un régime de type méditerranéen ;
  • un régime très pauvre en graisses, majoritairement végétal.

Tous les repas et encas étaient fournis par les chercheurs, ce qui limite grandement les écarts et approximations alimentaires. Chaque personne a poursuivi son programme alimentaire pendant environ cinq mois, jusqu’à atteindre une perte de 10 % de son poids initial.

Sur le plan strictement pondéral, match nul : les trois approches permettent d’atteindre l’objectif de perte de poids.

Les trois régimes ont permis une perte de 10 % du poids de départ, mais leurs effets sur le foie et la prédiabète se sont révélés très différents.

Ce que contenait vraiment chaque assiette

Pour mieux comprendre, les chercheurs détaillent le contenu des repas typiques de chaque régime.

Dans le groupe cétogène, les participants consommaient des plats comme salade d’œufs, porc effiloché, poulet accompagné d’asperges. L’apport en glucides était extrêmement faible, destiné à induire un état de cétose, où l’organisme puise majoritairement son énergie dans les graisses.

Le groupe méditerranéen bénéficiait de menus plus « classiques » pour un mangeur européen : flocons d’avoine avec amandes et myrtilles, quinoa aux haricots noirs et au maïs, ou encore pâtes au poulet et au pesto. Ce modèle est riche en végétaux, en fibres et en graisses dites « bonnes » (huiles végétales, fruits à coque, poisson).

Dans le groupe pauvre en graisses et à dominante végétale, les participants recevaient des smoothies de fruits, des wraps de légumes, des mélanges de céréales avec du saumon. L’essentiel des calories provenait des glucides complexes et des végétaux, avec un apport lipidique très limité.

Régime Part des graisses dans les apports caloriques Part des glucides (approximation fournie)
Cétogène 73 % 4 %
Méditerranéen 35 % Proportion modérée
Pauvre en graisses 15 % Majoritaires

Le foie, grand gagnant du régime céto

Les chercheurs se sont particulièrement intéressés à la santé métabolique, et tout spécialement au foie, qui joue un rôle central dans la gestion des graisses et du sucre sanguin. Les résultats sont clairs : les marqueurs hépatiques se sont globalement le mieux améliorés dans le groupe cétogène.

Interrogé par ScienceAlert, Max Petersen, endocrinologue à l’université Washington de Saint-Louis et premier auteur de l’étude, explique avoir été frappé par l’ampleur des effets sur cet organe.

Les participants sous régime cétogène ont enregistré une réduction de 67 % de la graisse hépatique, contre 45 % pour les régimes méditerranéen et pauvre en graisses.

Au-delà de cette baisse de la stéatose (« foie gras »), plusieurs aspects se sont améliorés dans le groupe céto :

  • sensibilité du foie à l’insuline ;
  • diminution de la production de nouvelles graisses par le foie ;
  • baisse de la production de glucose hépatique ;
  • amélioration globale de plusieurs marqueurs de fonction métabolique.

Les trois régimes ont amélioré la sensibilité à l’insuline au niveau du foie, mais l’augmentation était deux à trois fois plus importante chez les personnes suivant le régime cétogène.

Prédiabète : un effet marquant pour le céto

Autre point clé de l’étude : le devenir du prédiabète, cette phase intermédiaire où la glycémie est trop élevée sans atteindre les seuils du diabète de type 2. Le poids perdu améliore naturellement la situation, mais l’ampleur du phénomène dépend là encore du régime choisi.

La moitié des participants du groupe cétogène ont vu leur prédiabète entrer en rémission, contre 29 % dans le groupe méditerranéen et seulement 7 % dans le groupe pauvre en graisses.

Autrement dit, le régime céto ne fait pas forcément maigrir davantage, mais il semble nettement plus efficace, dans ce petit essai, pour normaliser la glycémie chez des personnes déjà fragilisées métaboliquement.

Un régime très gras… sans explosion du cholestérol

Avec 73 % des calories provenant des graisses, dont une part de graisses saturées, le régime cétogène testé avait de quoi inquiéter sur le plan cardiovasculaire. Les chercheurs s’attendaient à voir grimper certains marqueurs lipidiques dans le sang. Ce n’est pas ce qu’ils ont observé.

Selon les propos rapportés de Max Petersen, les profils de cholestérol n’ont pas été dégradés dans le groupe céto. Les facteurs de risque cardiovasculaire avaient même tendance à s’améliorer, alors même que le régime restait riche en graisses saturées.

Les auteurs avancent une piste d’explication : la part extrêmement faible de glucides (4 % des calories) réduirait fortement les niveaux de glucose et d’insuline circulants. Cela freinerait la production de nouvelles graisses par le foie et favoriserait la mobilisation des graisses déjà stockées, en particulier dans cet organe.

Une étude prometteuse, mais de petite taille

Les résultats restent toutefois à prendre avec des pincettes. L’essai ne porte que sur 42 personnes, un effectif modeste pour tirer des conclusions définitives. Les chercheurs reconnaissent qu’avec un si petit échantillon, certaines différences entre régimes ont peut-être échappé à l’analyse statistique.

Autre limite : les participants ont suivi un régime strictement encadré, avec tous les repas préparés. Dans la vraie vie, l’adhésion à un régime aussi contraignant que le cétogène se révèle souvent plus difficile. La question de la durée de maintien des bénéfices au-delà de ces quelques mois reste entière.

Les auteurs soulignent aussi qu’on ignore si des régimes simplement pauvres en glucides, mais ne conduisant pas à la cétose, pourraient offrir des bénéfices comparables sur le foie et le prédiabète.

Ce que cela signifie pour un lecteur en France

Pour un Français en surpoids ou obèse, ces résultats ne signifient pas que le cétogène devient automatiquement la référence. Ils montrent plutôt que, chez des personnes avec obésité métabolique et foie gras, la structure des macronutriments (graisses, glucides, protéines) peut moduler fortement les bénéfices de la perte de poids.

En France, les recommandations officielles restent axées sur une alimentation équilibrée de type méditerranéen ou proche du modèle « régime crétois » : forte place aux légumes, fruits, légumineuses, céréales complètes, huile d’olive, poissons, et limitation des produits ultra-transformés et des sucres rapides. Ce type de régime bénéficie d’un solide corpus d’études montrant un effet favorable sur les risques cardiovasculaires et certains cancers.

Le régime cétogène, lui, est déjà utilisé dans des indications médicales spécifiques, par exemple pour certains cas d’épilepsie résistante aux traitements. Pour la perte de poids ou l’amélioration du foie gras non alcoolique, aucune autorité sanitaire française n’en fait pour l’instant une recommandation standard. La mise en place d’un tel régime s’effectue généralement sous encadrement médical ou diététique, en particulier chez les personnes ayant des maladies cardiovasculaires, rénales ou métaboliques.

Régime cétogène : ce que cela implique au quotidien

Max Petersen insiste sur le caractère très contraignant de ce type d’alimentation par rapport à un mode alimentaire occidental classique. La restriction en glucides doit être « sévère » pour que l’organisme entre et reste en cétose.

Salades, fruits, légumes féculents, légumineuses : beaucoup d’aliments généralement perçus comme sains contiennent trop de glucides pour un vrai régime cétogène strict.

Concrètement, un régime cétogène bien conduit impose de limiter fortement :

  • pain, pâtes, riz, semoule, pommes de terre ;
  • sucreries, pâtisseries, sodas, jus de fruits ;
  • la plupart des fruits entiers ;
  • de nombreux légumes riches en amidon (maïs, petits pois, certaines courges) ;
  • légumineuses comme les lentilles ou les pois chiches.

Les menus se concentrent alors sur les produits animaux, certains produits laitiers, les huiles, les oléagineux (noix, amandes) et des légumes très pauvres en glucides (salades, courgettes, brocolis, etc.). Sans accompagnement, l’équilibre en vitamines, minéraux et fibres peut devenir délicat à assurer.

Comprendre rapidement quelques notions techniques

Qu’est-ce que la cétose ?

La cétose est un état métabolique où l’organisme, privé de glucides, se met à produire des corps cétoniques à partir des graisses pour alimenter le cerveau et les muscles. C’est cet état que vise un régime cétogène strict.

Foie gras non alcoolique : de quoi parle-t-on ?

La maladie du foie gras non alcoolique, souvent liée à l’obésité et au syndrome métabolique, se caractérise par une accumulation de graisses dans le foie. Elle augmente le risque de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et, à un stade avancé, de cirrhose. Une baisse de 45 à 67 % de la graisse hépatique, comme observé dans l’étude, reste donc un enjeu majeur pour la santé à long terme.

Ce que peut en retenir quelqu’un qui veut perdre du poids

Pour une personne en France qui envisage un régime, cette étude suggère deux pistes :

  • à perte de poids identique, le choix du régime influence certains organes, en particulier le foie ;
  • un régime très pauvre en glucides pourrait être intéressant chez des personnes obèses avec prédiabète et foie gras, sous suivi médical adapté.
  • Un point ressort nettement : tous les participants ont perdu 10 % de leur poids, quelle que soit l’approche alimentaire. Pour la majorité des personnes, rester sur un modèle méditerranéen, plus simple à suivre sur le long terme et déjà largement validé, reste une voie réaliste. Un régime cétogène, lui, demande un engagement fort et un encadrement pour limiter les déséquilibres et surveiller les éventuels effets indésirables.

    Questions fréquentes

    Pourquoi le régime cétogène a-t-il mieux fonctionné pour le foie gras dans cette étude ?

    Les chercheurs expliquent que l'apport extrêmement faible en glucides (4 % des calories) réduit fortement les niveaux de glucose et d'insuline circulants. Cela freine la production de nouvelles graisses par le foie et favorise la mobilisation des graisses déjà stockées, en particulier dans cet organe.

    Le régime cétogène avec 73 % de graisses ne pose-t-il pas de problème pour le cœur ?

    Dans cette étude, les profils de cholestérol n'ont pas été dégradés dans le groupe céto et les facteurs de risque cardiovasculaire avaient même tendance à s'améliorer, malgré l'apport élevé en graisses saturées.

    Cette étude s'applique-t-elle à tous les Français en surpoids ?

    Non, les résultats concernent spécifiquement des personnes avec obésité métabolique et foie gras. Ils montrent que la structure des macronutriments peut moduler les bénéfices de la perte de poids, mais ne signifient pas que le régime céto devient automatiquement la référence pour tous.

    Quelles sont les limites principales de cette recherche ?

    L'étude ne porte que sur 42 personnes, un effectif modeste. De plus, les participants ont suivi un régime strictement encadré avec tous les repas préparés, ce qui ne reflète pas la réalité. La durée d'étude était aussi limitée à environ cinq mois.

    Qu'est-ce que la cétose et comment le régime la provoque-t-il ?

    La cétose est un état métabolique où l'organisme puise majoritairement son énergie dans les graisses plutôt que dans les glucides. Le régime cétogène l'induit en réduisant drastiquement l'apport en glucides à seulement 4 % des calories.
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