Le pilote espagnol Fernando Alonso vient d’ajouter à son garage déjà impressionnant une Bugatti Veyron très spéciale, aperçue à Monaco.
Le bicampeón du monde de Formule 1 continue d’enchaîner les acquisitions hors normes. Selon le média automobile portugais Razão Automóvel, Fernando Alonso a été filmé au volant d’une Bugatti Veyron Grand Sport Vitesse absolument unique, livrée dans la principauté de Monaco, quelques mois après avoir déjà reçu un Pagani Zonda construit spécialement pour lui.
Un Veyron Grand Sport Vitesse unique, déjà considéré comme le plus cher jamais construit
Le modèle dont il est question n’est pas une Veyron « classique ». Il s’agit d’un Veyron Grand Sport Vitesse, la version découvrable et ultra-puissante de l’hypercar, portant le numéro de châssis 8100. D’après Razão Automóvel, cet exemplaire est considéré comme le Veyron le plus cher jamais assemblé par la marque française.
Fernando Alonso a été repéré sortant de la concession Bugatti de Monaco au volant de cette pièce unique. La scène a été immortalisée en vidéo, notamment sur Instagram, où l’on voit le pilote espagnol manœuvrer la voiture dans les rues de la principauté.
Ce Veyron Grand Sport Vitesse n’existe qu’à un seul exemplaire, spécialement façonné à la demande de son tout premier propriétaire.
Pour un pilote habitué aux monoplaces les plus rapides de la planète, ce choix n’a rien d’illogique. Le Veyron Grand Sport Vitesse demeure l’une des voitures de route les plus performantes de l’histoire, et cet exemplaire en particulier coche toutes les cases de la collection ultra-exclusive : production unique, histoire singulière, et configuration technique extrême.
Une carrosserie en aluminium maquiné, née d’un bras de fer avec Bugatti
L’histoire de cette Bugatti commence bien avant son arrivée dans le garage d’Alonso. Le premier propriétaire, l’homme d’affaires Khadem Al-Qubaisi, voulait une interprétation très spécifique de la Veyron Grand Sport Vitesse. Son idée : une version inspirée de la série spéciale Veyron Pur Sang, mais poussée à l’extrême, avec une carrosserie entièrement réalisée en aluminium maquiné.
Bugatti a d’abord refusé. Le constructeur de Molsheim a jugé le projet trop coûteux, notamment en raison du travail colossal exigé sur la carrosserie. La réponse du client a été radicale : il a menacé d’annuler d’autres commandes déjà passées auprès de la marque.
Face à la menace d’annulations, Bugatti a fini par céder et a accepté de créer cette Veyron Grand Sport Vitesse unique en aluminium intégralement maquiné.
La concession de Bugatti ne s’est pas faite à moitié. Chaque panneau de carrosserie a été usiné à partir d’un seul bloc d’aluminium. D’après Razão Automóvel, la marque a utilisé plus de 20 tonnes de matière première pour façonner l’ensemble de la coque de la voiture. Le résultat : un Veyron Grand Sport Vitesse dont la carrosserie, entièrement en métal nu poli, attire immédiatement le regard.
Un travail titanesque pour une seule voiture
Usiner des éléments de carrosserie de cette taille dans un seul bloc d’aluminium exige un temps de travail et une précision hors normes. Dans l’industrie automobile, même pour des voitures de luxe, ce genre de procédé reste extrêmement rare : on combine généralement plusieurs pièces, moins coûteuses et plus simples à produire.
Ici, l’objectif était d’obtenir une continuité parfaite des surfaces et des reflets, à l’image des Veyron Pur Sang, mais en allant encore plus loin. L’aluminium poli impose aussi un soin particulier à l’usage : la moindre micro-rayure se voit, ce qui en fait une voiture davantage destinée à une collection qu’à une utilisation quotidienne.
Un W16 de 1200 chevaux et 410 km/h en pointe
Sous cette robe spectaculaire, on retrouve la mécanique bien connue de la Veyron Grand Sport Vitesse. Le moteur est le W16 de 8,0 litres quadriturbo, donné ici pour 1200 chevaux (883 kW). Cette cavalerie permet à la voiture d’atteindre 410 km/h, une vitesse qui reste, des années après la sortie du modèle, au niveau des meilleures hypercars actuelles.
Avec ses 1200 chevaux et ses 410 km/h, la Veyron Grand Sport Vitesse reste une référence absolue en matière de performances routières.
Dans la pratique, très peu de propriétaires auront l’occasion de s’approcher de ces vitesses. La Veyron Grand Sport Vitesse a néanmoins marqué l’histoire en revendiquant, à son lancement, le titre de cabriolet de série le plus rapide au monde.
Moteur : W16 8,0 litres quadriturbo
Puissance : 1200 chevaux (883 kW)
Vitesse maximale annoncée : 410 km/h
Architecture : version découvrable « Grand Sport Vitesse »
Pour un pilote de Formule 1 comme Fernando Alonso, habitué à des accélérations extrêmes, ce type de voiture offre un mélange rare : des performances dignes d’un prototype, mais avec un certain confort et une présentation ultra-luxueuse.
Un intérieur mêlant aluminium poli et cuir rouge, nettoyé des initiales du premier propriétaire
L’habitacle de cet exemplaire unique reprend le thème extérieur. L’aluminium poli se retrouve dans la décoration intérieure, associé à un cuir rouge vif. Cette combinaison renforce le côté spectaculaire et ostentatoire de la voiture.
À l’origine, plusieurs détails intérieurs portaient l’inscription « Kaq », les initiales de Khadem Al-Qubaisi. Ces éléments rappelaient le caractère très personnalisé de la commande. Razão Automóvel précise que ces marquages ont été retirés avant la vente à Fernando Alonso, signe qu’un nouveau chapitre s’ouvre pour ce Veyron unique.
Les initiales « Kaq » du premier propriétaire ont été supprimées, laissant à Fernando Alonso une voiture unique mais débarrassée de cette signature très personnelle.
Pour un nouveau propriétaire aussi exposé qu’un double champion du monde de F1, effacer les traces trop visibles de l’ancien commanditaire permet de s’approprier pleinement la voiture. L’auto conserve son histoire singulière, tout en apparaissant moins liée à une personnalité précise.
Pagani Zonda, Bugatti Veyron… le garage très sélect de Fernando Alonso
Razão Automóvel rappelle que Fernando Alonso a reçu, il y a quelques mois, un Pagani Zonda unique. Pagani est un constructeur italien d’hypercars artisanales, connu pour produire des modèles en très petites séries, souvent personnalisés jusqu’au moindre détail pour chaque client.
En ajoutant aujourd’hui une Bugatti Veyron Grand Sport Vitesse unique au monde, Alonso confirme son goût prononcé pour les voitures d’exception créées sur mesure. Pour un pilote encore en activité en Formule 1, ces acquisitions illustrent aussi le niveau de revenus et d’image nécessaire pour accéder à ce marché ultra-confidentiel des hypercars one-off, fabriquées à un seul exemplaire.
Hypercars uniques : quelle réalité pour un passionné français fortuné ?
En France, Bugatti reste un constructeur emblématique, historiquement basé à Molsheim, en Alsace. L’accès à ce type de modèle se fait par le réseau officiel, via des concessions triées sur le volet, comme celle de Monaco où Alonso a été vu.
Pour un collectionneur français très fortuné, la possibilité d’obtenir une voiture unique existe, mais reste rare. Les constructeurs comme Bugatti, Pagani ou d’autres marques d’hypercars acceptent parfois des projets sur mesure, à condition que le client dispose déjà d’une relation établie avec la marque et d’un historique d’achats conséquent. Les coûts dépassent alors largement les prix déjà très élevés des modèles de base, notamment à cause :
du travail de conception spécifique (design extérieur, matériaux, essais) ;
de la fabrication de pièces uniques (carrosserie, éléments d’habitacle) ;
des validations techniques et réglementaires nécessaires pour rester homologué sur route.
En France, les propriétaires de ce type de véhicule doivent aussi composer avec une fiscalité et des contraintes pratiques : coût de l’assurance, malus écologique maximal pour les véhicules neufs les plus puissants, et usage souvent limité à quelques sorties par an, parfois sur circuit privé, pour éviter l’usure et l’exposition aux risques du trafic quotidien.
Pourquoi certains clients exigent des carrosseries en aluminium maquiné
La carrosserie intégralement en aluminium maquiné de la Veyron d’Alonso illustre une tendance de fond chez certains riches collectionneurs : transformer la voiture en véritable objet d’orfèvrerie mécanique. L’usinage dans la masse consiste à partir d’un bloc de métal plein, que l’on vient sculpter progressivement à l’aide de machines-outils, jusqu’à obtenir la forme finale.
Ce procédé présente plusieurs avantages pour un client qui veut un véhicule vraiment différent :
tolérances très fines et alignement parfait des panneaux de carrosserie ;
aspect visuel unique, avec des reflets nets sur le métal nu poli ;
sensation d’« objet taillé dans un bloc », qui renforce l’idée de pièce d’art.
En contrepartie, le gaspillage de matière est énorme : dans le cas évoqué par Razão Automóvel, plus de 20 tonnes d’aluminium ont été nécessaires pour produire l’ensemble de la carrosserie. La plupart de ce métal est enlevée sous forme de copeaux, d’où un coût de fabrication particulièrement élevé, même en tenant compte du recyclage possible de ces chutes.
Pour les constructeurs, accepter ce type de projet revient donc à immobiliser des moyens industriels et humains colossaux pour une seule voiture. Ce choix se justifie uniquement lorsqu’il s’inscrit dans une stratégie de très haut de gamme, où quelques clients triés sur le volet peuvent financer des réalisations d’exception… comme ce Veyron Grand Sport Vitesse aujourd’hui entre les mains de Fernando Alonso.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.