En Espagne, un mécanicien chevronné, sacré meilleur du pays, détaille le type de voiture qu’il choisirait aujourd’hui face au boom de l’électrique.
Alors que les ventes de voitures électriques et hybrides progressent à vive allure, notamment en France, le mécanicien espagnol Javier Sendín, désigné meilleur mécanicien d’Espagne en 2023, a livré pour le média sportif en ligne Mundo Deportivo un avis tranché sur le type de véhicule qu’il privilégierait désormais. Son choix ne va ni vers le 100 % électrique, ni vers un simple diesel, mais vers une solution intermédiaire qu’il juge plus réaliste au quotidien.
Un mécanicien espagnol reconnu qui doute de la voiture neuve
Javier Sendín travaille depuis des années sur tous types de véhicules dans son garage en Espagne. En 2023, il a été élu « meilleur mécanicien d’Espagne », un titre qui lui donne un certain poids auprès des automobilistes qui hésitent à changer de voiture. Interrogé par Mundo Deportivo, il commence par une mise au point très franche.
« Honnêtement, aujourd’hui, je n’ai pas envie d’acheter une voiture neuve », affirme Javier Sendín, malgré son métier et sa passion pour l’automobile.
Pour lui, le marché se trouve à un moment charnière. Les véhicules électriques restent chers à l’achat, l’autonomie et les infrastructures de recharge suscitent encore des interrogations, tandis que les moteurs thermiques traditionnels (essence et diesel) subissent restrictions et malus dans de nombreuses villes européennes.
Entre ces contraintes, il estime que la meilleure voie pour un particulier, s’il devait absolument acheter une voiture neuve, se situe à mi-chemin.
Son choix clair : l’hybride rechargeable, si possible japonaise
Face à la question du « meilleur modèle » pour aujourd’hui, Javier Sendín n’hésite pas longtemps.
« Si je devais le faire, sans hésiter, j’opterais pour une hybride rechargeable, et de préférence japonaise », explique-t-il à Mundo Deportivo.
Il ne parle pas ici des hybrides simples (non rechargeables), mais bien des hybrides rechargeables, ces véhicules capables de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres en mode 100 % électrique grâce à une batterie que l’on peut brancher sur une prise ou une borne.
À ses yeux, ce type de voiture représente un compromis intelligent entre performances, économies de carburant et impact environnemental, à condition que l’usage soit adapté.
Trajets quotidiens courts : roulage possible en tout électrique, sans émissions locales.
Longs déplacements : le moteur thermique prend le relais et évite l’angoisse de la panne de batterie.
Vie en zone urbaine : accès facilité dans certaines zones restreintes en Espagne, grâce à la vignette environnementale adéquate.
Pourquoi l’hybride rechargeable lui paraît plus équilibrée
Pour l’expert espagnol, l’intérêt de l’hybride rechargeable tient d’abord dans la combinaison des technologies.
« Ce type de véhicule combine le meilleur des deux technologies : le moteur thermique et l’électrique », résume-t-il.
En pratique, il met en avant une grande polyvalence :
En ville : l’hybride rechargeable permet de rouler en mode 100 % électrique la majeure partie du temps, avec un coût d’usage réduit et sans émissions de gaz à effet de serre à l’échappement.
Sur autoroute ou grands trajets : le moteur thermique prend le relais, ce qui évite de dépendre entièrement du réseau de bornes de recharge, encore inégalement réparti.
En Espagne, Javier Sendín rappelle aussi que ce type de véhicule peut obtenir la vignette « Zéro », un macaron environnemental délivré par l’administration espagnole qui facilite l’accès aux zones à circulation restreinte, un peu comme les zones à faibles émissions en France.
« En étant rechargeable, elle bénéficie de la vignette Zéro, ce qui facilite les déplacements dans les zones restreintes et apporte des avantages, notamment fiscaux ou en matière de stationnement », détaille-t-il.
Pour les habitants de grandes agglomérations espagnoles soumises à des limitations de circulation, ces avantages concrets peuvent faire basculer la décision d’achat.
Pourquoi il ne se précipiterait pas chez le concessionnaire
Malgré cette préférence nette pour l’hybride rechargeable, Javier Sendín tient à nuancer son propos : lui-même n’achèterait pas de voiture neuve aujourd’hui.
« Dans mon cas, je n’achèterais pas de voiture neuve. Mais c’est vrai que cela dépend beaucoup de chaque personne et de sa situation », explique-t-il.
Il considère que le marché reste très mouvant, avec des technologies qui évoluent vite, des réglementations qui se durcissent et des prix élevés, que ce soit pour l’électrique ou pour certains moteurs thermiques encore disponibles.
Son message se veut donc prudent : le bon choix dépend du type de trajets, du budget, du lieu d’habitation, de la capacité ou non à recharger à domicile et de la durée pendant laquelle le véhicule sera conservé.
Pourquoi favoriser une marque japonaise selon ce mécanicien
Interrogé sur sa préférence pour un constructeur japonais plutôt qu’européen ou américain, Javier Sendín avance deux raisons principales : la fiabilité et le coût d’entretien.
Selon lui, les marques japonaises continuent de se distinguer par leur sérieux mécanique et la robustesse de leurs motorisations, en particulier dans le domaine de l’hybride. Pour un automobiliste qui veut limiter les visites au garage, ces critères pèsent lourd.
Les marques japonaises restent, selon Javier Sendín, parmi les plus fiables, ce qui réduit le risque de pannes coûteuses à long terme.
Il pointe aussi du doigt l’évolution de la complexité des véhicules récents.
« Les voitures actuelles sont beaucoup plus chères à entretenir que celles d’il y a quelques années », constate-t-il, en citant notamment le prix très élevé de certaines pièces et équipements électroniques.
Pour les foyers qui surveillent leur budget, cet aspect peut compter autant que la consommation de carburant ou l’étiquette environnementale.
Des voitures modernes plus complexes et plus coûteuses à réparer
L’expert espagnol rappelle que l’électronique embarquée, les aides à la conduite et les systèmes de dépollution avancés rendent les automobiles plus sophistiquées, donc plus chères à réparer. Un simple capteur ou un module électronique peut faire grimper la facture.
Type de véhicule
Complexité technique
Risque de coût élevé en cas de panne
Ancienne voiture thermique simple
Faible à moyenne
Limité
Hybride rechargeable
Élevée (double motorisation + électronique)
Significatif, surtout hors garantie
Électrique récente
Très élevée (batterie, gestion électronique)
Très significatif pour certaines interventions
C’est aussi pour cette raison qu’il attend beaucoup des constructeurs réputés pour leur fiabilité : limiter les pannes sérieuses serait, à ses yeux, la meilleure manière de contenir le budget automobile à long terme.
Que retenir pour un automobiliste français ?
Les propos de Javier Sendín s’inscrivent dans un contexte qui touche aussi les conducteurs français. Selon les dernières données du Service des données et études statistiques (SDES), les voitures électrifiées (électriques et hybrides) occupent désormais une large part des immatriculations neuves en France, tandis que les modèles 100 % thermiques reculent fortement.
Les hybrides non rechargeables représentent une part importante des ventes en France, devant les hybrides rechargeables et les électriques, d’après le SDES.
En France aussi, les grandes villes mettent en place des zones à faibles émissions, avec des vignettes Crit’Air qui conditionnent l’accès à certaines zones. Les véhicules hybrides rechargeables récents bénéficient généralement d’une bonne classification, ce qui permet encore de circuler dans des périmètres où certains diesels sont désormais bannis.
Pour un automobiliste français, les questions à se poser rejoignent donc celles évoquées par le mécanicien espagnol :
Ai-je un stationnement avec possibilité de recharge à domicile ou sur mon lieu de travail ?
Mes trajets quotidiens me permettent-ils d’exploiter réellement le mode électrique d’une hybride rechargeable ?
Est-ce que je roule beaucoup sur autoroute, où l’avantage de l’électrique seule est moins évident ?
Mon budget me permet-il de supporter un coût d’achat plus élevé pour réduire ensuite mes dépenses de carburant ?
Les équivalents français aux dispositifs espagnols existent, mais avec des règles propres à chaque agglomération. Les mairies et préfectures définissent les conditions d’accès aux zones à faibles émissions, tandis que l’État module la fiscalité automobile (bonus, malus, TVS pour les entreprises, etc.) sans que ces dispositifs soient identiques à ceux de l’Espagne.
Hybride rechargeable : quelques repères concrets avant de se décider
Le mécanicien espagnol ne détaille pas tous les aspects techniques de l’hybride rechargeable, mais certains points méritent d’être rappelés pour un lecteur français qui s’interroge.
Ce que permet réellement une hybride rechargeable
Une voiture hybride rechargeable associe :
un moteur thermique (essence le plus souvent) ;
un ou plusieurs moteurs électriques ;
une batterie rechargeable sur prise sectorielle ou borne.
Son intérêt maximal apparaît lorsque :
on recharge presque tous les jours, afin d’utiliser au mieux le mode électrique pour les petits trajets ;
on réalise aussi des trajets plus longs, où le moteur thermique prend le relais sans contrainte de recharge rapide.
À l’inverse, si la voiture n’est jamais branchée, elle se comporte surtout comme une voiture essence lourde, avec une consommation parfois décevante. L’avis de Javier Sendín s’adresse donc avant tout à ceux qui peuvent exploiter pleinement cette technologie.
Un compromis, pas une solution magique
L’analyse du mécanicien espagnol rappelle qu’aucun type de motorisation n’est parfait. L’hybride rechargeable offre un équilibre intéressant entre contraintes d’usage, coût et impact environnemental, mais elle reste un compromis.
Un automobiliste français gagnera à confronter cette recommandation à sa propre situation : type de trajets, accès à la recharge, budget achat/entretien et incitations locales. L’avis d’un professionnel comme Javier Sendín éclaire les tendances, mais ne remplace pas une étude personnalisée de son usage réel de la voiture.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Pourquoi Javier Sendín ne recommande-t-il pas une voiture électrique pure ?
Parce que les véhicules électriques restent chers à l'achat et suscitent des interrogations sur l'autonomie et la disponibilité des infrastructures de recharge. De plus, ils dépendent entièrement du réseau de bornes, inégalement réparti.
Quels sont les avantages pratiques de l'hybride rechargeable selon ce mécanicien ?
Elle permet de rouler en 100 % électrique en ville sans émissions, tandis que le moteur thermique prend le relais sur autoroute pour éviter l'angoisse de la panne de batterie. En Espagne, elle obtient la vignette Zéro, facilitant l'accès aux zones restreintes.
Pourquoi privilégier une marque japonaise pour une hybride rechargeable ?
Les constructeurs japonais se distinguent par leur sérieux mécanique, la robustesse de leurs motorisations et leur fiabilité globale. Cela réduit le risque de pannes coûteuses et limite les visites au garage.
Javier Sendín achèterait-il lui-même une voiture neuve aujourd'hui ?
Non, il explique que le marché reste très mouvant avec des technologies qui évoluent vite et des prix élevés. Il considère que le bon choix dépend beaucoup de chaque situation personnelle, du type de trajets et de la capacité à recharger à domicile.
Pourquoi les voitures modernes sont-elles plus coûteuses à réparer ?
Elles embarquent de l'électronique complexe, des aides à la conduite et des systèmes de dépollution avancés. Un simple capteur ou module électronique peut faire grimper considérablement la facture de réparation.