Elles se posent sur les rideaux, se glissent dans les coffres de volets et libèrent une odeur tenace dès qu’on les dérange. Chaque automne, les punaises cherchent un abri pour passer l’hiver, et nos maisons leur conviennent parfaitement. Bonne nouvelle : quelques gestes simples suffisent souvent à leur fermer la porte.
L’essentiel
À l’automne, les punaises des bois, vertes ou diaboliques cherchent un endroit sec et abrité pour passer l’hiver.
Elles ne piquent pas, ne transmettent pas de maladie et ne se reproduisent pas dans la maison. Leur odeur, en revanche, est redoutable.
Le geste le plus efficace consiste à bloquer les entrées : joints, moustiquaires, coffres de volets, bas de porte.
Pour s’en débarrasser, mieux vaut les capturer sans jamais les écraser.
Pourquoi elles entrent chez vous dès la fin de l’été
Quand les journées raccourcissent et que les nuits fraîchissent, les punaises changent de comportement. Elles se préparent à une période de dormance et cherchent un refuge sec et protégé du froid. Dans la nature, elles se cachent sous les écorces, dans les fissures des rochers ou dans les tas de bois. Une maison offre tout cela en mieux.
Elles sont particulièrement attirées par les façades chaudes et ensoleillées, souvent exposées au sud ou à l’ouest. En fin d’après-midi, il n’est pas rare d’en voir des dizaines posées sur un mur ou un encadrement de fenêtre. De là, elles profitent du moindre interstice pour entrer : un joint abîmé, une fenêtre entrouverte, un coffre de volet roulant, une bouche d’aération.
Une fois à l’intérieur, elles cherchent les recoins calmes : plis des rideaux, combles, cadres de fenêtres, arrière des meubles. Pendant l’hiver, la chaleur du chauffage peut en réveiller quelques-unes, qui se mettent alors à errer vers la lumière. Au printemps, elles chercheront à ressortir.
Des punaises des bois, pas des punaises de lit
Première chose à savoir : il ne s’agit pas de punaises de lit. Ces dernières se nourrissent de sang et vivent dans les matelas, alors que les punaises qui envahissent les maisons à l’automne sont des insectes des jardins, des haies et des vergers.
Les plus courantes sont :
la punaise verte, reconnaissable à sa forme de petit bouclier vert, qui vire parfois au brun à l’approche de l’hiver ;
la punaise diabolique, brun marbré, originaire d’Asie. Signalée en France au début des années 2010, d’abord en Alsace, elle s’est depuis répandue dans une grande partie du pays ;
la punaise américaine du pin, plus allongée, brun-roux, avec des pattes arrière aplaties en forme de feuille.
Pour l’être humain, elles sont inoffensives. Elles ne piquent pas, ne transmettent aucune maladie et n’abîment pas la maison. Leur seule arme est une défense chimique : quand elles se sentent menacées ou qu’on les écrase, elles libèrent un liquide à l’odeur forte, que beaucoup comparent à la coriandre. Cette substance peut aussi tacher les tissus clairs.
Le geste le plus efficace : leur fermer la porte
Le meilleur moment pour agir, c’est en septembre, avant que les punaises ne s’installent en nombre. L’objectif : réduire au maximum les points d’entrée.
Vérifiez les joints de fenêtres et de portes. Un joint de silicone fissuré ou décollé autour d’un encadrement suffit à laisser passer une punaise. Le refaire prend quelques minutes et coûte peu.
Installez des moustiquaires. C’est la barrière physique la plus efficace. Elles permettent d’aérer sans laisser entrer les insectes, punaises comme moustiques.
Posez des bas de porte ou des boudins sur les portes donnant sur l’extérieur, le garage ou la cave.
Inspectez les coffres de volets roulants. Ils figurent parmi les cachettes favorites des punaises. Des joints à brosse, posés sur la fente du coffre, limitent fortement le passage.
Protégez les ouvertures sans les boucher. Sur les bouches d’aération extérieures et les conduits, une grille à mailles fines empêche l’entrée des insectes. Ne condamnez jamais une ventilation : elle est indispensable à la qualité de l’air et à la sécurité du logement.
Colmatez les passages de câbles et de tuyaux (antenne, climatisation, évacuations) avec un mastic adapté.
Les astuces maison pour les éloigner
En plus de ces barrières, quelques habitudes simples limitent les intrusions.
Fermer au bon moment. Les jours ensoleillés d’automne, c’est souvent en fin d’après-midi que les punaises s’agitent le plus sur les façades. Refermer fenêtres et volets à ce moment-là évite bien des visites.
Limiter la lumière le soir. Les punaises sont attirées par la lumière. Fermer les rideaux ou les volets une fois la nuit tombée, et éviter d’éclairer inutilement près des ouvertures, réduit leur intérêt pour la maison.
Tenter les odeurs qui dérangent. Beaucoup de particuliers vaporisent sur les encadrements de fenêtres un mélange d’eau et de quelques gouttes d’huile essentielle de menthe poivrée. L’effet répulsif reste modeste et variable : c’est un complément, pas une solution à lui seul. Les huiles essentielles doivent être utilisées avec prudence en présence de jeunes enfants et d’animaux, en particulier des chats, qui y sont très sensibles. Testez aussi le mélange sur une petite surface avant de l’appliquer.
Comment s’en débarrasser sans les écraser
Une punaise est entrée ? Surtout, ne l’écrasez pas. Voici des méthodes simples et sans odeur, ou presque.
Le verre et la feuille. Posez un verre sur la punaise, glissez une feuille de papier ou un carton dessous, puis relâchez-la dehors, loin de la maison.
Le bocal d’eau savonneuse. Remplissez un bocal d’eau additionnée d’un peu de liquide vaisselle, puis faites-y tomber les punaises d’une petite pichenette. Le savon les empêche de flotter.
Le piège de nuit. Placez le soir une assiette creuse d’eau savonneuse sous une petite lampe, près d’une fenêtre. Attirées par la lumière, certaines finissent dans l’eau.
L’aspirateur, avec une astuce. Il fonctionne, mais l’odeur peut imprégner l’appareil. Glissez un vieux collant dans le tube, maintenu par un élastique : les punaises y restent piégées et vous le videz ensuite à l’extérieur.
Le ruban adhésif. Pour un insecte isolé, un morceau de ruban adhésif large permet de l’attraper puis de replier la bande sur elle-même.
Les erreurs à éviter
Les écraser, dans la maison comme sur les tissus : l’odeur persiste et peut laisser des taches.
Vaporiser des insecticides à l’intérieur. C’est peu utile puisqu’elles ne se reproduisent pas dans la maison, et cela expose inutilement les occupants aux produits. Des insectes morts, oubliés dans les murs ou les combles, peuvent en plus attirer d’autres petites bestioles qui s’en nourrissent.
Rentrer le bois de chauffage sans précaution. Les punaises se cachent volontiers dans les bûches. Secouez-les avant de les faire entrer et stockez le bois dehors, à distance des murs.
Au potager, des dégâts plus sérieux
Si elles sont surtout gênantes dans la maison, les punaises posent davantage de problèmes au jardin. En piquant les fruits et les légumes pour se nourrir, elles provoquent des taches, des déformations ou des zones liégeuses sur les tomates, les haricots ou les fruits du verger. La punaise diabolique inquiète particulièrement les arboriculteurs de plusieurs pays européens, notamment en Italie, où elle a causé d’importantes pertes dans les vergers.
Oiseaux, araignées et autres prédateurs naturels en consomment une partie. Les chercheurs étudient aussi une minuscule guêpe parasite venue d’Asie, surnommée « guêpe samouraï », qui s’attaque aux œufs de la punaise diabolique.
FAQ
Les punaises des bois sont-elles dangereuses ?
Non. Elles ne piquent pas, ne transmettent pas de maladie et n’endommagent pas la maison. Leur seul désagrément est l’odeur qu’elles libèrent quand on les dérange ou qu’on les écrase.
Se reproduisent-elles dans la maison ?
Non. En hiver, elles sont en dormance et ne pondent pas. La reproduction a lieu dehors, au printemps et en été.
Quelle odeur les fait fuir ?
L’huile essentielle de menthe poivrée diluée dans de l’eau est souvent citée, mais son efficacité est limitée. Les barrières physiques, comme les joints et les moustiquaires, restent la meilleure protection.
Pourquoi en voit-on autant certaines années ?
Des étés chauds et longs peuvent favoriser leur multiplication. Quand l’automne arrive, elles sont alors plus nombreuses à chercher un abri.
Que faire au printemps ?
Les punaises réfugiées dans la maison chercheront à sortir. Ouvrez les fenêtres pour les laisser partir ou capturez-les avec la méthode du verre, sans les écraser.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.