EUROTEL

Livret A : les intérêts au-dessus du plafond bientôt taxés ? Voici ce que préconise la Cour des comptes

Visualisation graphique montrant un Livret A dépassant son plafond avec des intérêts s'accumulant au-delà de 22 950 euros.

En France, la Cour des comptes propose de revoir l’avantage fiscal du Livret A lorsque l’épargne dépasse son plafond réglementaire.

Dans une note publiée le 21 septembre, l’institution chargée du contrôle des finances publiques avance seize recommandations sur la fiscalité du patrimoine. Le quotidien régional Midi Libre rapporte que l’une d’elles viserait les intérêts produits par les sommes conservées sur un Livret A au-delà de son plafond.

Une exonération fiscale qui pourrait devenir partielle

Le Livret A reste aujourd’hui un produit d’épargne réglementée dont les intérêts sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Cette règle s’applique, y compris lorsque le montant présent sur le compte dépasse le plafond de versement.

Ce dépassement peut se produire naturellement : une fois le plafond atteint, les titulaires ne peuvent plus effectuer de nouveaux versements, mais les intérêts annuels continuent d’être crédités sur le livret. Ils s’ajoutent donc au capital déjà épargné.

La Cour des comptes propose de changer ce mécanisme fiscal. Son idée : imposer seulement les intérêts liés à la part de l’épargne située au-dessus du plafond réglementaire, fixé à 22 950 euros pour le Livret A dans la note évoquée.

La mesure ne porterait pas sur l’ensemble des intérêts du Livret A, mais sur ceux générés par les sommes dépassant le plafond autorisé pour les versements.

Selon les informations relayées par Midi Libre, la taxation envisagée atteindrait 31,4 %. Ce taux correspondrait à celui du prélèvement forfaitaire unique retenu dans la proposition. Les intérêts excédentaires seraient alors soumis à l’impôt sur le revenu et aux cotisations sociales, tandis que les intérêts correspondant à l’épargne placée jusqu’au plafond resteraient exonérés.

Pourquoi la Cour des comptes avance cette piste

Dans sa note, la Cour des comptes estime que les avantages fiscaux liés à l’épargne réglementée profitent davantage aux ménages les plus aisés et aux personnes plus âgées. Elle relie ce constat au relèvement passé du plafond du Livret A, ainsi qu’à la possibilité de détenir parallèlement un Livret de développement durable et solidaire.

Le plafond du Livret de développement durable et solidaire est cité à 12 000 euros. Un épargnant peut donc atteindre le maximum sur ces deux supports, tout en continuant à percevoir des intérêts exonérés au fil des années. La juridiction financière souhaite recentrer l’avantage fiscal sur la fonction première de ces livrets : constituer une épargne disponible pour faire face aux dépenses imprévues.

La Cour des comptes propose de « mieux cibler ces produits vers l’épargne de précaution des ménages les moins aisés ».

Elle évoque aussi les autres livrets réglementés dans sa recommandation : le Livret bleu, le Livret de développement durable et solidaire, le Livret jeune et le Livret d’épargne populaire. Le principe avancé consiste à fiscaliser les intérêts provenant des dépôts qui dépassent les plafonds concernés.

Une mesure qui viserait une minorité de détenteurs

La réforme ne concernerait pas tous les titulaires d’un Livret A. D’après des données de la Banque de France citées par MeilleurTaux et reprises dans l’article, 15 % des Livrets A ont atteint leur plafond.

  • Les personnes dont l’encours reste sous le plafond ne seraient pas visées.
  • Les intérêts resteraient exonérés sur la part du capital située dans la limite réglementaire.
  • Seule la rémunération de la fraction dépassant ce seuil entrerait dans le champ de l’impôt envisagé.
  • Le projet concernerait aussi d’autres livrets réglementés selon les termes de la recommandation.

La Cour des comptes estime que cette évolution pourrait rapporter 80 millions d’euros par an. Il s’agit d’une préconisation et non d’une règle déjà entrée en vigueur. Une recommandation de la Cour ne modifie pas, à elle seule, le fonctionnement du Livret A : une décision des pouvoirs publics serait nécessaire pour traduire cette piste dans la loi.

La situation en France pour les détenteurs de Livret A

À ce stade, les intérêts du Livret A demeurent exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux. Les détenteurs d’un livret ayant dépassé 22 950 euros grâce aux intérêts ne paient donc pas d’impôt spécifique sur cette fraction de leur épargne selon la règle en vigueur décrite par la source.

Le plafond constitue une limite de versement, non une limite absolue du solde. Une fois ce montant atteint, la banque bloque les versements supplémentaires sur le Livret A. Les intérêts peuvent tout de même faire dépasser ce niveau sans que le titulaire ait besoin d’agir.

Pour un épargnant, la distinction est concrète. Une personne qui possède un Livret A inférieur au plafond conserverait le cadre fiscal actuel si la recommandation était retenue telle quelle. Une personne dont le compte dépasse déjà le plafond devrait, elle, suivre les modalités précises qui seraient éventuellement fixées : date d’application, méthode de calcul et traitement des intérêts.

Un débat plus large sur l’épargne réglementée

Le Livret A est détenu par plus de 57 millions de personnes, selon les éléments cités dans l’article. Sa popularité tient notamment à la disponibilité de l’argent : les retraits restent possibles, contrairement à certains placements qui imposent une durée de détention ou peuvent exposer le capital aux variations des marchés.

Le Livret de développement durable et solidaire répond à une logique proche. Il permet aussi de conserver une épargne accessible, avec un plafond distinct. Le Livret d’épargne populaire vise, pour sa part, des épargnants répondant à des conditions de revenus.

La proposition de la Cour des comptes pose donc une question de ciblage fiscal. Elle ne remet pas en cause l’existence du Livret A ni son exonération jusqu’au plafond. Elle vise la situation des comptes remplis au maximum, dont les intérêts continuent ensuite d’augmenter le solde. Toute évolution dépendra désormais des choix du gouvernement et du Parlement.

Questions fréquentes

Qui serait affecté par cette réforme du Livret A ?

Seuls les 15 % des détenteurs dont le Livret A a dépassé le plafond de 22 950 euros grâce aux intérêts seraient concernés. Les intérêts générés par la part excédentaire seraient taxés, tandis que l'épargne jusqu'au plafond resterait exonérée.

Quel serait le taux de taxation des intérêts excédentaires ?

La Cour des comptes propose un taux de 31,4 %, correspondant au prélèvement forfaitaire unique. Les intérêts excédentaires seraient soumis à l'impôt sur le revenu et aux cotisations sociales.

Cette recommandation de la Cour des comptes est-elle déjà applicable ?

Non, il s'agit d'une préconisation uniquement. Une décision des pouvoirs publics et une modification législative seraient nécessaires pour mettre en œuvre cette réforme.

Pourquoi la Cour des comptes propose-t-elle cette mesure ?

Selon la Cour, les avantages fiscaux actuels du Livret A profitent davantage aux ménages aisés et aux personnes âgées. L'objectif est de recentrer ces avantages sur la fonction première de ces livrets : l'épargne de précaution des ménages les moins aisés.

Quels autres livrets seraient concernés par cette réforme ?

La recommandation s'appliquerait aussi au Livret bleu, au Livret de développement durable et solidaire (plafond de 12 000 euros), au Livret jeune et au Livret d'épargne populaire, selon le même principe de fiscalisation des intérêts excédentaires.
Défiler vers le haut