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À Montpellier, ce poisson de 1,5 m se cache sous le Lez : il bouscule un équilibre déjà fragile

Silure glane mesurant environ 1,5 mètre, aux moustaches caractéristiques, se cachant sous les eaux sombres du Lez à Montpellier.

Sous les eaux calmes du Lez, un poisson massif s’est installé loin des regards, au milieu d’un environnement urbain très fréquenté.

Les promeneurs croisent des canards, des joggeurs et des pêcheurs sur les berges du Lez sans toujours imaginer ce qui circule sous la surface. Dans le fleuve qui traverse Montpellier, le silure glane figure parmi les habitants les plus imposants. Ce prédateur peut mesurer autour de 1,5 mètre et certains spécimens atteignent des tailles nettement supérieures.

Un géant discret dans les eaux montpelliéraines

Le silure glane porte le nom scientifique Silurus glanis. Il s’agit du plus grand poisson d’eau douce présent en Europe. Sa longueur moyenne se situe souvent autour de 1,50 mètre chez les grands individus, tandis que les spécimens les plus âgés peuvent franchir le seuil des deux mètres.

En France, un record a approché 2,75 mètres. À l’échelle mondiale, un individu de 2,85 mètres a été capturé en Italie. Ces dimensions impressionnent, même si les très grands silures restent rares dans un cours d’eau urbain comme le Lez.

Le silure n’est pas un monstre sorti d’une légende locale : c’est un poisson bien réel, capable de grandir durant de nombreuses années.

Son apparence laisse peu de place au doute. L’animal possède une large tête aplatie, une bouche très vaste et une peau dépourvue d’écailles. Son dos tire vers le brun, le vert sombre ou le noir, alors que son ventre est plus clair. Deux longues moustaches situées près de la bouche, appelées barbillons, l’aident à détecter les mouvements et les vibrations dans l’eau trouble.

Ces organes sensoriels se révèlent très efficaces la nuit. Le silure chasse souvent lorsque la lumière baisse, ce qui explique pourquoi il reste rarement visible depuis les berges.

Une présence qui ne date pas d’hier

Originaire d’Europe de l’Est et d’Asie centrale, le silure avait disparu des rivières françaises depuis très longtemps. Son retour sur le territoire remonte aux années 1970. L’espèce a alors été observée dans le bassin de la Saône avant de gagner progressivement de nombreux fleuves et affluents.

Selon les données évoquées par les services de l’État, il occupe aujourd’hui une très grande partie du réseau hydrographique de la France métropolitaine. Sa progression s’explique par plusieurs facteurs : sa capacité d’adaptation, sa longévité, son alimentation variée et le faible nombre de prédateurs capables de s’attaquer à un adulte.

Le diagnostic des milieux du bassin versant Lez-Mosson signale la présence de silures dans ce secteur. L’origine précise de chaque poisson présent dans le fleuve ne peut pas être attribuée avec certitude à un geste particulier. Des introductions humaines ont participé, au fil des décennies, à la diffusion de l’espèce dans plusieurs bassins français. Une fois installée, elle peut ensuite coloniser de nouveaux tronçons par ses propres déplacements.

Pourquoi le Lez peut lui convenir

Un fleuve urbain n’est pas vide de vie. Le Lez accueille des poissons, des invertébrés, des amphibiens et des oiseaux d’eau. Les zones plus profondes, les secteurs abrités, les obstacles sous l’eau et les berges végétalisées peuvent offrir au silure des cachettes et des lieux de chasse.

  • Les fosses profondes lui permettent de rester discret en journée.
  • Les eaux chargées après un épisode pluvieux favorisent sa chasse au toucher.
  • Les bancs de petits poissons constituent une ressource alimentaire accessible.
  • Les zones calmes proches des berges peuvent servir de refuge.

Un prédateur au régime très large

Le silure ne se nourrit pas d’une seule espèce. Son menu varie selon la taille de l’animal, la saison et les proies disponibles. Les jeunes mangent surtout des insectes, des larves ou de petits crustacés. En grossissant, ils consomment davantage de poissons.

Les grands individus peuvent aussi capturer des grenouilles, des écrevisses, des petits mammifères tombés à l’eau et, dans certains cas documentés, des oiseaux présents au bord des rivières. Des scènes de chasse observées dans le Tarn et la Garonne ont montré des silures se projetant brièvement sur la rive pour attraper des pigeons ou des oiseaux d’eau.

Son alimentation opportuniste lui permet de profiter de presque toutes les ressources disponibles dans son environnement.

Cette souplesse alimentaire alimente les inquiétudes autour de son impact sur certains milieux. Le problème ne réside pas uniquement dans la taille du poisson. Il tient aussi à la pression qu’un prédateur adulte peut exercer sur des espèces déjà affaiblies.

L’anguille européenne parmi les espèces surveillées

Les poissons migrateurs sont particulièrement concernés. L’anguille européenne, classée en danger critique d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature, traverse de nombreux cours d’eau au cours de son cycle de vie. Elle peut devenir une proie pour les grands silures.

Les fédérations de pêche, les gestionnaires de rivières et les collectivités suivent donc l’évolution des populations. Éliminer totalement le silure d’un bassin où il s’est durablement implanté paraît difficile. La surveillance sert surtout à mieux comprendre ses déplacements, son alimentation et les secteurs où il se concentre.

Un poisson impressionnant, mais pas une menace pour les baigneurs

La taille d’un silure peut susciter la crainte chez les riverains. Pourtant, l’espèce n’est pas connue pour attaquer l’être humain. Ses dents, petites et nombreuses, ressemblent davantage à une surface rugueuse qu’à des crocs. Elles servent à retenir les proies, pas à infliger de graves blessures.

La prudence reste valable près de tous les cours d’eau : il faut éviter de mettre les mains dans des zones profondes ou sous des blocs, ne pas nourrir les poissons et ne jamais relâcher d’animaux ou de poissons achetés dans le commerce. Un relâcher qui semble anodin peut modifier durablement l’équilibre d’une rivière.

Pour les pêcheurs, le silure représente aussi un adversaire recherché, capable de livrer des combats longs et puissants. Pour les gestionnaires du Lez, sa présence rappelle surtout qu’un fleuve traversant une grande ville conserve une biodiversité complexe, parfois discrète, parfois spectaculaire, et toujours sensible aux interventions humaines.

Questions fréquentes

Le silure glane est-il dangereux pour les baigneurs ?

Non, le silure n'est pas connu pour attaquer l'être humain. Ses dents petites et nombreuses ressemblent à une surface rugueuse et servent seulement à retenir ses proies, non à blesser gravement.

Pourquoi le silure pose-t-il un problème écologique au Lez ?

En tant que prédateur adulte au régime très varié, il exerce une pression importante sur les espèces déjà affaiblies, notamment l'anguille européenne classée en danger critique d'extinction.

Comment le silure s'est-il retrouvé dans les fleuves français ?

L'espèce originaire d'Europe de l'Est et d'Asie centrale a disparu de France puis y a fait son retour aux années 1970. Des introductions humaines ont contribué à sa diffusion, puis il a colonisé naturellement de nouveaux tronçons.

Peut-on éliminer complètement le silure du bassin du Lez ?

Éliminer totalement le silure d'un bassin où il s'est durablement implanté paraît difficile. La surveillance sert plutôt à comprendre ses déplacements, son alimentation et les secteurs où il se concentre.

Quels sont les meilleurs endroits où le silure se cache dans le Lez ?

Le silure chasse souvent la nuit dans les fosses profondes qui lui permettent de rester discret en journée, les zones abritées, les secteurs avec obstacles sous l'eau et les berges végétalisées.
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