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Sous Helsinki s’étend une ville souterraine : piscines, karting, aires de jeux et même une galerie d’art

Sous Helsinki s'étend une ville souterraine : piscines, karting, aires de jeux et même une galerie d'art

Sous la capitale finlandaise, un gigantesque réseau de tunnels accueille piscines, musées et centres commerciaux, prêts à se transformer en abris.

À Helsinki, sous les rues, les tramways et les immeubles modernes, s’organise une véritable « seconde ville ». Comme le raconte le quotidien britannique The Guardian, la capitale finlandaise a façonné dans son socle granitique des piscines, une galerie d’art, des aires de jeux, des stations de métro, mais aussi des infrastructures de défense capables d’abriter des centaines de milliers de personnes en cas de conflit.

Une piscine municipale… au cœur du granite

Le récit du Guardian commence dans l’un des lieux les plus étonnants de cette ville souterraine : la piscine municipale d’Itäkeskus, creusée directement dans la roche. Officiellement ouverte en 1993, elle est devenue l’un des équipements de loisirs les plus fréquentés d’Helsinki, avec près de 400 000 visiteurs par an.

Située à l’est de la capitale, accessible en une vingtaine de minutes de métro depuis le centre, la piscine se cache derrière un bâtiment vitré assez banal. C’est en descendant un large escalier aux parois blanches et rocheuses que l’on comprend l’originalité du lieu : tout est encastré dans le granite, avec une hauteur de plafond qui évoque une nef de cathédrale.

L’entrée est présentée comme très abordable : selon le Guardian, le ticket pour un adulte coûte 6 euros, 3,30 euros pour un enfant, valable pour les quatre piscines publiques de la ville. L’accès inclut non seulement les bassins, mais aussi une salle de sport, un bain à remous, un hammam et surtout des saunas, institution incontournable en Finlande.

La piscine d’Itäkeskus, creusée dans la roche, peut accueillir presque 4 000 personnes si elle doit être convertie en abri anti-bombes.

À l’intérieur, l’ambiance tranche avec l’aspect rugueux des parois. Le bassin principal forme un décor postmoderne aux couleurs vives : carrelage lavande, jaune canari, bordeaux, grandes formes triangulaires bleu ciel et lilas suspendues au plafond. Des zones d’eau glacée, plongées dans la pénombre, voisinent avec une cascade rugissante. La journaliste décrit la sensation de nager sous une « fausse lune », tant la roche éclairée donne l’impression d’un paysage lunaire.

Un réseau souterrain pensé d’abord pour la sécurité

Helsinki n’est pas la seule grande ville à utiliser son sous-sol, mais selon The Guardian, elle serait la première à l’avoir structuré autour d’un objectif de paix et de protection civile. Dès la Seconde Guerre mondiale, la ville a commencé à creuser des abris anti-bombes. Avec l’urbanisation et la hausse de la population, les autorités ont choisi de prolonger cette logique plutôt que de multiplier les installations en surface.

En 2010, le conseil municipal adopte ainsi ce qui est présenté comme le premier « plan directeur officiel » pour une ville souterraine. Il organise l’usage de centaines de cavités et tunnels artificiels, certains jusqu’à 90 mètres de profondeur. Sous la surface, on trouve notamment :

  • des centres commerciaux et galeries marchandes ;
  • des aires de jeux pour enfants ;
  • une piste de karting ;
  • des stations de métro et parkings ;
  • des installations techniques (chauffage urbain, câbles télécoms).

L’ensemble est relié par près de 293 kilomètres de tunnels. En temps normal, il s’agit d’espaces du quotidien, très fréquentés par les habitants et les touristes. En cas de conflit, chaque équipement peut être transformé rapidement en abri, en rejoignant un réseau capable, selon le Guardian, d’accueillir environ 900 000 personnes, soit plus que la population de la ville elle-même.

Tout ce qui ressemble à un centre commercial, une église ou une piscine peut être réaménagé en abri, avec douches de décontamination et zones de vie.

La piscine d’Itäkeskus illustre cette double fonction. D’après le reportage, le bassin peut être entièrement vidé et équipé de douches de décontamination en moins de 48 heures. En temps de paix, aucun détail ne trahit cet usage défensif : seul le bruit des enfants qui jouent, l’odeur de chlore et la chaleur de l’air rappellent un classique équipement municipal.

Un quotidien souterrain très fréquenté

Dans les vestiaires et les saunas, le sous-sol d’Helsinki devient un lieu de socialisation tout à fait ordinaire. La journaliste décrit des conversations en finnois, en anglais américain, en allemand. Des conseils s’échangent sur les restaurants du quartier ou sur le bassin d’eau glacée à tester ou non. L’ambiance est détendue, loin d’un décor militaire.

Les habitudes finlandaises s’y retrouvent, notamment dans les saunas, parfois sans maillot, dans une semi-obscurité jugée presque confessionnelle par la journaliste. On oublie facilement que ces salles ont été conçues pour basculer en mode protection en cas de crise majeure.

Un musée d’art et une église partiellement enterrés

La semaine passée à Helsinki permet aussi à la journaliste du Guardian de parcourir d’autres lieux emblématiques de cette « ville sous la ville ». Parmi eux, le musée d’art Amos Rex, installé en sous-sol près du quartier commerçant chic de Kluuvi. À la surface, on aperçoit ses puits de lumière en forme de dômes, comme des antennes futuristes qui émergent du trottoir et servent de toits praticables pour les visiteurs.

En descendant, le public découvre des espaces d’exposition creusés dans la roche, avec des installations artistiques contemporaines. L’entrée, citée à partir de 20 euros, est gratuite pour les enfants. Là encore, le lieu a été pensé pour fonctionner aussi comme abri si la situation internationale l’exige.

Autre exemple, l’église de Temppeliaukio, dans le quartier de Töölö. Le bâtiment est en partie enterré dans un énorme bloc de roche, avec une nef circulaire baignée de lumière naturelle par un dôme vitré. La visite est payante (8 euros, gratuit pour les enfants), et le site est devenu une attraction touristique majeure d’Helsinki. Derrière cette architecture spectaculaire, le bâtiment reste aussi classé comme abri souterrain.

Musée, église, piscine : à Helsinki, des lieux de loisirs et de culture restent prêt à être convertis en abris massifs en cas de guerre.

Pour la journaliste, ces sites montrent comment une ville peut conjuguer anticipation des risques et qualité de vie, en transformant des abris potentiels en infrastructures agréables et attractives.

Pourquoi Helsinki a misé sur son sous-sol

Le choix de Helsinki de creuser son socle rocheux répond à plusieurs enjeux. D’abord, l’urbanisation et la rareté du foncier en surface. Au lieu d’implanter des chaufferies, des réseaux de câbles et des parkings sur des terrains coûteux, la ville a décidé de descendre d’un niveau.

Ensuite, le contexte géopolitique et la culture de la préparation civile en Finlande, pays frontalier de la Russie. Le système d’abris, déjà amorcé pendant la Seconde Guerre mondiale, s’est progressivement modernisé. La ville souterraine évoquée par le Guardian est le prolongement de cette stratégie : utiliser chaque équipement public ou commercial comme une ressource potentielle en cas de crise majeure.

Enfin, le sous-sol offre une protection naturelle contre le froid extrême. Le granite isole et stabilise la température, ce qui limite les pertes énergétiques et sécurise certains réseaux techniques.

Ce que cela évoque pour un lecteur en France

En France, certaines grandes villes disposent aussi de structures souterraines, mais rarement avec une approche aussi planifiée. On peut citer :

  • les réseaux de métro et de RER, avec de nombreuses stations en sous-sol ;
  • des centres commerciaux enterrés partiellement ou totalement ;
  • les parkings souterrains multipliés dans les centres-villes ;
  • des abris anti-aériens hérités de la Seconde Guerre mondiale, parfois murés ou réaffectés.

La logique française reste toutefois très différente. Les principaux ouvrages souterrains répondent à des besoins de transport ou de stationnement, plus rarement à une stratégie globale de défense civile. Certaines collectivités utilisent bien des parkings ou des tunnels comme zones de repli en cas d’inondation ou de crise, mais cela n’a pas l’ampleur du réseau décrit à Helsinki.

Du point de vue de l’urbanisme, le cas finlandais illustre un choix fort : intégrer la protection de la population dès la conception des équipements publics. En France, les plans de prévention des risques, les dispositifs de sécurité civile et les abris spécifiques existent, mais ils cohabitent souvent avec des bâtiments dont la vocation première est unique (un gymnase reste un gymnase, une piscine reste une piscine).

Une autre manière de penser la ville de demain

Le reportage du Guardian s’inscrit dans un travail plus large sur « la ville du futur ». L’auteure a mené douze voyages de recherche en trois ans pour comprendre comment différentes métropoles réinventent leurs infrastructures face à un monde plus incertain : changement climatique, tensions géopolitiques, hausse des coûts fonciers.

Helsinki fait figure d’exemple singulier. La ville combine :

Aspect Ce qui se passe sous Helsinki
Protection civile Réseau d’abris reliés, dimensionnés pour plusieurs centaines de milliers de personnes.
Loisirs Piscines, karting, aires de jeux, équipements sportifs enterrés et ouverts toute l’année.
Culture Musée d’art, église emblématique, salles d’exposition bâtis dans la roche.
Infrastructures Chauffage urbain, câbles, circulations souterraines optimisant l’espace en surface.

Ce modèle attire l’attention d’urbanistes du monde entier, car il montre comment un même espace peut servir plusieurs fonctions selon le contexte. Pour un pays soumis à des hivers rigoureux et soucieux de sa sécurité, ce choix est à la fois pragmatique et politique.

Pour un lecteur français, cette « ville cachée » pose une question simple : jusqu’où les grandes métropoles doivent-elles anticiper les risques, et comment concilier cette préparation avec des lieux de vie agréables au quotidien ? À Helsinki, la réponse, enfouie sous le granite, prend la forme d’une piscine familiale, d’un musée très fréquenté et d’une église emblématique, tous prêts, en moins de deux jours, à se transformer en refuge géant.

Questions fréquentes

Quand la piscine d'Itäkeskus a-t-elle ouvert ses portes ?

La piscine municipale d'Itäkeskus a été officiellement ouverte en 1993. Elle est devenue depuis l'un des équipements de loisirs les plus fréquentés d'Helsinki avec près de 400 000 visiteurs par an.

Quel est le coût d'entrée pour visiter la piscine d'Itäkeskus ?

Selon le Guardian, le ticket pour un adulte coûte 6 euros et 3,30 euros pour un enfant. Ce tarif est valable pour les quatre piscines publiques de la ville et inclut l'accès aux saunas, hammam et salle de sport.

Combien de personnes la piscine d'Itäkeskus peut-elle accueillir en cas de crise ?

La piscine peut accueillir presque 4 000 personnes si elle doit être convertie en abri anti-bombes. L'ensemble du réseau souterrain d'Helsinki peut accueillir environ 900 000 personnes.

En combien de temps la piscine peut-elle être transformée en abri ?

Le bassin peut être entièrement vidé et équipé de douches de décontamination en moins de 48 heures, permettant une conversion rapide en abri en cas de conflit.

Quels autres lieux culturels sont situés sous terre à Helsinki ?

Le musée d'art Amos Rex, installé en sous-sol près du quartier de Kluuvi, propose des espaces d'exposition creusés dans la roche. L'église de Temppeliaukio est également en partie enterrée dans un bloc de roche et fonctionne aussi comme abri souterrain.
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