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Aux Pays-Bas, Amsterdam veut porter sa taxe de séjour de 12,5 % à 20 % du prix de la nuit d’ici 2030, avec une première hausse à 16 % dès 2027

Aux Pays-Bas, Amsterdam veut porter sa taxe de séjour de 12,5 % à 20 % du prix de la nuit d'ici 2030, avec une première hausse à 16 % dès 2027

À Amsterdam, aux Pays-Bas, la facture des nuitées touristiques devrait nettement augmenter dans les prochaines années, sous l’effet d’un relèvement programmé de la taxe de séjour.

La ville d’Amsterdam s’apprête à durcir encore son approche vis-à-vis du tourisme de masse. Selon le média spécialisé américain Skift, la coalition municipale prévoit une nouvelle hausse marquée de la taxe de séjour appliquée aux nuitées, avec un objectif affiché : frôler 20 % du prix de la chambre d’ici 2030.

Une hausse étalée jusqu’en 2030 pour atteindre 20 %

D’après les informations publiées par Skift le 5 juin 2026, le gouvernement local d’Amsterdam a présenté un plan clair : la taxe de séjour, actuellement fixée à 12,5 % du prix de la nuit, grimperait à 16 % l’année prochaine, puis augmenterait chaque année d’un point jusqu’en 2030.

À Amsterdam, la taxe de séjour passerait de 12,5 % à 16 % puis augmenterait de 1 point par an pour atteindre 20 % en 2030.

Ce calendrier de hausse se décomposerait ainsi :

  • taux actuel : 12,5 % du prix de la nuit à Amsterdam ;
  • année suivante : passage direct à 16 % ;
  • puis +1 point par an : 17 %, 18 %, 19 % ;
  • objectif final : 20 % en 2030.

Cette trajectoire assumée envoie un signal fort au secteur touristique. L’exécutif municipal ne se contente pas d’un ajustement ponctuel : il inscrit la hausse dans la durée, laissant entendre que la ville entend durablement renchérir le coût d’un séjour.

Des recettes en forte progression pour la ville

Skift rapporte que la municipalité d’Amsterdam anticipe un important gain financier. Si le plan est validé, la taxe de séjour devrait rapporter environ 60 millions d’euros en 2027. Avec la poursuite du relèvement des taux jusqu’en 2030, ce montant grimperait progressivement pour atteindre environ 75 millions d’euros par an.

Année Taux envisagé Recettes attendues
2027 16 % 60 millions d’euros
2030 20 % 75 millions d’euros

Ces montants restent des projections, dépendantes notamment du nombre de visiteurs et du prix des hébergements. La hausse de la taxe pourrait faire fuir une partie du tourisme le plus sensible aux prix, mais Amsterdam continue d’attirer, malgré un coût déjà élevé pour les nuitées, en particulier dans le centre historique.

Une réponse directe à l’explosion du tourisme

La décision s’inscrit dans un contexte bien précis : Amsterdam fait partie des grandes villes européennes les plus confrontées au « surtourisme ». Skift rappelle que la capitale néerlandaise a vu son affluence grimper fortement ces dernières années, avec une concentration de visiteurs dans certains quartiers comme le centre-ville et le fameux quartier rouge.

Face à cette pression, la mairie a déjà mis en place différentes mesures pour réguler la fréquentation : régulation des locations touristiques, limitations sur les visites dans certains secteurs, campagnes de communication pour dissuader certains comportements festifs jugés excessifs. L’augmentation de la taxe de séjour s’ajoute à cet arsenal.

À travers cette hausse, la ville veut à la fois encadrer le flux de visiteurs et dégager plus de moyens pour gérer l’impact du tourisme de masse.

Les autorités locales cherchent à mieux financer :

  • l’entretien de l’espace public (propreté, voirie, canaux) ;
  • les transports urbains et les infrastructures ;
  • la gestion des nuisances sonores et des débordements nocturnes ;
  • les services municipaux mis à contribution par l’afflux de visiteurs.

Ce que cela change pour les voyageurs en pratique

Pour un touriste, la taxe de séjour est le plus souvent intégrée à la facture d’hôtel ou de location. À Amsterdam, il s’agit d’un pourcentage du prix de la nuit, et non d’un montant fixe par personne comme dans certaines villes.

Concrètement, avec un taux qui atteindrait 20 %, la ligne « taxe de séjour » deviendrait très visible pour des hébergements déjà chers. Plus la chambre est onéreuse, plus la taxe grimpe.

Un exemple chiffré permet de mesurer l’impact :

  • pour une nuit à 150 € :
    • avec 12,5 %, la taxe représente 18,75 € ;
    • avec 20 %, la taxe passerait à 30 €.
  • pour une nuit à 250 € :
    • avec 12,5 %, la taxe est de 31,25 € ;
    • avec 20 %, elle monterait à 50 €.

Pour un week-end ou un court séjour, la différence reste limitée à quelques dizaines d’euros, mais l’addition grimpe vite pour les familles, les séjours plus longs ou les hôtels haut de gamme.

Pourquoi Amsterdam peut se permettre une telle hausse

Amsterdam dispose d’atouts qui la rendent moins dépendante du facteur prix que d’autres destinations : patrimoine, canaux, musées de rang mondial, aéroport très bien connecté, image de ville « tendance ». Skift rappelle que la fréquentation reste forte, malgré une politique touristique déjà restrictive à plusieurs égards.

La municipalité semble considérer qu’une partie importante des visiteurs acceptera de payer davantage. L’enjeu est alors de filtrer les séjours à très bas budget, souvent associés aux voyages festifs de courte durée, et de privilégier un tourisme au pouvoir d’achat plus élevé, susceptible de rester plus longtemps et de dépenser davantage dans les commerces et les activités culturelles.

La hausse de la taxe de séjour sert aussi d’outil de sélection, en dissuadant une partie des séjours les moins dépensiers et les plus problématiques pour les habitants.

Ce que cette politique signifie pour les hébergeurs

Les hôtels, auberges de jeunesse et locations touristiques se retrouvent en première ligne. La taxe est prélevée via eux et apparaît sur leurs factures. Cette hausse peut nourrir des inquiétudes dans le secteur de l’hôtellerie-restauration, qui craint un impact sur la demande ou la nécessité de faire des gestes commerciaux pour rester attractif.

Cependant, une partie des professionnels peut aussi y voir un moyen de mieux valoriser une destination déjà très demandée, avec un positionnement plus qualitatif. Les grands groupes hôteliers, habitués aux évolutions fiscales dans de nombreuses villes, adapteront sans doute leurs stratégies tarifaires.

La taxe de séjour : comment cela fonctionne en France ?

Pour un lecteur français, la taxe de séjour n’a rien de nouveau. En France, ce sont les communes ou les intercommunalités qui la fixent, principalement dans les zones touristiques. Elle peut être calculée :

  • soit par personne et par nuit, avec un montant variable selon la catégorie d’hébergement ;
  • soit, dans certains cas, sous forme de pourcentage du prix de la nuitée.

Les recettes vont aux collectivités locales et servent à financer l’accueil touristique, la promotion de la destination, les équipements et les services liés à la fréquentation (signalétique, transports, propreté, animations culturelles, etc.). Les hébergeurs collectent cette taxe et la reversent ensuite à la collectivité, comme à Amsterdam avec la municipalité.

La grande différence tient au niveau de taxation annoncé par la ville néerlandaise. Un taux qui viserait 20 % du prix de la nuit reste très élevé par rapport à ce qui se pratique généralement dans les communes françaises, où la taxe de séjour reste souvent d’un montant beaucoup plus modéré, notamment pour les hébergements standards.

Un enjeu plus large : concilier tourisme et qualité de vie

La stratégie d’Amsterdam illustre une tendance observée dans plusieurs grandes capitales européennes : après avoir largement misé sur la croissance touristique, certaines villes cherchent désormais à lever le pied. La hausse de la taxe de séjour s’ajoute souvent à d’autres leviers, comme la limitation des locations type meublés touristiques, les campagnes de sensibilisation ou les restrictions de circulation dans certains quartiers.

Pour les habitants, l’enjeu est d’éviter que la ville ne se transforme en décor pour visiteurs de passage, au détriment du logement, des commerces de proximité et de la vie de quartier. Pour les autorités, la difficulté consiste à ne pas casser une source de revenus importante, tout en maîtrisant les effets négatifs du tourisme de masse.

Pour un voyageur français, ces évolutions invitent à anticiper davantage le budget global d’un séjour à Amsterdam : comparer les types d’hébergements, vérifier le détail des taxes appliquées avant de réserver, et tenir compte d’un niveau de prix nettement plus élevé que dans beaucoup de destinations concurrentes.

La notion de « surtourisme » devrait continuer à peser sur les décisions politiques dans les prochaines années. Si le modèle d’Amsterdam se révèle efficace pour mieux réguler la fréquentation et améliorer la qualité de vie des habitants sans faire fuir les visiteurs, d’autres villes européennes pourraient être tentées d’opter pour une fiscalité touristique plus ambitieuse.

Questions fréquentes

Comment la taxe de séjour sera-t-elle augmentée entre 2027 et 2030 ?

La taxe passera à 16 % en 2027, puis augmentera d'un point par an (17 % en 2028, 18 % en 2029, 19 % en 2030) jusqu'à atteindre 20 % en 2030.

Quel sera l'impact financier pour un touriste avec cette nouvelle taxe ?

Pour une nuit à 150 €, la taxe passera de 18,75 € actuellement à 30 € avec le taux de 20 %. Pour une nuit à 250 €, elle augmentera de 31,25 € à 50 €.

Pourquoi Amsterdam augmente-t-elle sa taxe de séjour ?

La ville cherche à financer la gestion de son surtourisme (propreté, transports, services municipaux) et à réguler l'afflux de visiteurs en dissuadant les séjours festifs à très bas budget.

Combien de revenus Amsterdam espère-t-elle générer avec cette hausse ?

La municipalité anticipe environ 60 millions d'euros de recettes en 2027, montant qui augmentera progressivement jusqu'à environ 75 millions d'euros par an en 2030.

Comment la taxe de séjour fonctionne-t-elle à Amsterdam ?

Il s'agit d'un pourcentage du prix de la nuit d'hôtel ou de location, intégré à la facture finale du client. Plus la chambre est chère, plus la taxe est élevée.
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