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JoeyStarr président du jury à Deauville : six candidats devaient créer un cocktail au rhum, sa consigne a glacé la salle

JoeyStarr président du jury à Deauville : six candidats devaient créer un cocktail au rhum, sa consigne a glacé la salle

La salle du casino de Deauville était déjà bien chaude quand JoeyStarr a pris le micro.

Lumière jaune sur les verres givrés, musique un peu trop forte, odeur de rhum qui flotte dans l’air. Six candidats, le tablier encore impeccable, attendaient son verdict autour du comptoir improvisé. On aurait dit une finale de télé-réalité, mais sans maquillage ni texte appris par cœur. Juste des mains qui tremblent un peu et des yeux qui évitent le regard du juré le plus redouté.

Tout le monde s’attendait à une vanne, un cri, une punchline de rappeur. Lui a laissé planer un silence étrange, presque long. Puis il a lancé sa consigne, d’une voix grave qui ne laissait aucun espace à la blague : créer un cocktail au rhum… mais pas pour séduire, ni pour vendre. Un cocktail qui raconte une fêlure. Un truc qui remue la mémoire. La température de la pièce a chuté d’un coup. On s’est tous dit la même chose : là, ça vient de basculer.

Quand JoeyStarr transforme un simple cocktail en confession publique

On connaît tous ce moment où un jeu entre potes devient soudain un peu trop sérieux. À Deauville, c’est exactement ce qui s’est passé, sauf que la scène était filmée et que le maître de cérémonie s’appelait JoeyStarr. Le brief officiel parlait de créativité, de rhum, de couleurs et d’originalité. Classique concours de cocktails, photos Instagram à la clé. Mais quand l’ex-NTM a demandé aux six candidats de créer « un cocktail qui a mal dormi, qui a un passé », on a senti que la soirée ne se jouerait plus sur le simple dosage du sucre de canne.

Les participants ont baissé les yeux, certains ont esquissé un sourire nerveux. L’un d’eux a même reposé son shaker, comme si l’objet venait soudain de peser dix kilos. C’est là que le silence a glacé la salle, bien plus que les glaçons pilés. Le public, qui jusque-là parlait fort, s’est calmé net. *On ne s’attend jamais à devoir mettre ses cicatrices sur la table, surtout pas dans un concours de mixologie.* Pourtant, c’est bien ce qui était en train d’être demandé : raconter une histoire intime, avec du rhum, du citron, des amers… et un peu de soi.

On pourrait croire à un caprice de star. Mais la consigne de JoeyStarr, brutale en apparence, a révélée autre chose : derrière chaque cocktail, il y a parfois un souvenir, une origine, une blessure. Lui qui a grandi entre rage et poésie sait ce que c’est, transformer une émotion en matière brute. En demandant « un cocktail qui pique un endroit que tu n’oses pas toucher », il a forcé les candidats à sortir du joli décor. On ne jouait plus seulement à faire joli dans le verre. On touchait au territoire bancal où se rencontrent l’alcool, la mémoire et ces histoires de famille dont on ne parle pas facilement à table.

Créer un cocktail au rhum qui raconte vraiment quelque chose

Pour ceux qui aiment le rhum, la tentation est grande de miser sur le spectaculaire : flambeaux, verres oversize, sirops fluo. À Deauville, un des candidats a tenté de partir dans cette direction, avant de se raviser au milieu de ses bouteilles. Son premier réflexe : du rhum ambré, du jus exotique, un topping de coco râpée. Un cocktail carte postale, calibré pour les réseaux sociaux. Puis la consigne de JoeyStarr lui est revenue en tête comme une petite gifle. Et il a tout repris à zéro, en silence, en fouillant dans sa propre histoire.

Il s’est souvenu des repas du dimanche avec son grand-père antillais, du rhum arrangé qui trônait toujours sur un coin de buffet, jamais vraiment rangé, jamais totalement vidé. Résultat : un mélange sec, presque rugueux, avec un rhum vieux, peu de sucre et un trait de café froid. Pas joli-joli, pas très « instagrammable ». Mais quand il a expliqué que ce goût un peu amer lui rappelait « les discussions qui finissaient trop tard, quand les adultes oubliaient qu’un enfant écoutait », la salle a réagi différemment. Là, on n’était plus dans la déco, on était dans la vie vraie.

On sous-estime souvent la force narrative d’un verre posé sur une table. Un cocktail au rhum peut devenir un prétexte à conversation, un marqueur social, voire un révélateur de classe ou d’origine. Quand JoeyStarr exige un « cocktail qui a vu des trucs », il pose une vraie question : pourquoi boit-on ce que l’on boit ? Est-ce qu’on cherche le soleil d’une île jamais visitée, ou le parfum discret d’une enfance qu’on ne veut pas trop toucher du doigt ? Soyons honnêtes : personne ne se dit tous les jours, en versant un doigt de rhum, « je travaille ma mémoire émotionnelle ». Pourtant, quelque chose de cet ordre-là se glisse dans nos choix, et le concours de Deauville n’a fait que le rendre visible sous les projecteurs.

Et si on apprenait, nous aussi, à écouter ce qu’il y a dans nos verres ?

La scène de Deauville donne une méthode simple pour revoir sa façon de créer – ou de commander – un cocktail au rhum. Au lieu de partir de la carte ou de la tendance du moment, commencer par une question intime : *quel souvenir je veux réveiller, ou au contraire tenir à distance ?* Ensuite seulement, choisir le rhum, les agrumes, les épices. Rhum blanc pour la fraîcheur, rhum vieux pour la profondeur, rhum arrangé pour les histoires de famille. Cette petite gymnastique mentale évite mécaniquement le cocktail « générique », celui qu’on oublie dès la dernière gorgée.

Une erreur fréquente, qu’on a vue ce soir-là sur le plateau, c’est de vouloir absolument plaire à tout le monde. Dosage parfait, sucre qui caresse, acidité millimétrée, joli déco. Le problème, c’est que cette quête du consensus enlève toute aspérité. Un peu comme ces conversations de dîner où personne n’ose dire ce qu’il pense vraiment. JoeyStarr, lui, a presque encouragé l’inconfort. Il a valorisé le cocktail trop sec, le rhum un peu brutal, la note fumée qui surprend. Ça demandait du courage aux candidats, et il le savait. On connaît tous ce moment où l’on hésite entre le lisse et le vrai. À Deauville, ceux qui ont choisi le vrai ont laissé une trace.

Le juré a d’ailleurs lâché une phrase qui a fait réagir le public :

« Si ton cocktail est plus poli que toi, c’est qu’il manque quelque chose dedans. »

Derrière la formule, un vrai mode d’emploi à garder sous le coude :

  • Commencer par une émotion simple : manque, joie, rancœur, nostalgie.
  • Choisir un rhum qui colle à cette émotion : sec, rond, boisé, végétal.
  • Limiter les ingrédients à quatre ou cinq pour laisser de l’espace au goût principal.
  • Accepter une imperfection : un peu trop fort, un peu trop amer, mais assumé.
  • Raconter en une phrase l’histoire du verre quand on le sert, même à un ami.

Ça paraît théorique, presque trop « concept ». En réalité, ceux qui ont essayé repartent rarement en arrière. *Un cocktail qui a quelque chose à dire ne se boit plus de la même manière.*

Au-delà du show, une petite leçon sur ce qu’on cache derrière l’alcool

Ce qui s’est joué à Deauville dépasse largement la simple anecdote people. Voir un rappeur, habitué aux plateaux télé et aux punchlines, forcer un concours de cocktails à se frotter à la fragilité humaine, ça bouscule. On est nombreux à utiliser l’alcool comme un décor discret : pour détendre l’ambiance, gommer les tensions, lisser les silences gênants. Ce soir-là, l’alcool est devenu l’inverse : une loupe, un révélateur. Chaque gorgée contenait un bout de récit, parfois un non-dit de famille, parfois un rêve de départ jamais réalisé. Une candidate a même fondu en larmes en expliquant son choix d’épices. Personne ne s’y attendait.

La consigne de JoeyStarr a glacé la salle parce qu’elle a rappelé une vérité un peu dérangeante : on ne boit jamais totalement « pour rien ». Même quand on prétend juste goûter, juste tester le nouveau rhum à la mode, quelque chose en nous cherche une sensation précise. Une brûlure, une chaleur, un parfum d’ailleurs. Les concours comme celui de Deauville mettent tout cela en scène, avec des caméras, des lumières, un jury. Mais la question reste la même chez soi, un samedi soir, devant un fond de bouteille et deux verres dépareillés.

On pourrait choisir de ne rien changer, de continuer à mélanger rhum et soda sans trop réfléchir. On pourrait aussi profiter de cette histoire de jury, de consigne glaciale et de cocktails cabossés pour jeter un autre regard sur ce qu’on verse dans nos verres. Loin des leçons de morale, juste avec un peu de curiosité. La prochaine fois que le rhum coulera, se demander doucement : quel souvenir je suis en train d’inviter à table ? Et accepter que, parfois, la plus grande audace n’est pas dans la quantité de glaçons, mais dans ce qu’on ose dire en trinquant.

Point essentiel Détail Valeur ajoutée pour le lecteur
Un cocktail peut raconter une fêlure L’exigence de JoeyStarr à Deauville a poussé les candidats à puiser dans leurs souvenirs plutôt que dans les recettes toutes faites Donne envie de créer ou choisir des boissons qui ont une vraie histoire personnelle
Assumer l’imperfection Un cocktail trop lisse ressemble à un discours trop poli : agréable, mais vite oublié Encourage à accepter des goûts plus tranchés, plus sincères, qui marquent la mémoire
Écouter ce qu’on boit Nos choix d’alcool traduisent souvent une émotion ou un manque qu’on ne formule pas Aide le lecteur à porter un regard plus conscient sur ses habitudes, sans jugement moralisateur
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