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Sous le boulevard Sérurier, un quai attend depuis 1921 : il sert encore aux rames sans avoir accueilli un voyageur

Quai souterrain désert de la station Haxo, avec ses murs de béton, son infrastructure ferroviaire visible et son atmosphère froide et isolée caractéristique d'une station métro jamais ouverte au public

Dans le 19e arrondissement de Paris, une station construite il y a plus d’un siècle reste invisible depuis la rue.

Elle porte le nom d’Haxo et ne figure sur aucun itinéraire de voyageur. Son quai existe bien, ses tunnels aussi, mais personne n’a jamais pu y acheter un billet ni y attendre une rame. Cette curiosité du métro parisien raconte l’histoire d’un projet ambitieux, stoppé avant sa mise en service.

Un projet de liaison imaginé dans les années 1920

Au début des années 1920, le réseau parisien continue de grandir. Les responsables du métro veulent alors mieux relier certains tronçons situés à l’est de la capitale. L’idée paraît simple : créer une petite liaison souterraine entre Porte des Lilas, sur l’actuelle ligne 3 bis, et Place des Fêtes, desservie par la ligne 7 bis.

Cette navette devait emprunter une voie de raccordement déjà prévue entre les deux secteurs. Pour accueillir les passagers sur ce trajet, une station intermédiaire devait voir le jour sous le boulevard Sérurier. Son nom est choisi en hommage à François-Nicolas-Benoît Haxo, général et ingénieur militaire français du XIXe siècle, souvent présenté comme un spécialiste des fortifications.

Les travaux avancent. Le tunnel est creusé, un quai est aménagé et la station prend forme sous terre. Mais le projet se heurte vite à une réalité moins enthousiasmante : le nombre de voyageurs attendu ne justifie pas les dépenses nécessaires.

Haxo n’a pas fermé faute de fréquentation : elle n’a tout simplement jamais ouvert au public.

La Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris renonce donc à faire circuler la navette prévue. Dès 1921, le chantier est quasiment terminé dans ses grandes lignes, mais l’exploitation commerciale est abandonnée. La station reste figée dans un état étrange : trop construite pour être un simple tunnel, pas assez achevée pour fonctionner comme un arrêt de métro classique.

Un quai sans escalier ni accès depuis la rue

Ce qui distingue Haxo des autres stations abandonnées de Paris tient à un détail décisif : elle ne possède aucune entrée en surface. Aucun escalier ne mène à son quai. Aucune bouche de métro ne signale son existence sur le boulevard Sérurier. Les voyageurs ne peuvent donc pas y accéder, même s’ils le souhaitaient.

La station ne compte qu’un seul quai. Elle se situe sur une section de raccordement, pensée pour une circulation limitée de rames. Sans accès public, sans guichet et sans correspondance ouverte, elle n’a jamais eu les attributs d’une station destinée à accueillir une foule quotidienne.

  • Elle a été construite sous le boulevard Sérurier, dans le 19e arrondissement.
  • Son aménagement remonte à 1921.
  • Elle devait accompagner une navette entre Porte des Lilas et Place des Fêtes.
  • Elle ne possède aucune entrée depuis la voie publique.
  • Elle n’a jamais accueilli le moindre passager.

À Paris, plusieurs stations ont fermé au fil du temps, souvent parce que leur fréquentation était trop faible ou que leur environnement avait changé. Haxo relève d’un cas bien différent. Elle n’est pas une ancienne station désertée : elle est une station restée hors d’usage dès l’origine.

Une infrastructure qui garde une fonction utile

Le silence qui entoure Haxo ne signifie pas que le lieu est totalement abandonné. Les tunnels de raccordement conservent une utilité technique pour l’exploitation du réseau. Ils peuvent notamment servir à garer ou déplacer certaines rames hors des périodes de circulation des voyageurs.

Dans un métro aussi dense que celui de Paris, les voies secondaires jouent un rôle précieux. Elles offrent des possibilités de manœuvre, de remisage et d’organisation lors des opérations de maintenance. Un espace conçu pour une navette oubliée peut ainsi continuer à aider le réseau, loin du regard des usagers.

Le quai d’Haxo reste fermé au public, mais ses voies participent encore à la logistique souterraine du métro parisien.

Cette fonction explique aussi pourquoi le site ne peut pas être librement visité. Les tunnels ferroviaires restent des zones techniques. Y pénétrer sans autorisation présente des risques sérieux : circulation de matériel, installations électriques, manque d’éclairage, accès difficiles et absence de sortie directe vers la rue.

Un décor prisé par les amateurs de lieux oubliés

Avec ses murs souterrains et son atmosphère à l’écart du réseau visible, Haxo nourrit de nombreux récits urbains. Le site a été marqué par des graffitis, comme d’autres secteurs peu accessibles du métro. Il a aussi servi de décor de tournage dans les années 1980 pour un film d’horreur, un usage qui s’accorde naturellement avec son ambiance froide et isolée.

Cette réputation contribue à entretenir le mythe. Haxo n’est pas une attraction ouverte au public, ni un musée. C’est un morceau d’infrastructure ferroviaire dont l’histoire semble arrêtée au moment même où Paris accélérait son développement.

Les autres stations endormies sous Paris

Haxo n’est pas le seul nom associé aux stations fantômes de la capitale. Certaines, comme Saint-Martin, Croix-Rouge ou Arsenal, ont connu des voyageurs avant de fermer. Les raisons varient selon les lieux : baisse de fréquentation, proximité avec d’autres arrêts, conséquences de la Seconde Guerre mondiale ou réorganisation des lignes.

Ces stations témoignent des transformations de Paris. Une station peut perdre son utilité lorsqu’un quartier évolue, qu’une correspondance est créée ailleurs ou que les habitudes de déplacement changent. Haxo raconte plutôt l’étape précédente : celle d’un calcul économique qui a stoppé un projet avant le premier service.

Type de station Ce qui la caractérise
Station fermée Elle a accueilli des voyageurs avant sa fermeture.
Station transformée Elle peut servir à des usages techniques, culturels ou événementiels.
Station jamais ouverte Elle a été construite sans jamais recevoir de passagers, comme Haxo.

Pourquoi ce lieu continue de fasciner

Le métro accompagne les Parisiens chaque jour, souvent sans qu’ils prêtent attention aux kilomètres de galeries cachées autour d’eux. Haxo rappelle que le réseau ne se limite pas aux quais éclairés et aux plans affichés dans les couloirs. Il conserve les traces de projets interrompus, de choix budgétaires et d’idées parfois trop coûteuses pour être menées jusqu’au bout.

Le terme de « station fantôme » désigne généralement un arrêt qui n’accueille plus de voyageurs. Dans le cas d’Haxo, l’expression prend un sens particulier. Le lieu n’a jamais eu de vie publique. Aucun flux de passagers, aucun commerce, aucune sortie pressée vers le boulevard ne s’y est installé.

À quelques mètres sous Paris, ce quai demeure donc un témoin rare des années 1920. Il ne sert pas aux voyageurs, mais il n’a pas complètement disparu du fonctionnement du métro. Entre vestige urbain et outil technique, Haxo continue d’exister dans l’ombre des trajets quotidiens.

Questions fréquentes

Pourquoi la station Haxo n'a-t-elle jamais ouvert au public ?

Le projet de navette reliant Porte des Lilas à Place des Fêtes a été jugé non rentable en raison du nombre insuffisant de voyageurs attendus. La Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris a donc renoncé à l'exploitation commerciale du site en 1921, alors même que les travaux d'aménagement du quai et des tunnels étaient quasiment terminés.

Comment accède-t-on à la station Haxo aujourd'hui ?

On ne peut pas y accéder, car la station ne possède aucune entrée en surface, aucun escalier et aucune bouche de métro sur le boulevard Sérurier. L'accès à la zone est réservé au personnel d'exploitation technique pour des raisons de sécurité.

Quelle est la différence entre Haxo et les autres stations fermées de Paris ?

Haxo n'est pas une ancienne station désertée après avoir accueilli des voyageurs. C'est une station jamais ouverte, construite sans jamais recevoir de passagers, ce qui la distingue des stations comme Saint-Martin, Croix-Rouge ou Arsenal qui ont fonctionné avant de fermer.

Quel est le rôle actuel de la station Haxo dans le métro ?

Bien que fermée aux voyageurs, ses tunnels de raccordement conservent une fonction technique utile : ils servent à garer et déplacer des rames hors des périodes de circulation des passagers, participant ainsi à la logistique et à la maintenance du réseau parisien.

Pourquoi la station porte-t-elle le nom de Haxo ?

Elle rend hommage à François-Nicolas-Benoît Haxo, un général et ingénieur militaire français du XIXe siècle spécialisé dans les fortifications.
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