Une étude américaine suggère qu’associer le jeûne intermittent à des apports protéiques réguliers pourrait modifier la perte de graisse et l’équilibre intestinal.
Réduire les calories ne produit pas toujours les mêmes effets selon la manière dont les repas sont organisés. Des chercheurs de l’Université d’État d’Arizona ont comparé deux approches chez des adultes en surpoids ou obèses. Leur travail met en avant une combinaison précise : des périodes sans alimentation, accompagnées d’une distribution encadrée des protéines au cours des journées où l’on mange.
Une perte de poids plus marquée en huit semaines
L’essai a réuni 41 participants pendant huit semaines. Tous suivaient une alimentation moins calorique que leurs habitudes. Le premier groupe adoptait un régime continu, pauvre en graisses et en sucres, pensé pour protéger la santé cardiovasculaire.
Le second groupe suivait une organisation différente. Il alternait des périodes de jeûne intermittent et des repas incluant des portions protéinées réparties à intervalles réguliers. Cette stratégie ne consistait donc pas à manger beaucoup plus de protéines, mais à mieux les placer dans la journée.
À apport énergétique hebdomadaire comparable, le groupe associant périodes de jeûne et répartition protéinée a perdu près de 9 % de son poids corporel, contre environ 5 % dans l’autre groupe.
La différence ne concerne pas uniquement le chiffre affiché sur la balance. Les personnes ayant suivi cette organisation alimentaire ont aussi vu leur masse grasse totale davantage reculer. Les chercheurs relèvent notamment une baisse plus nette de la graisse située dans l’abdomen, y compris celle qui entoure les organes.
Cette graisse abdominale profonde mérite une attention particulière. Lorsqu’elle s’accumule, elle est fréquemment associée à une moins bonne réponse à l’insuline, à un risque accru de diabète de type 2 et à des troubles cardiovasculaires.
Pourquoi les protéines peuvent changer la donne
Les protéines jouent plusieurs rôles utiles lorsqu’une personne cherche à perdre du poids. Elles participent au maintien de la masse musculaire, un enjeu majeur quand l’apport calorique baisse. Elles ont aussi tendance à prolonger la sensation de satiété après un repas.
Dans cette étude, les apports protéiques étaient espacés de manière uniforme au fil de la journée alimentaire. L’idée est d’éviter de concentrer l’essentiel des protéines dans un seul dîner, comme cela arrive souvent, tout en donnant régulièrement aux muscles les acides aminés dont ils ont besoin.
Les œufs, les poissons, les volailles et les produits laitiers nature peuvent contribuer aux apports protéiques.
Les lentilles, pois chiches, haricots, tofu et céréales complètes offrent aussi des options intéressantes.
Une portion adaptée dépend de l’âge, de l’activité physique, du poids et de l’état de santé.
Les aliments très transformés riches en protéines ne remplacent pas forcément une alimentation variée.
Conserver ou augmenter la masse maigre pendant une phase d’amaigrissement peut aider à préserver les dépenses énergétiques du corps. La masse maigre comprend les muscles, mais aussi les os, les organes et l’eau corporelle. Dans les résultats observés, le groupe combinant les deux méthodes affichait une évolution plus favorable de cette masse maigre.
Le rôle discret du microbiote intestinal
L’étude s’intéresse aussi au microbiote intestinal, cet ensemble de bactéries, virus, champignons et autres micro-organismes présents dans le tube digestif. Ces organismes ne sont pas de simples passagers. Ils interviennent dans la digestion de certains aliments, la production de molécules utiles et le fonctionnement du système immunitaire.
Les analyses ont montré une diversité microbienne plus élevée chez les personnes suivant le programme associant jeûne intermittent et protéines réparties. Une plus grande diversité est souvent considérée comme un signe favorable, même si elle ne suffit pas, à elle seule, à définir un intestin en bonne santé.
Les chercheurs ont aussi observé une hausse de bactéries appartenant à la famille des Christensenellaceae. Leur présence a déjà été reliée, dans plusieurs travaux, à une meilleure utilisation des graisses et à certains profils métaboliques favorables.
Les participants concernés ont rapporté moins de troubles digestifs, tandis que leur flore intestinale gagnait en diversité.
Le microbiote peut influencer la manière dont l’organisme utilise l’énergie issue des aliments. Il produit notamment des acides gras à chaîne courte quand il fermente certaines fibres. Ces molécules servent de carburant à des cellules du côlon et participent à plusieurs mécanismes liés au métabolisme.
Des signaux sanguins liés à l’utilisation des graisses
Les scientifiques ont également mesuré différents marqueurs dans le sang. Ils ont relevé des variations de certaines cytokines, des protéines qui participent à la communication entre les cellules. Certaines de ces évolutions étaient associées à la perte de poids observée.
Des sous-produits d’acides aminés, liés à l’oxydation des graisses, ont aussi augmenté. L’oxydation des graisses désigne le processus par lequel le corps utilise les lipides comme source d’énergie. Ce mécanisme existe naturellement, mais il peut varier selon l’alimentation, l’activité physique, le sommeil ou la durée des périodes sans repas.
Une méthode qui ne convient pas à tout le monde
Ces résultats restent encourageants, sans justifier une application identique pour chacun. L’essai a porté sur un nombre limité de personnes et sur une période courte. Huit semaines permettent d’observer une tendance, pas de prévoir avec certitude les effets après plusieurs années.
Le jeûne intermittent peut provoquer fatigue, irritabilité, maux de tête ou fortes fringales chez certaines personnes, surtout lors des premiers jours. Une restriction trop marquée peut aussi favoriser une relation compliquée à l’alimentation ou conduire à des excès lors des repas autorisés.
Cette pratique demande une prudence particulière en cas de diabète traité par médicaments, de grossesse, d’allaitement, de maladie rénale, d’antécédents de troubles du comportement alimentaire ou de pathologie chronique. Un avis médical est préférable avant de modifier brutalement ses horaires de repas.
Un exemple d’organisation réaliste
Une personne qui choisit une fenêtre alimentaire de huit heures pourrait prendre un premier repas à midi, une collation vers 16 heures et dîner avant 20 heures. Chaque repas peut contenir une source de protéines, des légumes, des féculents peu raffinés et une matière grasse de qualité.
Un déjeuner associant lentilles, légumes grillés et yaourt nature, puis un dîner avec poisson, riz complet et légumes verts, illustre cette logique sans transformer le quotidien en calcul permanent. Boire suffisamment, privilégier les fibres et marcher régulièrement renforcent aussi les effets recherchés sur le métabolisme et le confort digestif.
La répartition des repas, la qualité des aliments et la régularité semblent donc peser autant que la seule réduction des calories. Pour les personnes qui tolèrent bien cette organisation, l’association entre jeûne intermittent et protéines réparties pourrait offrir une piste concrète pour perdre de la graisse tout en préservant davantage les muscles.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Quelle est la différence de perte de poids entre le jeûne intermittent avec protéines réparties et un régime continu classique ?
Le groupe combinant jeûne intermittent et répartition protéinée a perdu près de 9 % de son poids corporel en huit semaines, contre environ 5 % pour le groupe suivant un régime continu pauvre en graisses et sucres, à apport calorique hebdomadaire comparable.
Pourquoi faut-il répartir les protéines régulièrement dans la journée plutôt que de les concentrer au dîner ?
Les protéines réparties uniformément tout au long de la journée alimentaire permettent de maintenir la masse musculaire, de prolonger la sensation de satiété et de fournir régulièrement aux muscles les acides aminés dont ils ont besoin, sans concentrer l'essentiel en un seul repas.
Qu'est-ce qui justifie qu'une plus grande diversité du microbiote soit bénéfique ?
Une diversité microbienne plus élevée favorise une meilleure digestion, la production de molécules utiles et le fonctionnement du système immunitaire. Elle peut aussi influencer l'oxydation des graisses et la production d'acides gras à chaîne courte essentiels au métabolisme.
Qui ne devrait pas pratiquer le jeûne intermittent ?
Les personnes atteintes de diabète traité par médicaments, enceintes ou allaitantes, souffrant d'une maladie rénale, ayant des antécédents de troubles du comportement alimentaire ou une pathologie chronique doivent consulter un médecin avant de modifier leurs horaires de repas.
Quels sont les aliments recommandés pour atteindre les apports protéinés souhaités ?
Les œufs, poissons, volailles, produits laitiers nature, lentilles, pois chiches, haricots, tofu et céréales complètes constituent des sources protéinées appropriées, à privilégier plutôt que les aliments très transformés.