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Il marche autour du monde depuis 28 ans et se retrouve bloqué à Calais : voici la solution qu’il a trouvée pour finir son périple

À Calais, les voyageurs pressés regardent les panneaux vers Douvres sans vraiment y penser. Pour Karl Bushby, ce bras de mer de 33 kilomètres a pris une tout autre dimension : après 28 ans à marcher autour du monde, il s’est retrouvé face à la dernière grande frontière de son périple, celle qu’aucune paire de chaussures ne peut franchir seule. Son sac, usé par des milliers de kilomètres, semblait presque déplacé au milieu des terminaux, des voitures et des files de camions. Nous connaissons tous ce moment où l’arrivée paraît si proche qu’elle devient soudain la partie la plus compliquée. Après avoir traversé des déserts, des pays en guerre et des étendues glacées, c’est la Manche qui a stoppé son élan. Mais l’aventurier n’avait pas marché aussi longtemps pour rester sur le quai.

Vingt-huit ans de marche arrêtés par quelques kilomètres d’eau

Karl Bushby a quitté Punta Arenas, à l’extrême sud du Chili, en novembre 1998 avec un objectif presque irréel : revenir à pied jusqu’à Hull, sa ville natale dans le nord de l’Angleterre. Depuis, il a avancé à travers l’Amérique du Sud, l’Amérique du Nord, l’Asie, l’Europe et des territoires où la marche ressemble moins à une promenade qu’à une négociation permanente avec le froid, les frontières et la fatigue. À Calais, le décor a changé, pas la difficulté : il ne lui restait qu’une traversée, mais aucune route praticable sous ses semelles.

Son itinéraire, baptisé Goliath Expedition, dépasse les 58 000 kilomètres. Il a notamment traversé le détroit de Béring à pied, sur la glace, avant d’être arrêté puis détenu en Russie faute d’autorisation adaptée ; il a aussi connu de longues années de blocage administratif. Le paradoxe est saisissant : cet homme a franchi des zones parmi les plus hostiles de la planète, alors qu’un ferry entre Calais et Douvres semblait, sur le papier, à portée de main. **La dernière étape n’était pas la plus longue, mais elle était peut-être la plus symbolique.**

Le problème ne tient pas seulement au voyage maritime. Dans la logique de son défi, Karl Bushby veut achever le trajet sans recourir à un avion ni à un véhicule qui effacerait la continuité de sa marche. Or, le tunnel sous la Manche est interdit aux piétons, et les traversées commerciales répondent à des règles de sûreté très strictes. Soyons honnêtes : personne ne fait vraiment cela tous les jours. Les compagnies transportent des passagers, des voitures et des marchandises ; elles n’ont pas été pensées pour accueillir un marcheur qui veut simplement poser le pied sur le sol anglais et repartir.

La solution trouvée pour rejoindre l’Angleterre sans trahir son défi

Face au blocage, l’aventurier a choisi une solution à la fois simple et fidèle à l’esprit de son expédition : prendre un ferry comme n’importe quel passager piéton, puis reprendre la marche dès son arrivée à Douvres. L’eau constitue une rupture naturelle dans tout tour du monde à pied ; depuis le départ, Karl Bushby admet que les mers imposent des liaisons maritimes. Le principe reste clair : ne pas emprunter de moyen motorisé pour gagner du terrain sur la terre ferme. Une fois débarqué, il lui restera donc les derniers kilomètres britanniques à avaler, sac sur le dos.

Cette option paraît évidente vue de loin, mais elle suppose de régler les formalités de voyage, l’accès au terminal et les règles de chaque opérateur. Beaucoup de voyageurs imaginent qu’il suffit de se présenter avec son billet, surtout entre deux pays aussi proches que la France et le Royaume-Uni. La réalité est plus sèche depuis le Brexit : passeport, contrôles frontaliers, autorisations électroniques selon la nationalité et conditions d’embarquement font partie du chemin. Pour Bushby, chaque document obtenu vaut presque une étape de montagne, car il conditionne le dernier geste de toute une vie de marche.

Ce dénouement rappelle que la persévérance ne consiste pas toujours à forcer le passage. Elle peut aussi vouloir dire accepter une règle, attendre un accord, changer d’option sans abandonner l’essentiel.

« Le plus difficile n’est pas toujours de marcher loin. Parfois, il faut trouver la bonne porte pour pouvoir continuer. »

  • Le ferry permet de respecter la continuité du trajet terrestre, sans contourner la dernière portion anglaise.
  • Les formalités britanniques doivent être vérifiées avant l’embarquement, même pour une traversée très courte.
  • La marche reprend dès l’arrivée : Douvres n’est pas la fin, seulement le seuil du retour.

Quand l’arrivée devient une aventure à part entière

Il y a quelque chose de profondément humain dans cette image : un homme qui a survécu à des années de détours se retrouve arrêté devant un panneau lumineux de port, parmi des voyageurs qui rentrent chez eux pour le week-end. Son histoire donne une autre valeur aux derniers kilomètres, ceux que l’on croit souvent acquis parce qu’ils sont proches. Karl Bushby n’a pas seulement accumulé des pays sur une carte ; il a appris à avancer quand le calendrier, les administrations ou le corps lui demandaient de s’arrêter. À Douvres, puis sur les routes vers Hull, chaque pas aura sans doute le goût étrange du retour.

Point essentiel Détail Valeur ajoutée pour le lecteur
Un périple hors norme Karl Bushby marche depuis 1998 pour relier le Chili à Hull Mesurer l’ampleur humaine et géographique de son défi
Le blocage à Calais La Manche, le tunnel interdit aux piétons et les contrôles frontaliers compliquent la dernière étape Comprendre pourquoi quelques kilomètres peuvent devenir un obstacle majeur
La solution retenue Embarquer comme passager piéton sur un ferry, puis reprendre la marche en Angleterre Voir comment adapter un projet sans en perdre l’esprit
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