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Ils testent la conduite autonome de Tesla en Belgique : excès de vitesse en zone 30 et dépassements illégaux de cyclistes

En Belgique, une association a mis à l’épreuve la conduite autonome de Tesla, révélant des manœuvres à risque dans la circulation réelle.

Alors que Tesla commence à déployer sa conduite autonome FSD en Europe, une série de tests menés en Belgique par l’association Johanna.be, relatés par le site automobile Toutes les voitures du monde, soulève de sérieuses interrogations sur le comportement du système dans la circulation quotidienne. Entre excès de vitesse en zone 30, dépassements problématiques de cyclistes et erreurs sur les limitations de vitesse, la technologie américaine se heurte aux particularités du réseau routier belge.

Une Tesla en mode autonome sur les routes belges

Les essais ont été menés en Belgique, pays où, comme en France, les zones 30 se multiplient et où les cyclistes sont nombreux en agglomération. L’association Johanna.be a utilisé une Tesla équipée du mode FSD, acronyme de Full Self-Driving, la conduite autonome avancée de la marque. L’objectif était simple : observer, dans des conditions ordinaires de circulation, comment la voiture gère la vitesse, les panneaux et les autres usagers.

Dès les premiers kilomètres, les testeurs ont constaté des écarts préoccupants par rapport au code de la route belge. Le véhicule, censé respecter automatiquement les limitations, a été surpris à dépasser la vitesse autorisée dans des zones sensibles.

En zone 30, la Tesla équipée du FSD a été prise plusieurs fois à rouler au-delà de la vitesse maximale autorisée, sans intervention du conducteur.

Ces excès de vitesse ont été relevés alors que le mode autonome était activé, c’est-à-dire dans une configuration où le conducteur est censé se contenter de surveiller et de reprendre la main seulement si nécessaire.

Excès de vitesse répétés en zone 30

Les zones 30, devenues courantes en Belgique comme en France autour des écoles, des quartiers résidentiels ou des centres-villes, imposent une vigilance particulière. Dans ces secteurs, la protection des piétons et des cyclistes prime sur la fluidité du trafic motorisé. C’est précisément là que le FSD a montré ses faiblesses.

Selon le récit de Johanna.be, la Tesla a eu tendance à se caler sur des vitesses supérieures à 30 km/h, comme si le système ne reconnaissait pas toujours la spécificité de ces sections limitées. L’association signale aussi des situations où la voiture tardait à adapter sa vitesse après un changement de limitation.

  • Zones 30 mal respectées par le FSD
  • Transitions de limitations gérées avec retard
  • Risque accru pour les usagers vulnérables (enfants, piétons, cyclistes)

Dans un pays où les autorités multiplient les campagnes de sensibilisation à la réduction de la vitesse en agglomération, ces écarts passent mal. Ils posent la question de la capacité réelle d’un système automatisé à intégrer l’esprit du code de la route, et pas seulement la lecture brute des panneaux.

Dépassements illégaux de cyclistes : un point de rupture

L’autre comportement pointé par Johanna.be concerne les cyclistes. En Belgique, comme en France, le dépassement d’un vélo est encadré par des règles strictes : respect d’une distance minimale, interdiction de doubler dans certaines rues étroites, adaptation de la vitesse. Or le FSD n’aurait pas toujours respecté ces règles.

Les tests ont mis en évidence des dépassements de cyclistes jugés illégaux, réalisés dans des conditions où un conducteur humain prudent se serait abstenu.

Selon l’association, la Tesla a parfois engagé un dépassement malgré la présence de marquages ou de configurations de chaussée laissant peu de marge de sécurité. Dans certaines situations, le véhicule se serait montré trop confiant, calculant une trajectoire « théoriquement » possible mais peu compatible avec la prudence attendue en milieu urbain.

Ces manœuvres nourrissent l’inquiétude des associations de cyclistes, qui réclament depuis plusieurs années une prise en compte spécifique des usagers vulnérables dans le développement des systèmes de conduite autonome.

Le pari du « tout caméra » mis à l’épreuve

Au cœur des critiques, on retrouve la philosophie technique défendue par Elon Musk. Tesla mise sur un dispositif principalement fondé sur des caméras et l’analyse d’images, sans recourir à un Lidar, ce radar laser très utilisé par d’autres acteurs de la conduite automatisée.

Ce choix du « tout caméra » repose sur l’idée qu’un réseau de caméras bien entraîné par l’intelligence artificielle peut, à terme, percevoir l’environnement aussi bien, voire mieux, qu’un humain. Les tests en Belgique illustrent toutefois les limites de cette approche lorsqu’il s’agit de décrypter des situations complexes : panneaux partiellement masqués, marquages au sol usés, cyclistes au milieu de voitures stationnées, limitations temporaires.

Les erreurs d’interprétation des limitations de vitesse et des situations de dépassement montrent que le système peut encore se tromper face aux subtilités du réseau routier belge.

Johanna.be évoque aussi des affichages erronés des limitations de vitesse sur l’interface de la voiture. Dans certains cas, la Tesla indiquait une vitesse autorisée différente de celle réellement en vigueur, ce qui contribuait aux dépassements automatiques.

Une homologation néerlandaise remise en question

Toutes les voitures du monde rappelle que le FSD de Tesla a obtenu son homologation pour l’Europe via les autorités néerlandaises. Les Pays-Bas jouent en effet souvent un rôle de porte d’entrée réglementaire pour certains dispositifs techniques sur le marché européen.

Les résultats des tests belges jettent une ombre sur cette homologation. Les observateurs s’interrogent : comment un système autorisé à circuler a-t-il pu laisser passer des comportements aussi clairement contraires au code de la route ? La question ne se limite pas à un débat technique, elle touche aussi à la responsabilité des autorités qui valident ces technologies.

Plusieurs pays européens ont d’ailleurs fait part de réserves vis-à-vis de la conduite autonome avancée de Tesla. Certains États imposent des restrictions ou exigent un encadrement plus strict, par exemple en limitant certaines fonctionnalités ou en renforçant les obligations d’attention du conducteur.

Ce que cela signifie pour les conducteurs en France

En France, la conduite autonome reste très encadrée. Les systèmes d’aide à la conduite, y compris les fonctionnalités avancées proposées par Tesla, sont considérés comme des aides et non comme un substitut complet au conducteur humain. Le titulaire du volant reste juridiquement responsable en cas d’infraction ou d’accident, même lorsque le véhicule gère la trajectoire et la vitesse.

Aspect Belgique France
Zones 30 Fortement présentes en ville Très répandues, notamment dans les centres-villes
Dépassement de cyclistes Distance minimale à respecter, rues parfois interdites au dépassement Règles similaires, forte protection des usagers vulnérables
Responsabilité avec aide à la conduite Le conducteur reste responsable Le conducteur reste responsable, même avec assistance avancée

Pour un automobiliste français qui utilise déjà une Tesla avec des fonctions avancées, le message est clair : même si le système semble performant, il ne doit jamais être laissé « en roue libre ». Les situations évoquées en Belgique pourraient se reproduire sur des routes françaises présentant les mêmes configurations.

Les autorités françaises suivent de près ces évolutions. Les discussions sur l’homologation de niveaux plus élevés d’automatisation intègrent justement ces retours d’expérience étrangers. Les règles françaises imposent une surveillance continue du conducteur et insistent sur son obligation de reprendre immédiatement la main en cas de comportement inadapté du véhicule.

Comment fonctionne réellement le FSD de Tesla ?

Le FSD de Tesla repose sur une combinaison de caméras, de capteurs et de logiciels d’intelligence artificielle. Les caméras filment en permanence tout ce qui se passe autour de la voiture. Les algorithmes analysent ensuite ces images pour identifier les panneaux, les lignes de la route, les véhicules, les piétons et les cyclistes.

Contrairement à d’autres constructeurs qui associent caméras, radars et Lidar, Tesla a progressivement réduit la part des radars pour s’appuyer presque exclusivement sur la vision. L’idée est d’apprendre à la voiture à « voir » et à interpréter le monde comme un humain, grâce à des millions de kilomètres parcourus par la flotte de la marque, dont les données servent à entraîner les modèles.

Cette stratégie permet des progrès rapides, mais expose aussi à des erreurs lorsque la situation ne ressemble pas suffisamment aux scénarios rencontrés lors de l’entraînement. Un marquage au sol effacé, un panneau temporaire mal placé ou une intersection atypique peuvent ainsi perturber l’algorithme.

Les risques concrets pour les usagers

Les incidents relevés en Belgique ne sont pas de simples détails techniques. Ils se traduisent par des risques très concrets pour les personnes présentes sur la route :

  • Un excès de vitesse en zone 30 augmente fortement la gravité potentielle d’un choc avec un piéton ou un enfant sortant d’une école.
  • Un dépassement mal évalué d’un cycliste peut provoquer une chute ou une collision latérale.
  • Une limitation de vitesse mal lue entraîne une conduite inadaptée à l’environnement réel (travaux, écoles, passages piétons).

Pour un conducteur, l’usage de ces systèmes nécessite donc une vigilance constante et une bonne connaissance de leurs limites. L’automatisation ne dispense ni de regarder les panneaux, ni de juger l’opportunité d’un dépassement.

Ces tests belges rappellent enfin que la conduite autonome ne se résume pas à une prouesse logicielle. Elle doit composer avec une signalisation parfois imparfaite, des comportements humains imprévisibles et des environnements urbains en évolution permanente. Tant que ces paramètres ne seront pas intégrés de manière fiable, les conducteurs resteront la dernière ligne de défense sur la route.

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