Une vaste étude menée au Royaume-Uni affirme que la majorité des femmes en couple garderaient un « plan B » sentimental en tête.
Selon un travail de la société britannique Talker Research relayé par le média en ligne espagnol El Español, une large part des femmes en couple au Royaume-Uni admettraient entretenir une option amoureuse alternative. Ce phénomène, très lié aux réseaux sociaux, interroge la fidélité, l’estime de soi et la façon dont les couples se construisent à l’ère numérique.
Un « plan B » amoureux très répandu selon une étude britannique
Talker Research, organisme britannique spécialisé dans les enquêtes d’opinion, a interrogé 10 000 femmes en couple. D’après les résultats cités par El Español, environ 75 % d’entre elles déclarent avoir en tête une personne susceptible de remplacer leur partenaire officiel en cas de rupture.
Ce « plan B » correspond à une personne identifiée, avec qui un lien affectif ou une complicité est déjà installé, souvent via les réseaux.
La motivation principale avancée par les sondées serait la peur de la solitude après une séparation. Mais l’article insiste sur un autre versant, plus psychologique : ce fonctionnement reflèterait souvent un manque de sécurité intérieure et des fragilités d’estime de soi.
Ce « remplaçant » n’est pas un simple fantasme lointain. Les chiffres détaillés de l’étude, tels que rapportés par le média espagnol, montrent des attaches parfois très fortes :
20 % des femmes ayant un plan B affirment avoir juré un « amour éternel » à cette personne.
40 % déclarent qu’elles seraient prêtes à « tout quitter » pour ce remplaçant.
Un peu plus d’une sur dix (12 %) disent ressentir davantage de sentiments pour ce plan B que pour leur partenaire actuel.
Sept sur dix maintiennent une communication constante avec cette « réserve ».
L’étude souligne également que cette personne n’est pas toujours virtuelle ou inconnue du couple officiel. Une femme sur quatre affirme que son partenaire connaît ce plan B. Et une sur cinq explique que ce remplaçant est… un ami de son compagnon actuel.
Infidélité féminine : chiffres en hausse et besoins émotionnels non comblés
Le phénomène du plan B s’inscrit dans un contexte plus large d’évolution des infidélités. El Español rappelle une recherche de l’Université de Grenade, en Espagne, selon laquelle 20 % des femmes interrogées reconnaissent avoir déjà été infidèles, contre 30 % des hommes.
Pour la psychologue de couple Andrea Vicente, citée par le média :
« Plus que les chiffres, ce qui compte, c’est de comprendre que l’infidélité est le reflet de besoins émotionnels non couverts. »
Elle pointe deux sources fréquentes de ces comportements : les problèmes de communication au sein du couple et l’insatisfaction personnelle. Dans certains cas, explique-t-elle, des partenaires envisagent d’ouvrir la relation. Mais elle prévient :
Si cette ouverture n’est pas fondée sur une base solide et réellement consensuelle, elle peut aggraver les difficultés. Le cœur du travail reste la réparation émotionnelle.
Autrement dit, le plan B fonctionne souvent comme un pansement affectif. Il apporte du réconfort, de la validation, une sensation de désirabilité… mais ne résout pas les blocages de fond du couple principal.
Réseaux sociaux, flirt numérique et frontières floues de la trahison
Selon El Español, l’hyperconnexion actuelle modifie profondément la manière de vivre la fidélité. Les réseaux sociaux offrent un accès permanent à d’anciens partenaires, collègues, inconnus séduisants ou nouvelles connaissances. Beaucoup estiment qu’échanger des messages, liker des photos ou entretenir un flirt discret reste « inoffensif » tant qu’il n’y a pas de contact physique.
La frontière entre complicité virtuelle et infidélité émotionnelle devient poreuse, au point de bousculer la définition même de « trahison » dans un couple.
Pour Andrea Vicente, chaque relation doit clarifier ses propres règles : qu’est-ce qu’un manque de respect, qu’est-ce qu’un écart tolérable, à partir de quel moment parle-t-on de tromperie. Elle note que beaucoup de personnes vivent le simple flirt en ligne comme une atteinte à la confiance, même sans relation sexuelle.
Le risque, souligne-t-elle, vient du glissement progressif : un échange léger peut se transformer en conversations intimes, puis en proximité émotionnelle forte avec cette « troisième personne », reléguant peu à peu le partenaire officiel en arrière-plan affectif.
Le « cushioning » : ce que cache le fait de garder un remplaçant
Le comportement décrit par Talker Research et commenté par El Español porte un nom : le « cushioning ». Le terme vient de l’anglais « cushion », le coussin, et évoque un support moelleux sur lequel retomber en cas de chute.
Le « cushioning » consiste à entretenir, en parallèle d’un couple officiel, une option amoureuse de rechange qui servirait de soutien émotionnel en cas de rupture.
La psychologue explique que cette pratique est souvent portée par :
la peur de la solitude après une séparation ;
un doute sur sa propre valeur et sa capacité à « retrouver quelqu’un » ;
le besoin de validation continue par le regard d’autrui ;
un manque de confiance dans la solidité du couple actuel.
Pour Andrea Vicente, le cushioning ne relève pas toujours d’une stratégie lucide et calculée. Il peut s’agir d’un mécanisme de défense, presque automatique. Mais cela ne le rend pas neutre pour autant :
Ce type de stratégie peut altérer l’authenticité de la relation et alimenter une dépendance émotionnelle peu saine.
Selon elle, la meilleure protection passe par le travail sur soi, en particulier sur l’estime personnelle et l’indépendance affective.
Comment renforcer son indépendance émotionnelle, selon l’experte
Andrea Vicente, citée par El Español, suggère plusieurs pistes concrètes pour ne plus s’accrocher à un plan B comme bouée de secours :
pratiquer l’autocompassion, c’est-à-dire se parler avec bienveillance plutôt qu’avec jugement permanent ;
développer des loisirs et centres d’intérêt personnels, indépendants du couple ;
entretenir un cercle de soutien positif (amis, proches, collègues de confiance) ;
consulter un professionnel lorsque le besoin de validation devient envahissant.
L’objectif, résume-t-elle, est de vivre la relation par choix et non par peur du vide. Dans cette perspective, un couple sain se construit sur la confiance, une communication honnête et un véritable amour de soi.
Qu’en est-il en France : plan B, infidélité et réseaux sociaux
Le phénomène décrit dans l’étude britannique n’est pas isolé au Royaume-Uni ou à l’Espagne. En France aussi, les psychologues et sexologues évoquent depuis plusieurs années la montée des infidélités émotionnelles liées aux échanges numériques, même si toutes ne sont pas chiffrées avec précision.
Le principe reste le même : les réseaux sociaux facilitent la présence d’« arrières bancs » affectifs, anciens partenaires, collègues ou inconnus prêts à prendre plus de place si le couple vacille.
Les spécialistes français de la vie de couple décrivent régulièrement ce type de dynamique : discussions privées sur les messageries, likes répétés, confidences nocturnes… autant de signaux faibles qui, cumulés, peuvent former une véritable relation parallèle sur le plan émotionnel.
Comme au Royaume-Uni, les questions centrales pour les couples français sont similaires :
Question
Enjeu pour le couple
Qu’est-ce qu’une infidélité ?
Définir si le flirt en ligne, les confidences intimes ou les rencontres amicales cachées franchissent une limite.
Quelles sont nos règles communes ?
Établir ensemble ce qui est acceptable ou non sur les réseaux et dans la vie sociale.
Pourquoi ai-je besoin d’un plan B ?
Identifier un éventuel manque d’estime personnelle ou un malaise profond dans le couple.
À qui je me confie en priorité ?
Voir si l’interlocuteur principal pour les sujets intimes reste le partenaire ou une « tierce personne ».
En l’absence de données françaises identiques à l’enquête de Talker Research, les professionnels décrivent toutefois des tendances comparables : normalisation du flirt numérique, multiplication des contacts potentiels, et difficulté croissante à tracer une limite nette entre amitié, complicité et infidélité affective.
Ce que le « plan B » révèle sur la façon d’aimer aujourd’hui
Au-delà du chiffre choc des 75 % avancé au Royaume-Uni, le cushioning met surtout en lumière une transformation des liens amoureux. Avoir un remplaçant en tête agit comme une assurance émotionnelle, mais peut installer une forme de méfiance de fond dans le couple.
Pour un lecteur français, l’enjeu dépasse la simple statistique. Cette pratique invite à se demander :
si la relation actuelle repose sur une vraie confiance réciproque ou sur la peur de se retrouver seul ;
si les conversations intimes, les doutes et les fragilités sont d’abord partagés avec le partenaire ou avec une personne extérieure ;
si la présence d’un plan B est un symptôme de problèmes plus anciens non traités.
Travailler son autonomie affective, multiplier les sources de soutien (amis, projets personnels, activités), et clarifier les règles du couple face aux réseaux sociaux peut réduire la tentation de garder quelqu’un « au cas où ». Ce cadre offre aussi une sécurité psychologique plus solide que la simple existence d’un remplaçant silencieux en arrière-plan.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Le « cushioning » est une pratique qui consiste à entretenir, en parallèle d'un couple officiel, une option amoureuse de rechange servant de soutien émotionnel en cas de rupture. Le terme vient de l'anglais « cushion » (coussin), évoquant un support moelleux sur lequel retomber en cas de chute.
Quels sont les chiffres clés de l'étude britannique ?
Talker Research a interrogé 10 000 femmes en couple : 75 % déclarent avoir un plan B, 40 % seraient prêtes à tout quitter pour cette personne, 20 % affirment avoir juré un amour éternel à leur remplaçant, et 70 % maintiennent une communication constante avec lui.
Pourquoi les femmes gardent-elles un plan B amoureux ?
Selon l'experte Andrea Vicente, les motivations principales sont la peur de la solitude après une séparation, un doute sur sa propre valeur, le besoin de validation par autrui et un manque de confiance dans la solidité du couple actuel. Le cushioning fonctionne souvent comme un pansement affectif plutôt qu'une stratégie lucide.
Les réseaux sociaux favorisent-ils cette pratique ?
Oui, l'hyperconnexion actuelle modifie profondément la fidélité. Les réseaux sociaux offrent un accès permanent à d'anciens partenaires, collègues ou inconnus, et beaucoup considèrent les messages, likes et flirts discrets comme « inoffensifs » tant qu'il n'y a pas de contact physique.
Comment se protéger du cushioning ?
Andrea Vicente recommande de travailler son estime personnelle et son indépendance affective, de pratiquer l'autocompassion, de développer des loisirs indépendants du couple, d'entretenir un cercle de soutien positif et de consulter un professionnel si nécessaire. L'objectif est de vivre la relation par choix et non par peur du vide.