Dans bien des foyers, un simple « pspsps » suffit à faire surgir un chat de nulle part. Ce réflexe, étudié par plusieurs sites spécialisés, trouve ses racines dans la biologie et le comportement félin.
Le phénomène intrigue de nombreux propriétaires, aux États-Unis comme ailleurs : pourquoi certains chats rappliquent-ils aussitôt quand on prononce ce son un peu ridicule, tandis que d’autres ne bronchent pas ? Plusieurs explications se croisent, rapporte le site spécialisé Hidden Hearing, relayé par d’autres médias animaliers comme First Vet ou Purina. Toutes ont un point commun : ce fameux « pspsps » coche plusieurs cases auxquelles l’oreille et le cerveau du chat sont particulièrement sensibles.
Une ouïe ultra-fine qui repère chaque petit bruit
Les chats possèdent une capacité auditive bien plus développée que celle des humains. Ils entendent les mêmes fréquences que nous, mais aussi des sons bien plus aigus, proches de ceux émis par les petits rongeurs. Leurs oreilles, musclées et très mobiles, peuvent pivoter rapidement pour capter un bruit précis dans leur environnement.
Chez le chat, plus de vingt muscles par oreille permettent de la diriger vers la moindre source sonore, même lointaine ou discrète.
Dans un appartement calme, un « pspsps » bref et inhabituel ressort immédiatement du fond sonore. Le chat peut le percevoir alors même qu’il semble assoupi sur un canapé. Ses oreilles se dressent, se tournent, puis l’animal décide ou non d’aller voir ce qui se passe. Ce simple effet de contraste – un son soudain, aigu, différent des bruits familiers du quotidien – suffit déjà à attirer son attention.
Un son qui rappelle vaguement des bruits de proies
Les spécialistes interrogés par Hidden Hearing avancent une autre piste : « pspsps » ressemblerait, de loin, à certains sons du milieu naturel. Le chat reste un chasseur, même lorsqu’il ne met jamais une patte dehors. Il reste donc attentif aux bruits et aux mouvements susceptibles de signaler une proie.
Le rythme rapide et doux de « pspsps » peut évoquer :
le frou-frou de petites pattes sur un sol dur ;
un léger grattement derrière un meuble ou une cloison ;
des bruissements ou bourdonnements discrets dans un jardin.
Pour un chat vivant essentiellement en intérieur, un tel bruit rompt la monotonie des sons habituels : télévision, discussions, appareils ménagers. Ce signal un peu étrange éveille sa curiosité naturelle. Le félin ne se dit pas forcément « il y a une souris », mais son cerveau traite ce son comme quelque chose de potentiellement intéressant, voire exploitable pour la chasse.
Un apprentissage très rapide grâce aux associations positives
À côté de ces raisons « instinctives », l’habitude joue tout de même un rôle, mais pas dans le sens d’un simple conditionnement automatique sans cause. Les chats apprennent vite et mémorisent les liens entre un son et une conséquence agréable.
Lorsque « pspsps » est régulièrement suivi de caresses, de friandises ou d’une interaction plaisante, le chat finit par l’associer à un moment positif et accourt.
Pour beaucoup de propriétaires, ce bruit est devenu une sorte de « raccourci » pratique pour appeler l’animal. On le prononce au moment de servir les croquettes, de sortir un jouet ou d’offrir une récompense. En quelques répétitions seulement, le chat comprend que ce signal annonce quelque chose de plaisant.
Cela explique pourquoi certains chats réagissent au quart de tour, tandis que d’autres restent de marbre. Chaque animal a son vécu, ses préférences et ses expériences. Chez l’un, « pspsps » rime avec friandises, chez l’autre avec rien de particulier. L’un trouve le son amusant, l’autre le juge sans intérêt.
Un mécanisme proche de l’apprentissage du prénom
Le même principe sert à apprendre à un chat à reconnaître son nom. Les vétérinaires de First Vet rappellent que les félins distinguent très bien les sons, mais ne répondent que si le mot prononcé a « du sens » pour eux. Leur prénom, répété calmement puis associé à une récompense, devient progressivement un signal utile.
Certains éducateurs conseillent de commencer par un objectif simple : obtenir que le chat tourne la tête lorsque son nom est prononcé. On augmente ensuite la distance, puis on diversifie les situations. Le fameux « pspsps » fonctionne sur une logique similaire, mais avec un son souvent plus frappant pour l’oreille féline.
Pourquoi les « s » aigus séduisent particulièrement les chats
Les sons qui composent « pspsps » – essentiellement des « s » et des consonnes sifflantes – sont très aigus. Or, la plage auditive du chat s’étend plus haut que celle de l’être humain. Ces bruits rappellent pour partie les petits couinements émis par des rongeurs, ce qui les rend particulièrement saillants à ses oreilles.
Des enchaînements de consonnes sifflantes, comme « pspsps » ou « ksksksks », semblent particulièrement efficaces pour capter l’attention des félins.
Dans la vie quotidienne, on retrouve cet effet avec d’autres sons courts et secs : claquement de langue, froissement soudain d’un sachet, tintement aigu d’un objet métallique. Ils tranchent avec le bourdonnement continu d’un foyer et créent un point focal sonore immédiat.
Le côté abrupt du « pspsps » joue aussi. Il ne s’étire pas dans le temps comme une phrase parlée, il surgit, sature un instant une partie des fréquences hautes, puis s’arrête. Pour un animal constamment en alerte, cette rupture attire forcément l’attention, au moins pour une vérification rapide.
Quand le renforcement est… inversé entre chat et humain
Les spécialistes évoquent aussi un phénomène amusant : le « renforcement inversé ». Les chats réagissent parce que le son attire leur curiosité. Les humains, constatant que le bruit fonctionne, le répètent pour obtenir à coup sûr l’attention de leur animal.
Quand le simple son ne suffit plus, beaucoup de propriétaires ajoutent des récompenses, rendant le signal encore plus efficace. Le cycle se renforce ainsi dans les deux sens :
le chat bouge l’oreille ou se rapproche quand il entend « pspsps » ;
le maître, ravi de voir ce résultat, utilise davantage ce son ;
des friandises, jouets ou caresses viennent renforcer l’association ;
le chat répond de plus en plus vite… jusqu’à courir dès la première syllabe.
Ce va-et-vient entre comportement humain et réaction animale illustre la finesse de la communication qui se crée au fil des mois dans un foyer. Sans véritable dressage formel, un simple bruit devient un code partagé.
Tous les chats ne réagissent pas, et c’est parfaitement normal
Malgré la réputation quasi universelle de ce « sifflement magique », les experts cités par Hidden Hearing soulignent qu’aucune garantie n’existe. Certains chats restent impassibles, d’autres jettent un regard distrait avant de se rendormir, d’autres encore se montrent réactifs un jour et indifférents le lendemain.
Comme pour le rappel à son nom, un chat peut parfaitement reconnaître un son… et choisir de ne pas y répondre.
Les félins ont chacun leur caractère et leurs seuils de tolérance. Un animal très indépendant se laissera moins facilement détourner d’une sieste ensoleillée ou d’une observation par la fenêtre. Un chat timide pourra au contraire juger ce son inquiétant s’il est trop brusque ou utilisé dans un contexte stressant.
Les comportements précédents jouent aussi : un « pspsps » associé à des manipulations désagréables (médicaments, captivité dans une caisse de transport, etc.) risque fort d’être ignoré, voire craint. L’outil peut donc se retourner contre son utilisateur s’il est employé uniquement pour des situations contraignantes.
Et en France, comment appeler efficacement son chat ?
En France, vétérinaires et comportementalistes donnent des conseils proches de ceux relayés par First Vet ou Purina à l’étranger. L’usage d’un son bref et distinct reste recommandé, qu’il s’agisse d’un prénom court, d’un surnom ou d’un bruit comme « pspsps » ou un claquement de langue.
Les professionnels incitent souvent à :
garder toujours le même signal pour le rappel ;
l’associer à des moments positifs (repas, jeux, câlins) ;
éviter de l’utiliser juste avant une action que le chat déteste ;
ne pas crier ou répéter en boucle si l’animal ne vient pas.
En France aussi, les propriétaires constatent que certains sons sifflants fonctionnent mieux que des phrases complètes. Le recours à un mot court ou à un bruit aigu facilite la mémorisation et la reconnaissance auditive pour le chat. Les vétérinaires rappellent toutefois que chaque animal a ses préférences. Certains réagiront davantage au tintement de la gamelle, d’autres à l’ouverture d’un sachet, d’autres à un simple appel par leur prénom.
Quelques précautions pour bien utiliser le « pspsps »
Utiliser ce son pour attirer un chat peut être pratique, mais quelques règles simples permettent de maintenir une relation sereine.
Bon usage
Usage à éviter
Associer le son à un moment agréable (jeu, friandise, caresse).
Ne l’utiliser que pour attraper le chat avant une visite vétérinaire.
Prononcer le « pspsps » sur un ton calme, sans agressivité.
Crier ou s’énerver si le chat ne répond pas immédiatement.
Respecter le choix du chat quand il ne souhaite pas se déplacer.
Forcer systématiquement l’animal après l’avoir fait venir.
Pour un chat craintif, mieux vaut commencer en prononçant le son à distance, dans un environnement rassurant, et en récompensant la moindre marque d’attention : mouvement d’oreille, regard, léger rapprochement. L’objectif n’est pas de « commander » l’animal, mais de créer un code sonore utile pour interagir avec lui.
Un outil simple pour renforcer le lien avec son félin
Derrière ce petit bruit anodin se cachent donc plusieurs mécanismes : une ouïe très fine, un instinct de chasseur toujours en éveil, une capacité d’apprentissage élevée et une curiosité naturelle. « Pspsps » fonctionne parce qu’il coche toutes ces cases à la fois.
Pour un propriétaire français, comprendre ces ressorts permet d’en faire un outil parmi d’autres pour communiquer avec son chat. Utilisé avec douceur et cohérence, ce son peut devenir un repère rassurant pour l’animal, en particulier dans un environnement intérieur parfois monotone. À condition de respecter son tempérament et son envie, ou non, de répondre à cet appel pour le moins singulier.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Pourquoi tous les chats ne réagissent-ils pas au « pspsps » ?
Chaque chat a son propre vécu, ses préférences et ses expériences. Le « pspsps » ne fonctionne que s'il a été régulièrement associé à quelque chose de plaisant pour l'animal, ou s'il éveille sa curiosité naturelle. Certains chats peuvent aussi choisir de ne pas répondre même s'ils reconnaissent le son.
Le « pspsps » est-il vraiment instinctif ou simplement une habitude apprise ?
C'est une combinaison des deux. D'abord, le son attire l'attention du chat grâce à sa sensibilité auditive naturelle et à sa ressemblance avec les bruits de proies. Ensuite, l'apprentissage renforce cette réaction si le bruit est associé à des récompenses ou à des interactions positives.
Combien de muscles le chat utilise-t-il pour diriger ses oreilles ?
Les chats possèdent plus de vingt muscles par oreille qui leur permettent de la diriger avec précision vers la moindre source sonore, même lointaine ou discrète. Cette mobilité exceptionnelle aide le chat à localiser les proies potentielles.
Pourquoi les sons sifflants comme « pspsps » sont-ils particulièrement efficaces ?
Les sons aigus et les consonnes sifflantes tombent dans la plage auditive supérieure du chat et rappellent partiellement les couinements de petits rongeurs. Ces bruits créent un contraste immédiat avec le bourdonnement continu d'un foyer, attirant instantanément l'attention du félin.
Peut-on utiliser le même système pour apprendre son nom au chat ?
Oui, le principe est identique. En répétant calmement le nom du chat et en l'associant à une récompense, on crée progressivement un signal utile. Comme avec « pspsps », le chat doit comprendre que ce son a « du sens » pour lui, c'est-à-dire qu'il annonce quelque chose de positif.