En Grande-Bretagne, un passionné de modélisme pousse un gigantesque monster truck télécommandé à des niveaux de puissance délirants, au risque de tout casser.
Dans une vidéo qui affole les amateurs de voitures télécommandées, le youtubeur britannique Kevin Talbot s’acharne sur un Primal RC Raminator, décrit par le site primalrc.com comme le plus gros monster truck radiocommandé de série disponible aux États‑Unis. Son projet, baptisé « Game Over », consiste à transformer cette base déjà extrême en engin totalement incontrôlable, relate le site spécialisé américain qui a suivi son dernier épisode.
Un monster truck télécommandé de 80 livres transformé en bombe roulante
Le point de départ de Kevin Talbot n’a rien d’un petit jouet. Le Primal RC Raminator est un modèle à l’échelle 1/5, un monster truck de plus de 80 livres, soit plus de 36 kilos, qu’il faut charger à deux dans la benne d’un pick-up. En configuration d’origine, il fonctionne avec un moteur thermique deux‑temps de 49 cm³, déjà très musclé pour du modélisme.
Talbot, lui, a décidé d’abandonner complètement l’essence. Il remplace le bloc thermique par deux énormes moteurs électriques brushless, qu’il présente comme « les plus gros moteurs brushless pour voiture télécommandée au monde ». Pour les alimenter, il installe une configuration 24S, c’est‑à‑dire deux packs 12S reliés ensemble, un montage normalement réservé à des engins lourds ou industriels.
Avec deux moteurs brushless géants et une alimentation en 24S, le Raminator ne se comporte plus comme une voiture télécommandée, mais comme une déflagration montée sur quatre roues.
Selon le récit du média américain, ce niveau de puissance dépasse largement ce que le châssis d’origine peut encaisser. Chaque accélération torture les différentiels, les cardans et même les jantes, pourtant pensées pour des usages extrêmes.
Un salto arrière sur place… puis la casse en chaîne
Lors de la première sortie en pleine puissance, la scène est aussi courte que spectaculaire. À l’arrêt, Talbot met gaz à fond : le monster truck exécute un salto arrière complet sur place. Dans la vidéo, on l’entend s’écrier : « Oh mon dieu. Quoi ? Le plus gros backflip sur place pour une voiture télécommandée au monde. Comment ? »
Le spectacle a un prix. À l’atterrissage, la violence du choc fait fondre les moyeux de roues hexagonaux. La matière se déforme, arrache la liaison entre les roues et la transmission. Le monster truck ne peut plus rouler et nécessite un véhicule de récupération pour être ramené à l’atelier.
De retour sur son établi, Talbot remplace alors les jantes d’origine par des modèles full aluminium Visson, bien plus rigides. L’objectif : transmettre la puissance au sol sans que les roues ne se disloquent immédiatement.
La deuxième session ne se passe pas mieux pour la mécanique. Avec les nouvelles jantes, le Raminator tient un peu plus longtemps, mais la transmission encaisse tout. Un roulage prolongé finit par pulvériser le différentiel avant. Le monster truck passe brutalement de la transmission intégrale à la propulsion arrière uniquement.
« Deux moteurs. Beaucoup trop de puissance. Ça est en train de tout arracher », constate Kevin Talbot face caméra.
La tenue de cap devient presque impossible. Sur un engin aussi lourd, avec seulement les roues arrière motrices et un couple gigantesque, chaque accélération le fait zigzaguer, voire décrocher. Dans la même session, deux batteries LiPo rendent l’âme, irrécupérables. Une réparation à base d’hélicoil sur un axe, qui avait suscité le scepticisme des abonnés dans un épisode précédent, cède elle aussi.
Ce n’est pas la première fois que son projet « Game Over » détruit du matériel coûteux. Lors d’un précédent tournage, une paire de variateurs Castle avait déjà fini hors service. Pour ce nouvel essai, Talbot avait d’ailleurs anticipé en montant deux contrôleurs Hobbywing Max 4 à la place. « J’en ai déjà vu quelques‑uns partir en fumée », glisse-t‑il, avec le flegme de quelqu’un qui semble considérer les dégâts matériels comme faisant partie du travail.
Des pièces renforcées à plus de 3 000 dollars pour la prochaine étape
Pendant le tournage, Kevin Talbot reçoit justement un colis très attendu : un jeu d’axes Vitavon en aluminium 7075. Il s’agit d’ensembles complets, avec différentiels renforcés, arbres de transmission à double articulation et construction monobloc dans un alliage présenté comme l’un des plus solides pour les voitures télécommandées.
Talbot précise dans sa vidéo que ces deux axes lui ont coûté plus de 3 000 dollars. Ils ne sont pas encore installés sur le Raminator dans l’épisode relaté par le média américain, mais doivent servir de base au prochain test, avec au programme :
le montage des axes Vitavon 7075 complets ;
une conversion en direction arrière (rear‑steer) pour améliorer la maniabilité ;
un véritable test de saut pour jauger la résistance de la nouvelle transmission.
À cette préparation mécanique s’ajoute une électronique pensée pour reproduire les figures des shows de monster trucks. Talbot a monté un récepteur Losi LMT lui permettant d’activer des modes « wheelie » et « moonwalk » façon Monster Jam, les spectacles américains où les camions géants se cabrent ou roulent sur deux roues.
En mode illimité, sans limite logicielle, le Raminator devient, selon Talbot, « juste ridicule. Inutilisable ».
Le site primalrc.com revendique le Primal RC Raminator comme le plus gros monster truck télécommandé de série vendu aux États‑Unis. La machine de Talbot va bien au‑delà des spécifications d’origine : plus de moteur thermique, mais deux moteurs électriques géants capables de propulser ce mastodonte en salto arrière à partir d’un simple démarrage arrêté.
Un projet extrême qui fascine les fans de modélisme
Ce type de projet attire une communauté très active autour des vidéos de Kevin Talbot. Le mélange d’ingénierie improvisée, de surenchère de puissance et de casse spectaculaire séduit les amateurs de gros modèles radiocommandés.
Ce monster truck en est aujourd’hui à un stade fragile : deux roues seulement encore opérationnelles, deux packs LiPo abîmés, une transmission avant détruite et une série de pièces déjà passées par la casse. L’interrogation principale pour la suite, souligne le média américain, tient désormais à la capacité des axes Vitavon à survivre au traitement infligé par cette configuration 24S avec double moteur brushless.
Les voitures télécommandées géantes vues depuis la France
En France aussi, le modélisme automobile rassemble de nombreux passionnés, mais les engins restent généralement à des tailles et des niveaux de puissance bien plus raisonnables. La plupart des modèles courants roulent en 1/10, 1/8 ou parfois 1/5 pour les plus gros, avec soit des moteurs électriques brushless classiques, soit des moteurs thermiques de petite cylindrée.
Un Primal RC Raminator modifié comme celui de Kevin Talbot n’a pas d’équivalent direct dans les clubs français. Les associations affiliées par exemple à la Fédération française de voitures radio‑commandées encadrent surtout des compétitions sur piste ou tout‑terrain, avec des règlements techniques précis. Les puissances restent calibrées pour préserver la sécurité, l’équité sportive et limiter la casse.
Un projet aussi extrême que « Game Over » se rapproche davantage d’un show mécanique que d’une pratique de loisir ou de compétition classique. Pour un modéliste français, un tel montage poserait aussi des questions de sécurité : poids considérable, batteries très haute tension, risques de départ de feu avec les LiPo, sans parler du danger pour les spectateurs en cas de perte de contrôle.
Puissance, batteries LiPo et risques à connaître
Dans le cas du Raminator de Talbot, la combinaison de deux moteurs brushless et d’un pack total en 24S place l’engin dans une zone où chaque élément devient critique. Les batteries LiPo, déjà connues pour être sensibles aux surcharges, aux chocs et aux percements, travaillent très près de leurs limites. Deux ont d’ailleurs été rendues inutilisables lors de cette session filmée.
Les variateurs électroniques, eux, encaissent des intensités capables de provoquer des surchauffes rapides. Talbot évoque sans détour le fait qu’il a déjà vu des contrôleurs de ce type prendre feu. En France, les pratiquants prudents stockent généralement leurs LiPo dans des sacs ignifugés et utilisent des chargeurs adaptés avec une surveillance stricte, justement pour se prémunir de ces incidents.
Plus la puissance grimpe sur une voiture télécommandée, plus la gestion de la sécurité — électriques, mécanique, humaine — devient un sujet central.
Pour les passionnés français qui suivent ce genre de vidéos, le projet de Kevin Talbot offre un cas d’école : il montre jusqu’où il est possible de pousser une plateforme conçue pour un usage bien moins extrême, tout en illustrant très concrètement où se situent les limites mécaniques. Une approche qui peut inspirer, à condition de garder en tête qu’un tel monstre radiocommandé se pilote avec beaucoup d’espace, des protections et une grande habitude des gros modèles.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.