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Ce nouveau panneau de la DGT annonce un radar anti-collage en Espagne : rouler à moins de 70 mètres de la voiture de devant coûte 200 euros et 4 points

Sur les autoroutes espagnoles, un nouveau panneau prévient désormais les conducteurs d’un contrôle automatique des distances de sécurité entre véhicules.

La Direction générale du trafic espagnole, la DGT, déploie sur les routes un panneau inédit signalant un radar chargé de surveiller la distance de sécurité. Comme le rapporte le média spécialisé Motorpasión, ce dispositif vise les automobilistes qui roulent trop près du véhicule qui les précède, une manœuvre très fréquente en Espagne et à l’origine de nombreux accidents par collision arrière.

Un nouveau panneau pour annoncer un radar anti-collage

La DGT installe une nouvelle signalisation codifiée S991f. Le pictogramme est explicite : il avertit de la présence d’un radar contrôlant la séparation minimale entre véhicules sur un point précis ou sur un tronçon d’autoroute ou d’autoroute urbaine.

Ce nouveau panneau S991f annonce un dispositif de contrôle de la distance minimale entre véhicules : rouler trop près déclenche le radar, la photo… et la sanction.

Dans un message publié sur le réseau social X, l’organisme espagnol explique que ce panneau « indique l’existence d’un dispositif de contrôle de séparation minimale entre véhicules dans un point ou un tronçon d’une autoroute ou d’une voie rapide » et précise que « des sous-panneaux supérieurs ou inférieurs avec des informations additionnelles » pourront être ajoutés.

Ce simple message a généré un fort écho en Espagne, avec plus de 1 000 commentaires, un volume inhabituel pour une communication de la DGT. Les réactions oscillent entre approbation, incompréhension et crainte de sanctions jugées injustes.

Pourquoi la DGT cible le non-respect de la distance de sécurité

Le but affiché reste clair : réduire les accidents par « accrochage » arrière, souvent causés par des conducteurs qui « collent » le véhicule de devant. La DGT rappelle qu’un espace suffisant permet de s’arrêter à temps en cas de freinage brusque et limite la gravité des sinistres.

Beaucoup d’automobilistes espagnols se plaignent déjà du phénomène du « pare-chocs contre pare-chocs ». Le langage familier rapporté par Motorpasión parle de conducteurs qui viennent « manger le derrière » de la voiture qui précède, une pratique ressentie comme particulièrement agressive et stressante.

C’est cette habitude que la DGT entend combattre grâce à un contrôle automatisé, à l’image des radars de vitesse ou des systèmes de contrôle de ceinture.

Que dit précisément le règlement espagnol ?

Le cadre juridique figure dans le Règlement général de circulation espagnol. Il impose une marge de sécurité suffisante pour s’arrêter sans collision, en tenant compte notamment de la vitesse et de l’adhérence.

« Tout conducteur d’un véhicule circulant derrière un autre doit laisser entre les deux un espace libre qui lui permette de s’arrêter en cas de freinage brusque, sans entrer en collision avec lui, en tenant compte en particulier de la vitesse, des conditions d’adhérence et de freinage. »

Dans des conditions normales, la distance de référence retenue est de 70 mètres, signalée par le panneau R-300 déjà existant, intégré au nouveau pictogramme. Sur certains tronçons ou lorsque les conditions sont défavorables (pluie, brouillard, tunnel), cette distance de sécurité doit être portée à 100 mètres.

Comment savoir si l’on respecte les 70 mètres ?

Contrairement à la vitesse, qui se lit directement sur le compteur, la distance de sécurité ne se mesure pas d’un simple coup d’œil au tableau de bord. Pour aider les conducteurs, la DGT met en avant une méthode simple : la règle des deux secondes.

  • Choisir un repère fixe sur le bord de la route (panneau, borne kilométrique, poteau…).
  • Observer le moment où le véhicule de devant passe devant ce repère.
  • À partir de là, compter mentalement : « 1 101, 1 102, 1 103… ».

Si la distance est correcte dans des conditions normales, la voiture suiveuse ne doit atteindre le repère qu’au moment où le conducteur prononce « 1 102 », soit environ deux secondes après le passage du véhicule précédent.

En Espagne, la DGT recommande la règle des deux secondes en conditions normales, et des quatre secondes en cas de pluie, de mauvaise visibilité ou en tunnel.

Dans les situations dégradées (pluie, brouillard, tunnel), cette règle est doublée : il faut alors laisser quatre secondes d’écart. Ce principe vise à compenser l’allongement de la distance de freinage et la réduction de visibilité.

Des conducteurs inquiets de « multas injustes »

Malgré le caractère ancien de l’obligation de distance de sécurité, beaucoup d’internautes espagnols se focalisent sur le caractère automatique du nouveau contrôle. Sur X, certains s’interrogent sur les cas où l’écart se réduit indépendamment de leur volonté.

Un automobiliste évoqué par Motorpasión demande par exemple si le système sanctionnera un conducteur qui respecte la distance, mais voit soudain un autre véhicule se rabattre juste devant lui après un dépassement, sans lui laisser le temps de freiner pour recréer la marge de sécurité. D’autres citent le cas des véhicules qui s’insèrent depuis une voie d’accélération.

À l’inverse, des commentateurs estiment qu’il n’y a aucun problème, la règle étant connue depuis longtemps. Pour eux, seule la surveillance change. L’un des arguments mis en avant est limpide : « Si tu n’es pas sûr de respecter la distance, c’est très simple, laisse plus d’espace. »

Sanction prévue : 200 euros et quatre points

Le non-respect de la distance de sécurité est classé comme infraction grave par la loi espagnole sur la circulation. L’article 76, paragraphe ñ), prévoit une amende standard de 200 euros. Ce montant peut être réduit à 100 euros en cas de paiement rapide, comme pour d’autres infractions routières en Espagne.

Rouler à moins de la distance exigée peut coûter 200 euros et quatre points sur le permis espagnol, selon la loi de circulation.

À cette sanction financière s’ajoute un retrait de quatre points sur le permis de conduire. Le système de points espagnol fonctionne de manière comparable à celui en vigueur en France : dépasser un certain nombre d’infractions peut conduire à la perte du droit de conduire.

La DGT rappelle aussi qu’une conduite particulièrement dangereuse liée au non-respect de la distance peut être requalifiée en « conduite téméraire ». Dans ce cas, si l’affaire est traitée sous forme de simple amende administrative, il s’agit d’une infraction très grave, punie de 500 euros d’amende et d’un retrait de six points.

Dans la pratique, indique Motorpasión, la conduite téméraire est rarement traitée uniquement par une amende administrative. Une grande partie de ces comportements finit requalifiée en délit contre la sécurité routière, avec des conséquences potentiellement pénales.

Que se passe-t-il en France pour le non-respect des distances ?

En France, le principe est similaire, même si la signalisation et les montants diffèrent. Le Code de la route impose une distance de sécurité suffisante pour éviter toute collision en cas de freinage brusque. Sur les routes rapides, les panneaux de limitation de vitesse sont parfois complétés par des rappels de distance, et des marques au sol aident à garder un espacement minimal.

Les forces de l’ordre, police et gendarmerie, peuvent verbaliser les conducteurs qui « collent » le véhicule de devant. Certains radars ou dispositifs de contrôle embarqués sont capables d’apprécier les distances, mais le recours à un panneau spécifique, comme le S991f espagnol, n’est pas généralisé sur le réseau français.

Le retrait de points et les amendes prévues dépendent de la qualification de l’infraction. Le principe demeure toutefois identique : rouler trop près d’un autre véhicule constitue un comportement dangereux pour soi et pour les autres usagers.

Pourquoi la distance de sécurité reste si difficile à respecter

La DGT comme les autorités françaises constatent que beaucoup d’automobilistes sous-estiment les distances nécessaires à l’arrêt d’un véhicule. À 120 km/h, un conducteur parcourt en une seconde près de 33 mètres. À cette vitesse, deux secondes représentent déjà une soixantaine de mètres, soit un écart que beaucoup jugent « trop grand » en situation de trafic dense.

Dans les embouteillages ou lors de ralentissements fréquents, laisser un grand intervalle peut aussi susciter l’irritation d’autres conducteurs, qui s’y insèrent régulièrement. Cette pression sociale pousse certains à rouler au plus près, malgré les risques. C’est précisément ce type de réflexe que le nouveau panneau de la DGT cherche à corriger par la contrainte.

Quelques repères pratiques pour un conducteur français

Pour un automobiliste habitué aux routes françaises et amené à circuler en Espagne, ce nouveau panneau a une conséquence directe : dans les zones concernées, le non-respect de la distance de sécurité fera l’objet d’un contrôle systématique, et non plus uniquement d’un constat ponctuel par les agents.

Situation Règle de base Repère conseillé
Conditions normales en Espagne Environ 70 mètres Deux secondes d’écart
Pluie, brouillard, tunnel en Espagne Jusqu’à 100 mètres Quatre secondes d’écart
Autoroutes en France Distance permettant l’arrêt sans collision Méthode similaire des deux secondes

La règle des deux secondes, utilisée par la DGT, reste une méthode simple que les conducteurs français peuvent aussi appliquer dans leur pays, même sans radar spécifique. Elle ne nécessite ni calcul complexe ni équipement particulier et s’adapte automatiquement à la vitesse : plus on roule vite, plus les deux secondes représentent une grande distance en mètres.

À terme, les radars de distance espagnols pourraient inciter d’autres pays européens à renforcer leurs contrôles sur ce sujet. Pour les automobilistes, l’enjeu dépasse la seule amende : une marge suffisante laisse plus de temps pour réagir, limite les chaînes de collisions en cas de ralentissement brutal et réduit le stress au volant, notamment sur les longs trajets autoroutiers.

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