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Ce coquillage ramassé sur la plage au Costa Rica : voici pourquoi le glisser dans sa valise est illégal

Ce coquillage ramassé sur la plage au Costa Rica : voici pourquoi le glisser dans sa valise est illégal

Au Costa Rica, un simple coquillage ou une plume trouvés sur la plage peuvent vous valoir de lourdes sanctions à l’aéroport.

Ramasser un coquillage, une graine ou un morceau de corail sur une plage du Costa Rica semble anodin. Pourtant, ces gestes touristiques banals tombent sous le coup d’une loi locale très stricte. Comme le rapporte le site spécialisé A-Z Animals, le pays a durci le ton face à l’augmentation du trafic de faune et de flore sauvages commis… par des visiteurs parfois de bonne foi.

Un paradis de biodiversité sous pression touristique

Le Costa Rica est l’un des pays les plus riches en biodiversité au monde. Forêts tropicales, récifs coralliens, mangroves, volcans : chaque milieu abrite une multitude d’espèces, dont beaucoup sont menacées. Cette nature attire chaque année des millions de touristes, séduits par l’image de « paradis vert » du pays.

Mais les autorités constatent que ces visiteurs ne se contentent pas toujours de regarder. Depuis le début de 2024, au moins 4 366 spécimens animaux et végétaux ont été saisis dans les bagages de voyageurs, selon les chiffres relayés par A-Z Animals. À chaque fois, il s’agit d’éléments prélevés illégalement dans la nature.

Chaque coquillage, plume, graine ou morceau de corail prélevé représente une perte réelle pour l’écosystème costaricien, même si l’objet semble insignifiant.

Face à cette situation, une campagne baptisée #WhatYouCarry a été lancée par l’ONG Humane World for Animals, en partenariat avec le pouvoir judiciaire du Costa Rica et l’exploitant de l’aéroport de San José (AERIS). Objectif : rappeler aux touristes que la faune et la flore du pays ne sont pas des souvenirs à rapporter chez soi.

Ce que les touristes tentent vraiment d’emporter

Des collections privées… parfois encore vivantes

Les autorités costariciennes ont identifié sept grands groupes d’animaux ciblés par ces prélèvements : araignées et autres arachnides, oiseaux, mammifères, poissons, requins, mollusques et insectes. Les prises vont du simple coquillage ramassé sur le sable à des collections bien plus impressionnantes.

Dans un cas cité par A-Z Animals, les policiers de l’aéroport international Juan Santamaría, près de San José, ont intercepté un voyageur qui prévoyait de se constituer une « collection » rare. Dans ses bagages : des griffes et des os de grands félins, mais aussi de nombreux insectes, arthropodes, amphibiens et reptiles. Certains étaient déjà morts, d’autres encore vivants, voués à un transport particulièrement douloureux.

Les autorités soulignent qu’il n’est pas nécessaire d’avoir des centaines d’animaux pour être dans l’illégalité. Un seul spécimen suffit.

Orchidées, œufs de perroquets, coquillages : les autres cibles

La flore subit le même sort. Toujours à l’aéroport de San José, les agents ont découvert plus de 300 orchidées cachées dans la valise d’un touriste. Ces fleurs emblématiques, qui poussent à l’état sauvage, jouent un rôle clé dans les écosystèmes locaux : certaines servent d’abri aux insectes, d’autres nourrissent des pollinisateurs.

Autre saisie marquante : plus de 150 œufs de psittacidés, c’est-à-dire de perroquets. Leur origine exacte n’a pas été précisée, mais les autorités estiment que leur collecte a forcément perturbé le nid et mis en danger une espèce déjà menacée.

Un coquillage, un morceau de corail ou un œuf ne sont pas des “objets” : ce sont des éléments d’un environnement vivant, nécessaires à la survie d’autres espèces.

Chaque retrait provoque une réaction en chaîne, insistent les autorités : moins d’abris, moins de nourriture, moins de lieux de reproduction pour les animaux qui dépendent de ces éléments.

« Les touristes peuvent choisir la protection plutôt que la collection »

Pour Humane World for Animals, les voyageurs ont un rôle direct à jouer. Sa directrice exécutive, Andrea Borel, citée par le média costaricien Tico Times et relayée par A-Z Animals, considère que la protection de la nature ne doit pas être vue comme la seule mission des forces de l’ordre ou des autorités environnementales. Chacun doit se sentir responsable de ce qu’il emporte dans ses bagages.

La campagne #WhatYouCarry insiste sur un point : l’impact des « petits » gestes. Un simple morceau de corail peut paraître inerte, mais il s’agissait d’un organisme vivant, ou d’un support pour d’autres êtres marins. Un coquillage ramassé sur la plage peut encore abriter un animal, ou servir de refuge à d’autres plus tard.

Selon les chiffres mis en avant par la campagne, plus de 1 000 animaux sont admis chaque année dans des centres de sauvetage au Costa Rica à cause du trafic. Entre 2023 et 2025, les équipes médico-légales du pays ont enregistré une hausse de 230 % des dossiers liés à ce type de trafic.

La campagne rappelle que la faune et la flore costariciennes sont un patrimoine naturel, pas une vitrine de souvenirs à emporter chez soi.

Une loi très stricte : pourquoi un coquillage vous expose à des poursuites

Au Costa Rica, le trafic de faune et de flore n’est pas seulement un sujet moral, c’est un délit clairement défini par la loi. La loi de conservation de la faune sauvage, la Wildlife Conservation Law n° 7317, prévoit des sanctions lourdes pour l’importation, l’exportation, l’extraction et la destruction d’animaux ou de plantes.

Point clé : ces règles ne visent pas seulement les animaux vivants. Elles s’appliquent aussi aux « sous-produits », c’est-à-dire à tout ce qui provient d’un animal ou d’une plante, même ramassé au sol.

Éléments interdits de prélèvement au Costa Rica
Orchidées et autres plantes sauvages
Coraux, coquillages et escargots de mer
Dents d’animaux, même tombées naturellement
Carapaces de tortues ou fragments de carapaces
Crânes et ossements d’animaux
Plumes d’oiseaux sauvages, y compris trouvées au sol
Graines et éléments de plantes sauvages (sauf certification spécifique)
Insectes, araignées, scorpions
Peaux, fourrures ou cuir issus d’animaux sauvages
Objets artisanaux contenant des parties d’animaux ou de plantes sauvages
Amphibiens et reptiles

Les peines varient selon la gravité des faits : fortes amendes pour certains cas, peines de prison pour les atteintes les plus lourdes, en particulier lorsqu’elles concernent des espèces menacées ou en danger d’extinction.

Un coquillage glissé dans votre sac à dos peut donc suffire à constituer une infraction, même si vous l’ignoriez au moment de le ramasser.

Les autorités rappellent aussi l’effet d’imitation : voir d’autres touristes remplir leurs poches de coquillages ou de graines donne l’impression que le geste est autorisé, ce qui amplifie encore l’impact sur les milieux naturels.

Que risque un touriste français au Costa Rica ?

Un voyageur français qui tente de repartir du Costa Rica avec un coquillage, une plume ou une plante protégée s’expose d’abord aux poursuites locales : confiscation, amende, voire poursuites pénales avec éventuel passage devant la justice costaricienne. La méconnaissance de la loi n’exonère pas de la responsabilité.

En cas de transit ou d’arrivée en France, ces objets peuvent aussi poser problème. La France applique des règles strictes sur l’entrée de produits animaux et végétaux, notamment pour les espèces protégées par des conventions internationales comme la CITES. Un contrôle douanier à l’arrivée peut donc mener à une seconde saisie et à des sanctions administratives.

  • Au départ : contrôle par la police aéroportuaire et les autorités environnementales costariciennes.
  • À l’arrivée : vérification éventuelle par les douanes françaises et les services vétérinaires ou phytosanitaires.
  • Dans les deux cas : risque d’amende, de procédure et de confiscation des objets.

À l’inverse, un comportement respectueux (pas de prélèvements, pas d’achats douteux de bijoux en dents d’animaux, de carapaces ou de plumes sauvages) réduit fortement ces risques tout en protégeant concrètement les écosystèmes visités.

Quelle est la règle en France pour les coquillages et souvenirs naturels ?

En France, la réglementation repose sur plusieurs textes, notamment le code de l’environnement et les règles européennes. Le principe général : il n’est pas librement permis de ramasser ou de transporter des espèces protégées ou leurs parties, qu’il s’agisse d’animaux ou de végétaux.

Pour les plages françaises, certains ramassages limités de coquillages vides peuvent être tolérés localement, mais des arrêtés, des plans de protection ou des zones naturelles protégées viennent encadrer ces pratiques. Les dunes, les herbiers marins et les zones sensibles sont fréquemment protégés, et l’extraction de sable ou de galets y est interdite.

Les espèces marines protégées (comme certaines tortues, oiseaux ou mammifères marins, ou encore des coraux) et leurs parties sont strictement interdites à la collecte, même trouvées mortes. Les douanes peuvent saisir ces objets et engager des poursuites en cas d’infraction.

En France comme au Costa Rica, ce qui vient de la nature n’est pas automatiquement un « souvenir gratuit » : la protection des espèces passe aussi par ce que l’on met dans sa valise.

Comment rapporter un souvenir sans enfreindre la loi ni nuire aux écosystèmes ?

Les autorités costariciennes encouragent les visiteurs à privilégier d’autres types de souvenirs. Plutôt que de ramasser un coquillage, un galet ou une fleur sauvage, elles recommandent d’acheter des produits clairement issus de l’artisanat légal, sans composant animal ou végétal sauvage protégé.

Quelques réflexes utiles pour un touriste français au Costa Rica :

  • Ne jamais ramasser de coquillages, coraux, plumes, graines, os ou carapaces sur les plages ou en forêt.
  • Éviter les objets artisanaux qui contiennent des dents, griffes, plumes, coquilles ou fragments de carapaces.
  • Se méfier des plantes « souvenirs » ou des graines proposées sans certificat officiel.
  • Privilégier les souvenirs purement culturels : textiles, céramiques, café, chocolats, œuvres d’art locales.

Pour les passionnés de nature, de nombreuses activités de tourisme responsable existent : visites de réserves officiellement gérées, sorties avec des guides naturalistes, centres de sauvetage animaliers ouverts au public. Ces expériences permettent d’observer la faune et la flore de près, sans prélèvement ni dérangement durable.

Le cas du Costa Rica illustre une réalité plus large : dans de nombreux pays riches en biodiversité, un geste perçu comme « innocent » par un touriste — ramasser un coquillage, une plume, une graine — peut avoir des conséquences écologiques bien réelles et être puni par la loi. Avant de remplir ses valises, mieux vaut donc se poser une question simple : ce souvenir a-t-il sa place chez moi… ou dans son environnement naturel ?

Questions fréquentes

Puis-je ramasser un coquillage vide sur la plage au Costa Rica ?

Non, c'est interdit. Au Costa Rica, la loi de conservation de la faune sauvage interdit le prélèvement de tous les « sous-produits » d'animaux ou de plantes, même trouvés au sol. Un coquillage apparemment vide peut encore abriter un animal ou servir de refuge ultérieurement.

Quelles sont les peines encourues pour avoir ramassé un coquillage ou une plume ?

Les sanctions varient selon la gravité : fortes amendes pour les cas simples, peines de prison pour les atteintes plus lourdes, notamment concernant les espèces menacées ou en danger d'extinction. La méconnaissance de la loi n'exonère pas de responsabilité.

Pourquoi la loi costaricienne interdit-elle même les petits prélèvements ?

Chaque élément prélevé, même minuscule, représente une perte réelle pour l'écosystème. Un coquillage, un morceau de corail ou une plume jouent des rôles écologiques cruciaux en tant qu'abris ou supports nutritifs, et leur retrait provoque une réaction en chaîne affectant d'autres espèces.

Quels autres objets sont interdits d'exportation du Costa Rica ?

Sont interdits : les orchidées et plantes sauvages, coraux, escargots de mer, dents d'animaux, carapaces de tortue, crânes et os, plumes d'oiseaux sauvages, graines, insectes, peaux et fourrures, objets artisanaux contenant des parties d'animaux ou de plantes, ainsi que les amphibiens et reptiles.

Combien d'animaux sauvages arrivent blessés dans les centres de sauvetage à cause du trafic ?

Plus de 1 000 animaux sont admis chaque année dans des centres de sauvetage au Costa Rica en raison du trafic de faune. Entre 2023 et 2025, les dossiers liés à ce type de trafic ont augmenté de 230 %.
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