Au Royaume-Uni, une jeune mère redoutait de rejeter son chien après la naissance de son bébé. Elle a décidé d’anticiper, méthodiquement.
Dans un témoignage relayé par le site britannique PetsRadar, une mère raconte comment elle a préparé son chien à l’arrivée de son enfant pour limiter l’« aversion post-partum envers son animal », un phénomène dont parlent de plus en plus de jeunes parents sur les réseaux sociaux.
Quand la maternité bouleverse aussi la relation avec son chien
Pendant sa grossesse, la Britannique explique qu’un simple défilement sur les réseaux lui montrait « des centaines de vidéos de mamans » décrivant un rejet soudain de leur chien après l’accouchement. Comme beaucoup, elle considérait son chien comme son « premier bébé » et craignait de ne plus le supporter une fois son fils né.
Qu’est-ce que l’aversion post-partum envers son animal ?
Les troubles post-partum comme la dépression, l’anxiété ou encore la colère après l’accouchement sont bien documentés. Ils s’accompagnent de tristesse, irritabilité, nervosité, fatigue extrême. Lorsque le foyer compte un chien, notamment très demandeur, ces émotions peuvent se focaliser sur lui.
L’aversion post-partum envers son animal correspond au fait de voir son chien comme une source de stress et d’agacement, au point de ne plus le supporter temporairement.
Selon une enquête réalisée en 2024 par l’assureur ManyPets, citée par PetsRadar, 97 % des personnes interrogées affirment que le comportement de leur chien a changé après le retour du bébé à la maison. Les maîtres décrivent surtout :
une plus grande dépendance au maître,
un comportement protecteur renforcé,
des signes de jalousie envers le nourrisson.
Chez un parent déjà épuisé et en manque de sommeil, ces attitudes peuvent vite devenir insupportables, même si le chien ne fait que réagir à un bouleversement de son environnement.
Préparer le chien avant la naissance pour limiter les tensions
Consciente de ce risque, la jeune mère britannique a voulu mettre toutes les chances de son côté. Son objectif : ne pas laisser son chien, une chienne braque allemand à poil court prénommée Maple, devenir le bouc émissaire du stress post-partum.
Une préparation centrée sur le dressage et les bruits de bébé
Maple avait déjà travaillé comme chienne de chasse. Son niveau de dressage était donc plutôt bon sur certains points. Mais tout n’était pas parfait, raconte-t-elle, notamment la marche en laisse, qui posait encore problème.
La mère s’est donc concentrée sur plusieurs axes pendant la grossesse :
Renforcer l’éducation de base : amélioration de la marche en laisse et des ordres de retour au calme.
Désensibiliser aux bruits de bébé : diffusion de pleurs de nourrisson sur son téléphone pour habituer Maple à ces sons sans la laisser s’exciter.
Apprendre à se poser dans la chambre de l’enfant : la chienne était invitée à s’allonger dans la future chambre du bébé, toujours dans une ambiance calme, pour associer cette pièce au repos.
Pour elle, la clé résidait dans l’anticipation : un chien bien entraîné et habitué à l’univers du bébé aurait moins de raisons de devenir source de tension.
Malgré cette préparation, elle confie être restée anxieuse : tant que le bébé n’était pas là, impossible de savoir comment elle réagirait vraiment.
Après la naissance : des frustrations, mais aussi des ajustements
Une fois le bébé arrivé, les difficultés n’ont pas manqué. La mère admet avoir eu plusieurs accès d’énervement liés au comportement de Maple, dans un quotidien rythmé par le manque de sommeil.
Les situations qui faisaient monter la colère
Elle décrit plusieurs scènes typiques, relayées par PetsRadar :
les aboiements de Maple sur les passants pendant les siestes du bébé ;
la boue rapportée dans la maison après les promenades hivernales ;
les jouets et doudous du nourrisson subtilisés par la chienne.
Ces comportements provoquaient chez elle une montée de colère immédiate. Pour autant, elle explique avoir cherché des solutions concrètes plutôt que de rejeter son chien.
Des solutions simples pour apaiser le quotidien
Avec le temps, plusieurs changements ont contribué à faire retomber la tension :
Le bébé a fini par dormir sans être réveillé par les aboiements, ce qui a supprimé une grande source de stress.
La fin de l’hiver a rendu la boue moins présente, facilitant la gestion des retours de promenade.
Elle a acheté à Maple ses propres jouets en peluche pour limiter les vols de doudous.
La famille a aussi fait un véritable effort pour que le chien reste intégré au foyer et voie ses besoins respectés : promenades, attention, temps de jeu et de repos.
La mère souligne que, malgré quelques moments de forte irritabilité liés à la fatigue, Maple est restée globalement sereine et détendue à la maison, ce qui a facilité la cohabitation.
Le rôle positif du chien sur le moral de la jeune mère
Dans son témoignage, la Britannique insiste également sur les bénéfices que lui a apportés son chien durant cette période très éprouvante psychologiquement.
Des promenades et des câlins comme soupape de sécurité
Elle explique que les balades quotidiennes avec Maple ont été déterminantes pour son état mental. Sortir marcher lui imposait une vraie coupure par rapport aux pleurs, aux tétées et au sentiment d’isolement que connaissent beaucoup de jeunes mères.
Les moments de câlins sur le canapé, après une nuit quasi blanche, l’aidaient à « tenir » la journée. La présence constante de Maple lui offrait un réconfort silencieux, différent de celui de son entourage humain.
Avec le temps, la relation entre Maple et le petit garçon s’est transformée. La mère décrit une vraie complicité installée :
le bébé sourit à pleines dents chaque matin lorsque Maple entre dans sa chambre ;
la chienne monte les escaliers, queue frétillante, à l’heure du réveil de la sieste ;
il éclate de rire lorsqu’il lui lance une balle qu’elle rapporte sans se lasser.
Elle confie même être persuadée que le premier mot de son fils sera le nom du chien.
Quand l’aversion persiste : que faire sans culpabiliser ?
PetsRadar rappelle que chaque année, des familles renoncent à leur chien après une naissance, estimant ne plus pouvoir gérer. La mère interrogée juge ces situations très tristes, mais reconnaît que certains parents se sentent réellement dépassés.
Le message qu’elle adresse aux jeunes parents est que l’aversion post-partum envers leur chien reste le plus souvent temporaire et liée à un pic de stress.
Elle encourage les maîtres à se remémorer les moments heureux vécus avec leur animal avant la naissance et à garder en tête que ce bouleversement reste aussi difficile pour le chien que pour eux.
Si le comportement du chien devient trop compliqué à gérer, PetsRadar conseille de ne pas rester seul et de solliciter un vétérinaire, un éducateur canin ou un comportementaliste afin d’obtenir un accompagnement ciblé.
Comment ce phénomène se pose pour les familles en France
En France, les professionnels de la santé mentale périnatale observent également des difficultés relationnelles entre jeunes parents et animaux de compagnie, même si le terme « aversion post-partum envers son animal » n’est pas systématiquement employé.
Les interlocuteurs possibles pour les parents et propriétaires
Un parent français confronté à ces sentiments peut se tourner vers plusieurs acteurs :
le médecin généraliste, la sage-femme ou le pédiatre, qui peuvent repérer une dépression ou une anxiété post-partum ;
un psychiatre ou un psychologue spécialisé en périnatalité, pour travailler sur la culpabilité et l’ambivalence vis-à-vis du chien ;
le vétérinaire, en première ligne pour évaluer l’état du chien et proposer une adaptation du quotidien ;
un éducateur canin ou un comportementaliste, professionnels dédiés à l’accompagnement des chiens de famille.
En France, les services de protection animale et les refuges rappellent régulièrement qu’un chien abandonné après une naissance est souvent un animal déjà perturbé par la baisse d’attention, les cris et la réorganisation du foyer. Un travail en amont, comme l’a fait la mère britannique, peut limiter ce type de situation.
Quelques repères pour mieux comprendre les réactions du chien
Pour un lecteur français, plusieurs notions abordées dans le témoignage sont utiles à garder en tête.
Pourquoi le comportement du chien change à l’arrivée du bébé
Changement dans la maison
Réaction fréquente du chien
Nouveaux bruits (pleurs, appareils, visites)
Alerte, aboiements, agitation
Attention du maître recentrée sur le nourrisson
Recherche accrue de contact, jalousie apparente
Rythme de vie bousculé (horaires de sortie, de repas)
Stress, comportements destructeurs, malpropreté
Accès restreint à certaines pièces (chambre du bébé)
Frustration, tentatives de contournement des règles
Ces réactions ne traduisent pas forcément une « mauvaise éducation », mais une adaptation parfois difficile à un changement brutal. Le témoignage paru sur PetsRadar montre qu’un minimum de préparation (dressage, gestion du bruit, rituels de calme) peut aider le chien à passer ce cap avec moins de heurts.
Pour les parents qui ressentent de la colère ou du rejet envers leur animal, des professionnels de la santé mentale rappellent que ces émotions restent fréquentes dans un contexte de fatigue extrême. Les reconnaître et demander de l’aide constitue une étape importante pour éviter des décisions radicales, comme l’abandon, prises dans un moment de détresse.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Qu'est-ce que l'aversion post-partum envers son animal ?
C'est le fait de voir son chien comme une source de stress et d'agacement au point de ne plus le supporter temporairement, souvent lié à une focalisation des troubles post-accouchement (dépression, anxiété, colère) sur l'animal. Chez un parent épuisé et en manque de sommeil, les comportements du chien deviennent rapidement insupportables.
Comment prévoir cette aversion avant la naissance du bébé ?
Il faut préparer le chien pendant la grossesse en renforçant son éducation de base, en le désensibilisant aux bruits de bébé via des enregistrements de pleurs, et en l'habituant à la future chambre de l'enfant. L'objectif est qu'un chien bien entraîné et habitué à l'univers du bébé devienne moins une source de tension.
Quel comportement les chiens adoptent-ils après l'arrivée d'un bébé ?
Selon une enquête 2024, 97 % des chiens changent de comportement, notamment en développant une plus grande dépendance au maître, un comportement protecteur renforcé et des signes de jalousie envers le nourrisson. Ces réactions résultent du bouleversement de leur environnement.
Que faire si l'aversion post-partum persiste malgré la préparation ?
Il ne faut pas rester seul et solliciter un vétérinaire, un éducateur canin ou un comportementaliste pour obtenir un accompagnement ciblé. L'aversion post-partum reste le plus souvent temporaire et liée à un pic de stress qui s'atténuera avec le temps.
Le chien peut-il aider psychologiquement une jeune mère ?
Oui, les promenades quotidiennes et les moments de câlins avec le chien offrent une coupure bénéfique face à l'isolement et à l'épuisement que ressentent beaucoup de jeunes mères, constituant un véritable soutien psychologique durant cette période éprouvante.