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Une batterie externe prend feu en plein vol : le Francfort-Lisbonne dérouté vers Lyon, ce que vous avez vraiment le droit d’emporter à bord

Un petit accessoire de quelques dizaines d’euros a suffi à faire atterrir en urgence un Airbus rempli de vacanciers. Samedi soir, un vol Lufthansa entre Francfort et Lisbonne a dû se poser à Lyon après qu’une batterie externe a pris feu dans la cabine. Aucun blessé, mais une nuit à l’hôtel pour 198 passagers, et un rappel brutal : les règles sur les « powerbanks » ont changé en 2026, et la plupart des voyageurs les ignorent encore.

Une odeur de brûlé jusque dans le cockpit

Le vol LH1170 a décollé de Francfort samedi 26 septembre à 20 h 47, avec 198 passagers à bord d’un Airbus A321. Quelques dizaines de minutes plus tard, la batterie externe d’un passager s’est mise à brûler au niveau de son siège, selon la compagnie. L’équipage a réagi immédiatement en isolant l’appareil dans un sac de confinement spécial, conçu pour contenir les incendies de batteries au lithium.

Le feu maîtrisé, l’odeur s’était pourtant répandue jusqu’au poste de pilotage. Par précaution, les pilotes ont déclaré une situation d’urgence pour obtenir un atterrissage prioritaire, et l’appareil s’est posé à Lyon-Saint-Exupéry à 21 h 55. Les pompiers ont inspecté l’avion avant de laisser descendre les passagers. Personne n’a été blessé.

Mais Lyon interdit les décollages de nuit : impossible de repartir vers Lisbonne. Les 198 voyageurs ont dormi à l’hôtel et ont été réacheminés le lendemain. La cause exacte de la surchauffe n’est pas encore connue.

Un incident de plus dans une série qui inquiète les compagnies

Ce n’est pas un cas isolé. Fin juillet, un boîtier de recharge d’écouteurs qui fumait avait déjà contraint un avion de Swiss à se poser au Canada. Et en janvier 2025, un Airbus de la compagnie sud-coréenne Air Busan avait entièrement brûlé au sol, à Busan, après l’emballement d’une batterie externe rangée dans un compartiment à bagages.

Le problème est mathématique. Selon l’autorité britannique de l’aviation civile, un A380 transportant 500 passagers embarque désormais près de 2 000 batteries au lithium, dans les téléphones, les ordinateurs, les appareils photo et les batteries externes. Et sur ces milliers de batteries, la powerbank est la plus exposée : bon marché, souvent sans marque, elle est aussi la seule qui travaille en permanence quand on l’utilise, et qui chauffe en se déchargeant.

Pourquoi une batterie externe peut s’enflammer

Une batterie lithium-ion qui s’enflamme subit ce que les spécialistes appellent un emballement thermique : une cellule endommagée chauffe, la chaleur dégrade les cellules voisines, et la réaction s’auto-entretient jusqu’à produire des flammes et une fumée toxique, impossible à éteindre avec un simple extincteur.

Les causes les plus fréquentes sont connues : une batterie tombée puis écrasée dans le mécanisme d’un siège, un modèle bas de gamme sans protection électronique, une batterie gonflée ou vieillissante, ou encore un usage intensif (recharger un téléphone tout en rechargeant la batterie elle-même). C’est précisément pour cela que les compagnies ont durci les règles cette année.

Ce qui a changé en 2026

Depuis le 15 janvier 2026, toutes les compagnies du groupe Lufthansa (Lufthansa, Swiss, Austrian, Eurowings, Brussels Airlines) interdisent d’utiliser une batterie externe en vol, que ce soit pour recharger un appareil ou pour la recharger elle-même sur la prise du siège. Elle ne doit plus être rangée dans le coffre à bagages au-dessus des sièges, mais rester sur soi, dans la pochette du siège ou sous le siège avant, là où l’équipage peut intervenir en quelques secondes.

Air France applique la même interdiction d’utilisation et de recharge à bord. Et depuis le 27 mars 2026, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) a généralisé la limite de deux batteries externes par passager dans le monde entier.

Ce que vous avez vraiment le droit d’emporter

Les règles de base, communes à toutes les compagnies, tiennent en quelques lignes.

La batterie externe voyage en cabine, jamais en soute. C’est le point non négociable : dans la soute, personne ne peut réagir à un début d’incendie. Une batterie repérée dans une valise enregistrée est retirée au contrôle, parfois avec la valise entière.

Jusqu’à 100 Wh, elle est acceptée sans formalité. Entre 100 et 160 Wh, il faut l’accord préalable de la compagnie. Au-delà de 160 Wh, elle est interdite, en cabine comme en soute. Le nombre est limité à deux par personne.

Les bornes doivent être protégées contre les courts-circuits, dans un étui ou l’emballage d’origine, et l’étiquette indiquant la capacité doit rester lisible : une batterie sans marquage peut être refusée à l’embarquement.

Comment savoir si votre batterie passe la limite des 100 Wh

La capacité est presque toujours indiquée en mAh, pas en wattheures. La conversion est simple : multipliez les mAh par 3,7 et divisez par 1 000. Une batterie de 10 000 mAh fait 37 Wh, une batterie de 20 000 mAh fait 74 Wh, et la limite des 100 Wh correspond à environ 27 000 mAh. La grande majorité des modèles vendus en grande surface passent donc sans problème. Seules les très grosses batteries destinées aux ordinateurs portables dépassent le seuil.

Les bons réflexes avant de partir

Rechargez votre téléphone avant d’embarquer, puisque vous ne pourrez plus le faire avec votre batterie en vol. Laissez chez vous toute batterie gonflée, fissurée, très chaude au toucher ou qui dégage une odeur anormale. Et si votre batterie tombe entre les sièges pendant le vol, ne bougez pas le fauteuil pour la récupérer : c’est exactement ainsi qu’elle peut être écrasée. Appelez l’équipage.

En cas de chaleur anormale en vol, prévenez immédiatement le personnel de bord. Chaque avion est aujourd’hui équipé pour contenir ce type d’incendie, à condition d’intervenir dans les premières secondes. Les passagers du Francfort-Lisbonne peuvent en témoigner.

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