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Opel Eco Speedster : 256 km/h en ne consommant que 2,5 l/100 km, et 17 records battus à 55 minutes de l’arrêt fatal

En Allemagne, ce prototype Opel du début des années 2000 a associé légèreté extrême, moteur diesel compact et aérodynamique soignée.

Le récit automobile à l’origine de cette page revient sur l’Opel Eco Speedster, une machine expérimentale engagée sur le circuit d’essais de Dudenhofen en juillet 2003. Son objectif était audacieux : prouver qu’un petit moteur diesel pouvait soutenir des vitesses très élevées tout en limitant les dépenses d’énergie.

Un prototype radical construit autour du diesel

L’Opel Eco Speedster ne ressemblait pas à une automobile de série. Le projet partait du Speedster, un modèle du constructeur allemand reposant sur une architecture apparentée à celle de la Lotus Elise. Pour cette version destinée aux records, Opel a poussé plus loin la logique de légèreté.

Le prototype affichait seulement 660 kg. Sous sa carrosserie se trouvait un quatre-cylindres diesel de 1 248 cm³. Ce moteur 1.3 CDTI, développé avec Fiat-GM Powertrain, atteignait 82 kW, soit 112 ch, après préparation. Une puissance limitée au regard de nombreuses sportives, mais très significative pour un véhicule aussi léger.

La carrosserie en fibre de carbone jouait aussi un rôle déterminant. L’Eco Speedster était très basse, avec une poupe étirée et des roues partiellement carénées. Opel annonçait un coefficient de traînée aérodynamique de 0,20.

Avec 112 ch et 660 kg, l’Opel Eco Speedster cherchait moins à produire beaucoup de puissance qu’à gaspiller le moins d’énergie possible.

Pourquoi l’aérodynamique change tout

À haute vitesse, l’air devient l’un des principaux adversaires d’une voiture. Plus un véhicule roule vite, plus la puissance requise pour fendre l’air augmente fortement. Un faible coefficient de traînée réduit cet effort.

La masse compte tout autant lors des accélérations, des relances et du freinage. Opel avait donc suivi une voie opposée à celle consistant à alourdir un véhicule puis à compenser ce poids par un moteur plus puissant. Le constructeur avait associé une mécanique modeste à une structure très légère et à une silhouette travaillée pour l’anneau rapide.

  • Moteur diesel de 1,3 litre ;
  • puissance portée à 112 ch ;
  • poids limité à 660 kg ;
  • coefficient de traînée de 0,20 ;
  • carrosserie réalisée en fibre de carbone.

256,739 km/h sur le kilomètre lancé

Les chiffres obtenus par le prototype restent étonnants. Sur le kilomètre lancé, l’Opel Eco Speedster a atteint 256,739 km/h. Son tour le plus rapide sur l’anneau de Dudenhofen a affiché une moyenne de 256,269 km/h.

Ces performances ne signifient pas que le petit diesel rivalisait mécaniquement avec les sportives à forte cylindrée. Elles illustrent plutôt les effets cumulés du faible poids, de la pénétration dans l’air et d’une surface frontale réduite. À vitesse élevée, ces paramètres peuvent transformer les possibilités d’un moteur relativement compact.

Le site de Dudenhofen, situé à Rodgau-Dudenhofen, disposait d’un anneau à grande vitesse d’environ 4,8 km. C’est là qu’Opel a organisé une tentative de 24 heures afin de démontrer l’endurance de son diesel suralimenté.

Une tentative sauvée à 55 minutes de l’arrivée

Durant l’épreuve, l’Eco Speedster a maintenu une moyenne générale de 225,079 km/h sur 24 heures. Selon les données rapportées, ce résultat dépassait de 98,295 km/h le précédent record de référence. Sur les 500 premiers kilomètres, la moyenne franchissait déjà les 250 km/h.

La fin de l’épreuve a failli faire basculer toute l’opération. À 55 minutes de l’arrivée, un problème électrique a forcé le prototype à rejoindre les stands. Le moteur ne voulait plus redémarrer. Seize records avaient déjà été validés, mais l’objectif final restait hors de portée.

Privé de redémarrage moteur, le prototype a tout de même franchi la ligne grâce à son démarreur, sous le contrôle des commissaires de la FIA.

Le règlement interdisait toute assistance extérieure. Le dernier pilote a donc fait avancer l’auto par la seule force du démarreur jusqu’à l’arrivée. Cette solution a permis à Opel de terminer l’épreuve le 27 juillet 2003 à 12 h 44 et d’homologuer 17 records internationaux dans la catégorie des automobiles spéciales diesel suralimentées de 1 100 à 1 499 cm³.

Les 2,54 l/100 km ne correspondent pas au record de vitesse

La consommation de 2,54 l/100 km est souvent accolée aux 256 km/h de l’Eco Speedster. Les deux données sont bien liées au même programme, mais elles ne proviennent pas du même essai.

Opel indiquait qu’un exemplaire distinct, identique à la voiture de records, avait obtenu cette consommation lors d’un parcours d’économie sur routes ouvertes, avec des journalistes internationaux. Elle n’a donc pas été mesurée pendant les 24 heures disputées à 225,079 km/h de moyenne.

Cette nuance éclaire la formule mise en avant par le constructeur : « 250 km/h × 2,5 litres ». Il ne s’agissait pas d’affirmer qu’une voiture roulait à 250 km/h tout en consommant 2,5 litres aux 100 km. Le programme réunissait deux démonstrations séparées : une de vitesse et une de sobriété.

Ce que cette expérience rappelle en France

En France, les véhicules particuliers doivent répondre à des règles d’homologation avant leur commercialisation et leur circulation sur route ouverte. Un prototype tel que l’Eco Speedster relève d’une démarche expérimentale et ne peut pas être assimilé à un modèle de grande série.

La vitesse atteinte à Dudenhofen a été réalisée sur un anneau d’essais privé. Elle ne constitue pas une référence applicable aux routes françaises, où les limitations de vitesse et les règles de sécurité routière restent impératives. L’intérêt de ce projet se situe ailleurs : il montre l’influence de la masse et de l’aérodynamique sur la consommation comme sur les performances.

Un héritage venu de 1972

Opel avait déjà utilisé le diesel pour une campagne de records trois décennies auparavant. En 1972, une Opel GT Diesel modifiée avait roulé sur le même site de Dudenhofen. Son quatre-cylindres turbodiesel de 2,1 litres développait environ 95 ch.

Cette voiture avait parcouru 10 000 km en environ 52 heures, à 190,88 km/h de moyenne, avec une pointe approchant 197 km/h sur une distance lancée. L’Eco Speedster a repris cette philosophie en 2003 : un moteur diesel, une carrosserie adaptée et la recherche de l’efficacité avant toute démonstration de puissance brute.

Le coefficient de traînée, souvent désigné par l’abréviation Cx, mesure la résistance aérodynamique d’un véhicule. Plus il est bas, moins la carrosserie freine la voiture dans l’air. Sur l’Eco Speedster, ce travail aérodynamique s’ajoutait à la réduction de masse. C’est cette combinaison, bien plus que les 112 ch seuls, qui explique les 256,739 km/h enregistrés sur le kilomètre lancé.

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