Lufthansa, Swiss, Austrian : réserver le premier rang en classe affaires sur un vol européen coûte désormais 36 euros, les derniers rangs de l’éco 12 euros
La compagnie allemande et ses filiales réorganisent leurs réservations de sièges en Europe, avec de nouvelles catégories et des tarifs ajustés.
Le groupe Lufthansa revoit en profondeur la façon dont il facture les réservations de sièges sur ses vols européens, rapporte le site spécialisé aérien qui publie ces informations en Allemagne. Sans modifier physiquement les cabines, le géant européen du transport aérien joue sur la segmentation tarifaire, avec un « premier rang » payant en classe affaires et une nouvelle option à bas prix tout au fond de la classe économique.
De nouveaux types de sièges payants dans tout le groupe Lufthansa
La mesure concerne l’ensemble des compagnies du groupe : Austrian Airlines, Brussels Airlines, Lufthansa, Swiss, Air Dolomiti et Lufthansa City Airlines. Elle s’applique immédiatement aux vols européens opérés par ces transporteurs.
Jusqu’ici, la première rangée de la Business Class comme les dernières rangées de la cabine Economy pouvaient être choisies dans le cadre classique d’une réservation de siège, sans catégorie spécifique. Ces places entraient dans la famille des « sièges classiques » proposés lors du choix de l’emplacement à bord.
Désormais, ces rangs sont sortis de cette catégorie pour devenir des produits à part entière, avec leur nom et leur tarif dédiés. Le groupe met en avant un message simple : proposer « encore plus de possibilités de choix lors de la sélection de son siège préféré », tout en harmonisant les offres entre les différentes marques.
Le groupe Lufthansa transforme des emplacements déjà existants en véritables produits commerciaux, sans changer les sièges eux-mêmes, uniquement la manière de les vendre.
Le modèle retenu s’inspire d’ITA Airways, la compagnie italienne, qui propose déjà des catégories différenciées de sièges selon leur emplacement à bord.
36 euros pour le premier rang en classe affaires, 12 euros pour le fond de la classe éco
La principale nouveauté, très visible pour les voyageurs d’affaires, concerne la première rangée de la Business Class sur les vols européens du groupe. Ce rang devient un produit spécifique : le « First Row Seat ».
Son tarif est désormais fixé à :
36 euros sur les vols facturés en euros ;
40 francs suisses sur les vols facturés en francs.
Comme l’explique un porte-parole de Lufthansa, ce siège en première rangée offre « l’exclusivité de la première rangée à bord ainsi que les avantages d’une sortie rapide après l’atterrissage ». Autrement dit, l’atout principal reste la possibilité de débarquer parmi les premiers, un critère décisif pour les passagers pressés en correspondance ou en déplacement professionnel.
À l’autre extrémité de l’appareil, les dernières rangées de la cabine Economy sont, elles aussi, transformées en produit bien identifié. Elles prennent le nom de « Back Seat », une option présentée comme plus abordable.
Leur prix est désormais de :
12 euros, contre 15 euros auparavant ;
15 francs suisses, contre 18 francs suisses jusque-là.
Pour ces sièges tout au fond de l’appareil, le groupe met donc en avant un tarif de réservation en baisse par rapport à l’ancien système, afin d’en faire une option d’entrée de gamme pour ceux qui veulent tout de même choisir leur place à l’avance.
Les premiers rangs de la Business Class deviennent un supplément à 36 euros, tandis que les toutes dernières rangées de l’économie se vendent désormais 12 euros.
Les clients fréquents les mieux statutés restent protégés
Les clients les plus fidèles du groupe, titulaires des statuts HON Circle ou Senator dans le programme de fidélité Miles & More, conservent un avantage clé : la réservation des sièges de première rangée en Business Class reste gratuite pour eux.
Selon le porte-parole de Lufthansa, les autres bénéfices liés au statut, tout comme les règles particulières des billets dits « Flex » (modifiables avec plus de souplesse), ne sont pas modifiés par cette réforme.
Un point saute toutefois aux yeux : malgré ces nouvelles catégories et cette grille tarifaire retravaillée, le « produit » cabine lui-même reste inchangé. L’espace pour les jambes, la configuration ou le service à bord ne bougent pas. Seul change le niveau de monétisation des emplacements et la finesse de segmentation de l’offre de sièges.
Une stratégie plus large de hausse et de diversification des frais
La création de ces nouveaux types de sièges s’inscrit dans une politique plus globale du groupe Lufthansa visant à ajuster ses services payants.
Selon les informations publiées, l’année 2026 est marquée par plusieurs évolutions concernant les options facturées en supplément :
lancement d’un tarif « Light » en Business Class et en Premium Economy sur certaines lignes long-courriers ;
durcissement des conditions tarifaires avec moins de bagages inclus ;
hausse des frais pour les changements de réservation ;
ajout ou extension de frais pour le changement de siège attribué automatiquement au moment de l’enregistrement.
Le tarif « Light » sur les vols long-courriers constitue un tournant pour les clients fréquents les mieux statutés. Dans cette formule, même les membres Senator et HON Circle doivent payer pour réserver un siège à l’avance, ce qui n’était pas le cas jusqu’ici. Le groupe évoque un coût situé entre 80 et 120 euros selon la route pour ce type de réservation de place.
Parallèlement, les règles ont été resserrées sur plusieurs aspects : moins de bagages inclus gratuitement et frais de modification des billets plus élevés dans certains cas.
Des frais de changement de siège élargis sur le long-courrier
Une autre mesure touche l’attribution automatique des sièges lors de l’enregistrement sur les vols long-courriers. Le groupe Lufthansa avait déjà commencé à facturer le changement de ce siège automatique dans le cadre du tarif Economy Light.
Depuis juillet, cette logique ne se limite plus à cette seule formule. Elle s’étend à d’autres tarifs en Economy et en Premium Economy sur les vols long-courriers. En pratique, un passager qui souhaite modifier le siège qui lui a été attribué sans surcoût lors du check-in peut devoir s’acquitter d’une redevance supplémentaire, selon le type de billet acheté.
Après les bagages et les changements de billet, le choix du siège devient un axe central de la facturation des services annexes pour le groupe Lufthansa.
Ce que cela signifie pour un voyageur français en Europe
Pour un passager français qui vole régulièrement en Europe avec Lufthansa, Swiss, Austrian ou Brussels Airlines, ces changements modifient concrètement le coût total du voyage.
Un déplacement professionnel Paris–Francfort en Business Class, par exemple, devient plus cher si le voyageur souhaite absolument occuper la première rangée de la cabine affaires, surtout s’il n’a pas de statut élevé dans le programme de fidélité. Les 36 euros de supplément viennent s’ajouter au prix du billet de base.
À l’inverse, un voyage loisir en Economy, en famille, pourra bénéficier des nouveaux tarifs réduits pour les dernières rangées. Pour un couple ou une famille qui accepte d’être assis tout au fond de la cabine, la réservation de sièges pourra coûter un peu moins cher qu’auparavant.
Ces frais s’ajoutent aux suppléments déjà connus des compagnies traditionnelles et des low-cost : bagage en soute, bagage cabine volumineux, embarquement prioritaire, ou encore pénalités en cas de changement de date.
Comment les compagnies françaises gèrent le choix des sièges
En France, Air France et ses filiales ont adopté depuis plusieurs années un modèle similaire de monétisation du choix du siège, notamment sur les vols moyen-courriers européens.
Sur les vols court et moyen-courriers, la compagnie nationale propose déjà des sièges avec plus d’espace pour les jambes ou des sièges à l’avant de la cabine, moyennant un supplément. En Business sur ces lignes, la première rangée est souvent considérée comme un emplacement plus recherché, et certains sièges peuvent être payants dès la réservation, selon la classe de billet et le statut de fidélité.
Les principes restent les mêmes que chez Lufthansa :
les passagers avec un statut élevé dans le programme de fidélité bénéficient d’avantages sur la sélection gratuite de certains sièges ;
les billets les moins chers limitent les choix gratuits et rendent payant l’accès aux places les mieux situées ;
le tarif promotionnel s’accompagne souvent de moins de flexibilité et de moins de bagages inclus.
En revanche, chaque groupe aérien applique sa propre grille tarifaire, avec des montants qui varient selon la destination, la demande et le niveau de service associé.
Pourquoi les sièges deviennent un produit à part entière
Pour un lecteur français, cette évolution illustre un mouvement général du secteur aérien : faire du siège un produit commercial à part entière, au même titre que les bagages ou la restauration à bord.
Avec la hausse des coûts (carburant, salaires, investissements) et une concurrence vive sur les prix des billets de base, les compagnies cherchent des marges sur ce que l’on appelle les « revenus annexes ». Cela inclut :
les frais de bagages supplémentaires ;
la sélection payante de certains sièges ;
les options d’embarquement prioritaire ;
la vente de repas ou de snacks à bord, même sur des compagnies traditionnelles.
Pour le consommateur, l’enjeu est de bien intégrer ces éléments au moment de comparer les prix. Un billet affiché comme moins cher peut, au final, revenir plus coûteux si l’on ajoute le choix du siège, les bagages et les frais de modification. À l’inverse, un passager prêt à voyager léger et à accepter un siège attribué aléatoirement peut parfois limiter la facture.
Dans ce contexte, la décision du groupe Lufthansa de valoriser le premier rang affaires et le fond de la cabine économie ne constitue pas une révolution, mais signale une nouvelle étape dans la transformation du siège en ligne de revenus autonome, avec une tarification de plus en plus fine selon l’emplacement et le profil du client.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Qui sont les compagnies aériennes concernées par cette nouvelle tarification ?
Cette réforme concerne l'ensemble des compagnies du groupe Lufthansa : Lufthansa, Swiss, Austrian Airlines, Brussels Airlines, Air Dolomiti et Lufthansa City Airlines, et s'applique immédiatement aux vols européens.
Est-ce que les sièges eux-mêmes ont changé ?
Non, aucun changement physique n'a été apporté aux cabines. Le groupe ne fait que réorganiser la manière de vendre les sièges déjà existants en créant de nouvelles catégories commerciales.
Les clients fréquents sont-ils affectés par cette augmentation ?
Les clients les mieux statutés (HON Circle et Senator) conservent la réservation gratuite du premier rang en Business Class. Cependant, sur les vols long-courriers avec tarif « Light », même ces clients devront payer pour réserver un siège, ce qui ne était pas le cas auparavant.
Pourquoi le groupe Lufthansa augmente-t-il ces tarifs ?
Le groupe met en avant « encore plus de possibilités de choix » et s'inspire du modèle d'ITA Airways. Ces changements s'inscrivent dans une stratégie plus large de hausse et de diversification des frais annexes pour 2026.
Quel est l'avantage principal du premier rang en Business Class à 36 euros ?
Selon Lufthansa, cet emplacement offre l'exclusivité de la première rangée et surtout la possibilité de débarquer parmi les premiers après l'atterrissage, un critère décisif pour les voyageurs en correspondance ou en déplacement professionnel.