Carry-le-Rouet, 2e destination la plus sous-cotée du monde selon Time Out : calanques cachées et fruits de mer, pour une fraction du prix de la Côte d’Azur
À l’ouest de Marseille, une petite ville balnéaire française attire soudain l’attention des voyageurs en quête d’authenticité et de calme.
Dans son classement 2025 des destinations les plus sous-cotées au monde, le magazine de voyage Time Out propulse Carry-le-Rouet, dans les Bouches-du-Rhône, au rang de deuxième spot le plus méconnu de la planète. Une reconnaissance inattendue pour cette commune de la Côte Bleue, longtemps restée dans l’ombre de la Côte d’Azur voisine.
Carry-le-Rouet, la “jumelle oubliée” de la Côte d’Azur
Entre Marseille et Martigues, Carry-le-Rouet s’étire au pied des falaises de la Côte Bleue. Selon Time Out, cette portion occidentale du littoral méditerranéen forme une “sœur plus calme” de la Côte d’Azur, avec les mêmes paysages mer-falaise, des eaux turquoise, mais des prix bien plus doux.
Carry-le-Rouet est décrite comme une petite ville de pêcheurs résidentielle, bordée de calanques discrètes, de plages sauvages et de restaurants de fruits de mer accessibles, loin des tarifs de Cannes ou Saint-Tropez.
Le média britannique insiste sur le contraste avec les grands noms de la Riviera française. Là où Cannes et Saint-Tropez alignent palaces, clubs de plage et yachts, Carry-le-Rouet reste centrée sur son port de pêche, son marché et une vie locale encore très présente.
Time Out rappelle que la commune se situe à environ une heure à l’ouest de Marseille. Coincée entre deux grands pôles urbains, elle a longtemps été considérée comme surtout résidentielle, ce qui a freiné son exposition internationale. C’est précisément ce qui en fait, aux yeux du magazine, une alternative idéale pour celles et ceux qui veulent profiter de la Méditerranée sans foule ni facture salée.
Calanques cachées, plages sauvages et sentier du Lézard
L’article de Time Out met en avant un trio d’atouts : les criques discrètes, les plages peu aménagées et un sentier côtier facile d’accès qui longe la mer.
Des calanques encore relativement préservées
Le texte insiste sur les “calanques cachées” de Carry-le-Rouet, accessibles à pied depuis le village ou le sentier littoral. Loin des grandes structures touristiques, le visiteur y trouve :
des criques rocheuses propices au masque et tuba ;
des plages non bétonnées, bordées de végétation méditerranéenne ;
des points de vue dégagés sur une mer d’un bleu très soutenu.
Parmi ces plages, Time Out cite la plage Fernandel, baptisée en hommage à l’acteur comique de l’après-guerre qui avait fait de Carry-le-Rouet son port d’attache. Le rappel de cette figure populaire renforce l’image d’un village balnéaire français à l’ancienne, avec ses cabanons et ses souvenirs de cinéma.
Le sentier du Lézard, balade panoramique accessible
Autre point fort relevé : le “sentier du Lézard”, annoncé comme une randonnée côtière d’environ 4 km à l’ouest du port. L’itinéraire est présenté comme facile, accessible au plus grand nombre, tout en offrant une succession de panoramas spectaculaires.
Le magazine souligne que tout au long du sentier du Lézard, la mer s’étend “dans toutes les nuances de bleu jusqu’à l’infini”, avec des rivages rocheux, une flore méditerranéenne foisonnante et des maisons emblématiques de la Côte Bleue.
C’est sur ce chemin que l’on apercevrait “l’oustaou de la mar”, la maison en bord de mer de Fernandel, citée dans l’article comme un repère visuel emblématique pour les promeneurs.
Fruits de mer frais, ambiance portuaire et hôtels de charme
Time Out met aussi l’accent sur la scène locale de restauration et d’hébergement, décrivant un village où l’on vient autant pour manger face au port que pour randonner.
Une assiette marine pour un budget plus raisonnable
En comparaison avec les tables de la Côte d’Azur, le magazine parle de fruits de mer “pour une fraction du prix”. L’idée est claire : pour un touriste habitué aux additions salées du littoral azuréen, Carry-le-Rouet apparaît comme un compromis attractif entre qualité de l’assiette et note finale.
Le port concentre une grande partie des restaurants, avec une cuisine centrée sur :
poissons grillés et plats du jour issus de la pêche locale ;
spécialités de coquillages et crustacés ;
terrasses en front de mer, animées sans être saturées de touristes.
Un hôtel sur le port mis en avant par Time Out
Pour l’hébergement, Time Out recommande un établissement précis : l’hôtel Bleu, présenté comme un “hôtel chic, sur le thème de l’océan”, directement installé sur le port animé de Carry-le-Rouet.
Selon le magazine, l’hôtel Bleu offre vue sur Marseille, spa, hammam et une table soignée, L’Oursin, tenue par le chef natif Ilane Tinchant.
Ce choix illustre le positionnement du village : une station qui ne renonce pas au confort ni au design, mais qui reste à taille humaine, sans alignement de grandes chaînes hôtelières.
Pourquoi Carry-le-Rouet ressort dans un classement mondial
Carry-le-Rouet apparaît dans une liste de 33 destinations jugées “criminalement sous-estimées” par Time Out, derrière seulement une péninsule sauvage du Costa Rica. Le média explique que chacune de ces destinations a été visitée par des journalistes ou éditeurs de la rédaction, et choisie comme alternative crédible – et souvent plus apaisée – aux grands classiques du tourisme mondial.
Classement Time Out 2025
Destination
Pays
1
Péninsule d’Osa
Costa Rica
2
Carry-le-Rouet
France
3
Tioga Pass (Yosemite)
États-Unis
Ce classement se veut une réponse au “surtourisme”, phénomène qui touche des villes comme Amsterdam, Venise ou Barcelone, et dont Time Out rappelle qu’il dégrade à la fois le quotidien des habitants et l’expérience des visiteurs.
Dans ce contexte, la Côte Bleue est décrite comme une “alternative tranquille” à la Côte d’Azur : même mer, mêmes teintes turquoise, même soleil, mais moins de bousculade, moins de spéculation immobilière et moins de saturation estivale.
Ce que cela change pour les touristes français
Pour un lecteur français, cette mise en avant internationale peut transformer la perception d’un coin du littoral longtemps jugé “local”. La distinction de Time Out risque d’attirer davantage de visiteurs étrangers à Carry-le-Rouet et, par ricochet, sur l’ensemble de la Côte Bleue.
L’inscription de Carry-le-Rouet dans une liste mondiale place la commune au rang d’alternative officielle aux emblèmes de la Riviera, ce qui peut redessiner les circuits classiques des vacanciers internationaux en Provence.
Pour ceux qui vivent en France, ce type de classement offre une piste de vacances à moindre coût tout en restant dans l’Hexagone, à portée de train ou de voiture. Il confirme aussi une tendance : la recherche de destinations plus calmes, de séjours plus longs, et une forme de “slow travel” qui profite davantage au territoire.
Et sur le reste du littoral français ?
La situation décrite par Time Out à Carry-le-Rouet illustre un phénomène plus large sur les côtes françaises : l’écart entre quelques pôles très médiatisés et des segments plus discrets qui cherchent à valoriser un tourisme mesuré.
Sur le littoral méditerranéen, on retrouve la même logique à plusieurs endroits : petites villes portuaires qui misent sur les randonnées littorales, les spécialités locales et des hébergements indépendants plutôt que sur de grands complexes balnéaires. Ces communes s’appuient généralement sur :
des sentiers côtiers balisés, comparables au sentier du Lézard ;
une restauration tournée vers la pêche locale ;
une fréquentation plus étalée hors des seuls mois de juillet et août.
Pour les collectivités, l’enjeu consiste à accueillir ce regain d’intérêt sans reproduire les excès de la Côte d’Azur : pression sur le logement, congestion des routes et saturation des plages. Les communes peuvent, par exemple, encadrer le stationnement, protéger certaines zones naturelles ou favoriser les mobilités douces sur les sentiers littoraux.
Préparer un séjour à Carry-le-Rouet sans mauvaise surprise
Pour un voyageur français, l’article de Time Out sert surtout de point de départ. Quelques précautions permettent d’en tirer parti sans se heurter aux limites du site.
Anticiper l’hébergement : bien que la commune soit moins fréquentée que la Côte d’Azur, la saison estivale concentre la demande. La réservation à l’avance reste une sécurité, en particulier pour les hôtels de petite capacité.
Vérifier l’accès aux sentiers : comme sur d’autres parties de la Méditerranée, certains tronçons peuvent être fermés temporairement en cas de risque incendie ou de météo défavorable.
Se renseigner sur les plages et calanques : certaines criques sont peu aménagées, sans poste de secours ni commerces, ce qui impose d’anticiper eau, protection solaire et chaussures adaptées aux rochers.
Pour les amateurs d’activités nautiques ou de randonnée, la Côte Bleue présente un autre atout : la possibilité de combiner facilement plusieurs pratiques. Un même week-end peut ainsi mêler balade sur le sentier du Lézard, baignades en calanques et soirée sur le port autour d’une assiette de poissons.
Ce type de destination se prête enfin à des séjours hors haute saison. Le printemps et le début d’automne offrent généralement des températures plus clémentes pour la marche, une mer encore praticable pour la baignade et une fréquentation plus raisonnable. Un paramètre qui rejoint l’objectif mis en avant par Time Out : répartir davantage les flux sur l’année et soulager les territoires les plus exposés au surtourisme.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.