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« Malédiction du pharaon » : cent ans après la découverte du tombeau, un chercheur affirme avoir résolu l’énigme

« Malédiction du pharaon » : cent ans après la découverte du tombeau, un chercheur affirme avoir résolu l'énigme

En Égypte, un chercheur avance une explication scientifique aux morts mystérieuses liées au tombeau de Toutânkhamon depuis son ouverture en 1922.

Un siècle après la mise au jour du tombeau de Toutânkhamon dans la Vallée des rois, le fameux « fléau » qui planerait sur ceux qui en franchissent le seuil refait parler de lui. Selon un article présenté par le site technologique allemand futurezone.de, un chercheur britannique affirme avoir identifié la cause réelle des nombreux décès survenus parmi les personnes impliquées dans l’ouverture de la sépulture du jeune pharaon.

Un trésor archéologique au cœur d’un mythe meurtrier

Pour les historiens comme pour le grand public, la découverte du tombeau de Toutânkhamon reste l’un des plus grands événements archéologiques du XXᵉ siècle. La tombe, retrouvée pratiquement intacte, contient plus de 5 000 objets, offrant un aperçu exceptionnel des croyances funéraires de la cour royale égyptienne et de son voyage supposé vers l’au-delà.

Mais ce trésor a rapidement été associé à une inquiétante série de drames. Dès l’ouverture de la tombe en 1922, plusieurs membres de l’équipe d’exploration meurent dans des circonstances jugées étranges, alimentant l’idée d’une « malédiction du pharaon » frappant quiconque troublerait le repos du roi.

Parmi les cas les plus commentés figure celui de Lord Carnarvon, aristocrate britannique qui finança les fouilles. Il décède quelques mois seulement après l’ouverture officielle de la tombe. Son sort, largement relayé par la presse de l’époque, cristallise la légende d’une vengeance venue d’au-delà de la mort.

En dix ans, six des vingt-six personnes présentes lors de l’ouverture de la tombe de Toutânkhamon meurent de maladies variées, allant de l’insuffisance cardiaque à la pneumonie.

Selon les éléments rappelés par futurezone.de, ces six victimes succombent dans la décennie suivant 1922 à des pathologies diverses : étouffement, accident vasculaire cérébral, diabète, arrêt cardiaque, pneumonie ou encore empoisonnement. Par la suite, d’autres décès frappent des participants ou des personnes en contact avec le tombeau, confortant l’idée d’une série noire anormale autour de cette découverte.

Un chercheur avance la piste d’une radioactivité mortelle

Ross Fellowes, chercheur qui vient de publier une étude dans le Journal of Scientific Exploration, propose une lecture radicalement différente de ce « fléau ». Il avance l’hypothèse d’un niveau de radioactivité anormal dans la tombe et dans d’autres sépultures égyptiennes anciennes, qui pourrait expliquer une partie des décès associés à l’ouverture de ces lieux.

Sa thèse : des sources radioactives, notamment de l’uranium ou des déchets contaminés, auraient été piégées dans la tombe au moment de sa fermeture il y a plus de 3 000 ans. Restées confinées dans un environnement clos, ces substances auraient émis des rayonnements à des niveaux suffisants pour exposer gravement les personnes pénétrant dans la sépulture.

Selon Ross Fellowes, « la cause des décès est probablement une radioactivité trop élevée », susceptible de provoquer des cancers après exposition.

Cette grille de lecture permettrait aussi de revisiter certains cas emblématiques. Howard Carter, l’archéologue britannique qui dirigea la mission et fut l’un des premiers à entrer dans le tombeau, meurt en 1939 après un long combat contre un lymphome de Hodgkin, un cancer touchant le système lymphatique. Fellowes estime que cette maladie pourrait être liée à une exposition prolongée à des radiations lors des fouilles.

Autre figure citée : Arthur Weigall, égyptologue britannique également présent lors de l’ouverture et qui joua un rôle clé dans la diffusion médiatique du mythe de la malédiction. Il meurt en 1934, à 54 ans, d’un cancer. Pour le chercheur, ces décès par pathologies cancéreuses s’inscrivent dans un ensemble plus large où l’on observe une surreprésentation de cancers du sang, des os et des ganglions.

Les inscriptions funéraires, menace ou mise en garde ?

L’étude de Ross Fellowes ne se limite pas aux données médicales. Elle revisite aussi des éléments culturels longtemps interprétés comme des menaces surnaturelles. Sur les parois de certains tombeaux, dont celui de Toutânkhamon, des inscriptions préviennent en effet les intrus des conséquences de leur acte.

Une formule souvent citée annonce par exemple : « Ceux qui briseront cette tombe mourront d’une maladie qu’aucun médecin ne peut diagnostiquer. » Pendant des décennies, ces mots ont nourri la fascination pour un châtiment venu des dieux. Fellowes suggère d’y voir autre chose : une alerte délibérée sur un danger réel, potentiellement identifié par les bâtisseurs.

La phrase « mourir d’une maladie qu’aucun médecin ne peut diagnostiquer » pourrait décrire, selon Fellowes, des cancers incompris à l’époque.

Le chercheur pose même la question de la connaissance partielle qu’auraient pu avoir les anciens Égyptiens de certains effets toxiques, sans aucun lien avec la radioactivité telle que nous la concevons aujourd’hui. Ils auraient pu observer, empiriquement, les conséquences de certaines matières présentes dans le sous-sol ou utilisées dans les constructions, et les signaler sous forme de malédictions sacrées visant à dissuader les pilleurs.

Une Égypte ancienne marquée par des cancers du sang et des os

Dans son travail, Ross Fellowes élargit son regard au-delà du seul tombeau de Toutânkhamon. Il affirme que la population égyptienne, ancienne comme moderne, se caractérise par une proportion inhabituellement élevée de cancers dits hématopoïétiques, c’est-à-dire touchant le sang, les os ou les ganglions lymphatiques.

Il attribue en grande partie cette particularité à la présence d’une radioactivité accrue dans certaines régions, liée à la géologie locale. Des mesures réalisées avec un compteur Geiger auraient montré des niveaux « inhabituellement élevés » dans des ruines de tombes de l’Ancien Empire, sur plusieurs sites de nécropoles.

  • Mesures de rayonnements près des pyramides de Gizeh ;
  • Présence de gaz radon dans des tombes souterraines à Saqqarah ;
  • Classement de plusieurs zones comme « fortement radioactives ».

Le radon, gaz radioactif naturel, est connu aujourd’hui comme un facteur de risque important de cancer du poumon lorsqu’il s’accumule dans des espaces clos. Pour Fellowes, la concentration de ce gaz dans certaines sépultures souterraines et la présence d’uranium dans la roche pourraient expliquer l’exposition répétée des fouilleurs, guides, ouvriers et visiteurs, bien au-delà de la seule mission Carter.

Plusieurs tombes, dont celle de Toutânkhamon, et des sites funéraires de Gizeh et Saqqarah sont décrits dans l’étude comme présentant une radioactivité qualifiée de « forte ».

L’article, intitulé « The Pharaoh’s Curse: New Evidence of Unusual Deaths Associated With Ancient Egyptian Tombs » et publié en 2024 dans le Journal of Scientific Exploration, s’appuie sur ces mesures pour proposer une réinterprétation globale des décès inhabituels recensés autour des tombes royales égyptiennes.

Que vaudrait une telle hypothèse appliquée à la France ?

Pour un lecteur français, la question se pose : un scénario comparable serait-il envisageable dans des sites historiques en France ? Les monuments phares, comme les châteaux ou les grottes ornées, font l’objet de contrôles réguliers, notamment en matière de sécurité des visiteurs. En matière de radioactivité, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) surveillent les expositions liées aux installations nucléaires ou aux anciens sites miniers d’uranium.

Pour les monuments historiques ou les fouilles archéologiques, il n’existe pas de malédiction équivalente à celle des pharaons. En revanche, certaines grottes ou constructions souterraines en France peuvent présenter des concentrations notables de radon, en particulier dans les régions granitiques. Les autorités sanitaires recommandent alors des campagnes de mesure et, si besoin, des travaux de ventilation pour limiter le risque.

Les archéologues français travaillant dans des souterrains potentiellement à risque peuvent être amenés à effectuer des mesures de radon ou à respecter des durées de présence limitées, dans une logique de prévention. La problématique évoquée par Ross Fellowes – la présence de gaz radioactifs ou de roches riches en uranium dans des espaces clos – est donc prise en charge dans un cadre réglementaire, sans dimension mystique.

Une malédiction qui cache peut-être un risque bien réel

Pour un public habitué à associer Toutânkhamon à Hollywood et aux romans d’aventure, la thèse d’une radioactivité mortelle change le décor. Elle suggère que la peur ancestrale, les formules gravées dans la pierre et les récits de « châtiment divin » pourraient, dans certains cas, traduire une dangerosité physique et mesurable.

Cette lecture ne tranche pas définitivement le débat : la « malédiction » a aussi été relativisée par de nombreux chercheurs, qui rappellent qu’une majorité des personnes présentes à l’ouverture du tombeau ont vécu longtemps. L’étude de Fellowes ajoute toutefois un paramètre concret, en pointant l’existence d’un environnement radioactif documenté dans plusieurs sites funéraires de l’Égypte ancienne.

Pour les visiteurs actuels, les musées et les autorités de conservation ont, en règle générale, mis en place des parcours limitant l’exposition à ce type de risque. Les pièces les plus précieuses de Toutânkhamon, présentées dans des expositions internationales ou au Grand Musée égyptien près du Caire, sont montrées dans des conditions qui n’ont plus rien à voir avec les fouilles de 1922, où archéologues et ouvriers travaillaient des heures durant dans des pièces confinées, sans ventilation ni mesure de rayonnement.

Ce que cette affaire dit de la rencontre entre science et légendes

L’hypothèse de Ross Fellowes illustre la manière dont les mythes anciens peuvent être relus à la lumière de connaissances scientifiques modernes. Dans le cas de la « malédiction du pharaon », les formules terrifiantes peintes sur les murs, les décès précoces d’archéologues célèbres et l’aura mystique entourant Toutânkhamon trouvent une explication possible du côté de la géologie et de la radioprotection.

Elle met aussi en avant la nécessité, pour les équipes travaillant sur des sites anciens, de tenir compte des risques physiques invisibles : gaz toxiques, spores de moisissures, poussières fines et, ici, radioactivité naturelle. Des campagnes de mesure, des systèmes de ventilation ou des durées de présence encadrées permettent de réduire ces dangers, sans avoir besoin d’invoquer la colère d’un pharaon.

Questions fréquentes

Combien de personnes sont mortes après l'ouverture du tombeau de Toutânkhamon ?

Six des vingt-six personnes présentes lors de l'ouverture officielle de la tombe en 1922 sont décédées dans la décennie suivante, de pathologies diverses incluant l'insuffisance cardiaque, la pneumonie et les cancers.

Qui était Lord Carnarvon et pourquoi son décès est-il célèbre ?

Lord Carnarvon était l'aristocrate britannique qui finança les fouilles. Il meurt quelques mois seulement après l'ouverture officielle de la tombe, et ce décès a largement cristallisé la légende de la malédiction du pharaon auprès de la presse de l'époque.

Quelle est la théorie de Ross Fellowes sur la cause des décès ?

Fellowes propose que des sources radioactives, notamment de l'uranium et du radon, auraient été piégées dans la tombe et auraient émis des rayonnements suffisants pour exposer gravement les personnes pénétrant dans la sépulture, provoquant potentiellement des cancers.

Comment Fellowes interprète-t-il les inscriptions funéraires sur les tombes ?

Il suggère que les formules menaçant les intrus, comme « ceux qui briseront cette tombe mourront d'une maladie qu'aucun médecin ne peut diagnostiquer », n'étaient pas des malédictions surnaturelles mais des avertissements délibérés sur des dangers réels identifiés empiriquement par les anciens Égyptiens.

Le radon a-t-il été détecté dans d'autres sites archéologiques égyptiens ?

Selon Fellowes, des mesures avec un compteur Geiger ont montré des niveaux inhabituellemen élevés de radioactivité dans les ruines de tombes de l'Ancien Empire, notamment une présence de radon dans des tombes souterraines à Saqqarah et une radioactivité élevée près des pyramides de Gizeh.
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