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Courses de taxi facturées des centaines, voire des milliers d’euros à des touristes : la Croatie veut plafonner les tarifs et imposer des plaques TX

Courses de taxi facturées des centaines, voire des milliers d'euros à des touristes : la Croatie veut plafonner les tarifs et imposer des plaques TX

Face aux abus répétés envers les voyageurs, la Croatie prépare un encadrement inédit des taxis, en particulier dans ses destinations touristiques.

Le gouvernement croate veut mettre fin aux courses de taxi à prix délirants qui entachent l’image du pays chaque été. Selon le média économique croate Poslovni, les députés ont déjà validé une réforme législative qui doit permettre d’encadrer fermement les tarifs et de mieux contrôler les véhicules et les chauffeurs.

Une réponse directe aux arnaques de l’été dans les zones touristiques

Depuis plusieurs saisons, des affaires de courses facturées des centaines, voire des milliers d’euros à des touristes pour quelques kilomètres se multiplient en Croatie. Ces cas, très médiatisés, touchent notamment les grandes villes touristiques et les stations balnéaires sur l’Adriatique.

Des visiteurs étrangers ont été contraints de payer des montants dépassant largement le prix réel de leur trajet, parfois pour un simple transfert entre l’aéroport et le centre-ville.

Ces excès ont provoqué une forte indignation, terni l’image d’un pays très dépendant du tourisme et poussé les autorités à réagir. Le secteur du taxi, déjà en tension avec l’essor des plateformes de réservation via application, faisait l’objet de critiques récurrentes pour son manque de transparence.

Un plafonnement des tarifs décidé par le gouvernement

La mesure phare de la réforme consiste à permettre à l’État croate de fixer des plafonds sur tous les éléments qui composent le prix d’une course. Poslovni explique que ces dispositions figurent dans une modification de la loi sur le transport routier, déjà adoptée par le Parlement.

Concrètement, le ministre de la Mer, du Transport et des Infrastructures sera habilité à encadrer :

  • le tarif de prise en charge au départ de la course ;
  • le prix au kilomètre ;
  • la facturation du temps d’attente ;
  • éventuellement, la tarification à la minute lorsque ce mode de calcul s’applique.

L’objectif officiel consiste à empêcher les « pics extrêmes » de prix, notamment lorsque la demande explose pendant la haute saison. Le gouvernement assure vouloir protéger les passagers, tout en maintenant une rémunération jugée correcte pour les conducteurs.

Le nouveau cadre vise à éviter à la fois les tarifs excessifs et les prix anormalement bas qui fragilisent l’équilibre économique des taxis.

Les autorités affirment avoir travaillé avec plusieurs acteurs : représentants des taxis traditionnels, plateformes numériques de réservation et associations de consommateurs. L’enjeu consiste à trouver un modèle où les prix restent raisonnables sans étouffer la concurrence.

Des plaques TX pour distinguer clairement les taxis officiels

La réforme ne se limite pas aux tarifs. Elle introduit aussi un arsenal de mesures pour rendre le secteur plus lisible et mieux contrôlé.

Un permis d’exploitation par véhicule

Désormais, chaque voiture de taxi devra disposer de son propre permis d’exploitation. Cette règle doit empêcher l’utilisation de véhicules non déclarés ou le partage flou d’autorisations entre plusieurs conducteurs.

Des plaques TX pour repérer les taxis agréés

Les autorités croates veulent rendre immédiatement visibles les véhicules autorisés à pratiquer le transport de passagers à titre onéreux. Pour cela, elles instaurent des plaques d’immatriculation spécifiques, de type « TX », réservées aux taxis dûment licenciés.

Les plaques TX doivent permettre aux voyageurs de repérer en un coup d’œil les taxis autorisés et d’éviter les véhicules opérant en dehors du cadre légal.

Ce marquage vise autant les touristes, peu familiers de la réglementation locale, que les résidents, afin de renforcer la confiance dans les taxis dûment contrôlés.

Contrôles renforcés et sanctions élargies

Le gouvernement croate prévoit aussi un important volet de surveillance et de répression des fraudes. Selon Poslovni, plusieurs corps de l’État verront leurs compétences élargies pour intervenir sur le terrain.

  • La police pourra effectuer davantage de contrôles de taxis et vérifier les licences.
  • Les douaniers disposeront aussi de pouvoirs accrus, par exemple dans les zones frontalières et portuaires.
  • Les inspecteurs municipaux, l’équivalent des contrôleurs des services de transport locaux, seront associés à ces vérifications.

Cette organisation doit permettre des contrôles plus fréquents, notamment sur les axes très fréquentés par les touristes : aéroports, gares routières, ports de croisière ou zones hôtelières.

Les plateformes de VTC dans le viseur des autorités croates

Les applications de réservation de trajets, souvent désignées comme plateformes de VTC, sont directement concernées par la nouvelle loi. Elles ne pourront plus collaborer qu’avec des opérateurs en règle, titulaires d’une licence de taxi reconnue par la Croatie.

Les plateformes devront conserver des données de course permettant aux autorités de vérifier le respect des plafonds tarifaires et des obligations de licence.

Les services numériques, devenus incontournables dans les grandes villes croates, sont ainsi intégrés à un cadre unique qui englobe taxis traditionnels et chauffeurs utilisant des applications. L’ambition du gouvernement est de réduire les zones grises où certains opérateurs profitaient d’un flou réglementaire.

Quels effets attendus pour les touristes et les habitants ?

L’exécutif croate affiche un objectif clair : restaurer la confiance dans les taxis et offrir une expérience plus prévisible, tant pour les habitants que pour les millions de visiteurs qui se rendent chaque année sur la côte adriatique ou dans les villes historiques du pays.

Avant la réforme Avec la réforme
Tarifs libres, avec risques de prix exorbitants en haute saison Plafond national sur les principaux éléments du prix de la course
Véhicules parfois peu identifiables pour les touristes Plaques TX réservées aux taxis licenciés
Contrôles concentrés sur quelques services Police, douanes et inspecteurs municipaux mobilisés
Plateformes parfois liées à des opérateurs peu régulés Obligation de travailler uniquement avec des chauffeurs licenciés

Pour les voyageurs étrangers, la promesse est simple : moins de mauvaises surprises au moment de régler la course, des véhicules plus clairement identifiés et des recours plus faciles en cas de litige. Pour les chauffeurs respectant les règles, le gouvernement assure que l’encadrement doit aussi limiter la concurrence déloyale de ceux qui pratiquaient des prix abusifs ou opéraient en marge de la loi.

Ce qui existe déjà en France pour encadrer taxis et VTC

Un lecteur français peut trouver des similitudes avec le cadre existant en France, où les taxis disposent de règles précises et d’un système d’identification clair. Les taxis y sont soumis à une tarification réglementée par l’État, avec un tarif de prise en charge, un prix au kilomètre et un coût du temps d’attente fixés par arrêté, souvent adaptés selon les départements.

Les taxis français bénéficient également de signaux visuels officiels : lumineux « taxi » sur le toit, plaque professionnelle, taximètre homologué. Les applications de VTC, elles, fonctionnent sur un autre modèle tarifaire, généralement libre mais encadré par des principes de transparence et de non-discrimination, avec un prix annoncé avant la course.

La Croatie se rapproche d’un système où le prix d’une course ne peut plus s’envoler sous prétexte de forte demande, comme c’est déjà le cas pour les taxis en France.

Pour un touriste se rendant en Croatie depuis la France, ces nouvelles règles devraient rendre la situation plus lisible, à condition de choisir un véhicule clairement marqué comme taxi licencié, notamment grâce aux futures plaques TX. Comme en France, cette distinction visuelle devient un repère clé pour éviter les arnaques.

Comment les voyageurs peuvent limiter les risques sur place

En attendant la pleine entrée en vigueur de la réforme croate, certains réflexes restent utiles pour les touristes. Choisir les points officiels de prise en charge (stations de taxi à l’aéroport ou devant les gares), refuser les sollicitations agressives hors de ces zones et demander une estimation du prix avant de monter diminuent nettement les risques de surfacturation.

Une fois les plafonds appliqués, les plaques TX instaurées et les contrôles renforcés, les visiteurs disposeront d’un outil simple : vérifier que le véhicule présente bien ces plaques spécifiques et, idéalement, utiliser des plateformes ou centrales officielles qui collaborent uniquement avec des chauffeurs licenciés.

La future combinaison de tarifs plafonnés, de plaques TX et de contrôles multipliés vise à transformer les taxis croates en un service plus prévisible, mieux encadré et moins propice aux mauvaises surprises estivales.

Questions fréquentes

Quels éléments du prix seront plafonnés par le gouvernement croate ?

Le ministre de la Mer, du Transport et des Infrastructures sera habilité à fixer des plafonds sur la tarification de prise en charge, le prix au kilomètre, la facturation du temps d'attente et éventuellement la tarification à la minute.

Comment les touristes pourront-ils identifier un taxi officiel en Croatie ?

Les taxis officiels seront immédiatement reconnaissables grâce aux plaques d'immatriculation spécifiques de type « TX », réservées exclusivement aux véhicules dûment licenciés.

Les applications de réservation de trajets sont-elles concernées par cette réforme ?

Oui, les plateformes de VTC ne pourront collaborer qu'avec des opérateurs titulaires d'une licence de taxi reconnue et devront conserver les données de course pour permettre aux autorités de vérifier le respect des obligations.

Qu'arrive-t-il aux taxis opérant en dehors du cadre légal ?

Les contrôles seront renforcés par la police, les douanes et les inspecteurs municipaux, notamment dans les zones touristiques (aéroports, ports, zones hôtelières), avec des sanctions élargies pour les fraudeurs.

Existe-t-il un système comparable en France ?

Oui, les taxis français sont soumis à une tarification réglementée par l'État avec un tarif de prise en charge, un prix au kilomètre et un coût d'attente fixés par arrêté, et disposent de signaux visuels officiels comme le lumineux « taxi ».
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