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La « loi Leno » est officielle : les voitures des années 1976 à 1999 échappent enfin au contrôle antipollution en Californie

Voiture de collection des années 1980 en bon état, symbole du patrimoine automobile californien exemptée du contrôle antipollution.

En Californie, un texte très attendu par les passionnés de voitures anciennes rebat les cartes des contrôles antipollution obligatoires.

La Californie vient d’adopter une nouvelle loi surnommée « loi Leno », qui offre un large souffle d’air aux propriétaires de voitures de collection, rapporte le site spécialisé automobile américain Hagerty. Derrière ce texte, signé par le gouverneur démocrate Gavin Newsom, se joue un équilibre délicat entre protection de l’environnement et préservation du patrimoine automobile, dans l’État le plus motorisé des États-Unis.

Ce que change concrètement la « loi Leno » en Californie

La mesure en question, officiellement le projet de loi du Sénat californien SB 1392, a été signée après plusieurs tentatives et de nombreuses réécritures. Elle introduit une exemption partielle et progressive aux contrôles antipollution pour certains véhicules anciens considérés comme voitures de collection.

La « loi Leno » exempte certains véhicules essence des années 1976 à 1985 des contrôles antipollution obligatoires, à condition qu’ils soient utilisés comme voitures de collection.

Jusqu’à présent, la réglementation californienne imposait un contrôle des émissions tous les deux ans pour :

  • toutes les voitures essence,
  • les petits utilitaires légers,
  • les motos,
  • fabriqués après l’année-modèle 1975,
  • à l’exception des véhicules neufs, dispensés pendant leurs huit premières années.

La « loi Leno » modifie ce seuil en l’avançant de quatre années pour une catégorie bien précise :

  • les véhicules de collection produits entre 1976 et 1979 dans un premier temps,
  • puis, progressivement, tous les modèles produits avant 1986.

Le texte doit entrer en vigueur le 1er janvier 2027. À partir de cette date, les modèles essence de collection de 1976 à 1979 n’auront plus à passer le contrôle antipollution biennal. Entre 2027 et 2033, l’exemption sera élargie d’une année-modèle à chaque début d’année, jusqu’à inclure les voitures arrêtées à 1985.

Réservée aux voitures de collection, pas aux véhicules du quotidien

Cette exemption n’a rien d’un blanc-seing général. Elle vise les « collector cars », les véhicules qui ne servent pas de moyen de transport principal à leur propriétaire. Autrement dit, la voiture qui roule tous les jours pour aller au travail continue, elle, de rester soumise au smog check, le contrôle antipollution californien.

L’idée est de cibler les autos sorties occasionnellement pour des rassemblements, des balades ou des événements, souvent précieusement entretenues. Ces véhicules représentent une part infime du parc roulant, ce qui limite l’impact global de cette dérogation sur la qualité de l’air.

Pourquoi les contrôles antipollution posaient problème aux collectionneurs

En Californie, les procédures actuelles de contrôle des émissions sont particulièrement strictes. Elles imposent de conserver l’équipement antipollution d’origine du véhicule, ou, en cas de changement de moteur, de monter l’intégralité du système de dépollution du moteur plus récent et de respecter les normes de ce moteur donneur.

Pour une voiture qui s’approche des 50 ans, avec des pièces depuis longtemps arrêtées, la mission peut vite devenir un casse-tête technique… et financier. Les collectionneurs se retrouvent parfois à chasser des pièces rares, voire introuvables, pour continuer à circuler légalement.

En pratique, maintenir conforme une voiture ancienne aux normes californiennes implique souvent des recherches de pièces complexes et des frais élevés, voire dissuasifs.

Hagerty rappelle qu’il existait autrefois une exemption « roulante » de 30 ans : une voiture qui atteignait les 30 ans sortait automatiquement du système de contrôle. Cette règle avait été supprimée en 2005 par un texte signé sous le gouverneur Arnold Schwarzenegger, figeant la coupure à l’année-modèle 1975.

Une première tentative pour remettre en cause ce verrou, le projet SB 712, voulait rétablir une exemption mobile de 35 ans. Il avait été réduit à une fenêtre plus étroite, limitée aux années-modèles 1976 à 1981, avant de s’enliser au fil du processus législatif.

Jay Leno, figure de proue du combat pour les anciennes

Si ce nouveau texte porte officieusement son nom, c’est parce que Jay Leno, humoriste américain et ancien animateur vedette du « Tonight Show », est aussi l’un des collectionneurs de voitures les plus connus du pays. Son immense garage près de Los Angeles fait régulièrement l’objet de reportages et d’émissions dédiées.

Le gouverneur Gavin Newsom s’est d’ailleurs déplacé dans ce garage pour signer officiellement la loi, selon les informations publiées sur le site du gouverneur, citées par Hagerty. Le site a diffusé des photos et un témoignage du comédien, qui a salué la ténacité du responsable politique.

« Le gouverneur est resté fidèle à ce texte ces dernières années pour préserver le patrimoine des voitures à moteur thermique de Californie, et c’est rare », a déclaré Jay Leno. « La communauté des passionnés de voitures attendait cela depuis longtemps, et elle remarque quand quelqu’un va au bout. Merci, gouverneur. »

Pour Jay Leno, cette nouvelle loi ne représente pas un simple confort administratif, mais un geste symbolique fort en faveur de la culture automobile de l’État, souvent considéré comme un laboratoire de normes environnementales aux États-Unis.

Un compromis rendu acceptable par la montée des véhicules électriques

Pour justifier cette exception accordée aux anciennes, l’exécutif californien met en avant la transformation rapide du marché automobile local. Le site officiel du gouverneur rappelle qu’en 2025, près d’une voiture neuve sur quatre vendue en Californie était soit hybride rechargeable, soit 100 % électrique.

Dans ce contexte, les autorités considèrent que l’impact environnemental des voitures de collection reste marginal. Elles représentent une fraction très réduite du trafic total, roulent moins souvent et sur des distances plus limitées que les voitures du quotidien.

Les responsables politiques peuvent ainsi défendre un double message : poursuite d’une politique très offensive sur les émissions des véhicules récents, tout en accordant une respiration à un segment très spécifique et passionnel, celui des anciennes.

Hagerty souligne que cette avancée devrait ravir notamment les propriétaires de modèles emblématiques des années 80, comme les Ford Mustang dites « Fox-body », certaines Pontiac Trans Am ou encore les coupés et berlines montés sur châssis « G-body ». Autant de voitures devenues très recherchées par les amateurs d’youngtimers.

Un calendrier progressif pour les modèles 1976-1985

Année d’entrée en vigueur Année-modèle la plus récente exemptée
2027 1979
2028 1980
2029 1981
2030 1982
2031 1983
2032 1984
2033 1985

Ce mécanisme permet aux propriétaires de planifier plus sereinement les restaurations ou les achats de véhicules classiques, en sachant à quelle échéance ils sortiront du dispositif de contrôle antipollution.

Ce que cela évoque pour un automobiliste français

Pour un lecteur en France, cette « loi Leno » fait écho à la question du statut des véhicules de collection et des contraintes environnementales grandissantes, en particulier avec les zones à faibles émissions (ZFE) mises en place dans plusieurs grandes agglomérations.

En France, le contrôle technique reste obligatoire pour la plupart des véhicules, y compris anciens, avec des modalités allégées pour les voitures en carte grise collection. Cette mention « véhicule de collection » ouvre déjà quelques aménagements, comme une fréquence de contrôle différente et, dans certains cas, une appréciation spécifique de l’état du véhicule.

En France, l’équilibre se fait entre le contrôle technique, la carte grise collection et les règles propres aux zones à faibles émissions, plutôt que par une exemption ciblée aux tests antipollution comme en Californie.

Les ZFE, décidées au niveau des grandes métropoles et encadrées par l’État, restreignent l’accès de certains véhicules considérés comme trop polluants en se basant sur les vignettes Crit’Air. Les véhicules de collection peuvent parfois bénéficier de dérogations locales, mais celles-ci varient selon les villes et les périodes.

À la différence de la Californie, la France ne prévoit pas, à ce jour, de dispositif national d’exemption des contrôles antipollution strictement fondé sur l’âge du véhicule sur le modèle de la « loi Leno ». Le débat porte davantage sur la compatibilité des voitures anciennes avec les ZFE et sur les assouplissements éventuels à accorder lors de manifestations ou pour les véhicules en carte grise collection.

Ce que la « loi Leno » révèle des tensions autour de l’auto ancienne

Cette évolution californienne illustre les tensions croissantes entre plusieurs objectifs : protection de la santé publique, réduction des émissions, préservation d’un patrimoine culturel et industriel auquel de nombreux passionnés restent très attachés.

Pour les collectionneurs, cette nouvelle loi californienne apporte trois avantages très concrets :

  • moins de démarches administratives et de passages au contrôle,
  • une baisse des coûts d’entretien liés à la conformité antipollution,
  • une plus grande sécurité quant à l’avenir réglementaire de leurs voitures.

Pour les autorités, le pari repose sur une réalité statistique : les volumes de véhicules concernés restent faibles et leur usage limité, alors que, en parallèle, les ventes de véhicules électriques et hybrides rechargeables continuent de progresser rapidement.

Cette combinaison – durcissement des normes pour le parc courant, allègement ciblé pour les véhicules de passion – pourrait inspirer d’autres régions fortement motorisées où la pression environnementale se heurte à l’importance culturelle de l’automobile ancienne.

Questions fréquentes

Quelles voitures sont concernées par la loi Leno ?

La loi exempte les voitures de collection essence produites entre 1976 et 1985, mais uniquement si elles ne servent pas de moyen de transport principal à leur propriétaire. Les véhicules utilisés quotidiennement pour se rendre au travail restent soumis aux contrôles antipollution.

Quand la loi Leno entre-t-elle en vigueur ?

La loi entre en vigueur le 1er janvier 2027. À cette date, seules les voitures essence de 1976 à 1979 seront exemptées. L'exemption s'élargit ensuite d'une année-modèle par an jusqu'en 2033, couvrant finalement tous les modèles de 1976 à 1985.

Pourquoi cette loi porte-t-elle le nom de Jay Leno ?

Jay Leno, célèbre humoriste et ancien animateur du Tonight Show, est un passionné de voitures anciennes reconnu aux États-Unis. Le gouverneur a signé officiellement la loi dans son garage à Los Angeles, et Leno a activement soutenu cette démarche auprès des autorités politiques.

Comment la Californie justifie-t-elle cette exception environnementale ?

Les autorités soulignent que les voitures de collection représentent une fraction minime du trafic total, roulent moins souvent et sur des distances limitées. En 2025, près d'une voiture neuve sur quatre vendue en Californie est hybride rechargeable ou électrique, ce qui rend l'impact environnemental de cette exemption marginal.

Que se passait-il avant cette nouvelle loi ?

Jusqu'en 2005, la Californie disposait d'une exemption automatique pour les véhicules de 30 ans. Cette règle avait été supprimée sous le gouverneur Arnold Schwarzenegger, gela la coupure à l'année-modèle 1975. La loi Leno récupère partiellement ce système en l'appliquant progressivement aux modèles 1976-1985.
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