Aux États-Unis, où se déroule le Rebelle Rally, MINI teste une déclinaison plus robuste de son grand SUV familial.
Le Countryman s’apprête à s’éloigner de son terrain de prédilection. Selon les informations publiées dans la page source, dont le nom du média n’est pas précisé, MINI finalise un prototype au style plus aventurier, destiné à mieux affronter les pistes et les chemins. La présentation officielle est annoncée pour octobre.
Un Countryman appelé à sortir des routes goudronnées
Le Countryman n’a jamais été conçu comme un véhicule de franchissement pur. Malgré l’existence de versions à quatre roues motrices, le plus grand modèle de MINI reste avant tout un SUV adapté aux trajets quotidiens, aux longs voyages et aux routes secondaires.
Cette future variante veut changer, au moins en partie, cette perception. MINI prépare un Countryman à l’apparence plus solide, encore couvert de camouflage lors de ses essais. Les premières images montrent une silhouette plus haute et des éléments de carrosserie qui semblent mieux protégés contre les projections ou les chocs rencontrés loin du bitume.
MINI ne cherche pas à transformer le Countryman en véhicule de compétition, mais à lui donner des capacités plus crédibles sur les terrains meubles et accidentés.
Ce positionnement paraît cohérent dans la gamme. Avec environ 4,43 mètres de long, le Countryman dispose d’un gabarit supérieur à celui des autres MINI. Il offre donc davantage d’espace pour accueillir une monte pneumatique spécifique, des protections supplémentaires et, peut-être, une suspension modifiée.
Un passé en rallye qui donne du relief au projet
Associer MINI aux chemins rocailleux peut surprendre. La marque britannique, propriété de BMW, possède pourtant une histoire sportive qui dépasse largement les rallyes sur routes fermées. Ses véhicules ont aussi participé au Dakar, où des Countryman de compétition se sont imposés à plusieurs reprises.
Cette expérience ne signifie pas que le futur modèle de série reprendra les solutions d’un engin de course. Elle permet en revanche à MINI de revendiquer une certaine légitimité dans l’univers du tout-terrain. La marque semble vouloir exploiter cet héritage sans renoncer au confort et à la polyvalence attendus d’un SUV compact familial.
Une allure plus massive sous le camouflage
Les photos du prototype ne permettent pas encore de connaître le détail de toutes les pièces installées. MINI ne précise ni leur rôle exact ni leur composition. L’ensemble donne néanmoins au Countryman une apparence plus robuste que celle de la version actuellement commercialisée.
Le changement le plus visible concerne les pneus. Le prototype roule avec des General Grabber AT3 en dimension 225/55 R18, installés sur des jantes de 18 pouces. Ce type de pneumatique vise un usage mixte, avec une sculpture plus adaptée aux sols meubles, à la boue légère, aux graviers ou aux pistes sèches qu’un pneu routier classique.
Une sculpture plus marquée peut améliorer l’adhérence sur terrain instable.
Des flancs plus résistants limitent le risque de dommage sur les pierres.
Le compromis peut se ressentir sur route, notamment par davantage de bruit de roulement.
Les performances sur chaussée mouillée dépendent aussi du modèle exact et de son état d’usure.
La garde au sol reste la grande inconnue
MINI conserve encore le secret sur les évolutions mécaniques. La marque n’a pas indiqué si le futur Countryman reprendra les motorisations déjà proposées ou s’il bénéficiera d’une version inédite. La puissance, le couple et les éventuelles adaptations de la transmission intégrale ne sont pas connus.
Le point central sera la hauteur de caisse. Le Countryman de série affiche aujourd’hui une garde au sol annoncée à 165 mm à vide. Le prototype paraît plus haut, ce qui laisse envisager une suspension rehaussée. Rien ne confirme toutefois que cette configuration sera retenue sur le véhicule commercialisé.
Sur une piste, quelques centimètres de garde au sol peuvent éviter qu’un soubassement touche une pierre, une ornière ou une crête de chemin.
La garde au sol n’est pas le seul critère utile hors route. Les angles d’attaque et de fuite comptent tout autant : ils déterminent la capacité du véhicule à franchir une montée ou une descente sans heurter son bouclier. La motricité, les réglages électroniques et la résistance des protections sous le véhicule joueront également un rôle décisif.
Une version plus raisonnable que les préparations radicales
Ce futur Countryman ne doit pas être confondu avec le modèle préparé en 2025 par X-raid et delta4x4. Cette réalisation, beaucoup plus extrême, s’inspirait directement des compétences acquises en rallye-raid.
Le Countryman ainsi modifié recevait notamment une suspension relevée d’environ 50 mm, une carrosserie élargie et des pneus tout-terrain de dimension 255/55 R18. Cette préparation cherchait à maximiser les aptitudes en dehors des routes, là où le futur modèle officiel devrait conserver une vocation nettement plus quotidienne.
Élément
Prototype officiel MINI
Préparation X-raid et delta4x4
Usage visé
Trajets quotidiens et chemins
Usage très orienté tout-terrain
Pneus visibles
225/55 R18
255/55 R18
Rehausse annoncée
Non confirmée
Environ 50 mm
MINI avait déjà présenté, en 2020, un Countryman préparé avec X-raid. Cette version pouvait gagner jusqu’à 4 cm de garde au sol. Le projet attendu en octobre semble suivre une voie moins démonstrative, avec l’objectif de conserver une voiture facile à vivre au quotidien.
Le défi des 2 500 kilomètres du Rebelle Rally
Pour étayer son discours, MINI prévoit d’engager le Countryman dans le Rebelle Rally, une épreuve de 2 500 kilomètres disputée loin de l’asphalte. Ce rendez-vous américain met les véhicules et leurs équipages face à des pistes longues, poussiéreuses et exigeantes.
La participation à une telle épreuve constituera un test grandeur nature pour les pneus, les suspensions et la résistance générale du prototype. Elle ne garantira pas à elle seule les aptitudes du modèle de série, mais elle offrira une indication sur le niveau d’ambition de la marque.
Ce que cela change pour les conducteurs en France
En France, un SUV de ce type ne remplace pas un véritable véhicule destiné au franchissement intensif. Sur les chemins ouverts à la circulation, la prudence reste nécessaire : une transmission intégrale ne protège ni des obstacles cachés, ni des croisements de pont, ni d’une mauvaise lecture du terrain.
La circulation sur les espaces naturels est aussi encadrée. Les conducteurs doivent respecter les voies autorisées, les règles locales et les interdictions éventuelles, notamment dans les zones protégées ou les massifs soumis à des restrictions saisonnières. Quitter une piste pour rouler à travers champs ou dans les bois n’est pas une solution.
Pour un usage concret, une garde au sol accrue peut surtout servir sur un chemin agricole dégradé, à l’approche d’un gîte isolé, sur une route enneigée ou lors d’un accès à une activité de plein air. Les pneus mixtes peuvent apporter un supplément de sérénité sur gravier ou sol humide, à condition de conserver une conduite souple et d’adapter la pression des pneus aux recommandations du constructeur.
La présentation d’octobre devra lever les principales interrogations : hauteur de caisse définitive, protections installées, motorisations retenues et éventuelle transmission à quatre roues motrices. C’est à ce moment que l’on saura si le Countryman se contente d’un look plus aventureux ou s’il franchit réellement un cap loin du bitume.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.