En Allemagne, le magazine spécialisé Motorrad a passé au crible la consommation réelle de dizaines de motos récentes pour dénicher les modèles les plus économes.
Le journal moto allemand Motorrad a publié un classement des machines les plus sobres de ses essais, toutes mesurées sous la barre des 4 litres aux 100 km. Un palmarès qui casse quelques idées reçues : la faible consommation n’est plus réservée aux petites cylindrées timides, et certains modèles bien musclés se montrent étonnamment raisonnables à la pompe.
Des motos sous les 4 l/100 km, même au‑delà de 100 ch
Longtemps, couple élevé et grosse puissance ont rimé avec gros appétit en carburant. Le panel testé par Motorrad montre que ce lien se desserre nettement avec les blocs modernes. Le magazine a relevé des consommations inférieures à 4 l/100 km sur une boucle de test standardisée, y compris pour des machines approchant les 120 ch et frôlant les 900 cm³.
Les dix motos les plus sobres mesurées par Motorrad restent toutes sous 4 litres aux 100 km, avec seulement 0,6 l d’écart entre la première et la dixième.
Dans ce top 10, quatre motos dépassent les 80 ch et deux affichent même une puissance à trois chiffres. Autrement dit, l’efficience n’est plus l’apanage des petits monocylindres urbains : les routières et sportives de moyenne cylindrée profitent aussi des progrès en injection, cartographie et gestion électronique.
La Yamaha R9, 119 ch et 3,9 l/100 km
Puissance de sportive, appétit de mid-size
En queue de classement, à la 10e place, on trouve une surprise : la Yamaha R9. Ce trois-cylindres de 890 cm³ développe 119 ch et n’affiche que 3,9 l/100 km sur la boucle de test. Motorrad souligne que ce moteur, déjà connu dans d’autres modèles 900 de la marque, n’est pas réputé pour être gourmand, mais ce chiffre reste le meilleur de la « famille » chez Yamaha.
Ce résultat place la R9 au niveau de machines bien moins puissantes, tout en offrant des performances d’authentique sportive carénée. Pour un motard français, cela signifie qu’une moto dynamique, apte à la route comme au circuit occasionnel, n’entraîne pas forcément un budget carburant démesuré.
La Kawasaki Versys 650, même conso avec moins de puissance
La Yamaha partage sa 10e place avec la Kawasaki Versys 650, également mesurée à 3,9 l/100 km. La routière japonaise, animée par un twin de 649 cm³, affiche environ 52 ch de moins et 251 cm³ de moins que la R9.
Son poids supérieur, 220 kg en ordre de marche, et son équipement plus complet relativisent sa sobriété par rapport à la Yamaha, mais Motorrad salue son rapport prix/prestations avec une note de 1,5 en « prix-performance ».
Les 3,8 l/100 km : trois mid-size très convaincantes
Suzuki GSX‑8R, 83 ch bien maîtrisés
Au 8e rang, la Suzuki GSX‑8R associe un bicylindre en ligne de 776 cm³, 83 ch et un poids contenu de 205 kg. Résultat : seulement 3,8 l/100 km relevés par Motorrad. La sportive carénée obtient aussi une très bonne évaluation globale avec une note de 1,4 en rapport prix/prestations et un score élevé dans la grille interne à 1 000 points du magazine.
Brixton Crossfire 500 Storr, sobriété attendue mais réelle
La Brixton Crossfire 500 Storr partage ces 3,8 l/100 km. Son twin de 486 cm³ développe 47,6 ch, ce qui la place clairement dans la catégorie A2. Avec 219 kg à déplacer, sa consommation reste logique pour ce niveau de puissance, note Motorrad.
Son atout principal tient à la combinaison entre faible consommation et grande autonomie, annoncée à 421 km. Moins d’arrêts à la pompe, et la possibilité d’attendre un éventuel creux des prix du carburant avant de refaire le plein.
Yamaha MT‑07, la valeur sûre des twins moyens
Troisième machine à 3,8 l/100 km : la Yamaha MT‑07. Son bicylindre de 689 cm³ et 73,4 ch domine le segment depuis une décennie. D’après Motorrad, sa consommation se situe au niveau d’un twin de 500 cm³, avec un avantage de gabarit et de polyvalence.
Surtout, le poids très contenu de la MT‑07, 183 kg, lui permet de devancer sa concurrente Brixton, plus lourde de 36 kg. Le magazine lui attribue une excellente note de 1,2 en prix/prestations, ce qui confirme sa réputation de moto école… qui reste intéressante même une fois le permis bien en main.
Les gros twins efficaces : BMW F 900 GS et Honda Transalp
BMW F 900 GS : 105 ch, 895 cm³ et 3,7 l/100 km
À la 5e place, la BMW F 900 GS impressionne par son équilibre. Son gros twin de 895 cm³ délivre 105 ch tout en se contentant de 3,7 l/100 km. C’est le plus gros moteur du classement, combiné à la deuxième puissance la plus élevée.
Avec 226 kg sur la balance et une note de 2,7 en prix/prestations, cette trail plutôt haut de gamme ne sera sans doute pas choisie prioritairement pour son économie de carburant. Le chiffre reste pourtant parlant pour les gros rouleurs.
Honda XL 750 Transalp : trail sobre et endurante
Juste devant, au 4e rang, la Honda XL 750 Transalp affiche 755 cm³, près de 92 ch et une consommation de 3,6 l/100 km. Motorrad souligne aussi son autonomie théorique de 469 km, très intéressante pour un usage voyage.
La Transalp décroche une note de 1,7 en prix/prestations, ce qui en fait une proposition particulièrement équilibrée pour qui cherche une trail confortable, capable d’emmener loin sans faire sauter le budget carburant.
Le trio de tête sous 3,5 l/100 km
KTM 390 SMC R : légèreté avant tout
En 3e position, la KTM 390 SMC R repose sur un monocylindre de 399 cm³ et environ 45 ch. Elle pèse seulement 163 kg et n’a besoin que de 3,5 l/100 km selon les mesures de Motorrad.
Son concept de supermotard léger limite toutefois son autonomie à 257 km par plein. Dans la notation globale, elle atteint 595 points et obtient une note de 1,6 en prix/prestations, ce qui en fait une référence dans sa catégorie pour qui privilégie le fun et la maniabilité.
Royal Enfield Himalayan 450 : enduro voyageuse et économe
Deuxième du classement, la Royal Enfield Himalayan 450 montre que la quête de sobriété finit par limiter la puissance. Son monocylindre de 452 cm³ développe 40 ch, pour une consommation de seulement 3,4 l/100 km.
La moto pèse 203 kg et offre une autonomie théorique d’environ 500 km. Pour une enduro orientée voyage, ce compromis entre simplicité mécanique, faible consommation et grande portée intéresse particulièrement les randonneurs au long cours.
Suzuki DR‑Z4 SM : la plus sobre, mais pas la mieux notée
En tête, la Suzuki DR‑Z4 SM remporte la palme avec un monocylindre de 398 cm³, 38 ch et seulement 3,3 l/100 km. C’est le moteur le moins puissant du panel, mais le plus économe. Avec 155 kg, c’est aussi la plus légère du top 10.
Avec 3,3 l/100 km, la Suzuki DR‑Z4 SM est la plus sobre des motos testées par Motorrad, mais son prix élevé lui vaut une note moyenne en rapport prix/prestations.
La supermotard obtient 562 points à l’évaluation globale. Son tarif annoncé à 9 699 euros ne joue pas en sa faveur : le magazine lui inflige une note de 2,9 en prix/prestations, jugée en décalage par rapport aux attentes.
Classement : les 10 motos les plus sobres de Motorrad
Rang
Modèle
Type de moteur
Cylindrée
Puissance
Conso test (l/100 km)
1
Suzuki DR‑Z4 SM
Monocylindre
398 cm³
38 ch
3,3
2
Royal Enfield Himalayan 450
Monocylindre
452 cm³
40 ch
3,4
3
KTM 390 SMC R
Monocylindre
399 cm³
≈ 45 ch
3,5
4
Honda XL 750 Transalp
Bicylindre
755 cm³
≈ 92 ch
3,6
5
BMW F 900 GS
Bicylindre
895 cm³
105 ch
3,7
8 ex æquo
Yamaha MT‑07
Bicylindre
689 cm³
73,4 ch
3,8
8 ex æquo
Brixton Crossfire 500 Storr
Bicylindre
486 cm³
47,6 ch
3,8
8 ex æquo
Suzuki GSX‑8R
Bicylindre
776 cm³
83 ch
3,8
10 ex æquo
Kawasaki Versys 650
Bicylindre
649 cm³
≈ 67 ch
3,9
10 ex æquo
Yamaha R9
Trois cylindres
890 cm³
119 ch
3,9
Ce que cela signifie pour un motard en France
Les modèles cités par Motorrad sont pour la plupart disponibles ou annoncés sur le marché français. Les écarts de consommation observés donnent un ordre d’idée du budget carburant sur des usages comparables, même si les conditions de test allemandes ne reflètent pas forcément les trajets quotidiens en France.
Pour un conducteur français, ce classement met en lumière deux points :
une moto de 700 à 900 cm³ bien conçue peut consommer autant, voire moins, qu’une 500 cm³ ancienne génération ;
le poids et l’aérodynamique jouent un rôle aussi important que la cylindrée pure.
Sur le plan réglementaire, les machines autour de 35 à 48 ch, comme la Brixton ou la KTM 390, se situent dans la plage ciblée par le permis A2 en France. Les motos plus puissantes peuvent être accessibles via un bridage spécifique, conforme à la réglementation nationale, même si Motorrad ne détaille pas ces versions.
Pourquoi ces chiffres sont intéressants pour le porte‑monnaie
Avec des prix à la pompe élevés, gagner 0,5 à 1 l/100 km sur un usage quotidien ou sur de longs trajets finit par représenter une vraie différence sur l’année. À raison de plusieurs milliers de kilomètres parcourus, une moto de ce classement permet de contenir la facture, sans renoncer à la performance ni au plaisir.
Pour un motard qui envisage l’achat d’une machine neuve ou récente, ces valeurs fournies par Motorrad donnent un repère concret, plus fiable qu’une fiche technique optimiste. Elles montrent aussi que le choix d’un modèle sobre peut se combiner avec :
une autonomie importante pour les voyages (Transalp, Himalayan, Brixton) ;
une utilisation quotidienne mixte, trajets et loisirs (MT‑07, Versys 650).
Les écarts de notes en rapport prix/prestations rappellent enfin qu’une faible consommation ne suffit pas à faire une « bonne affaire ». Puissance, équipement, confort, entretien et prix d’achat restent des paramètres à mettre en face de ces chiffres flatteurs à la pompe.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.