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Le téléphone aux toilettes augmente de 46 % le risque d’hémorroïdes selon une nouvelle étude : la solution tient en une habitude à changer

Personne assise aux toilettes regardant son téléphone mobile, illustrant l'habitude de consulter l'écran lors du passage aux sanitaires

Aux États-Unis, une étude alerte sur un geste devenu banal : consulter son téléphone pendant un passage aux toilettes.

Le téléphone accompagne désormais de nombreux moments du quotidien, y compris les plus intimes. Mais cette habitude peut prolonger inutilement le temps passé assis sur la cuvette. CNN, média d’information américain, rapporte les résultats d’une étude publiée dans la revue scientifique PLOS One, menée auprès d’adultes américains examinés par coloscopie.

Une association avec un risque accru de 46 %

L’enquête a porté sur 125 adultes âgés d’au moins 45 ans, tous venus réaliser une coloscopie de dépistage. Les participants ont répondu à des questions sur leurs habitudes aux toilettes, leur alimentation, leur activité physique, la constipation ou encore les efforts effectués lors de la défécation. Les médecins ont ensuite identifié la présence d’hémorroïdes par endoscopie.

Près de deux personnes sur trois ont indiqué utiliser régulièrement leur téléphone aux toilettes. Parmi elles, 54 % lisaient les informations et 44 % consultaient les réseaux sociaux.

L’usage régulier du téléphone aux toilettes était associé à un risque d’hémorroïdes supérieur de 46 %, selon les résultats de l’étude.

Les chercheurs ont aussi relevé un écart très net dans le temps passé assis. Parmi les utilisateurs de téléphone, environ 37 % restaient plus de cinq minutes aux toilettes. Cette proportion tombait à 7 % chez les personnes laissant leur appareil hors de la pièce.

Ces données ne suffisent pas à prouver que le téléphone est, à lui seul, la cause des hémorroïdes. Elles mettent en évidence une association. Le mécanisme mis en avant par les spécialistes est surtout lié au temps d’immobilité sur la cuvette, qui augmente lorsque l’attention est captée par l’écran.

Pourquoi la cuvette n’est pas une chaise

Les hémorroïdes correspondent à des veines situées dans le rectum et autour de l’anus. Elles peuvent gonfler sous l’effet d’une pression accrue. Des démangeaisons, une gêne, des douleurs ou des saignements peuvent alors apparaître.

Rester assis longtemps est déjà souvent associé à ce trouble. La position sur des toilettes aurait une particularité : l’assise ouverte ne soutient pas le plancher pelvien de la même façon qu’une chaise. Le bas du corps se trouve aussi plus bas, ce qui peut favoriser l’accumulation de sang dans la zone rectale.

La docteure Trisha Pasricha, gastro-entérologue et principale autrice de l’étude, résume ainsi ce phénomène : « Quand vous êtes assis sur une cuvette ouverte, vous n’avez aucun soutien du plancher pelvien. »

Le regard constamment orienté vers le bas peut aussi modifier la posture. La docteure Hima Ghanta, chirurgienne colorectale dans le New Jersey et extérieure à l’étude, explique que les personnes se penchent volontiers sur leur écran. Or, le rectum et l’anus forment un angle avec le côlon. Une position plus proche de l’accroupissement faciliterait le passage des selles, selon elle.

Le temps passé assis semble déterminant

Les résultats vont à l’encontre d’une idée répandue : les utilisateurs de téléphone n’étaient pas davantage constipés que les autres participants. Ils ne déclaraient pas non plus forcer plus souvent pour aller à la selle.

Pour Trisha Pasricha, l’explication pourrait être plus passive. Elle avance l’hypothèse selon laquelle l’immobilité prolongée favorise le gonflement des coussinets hémorroïdaires, ces tissus normalement présents dans le canal anal.

Le problème ne serait donc pas seulement l’effort, mais aussi l’attente prolongée sur la cuvette, entretenue par le défilement des contenus sur l’écran.

La chercheuse estime que les applications de réseaux sociaux sont conçues pour capter l’attention et faire perdre la notion du temps. « Nous commençons seulement à comprendre à quel point les téléphones influencent de nombreux aspects de notre vie », a-t-elle déclaré.

Une habitude simple : laisser son téléphone hors de la salle de bains

Le conseil commun des médecins interrogés par CNN est direct : ne pas emmener son téléphone aux toilettes. Ce choix évite de transformer un besoin physiologique en longue parenthèse de lecture ou de consultation des réseaux sociaux.

Lorsque l’appareil reste à portée de main, les spécialistes recommandent de limiter le temps assis. Des gastro-entérologues conseillaient déjà de ne pas dépasser dix minutes. L’étude évoque plutôt une durée idéale de trois à cinq minutes.

  • Poser le téléphone hors de la salle de bains avant d’y entrer.
  • Éviter d’attendre assis si le besoin ne vient pas.
  • Se lever et réessayer plus tard plutôt que de rester immobile sur la cuvette.
  • Utiliser un minuteur si la consultation de l’écran devient automatique.
  • Privilégier une posture confortable, sans se pencher durablement vers l’avant.

La docteure Sandhya Shukla, gastro-entérologue dans le New Jersey et non impliquée dans les travaux, évoque un consensus d’experts autour de trois minutes par passage, tout en rappelant que chaque personne est différente.

Les chercheurs soulignent aussi une limite : les participants avaient tous au moins 45 ans. Trisha Pasricha juge néanmoins que cette question concerne aussi les plus jeunes, souvent habitués à garder leur téléphone en permanence avec eux. La présence, dans l’étude, d’un groupe ne prenant pas son téléphone aux toilettes a permis une comparaison utile.

Ce qu’il faut savoir en France

En France, les hémorroïdes constituent un motif fréquent de consultation. Un médecin traitant peut évaluer les symptômes, rechercher une autre cause et, si nécessaire, orienter vers un gastro-entérologue ou un spécialiste de la proctologie.

Du sang dans les selles ou sur le papier toilette ne doit pas être attribué automatiquement à des hémorroïdes. Ce signe peut avoir plusieurs origines. Une consultation médicale permet d’obtenir un diagnostic adapté, en particulier si le saignement se répète, s’accompagne de douleur, d’un changement durable du transit ou d’une fatigue inhabituelle.

Fibres, hydratation et activité : des facteurs qui comptent aussi

Le téléphone n’est pas le seul élément à prendre en compte. L’étude a justement interrogé les participants sur leur apport en fibres et leur activité physique, deux facteurs habituellement examinés face aux troubles du transit. Une alimentation pauvre en fibres, la constipation, des selles dures, les efforts répétés ou le surpoids peuvent participer au problème chez certaines personnes.

Les fibres alimentaires se trouvent notamment dans les légumes, les fruits, les légumineuses et les produits céréaliers complets. Elles contribuent au bon fonctionnement du transit lorsqu’elles s’inscrivent dans une alimentation équilibrée et accompagnée d’une hydratation suffisante.

Le geste le plus concret reste pourtant très accessible : faire des toilettes un lieu de passage, et non un espace consacré à l’écran. Pour les personnes qui ont pris l’habitude de faire défiler les contenus sans y penser, laisser le téléphone dans une autre pièce peut suffire à raccourcir sensiblement ce moment assis.

Questions fréquentes

Est-ce que le téléphone cause directement les hémorroïdes ?

Non, l'étude montre une association et non une cause directe. Le mécanisme principal est l'allongement du temps d'immobilité sur la cuvette, qui augmente la pression dans la zone rectale et favorise le gonflement des veines hémorroïdaires.

Combien de temps est-il recommandé de rester assis aux toilettes ?

Les chercheurs de l'étude évoquent une durée idéale de trois à cinq minutes par passage. Certains gastro-entérologues conseillaient déjà de ne pas dépasser dix minutes.

Pourquoi la cuvette favorise-t-elle les hémorroïdes plus qu'une chaise ordinaire ?

L'assise ouverte des toilettes ne soutient pas le plancher pelvien de la même façon qu'une chaise, et le bas du corps se trouve plus bas, ce qui peut favoriser l'accumulation de sang dans la zone rectale.

Quels sont les autres facteurs qui augmentent le risque d'hémorroïdes ?

Une alimentation pauvre en fibres, la constipation, des selles dures, les efforts répétés lors de la défécation et le surpoids peuvent tous participer au problème chez certaines personnes.

En France, vers qui consulter en cas d'hémorroïdes ?

Un médecin traitant peut évaluer les symptômes et, si nécessaire, orienter vers un gastro-entérologue ou un spécialiste de la proctologie. Toute présence de sang dans les selles justifie une consultation pour écarter d'autres causes.
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