En Angleterre, un youtubeur fan de Tesla a décidé de détourner une simple benne de chantier pour mener un étonnant pari nocturne.
Pour contourner le prix d’un Cybertruck flambant neuf, le youtubeur britannique Will Bower a imaginé un plan aussi absurde que malin : transformer une benne à ordures en faux pick-up Tesla, la rendre roulante puis passer la nuit dedans, garé devant une concession de la marque. Son projet, raconté par le site spécialisé américain qui relaie sa vidéo, fait depuis le buzz sur YouTube.
Une benne retournée qui devient un Cybertruck de fortune
L’idée lui serait venue en observant une benne de chantier classique, ces gros conteneurs métalliques utilisés par les entreprises du bâtiment au Royaume-Uni. Une fois retournée, la forme anguleuse de la structure lui a immédiatement rappelé les lignes très géométriques du Cybertruck de Tesla.
Will Bower possède déjà une Tesla Model 3, mais la berline électrique lui paraît trop étroite pour le « stealth camping », cette pratique qui consiste à dormir discrètement dans son véhicule. Il s’est donc lancé un défi maison : fabriquer son propre « Cybertruck » à partir de déchets de construction, sans dépenser une fortune.
Son objectif déclaré : transformer cette benne en camping-car fonctionnel, puis la garer toute une nuit devant une concession Tesla sans se faire mettre dehors.
Dans sa vidéo, le youtubeur annonce la couleur avec un jeu de mots : « Aujourd’hui, on transforme cette benne en Cybertruck, alors on va la retourner littéralement ». Aussitôt dit, il fait basculer l’énorme conteneur sur son toit, posant la base de son futur véhicule improvisé.
Le « Cyber Bug » : bricolage extrême et récup’ intégrale
Pour fabriquer son faux Cybertruck, rebaptisé « Cyber Bug », Will Bower s’appuie sur l’aide de sa famille et de quelques amis. Tout est pensé dans une logique de débrouille et de recyclage.
Des pneus usés récupérés gratuitement chez un certain Mike, un habitant du coin.
Des « jantes » simulées en bois de récupération pour imiter les alliages d’une vraie voiture.
Une peinture gris mat appliquée sur l’extérieur pour rappeler l’acier brut du Cybertruck.
La prouesse la plus surprenante vient de son père. Pour rendre la benne réellement roulante, il a l’idée de la fixer sur le châssis démonté d’un scooter électrique pour personnes à mobilité réduite. Ce type de scooter, assez répandu au Royaume-Uni, offre un moteur, une direction et une plateforme déjà opérationnels.
Une colonne de direction bricolée permet ensuite de manœuvrer l’ensemble. À l’intérieur, Will Bower pousse le concept jusqu’au bout : il intègre une console PlayStation 5 et une station d’alimentation portable, transformant le Cyber Bug en mini salle de jeux sur roues.
Un membre de l’équipe, en train de peindre les vitres en noir pour renforcer l’illusion d’un vrai véhicule, lâche d’ailleurs une phrase devenue emblématique de la vidéo : c’est « le bricolage le plus bancal » qu’ils aient jamais réalisé.
Cap sur la concession Tesla pour une nuit en catimini
Une fois la benne-voiture préparée, l’équipe charge le Cyber Bug pour l’emmener dans le quartier d’affaires de Manor Royal, à Crawley, au sud de l’Angleterre. Leur cible : une concession et centre de service Tesla situés dans la zone.
La scène nocturne a des allures de film comique. En tentant de reculer le faux Cybertruck dans une place de parking, l’un des pneus récupérés rend l’âme et se détache complètement. Le projet aurait pu s’arrêter là.
Un passant équipé d’une boîte à outils propose son aide et permet de refixer la roue artisanale. Le Cyber Bug finit par se garer juste à côté des bornes de recharge Tesla, au milieu des vraies voitures de la marque.
Le faux Cybertruck se retrouve ainsi aligné parmi les véhicules officiels, comme s’il sortait tout droit des usines de Tesla.
Un match improvisé face à la vraie Tesla Model 3
Installé pour la nuit, Will Bower organise un comparatif inattendu entre son Cyber Bug et sa Tesla Model 3, notamment sur le confort pour dormir. Mesurant environ 1,88 m (6’2″), il constate que la benne aménagée offre plus d’espace pour s’allonger que l’habitacle de sa berline électrique.
Côté divertissement, le Cyber Bug marque aussi des points. Grâce à la PS5 et à la batterie portable, il peut lancer une partie complète de Grand Theft Auto V, un jeu vidéo particulièrement gourmand. La Model 3, elle, doit se contenter des jeux intégrés d’origine par Tesla.
L’avantage revient néanmoins à la voiture officielle sur la gestion du climat intérieur. Le ventilateur à piles à un dollar installé dans la benne ne rivalise pas avec le « Camp Mode » des Tesla, une fonctionnalité qui maintient température et ventilation pour dormir confortablement dans le véhicule.
Réveil devant les salariés de Tesla : angoisse… puis fou rire
La nuit, pluvieuse, se déroule sans incident majeur. Le vrai test commence au petit matin, vers 8 heures. Les employés de la concession Tesla arrivent les uns après les autres et découvrent ce drôle de pick-up gris stationné devant leurs locaux.
Redoutant une remontrance ou une plainte pour intrusion, Will Bower sort de sa benne et va au contact. Il joue le jeu jusqu’au bout en parlant de « problèmes de garantie » sur son véhicule, en expliquant notamment que « la roue est tombée cette nuit ».
La réaction des salariés est tout sauf hostile. L’un d’eux s’exclame qu’il trouve l’initiative « géniale » et demande même à prendre une photo, pouce levé à côté du Cyber Bug. Le personnel semble amusé par la créativité du youtubeur, loin de l’image rigide que l’on pourrait attendre d’un constructeur automobile.
Au lieu d’un rappel à l’ordre, Will Bower repart avec des sourires, des clichés souvenirs et une vidéo virale.
Le youtubeur conclut son expérience par un bilan très positif : il a réussi à fabriquer un « Cybertruck » de fortune, à passer la nuit devant une concession Tesla et à repartir sans problème, avec une réaction globalement bienveillante du personnel.
Pourquoi cette vidéo fonctionne si bien sur YouTube
Le concept coche plusieurs cases qui attirent les internautes. Il mêle humour, système D, détournement d’objets du quotidien et référence à une marque très médiatisée comme Tesla. Le tout dans un cadre réel, facilement identifiable, devant une concession bien en vue.
Le Cybertruck suscite déjà un fort intérêt médiatique, y compris en France, en raison de son design hors norme et de sa communication très maîtrisée par Elon Musk. Voir un bricoleur anglais en fabriquer une version parodique à partir d’une benne à ordures bouscule cette image ultra high-tech.
Le ton de la vidéo, basé sur l’autodérision et le bricolage imparfait, tranche aussi avec les contenus très léchés que l’on trouve souvent autour des voitures électriques premium. Le commentaire de l’équipe sur le côté « bancal » de la construction contribue à désacraliser la marque, sans l’attaquer frontalement.
Et en France : que risque-t-on avec un engin pareil ?
En France, un montage aussi artisanal soulèverait plusieurs questions réglementaires. Pour circuler sur la voie publique, un véhicule doit être homologué, disposer d’une carte grise, d’une assurance et respecter des normes techniques strictes. Un châssis de scooter de mobilité recouvert d’une benne modifiée serait normalement assimilé à un véhicule non homologué.
Concrètement, un engin de ce type pourrait être toléré uniquement sur terrain privé ou dans un cadre très encadré (manifestation autorisée, tournage). Circuler sur route ouverte avec un véhicule bricolé sans immatriculation ni contrôle technique exposerait son propriétaire à des sanctions, comme l’immobilisation du véhicule et des amendes.
Le « camping » dans son véhicule, en revanche, existe aussi en France. Dormir dans une voiture stationnée est autorisé à condition de respecter le code de la route, les arrêtés municipaux et la tranquillité publique. Devant un concessionnaire, surtout en zone d’activité, la réaction dépendrait largement du propriétaire des lieux et des forces de l’ordre, un peu comme en Angleterre où Will Bower craignait d’être accusé de violation de propriété.
Un exemple de culture « DIY » appliquée à l’automobile
Ce projet illustre plus largement l’attrait pour le « DIY » (do it yourself, le faire soi-même) dans l’univers auto et high-tech. Beaucoup de passionnés détournent déjà des utilitaires, des vans ou des breaks pour les transformer en petits véhicules de camping, avec des aménagements amovibles, des panneaux solaires ou des batteries portables.
Dans le cas de Will Bower, la démarche va plus loin dans la parodie : il n’essaie pas d’imiter réellement les performances ou la sécurité d’un Cybertruck, mais joue sur la forme, l’ambiance et l’idée de camper dans un engin atypique. L’ajout d’une PS5 illustre aussi la montée des loisirs numériques dans les véhicules, tendance que les constructeurs, Tesla en tête, ont bien repérée.
Pour un lecteur français, cette histoire rappelle que la créativité autour de la voiture ne se limite plus aux modifications mécaniques. Entre aménagements de véhicules pour dormir, installations de batteries portables, systèmes multimédias embarqués ou détournement d’objets du quotidien, l’automobile devient un terrain de jeu technique et social, quitte à flirter parfois avec les limites de la réglementation.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Son père a fixé la benne au châssis démonté d'un scooter électrique pour personnes à mobilité réduite, ce qui offrait déjà un moteur, une direction et une plateforme opérationnels. Une colonne de direction bricolée a permis de manœuvrer l'ensemble.
Pourquoi voulait-il un plus grand espace que sa Tesla Model 3 ?
Will Bower pratique le stealth camping, une activité qui consiste à dormir discrètement dans son véhicule. Il trouvait l'habitacle de sa berline électrique trop étroit pour ce type de camping.
Comment les employés de Tesla ont-ils réagi en découvrant le faux Cybertruck ?
Au lieu d'être hostiles, ils ont trouvé l'initiative géniale et ont demandé à prendre des photos avec le Cyber Bug, pouce levé. La réaction du personnel a été positive et amusée.
Qu'est-ce que le Cyber Bug pouvait faire que la Model 3 ne pouvait pas ?
Le Cyber Bug intégrait une PlayStation 5 et une batterie portable permettant de jouer à des jeux vidéo exigeants comme Grand Theft Auto V, tandis que la Model 3 ne disposait que des jeux intégrés par Tesla.
Pourquoi cette vidéo plaît-elle tant sur YouTube ?
Elle mêle humour, système D créatif, détournement d'objets du quotidien et parodie d'une marque médiatisée. Le ton autodérisoire et le bricolage imparfait contrastent avec les contenus très épurés habituellement associés aux voitures électriques premium.