Le guide de voyage Lonely Planet a publié sa liste des lieux et expériences à ne pas manquer en 2027, avec plusieurs pépites européennes.
Dans sa nouvelle sélection mondiale, le spécialiste du voyage Lonely Planet met en avant 25 destinations et 25 expériences pour 2027. Parmi elles, un itinéraire français, la Route Napoléon, et la ville de León en Espagne tirent leur épingle du jeu, au milieu d’archipels tropicaux, de déserts, de fiords et de métropoles culturelles.
Une sélection mondiale très éclectique pour 2027
Le classement présenté par Lonely Planet réunit 50 idées de voyages, réparties entre les « meilleures destinations » et les « meilleures expériences ». L’édition mise sur la diversité : grandes régions naturelles, villes historiques, littoraux préservés, mais aussi routes culturelles et séjours très immersifs.
Les 50 choix de Lonely Planet pour 2027 vont des forêts de séquoias de Californie aux îles Eoliennes en passant par la Route Napoléon en France et León en Espagne.
Côté « destinations », 25 lieux sont mis en avant, de l’archipel de Bocas del Toro au Panama aux paysages alpins du Vénétie en Italie. Côté « expériences », 25 propositions de voyages thématiques ou d’itinéraires originaux complètent la liste, comme un survol de l’Alaska, un safari à pied en Tanzanie ou une traversée en bateau vers les territoires des orangs-outans en Malaisie.
León, trésor historique sur la carte de l’Espagne
Parmi les 25 meilleures destinations, Lonely Planet retient León, dans le nord-ouest de l’Espagne. Le guide insiste sur la densité de patrimoine concentrée dans cette ville située sur le chemin de Saint‑Jacques.
León rassemble des traces marquantes de la période romaine et du Moyen Âge. Sa cathédrale gothique, célèbre pour ses vitraux, domine le centre historique. La basilique de San Isidoro et les témoignages du Camino de Santiago composent un ensemble qui attire autant les amateurs d’histoire que les pèlerins.
Le guide souligne aussi le rôle du Barrio Húmedo, le quartier animé de la vieille ville, où les bars à tapas et les bistrots traditionnels prolongent la visite au-delà des monuments. Pour Lonely Planet, ce mélange entre héritage architectural et vie quotidienne donne à León une dimension très vivante.
Une alternative au tourisme de masse espagnol
Alors que les villes très touristiques comme Barcelone ou Séville concentrent l’attention, León offre une expérience différente de l’Espagne urbaine. L’accent est mis sur :
un patrimoine compact, facilement accessible à pied ;
une ambiance de ville moyenne, loin des foules estivales ;
une gastronomie régionale mise en avant dans les bars du centre ;
un ancrage fort dans la tradition du Camino de Santiago.
Pour un voyageur français, León peut ainsi servir de point d’étape sur un road trip dans le nord de l’Espagne ou de séjour urbain de quelques jours autour de la culture, du vin et des spécialités locales.
La Route Napoléon, expérience phare en France
Côté expériences, la France figure elle aussi dans la liste avec la Route Napoléon. Lonely Planet la classe parmi les 25 meilleures expériences à vivre en 2027.
La Route Napoléon suit le parcours de l’empereur depuis la Côte d’Azur jusqu’aux Alpes, entre villages provençaux, champs de lavande et routes panoramiques.
L’itinéraire reprend la trace suivie par Napoléon en 1815 à son retour de l’île d’Elbe, depuis la Méditerranée jusqu’aux montagnes. Le guide évoque un trajet qui alterne petites villes, campagnes et reliefs, avec un rythme propice aux arrêts et aux détours.
Un road trip historique et paysager
Selon Lonely Planet, la Route Napoléon associe plusieurs atouts qui parlent aux voyageurs français comme aux touristes étrangers :
une dimension historique claire, portée par l’épopée napoléonienne ;
des villages provençaux, des champs de lavande et des plateaux agricoles caractéristiques du sud de la France ;
une montée progressive vers les paysages alpins, avec des cols et des vallées spectaculaires ;
des routes adaptées aux voyages en voiture ou à moto, conçues pour être empruntées sans se presser.
Le guide insiste sur le fait que cet itinéraire n’est pas réservé aux passionnés d’histoire. Il s’adresse aussi aux amateurs de grands paysages, de petites étapes rurales et d’itinéraires thématiques bien balisés.
D’autres destinations fortes : de Rabat à la Nouvelle‑Calédonie
Au‑delà de León, la liste des 25 meilleures destinations met l’accent sur plusieurs régions déjà connues des voyageurs français, mais présentées sous un angle renouvelé par Lonely Planet.
Rabat, la capitale du Maroc, est saluée pour son patrimoine historique, son architecture contemporaine, ses jardins et ses plages, ainsi que pour une scène culturelle jugée dynamique, encore en retrait des grands flux touristiques. La ville est décrite comme une capitale à l’ambiance détendue, animée par des festivals de musique.
La Nouvelle‑Calédonie figure également dans le palmarès, avec un positionnement particulier : lagons et plages du Pacifique, culture kanak, influence française et tradition d’élevage au style « vaquero ». Le guide met en avant la variété des paysages, entre forêts, récifs coralliens et expériences communautaires.
Autre exemple : Šibenik, en Croatie, retenue pour son centre médiéval et sa scène gastronomique et musicale, mais aussi pour sa proximité avec les parcs nationaux de Krka et des îles Kornati. L’idée est de permettre aux voyageurs d’alterner visites urbaines et sorties nature.
Le nord, le sud et les îles au cœur du palmarès
La sélection fait la part belle :
aux littoraux encore relativement préservés, comme Skanör‑Falsterbo en Suède ou l’archipel de Bocas del Toro au Panama ;
aux régions de grande nature emblématiques, comme les forêts de séquoias de Californie ou le parc national de Tsavo au Kenya ;
aux territoires insulaires, de l’île du Prince‑Édouard au Canada à Montserrat dans les Caraïbes.
Dans chaque cas, Lonely Planet insiste sur un équilibre entre environnement, culture locale et accessibilité, tout en valorisant des destinations encore en retrait du tourisme de masse international.
Les expériences marquantes : de l’Antarctique à la Polynésie
La deuxième partie du classement recense 25 expériences de voyage précises. Certaines sont très engagées physiquement, comme le « plongeon polaire » en Antarctique, présenté comme un moment intense pour les voyageurs qui se baignent quelques secondes dans l’océan Austral au milieu des icebergs.
D’autres expériences misent sur la contemplation, à l’image du survol de l’Alaska en avion pour observer glaciers, montagnes et forêts, ou du fiord de Killary en Irlande, décrit comme l’un des paysages les plus spectaculaires du Connemara.
Le guide met aussi en avant des expériences culturelles fortes : danser le tango dans une milonga à Buenos Aires, suivre une route gastronomique à Taïwan ou visiter les musées d’Abou Dabi, comme le Louvre Abu Dhabi, le musée national Zayed et le musée d’histoire naturelle, dans une ville qui veut devenir une place culturelle de premier plan au Proche‑Orient.
De la Route Napoléon en France au Fa’a Samoa dans le Pacifique, Lonely Planet privilégie les expériences qui créent un contact direct avec la culture locale ou les grands paysages.
Parmi les propositions très immersives, on retrouve aussi la vie de gardien de phare sur Rose Island, dans l’État de Rhode Island aux États‑Unis, avec nuit sur une petite île et cadre presque déconnecté, ou encore le Fa’a Samoa, mode de vie traditionnel des îles Samoa, à partager en séjournant dans les villages.
Ce que cela signifie pour un voyageur français
Pour un lecteur en France, la présence de la Route Napoléon dans cette sélection confirme le potentiel touristique de cet itinéraire historique déjà balisé. Il s’inscrit dans la famille des grandes routes culturelles françaises, au même titre que les chemins de Saint‑Jacques ou les itinéraires de châteaux, mais avec un ancrage fort dans l’histoire impériale.
Un voyageur français peut l’aborder en plusieurs étapes : week‑end prolongé entre Méditerranée et Provence, ou séjour plus long jusqu’aux Alpes, avec des haltes dans les villages traversés. Les offices de tourisme et les collectivités locales le présentent comme un parcours patrimonial et paysager, accessible en voiture, à moto ou, sur certains tronçons, à vélo.
La mise en avant de León intéresse aussi directement les voyageurs français : la ville est accessible par la route ou le train depuis la frontière franco‑espagnole. Elle peut compléter un séjour dans le nord de l’Espagne, où les régions de Galice, Asturies et Castille‑et‑León restent moins fréquentées que les grands centres balnéaires.
France : d’autres expériences dans l’esprit Lonely Planet
Sans figurer toutes dans ce classement précis, plusieurs expériences en France relèvent de la même logique que celles décrites par Lonely Planet : itinéraires thématiques, séjours proches des habitants, liens forts avec les paysages. Les grandes routes balisées ou les GR, par exemple, permettent des randonnées de plusieurs jours en autonomie, comme les sentiers côtiers bretons ou les traversées des massifs montagneux.
Les parcs naturels régionaux, qui couvrent une large part du territoire, s’inscrivent aussi dans ce type d’approche : hébergements gérés localement, activités de plein air encadrées, valorisation des produits du terroir. Ils jouent un rôle proche de celui des parcs nationaux étrangers présentés par Lonely Planet, mais avec un statut juridique spécifique à la France.
Pour un lecteur français, la liste 2027 du guide peut ainsi servir de source d’idées à l’étranger, tout en offrant un miroir des tendances actuelles du voyage : ralentir le rythme, passer par des villes de taille moyenne, multiplier les contacts directs avec les habitants et donner une place importante à la nature. Elle met aussi en lumière des expériences que l’on peut adapter en France, comme les road trips thématiques, les itinéraires côtiers ou les séjours autour d’une pratique culturelle ou gastronomique précise.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.