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Ils partent en 1996 sur une Harley de 1994 : quinze ans plus tard, ce couple australien a traversé les 193 pays du monde avec la même moto

Un couple australien a passé quinze ans sur la route, quittant son pays en 1996 pour un voyage à moto qui les mènera absolument partout.

Peter et Kay Forwood, deux Australiens passionnés de voyage et de moto, ont réalisé ce que beaucoup n’osent même pas imaginer. Comme le raconte le site Horizons Unlimited, spécialisé dans les grandes virées à moto, ils ont sillonné les 193 pays reconnus internationalement avec une seule machine, une Harley-Davidson Electra Glide Classic de 1994, enchaînant les frontières depuis leur départ d’Australie en 1996.

Un départ en 1996 pour un tour du monde sans date de retour

Tout commence le 3 février 1996. Ce jour-là, Peter et Kay montent sur leur Harley-Davidson 1340 cm³ quasiment neuve et quittent l’Australie. Pas pour quelques semaines de vacances, mais pour un projet au long cours, pensé pour durer, sans véritable échéance de retour.

Au fil des années, le couple se fixe un objectif aussi simple à formuler que difficile à atteindre : rejoindre tous les pays du globe reconnus officiellement, sans changer de moto. Le voyage se transforme alors en projet de vie. Les frontières s’enchaînent, les continents aussi.

En octobre 2008, leur Harley devient le premier et unique véhicule à avoir circulé dans les 193 pays reconnus internationalement.

Selon Horizons Unlimited, ce jalon de 2008 marque l’entrée de leur machine dans l’histoire du voyage à moto. Mais pour Peter et Kay, cette étape n’est qu’un moment dans une aventure qui se poursuit encore plusieurs années.

Quinze ans sur la route et plus de 610 000 km au compteur

Officiellement, le périple s’étale jusqu’en octobre 2011, soit quinze ans plus tard. En un peu plus d’une décennie et demie, la Harley accumule plus de 610 000 kilomètres parcourus à travers tous les types de routes possibles : autoroutes, pistes défoncées, chemins boueux, routes de montagne ou axes côtiers.

Le moteur d’origine, un bloc de 1340 cm³ typique des Harley de l’époque, tient étonnamment bien : il roule jusqu’à 540 080 kilomètres avant d’être remplacé en 2009. Une longévité rare, même pour une grosse routière.

  • Année de départ : 1996
  • Fin officielle du tour complet : 2011
  • Pays visités : 193
  • Kilométrage total : plus de 610 000 km
  • Moteur d’origine : 540 080 km avant remplacement

Le changement de moteur ne signe pas l’abandon du projet initial. L’ancien bloc est précieusement conservé, prêt à reprendre du service si une nouvelle nation venait à être reconnue. L’idée de Peter et Kay, rapportée par Horizons Unlimited, reste intacte : que tous les pays soient, un jour, visités avec le moteur d’origine.

Le moteur d’origine, retiré après plus de 540 000 km, est gardé par le couple pour pouvoir reprendre la route si de nouveaux pays apparaissent.

Une aventure documentée jusqu’au bout du monde

Pour partager leur expérience, Peter et Kay documentent longuement leur voyage sur Horizons Unlimited, un site de référence pour les grands voyages à moto. Les pages qu’ils consacrent à différents pays, notamment au Brésil et à la République démocratique du Congo, témoignent à la fois de la beauté des paysages traversés et de la rudesse de certaines routes.

Les images montrent une Harley chargée de bagages, parfois plantée dans la boue, parfois posée devant des paysages spectaculaires. Elles rappellent qu’un tel périple exige bien plus qu’une bonne machine : il faut aussi de la patience, de l’endurance physique et une solide capacité d’adaptation.

Des routes extrêmes et des conditions parfois limites

Sur certains tronçons, le couple affronte des pistes dégradées, la poussière, la chaleur intense ou encore les formalités administratives interminables. Les routes d’Afrique centrale, par exemple, restent célèbres pour leurs nids-de-poule géants, leurs ponts précaires et leurs longs passages en terre.

La République démocratique du Congo figure parmi les pays les plus marquants de leur récit. Les conditions de circulation y sont parfois très difficiles, avec des zones où une panne ou une chute peuvent vite devenir un vrai problème logistique.

Leur Harley devient à la fois moyen de transport, maison roulante et fil conducteur d’un projet qui occupe quinze ans de leur vie.

Des moments de peur : trois épisodes restés en mémoire

Une telle aventure n’échappe pas aux dangers. Interrogé sur les pires moments de ces quinze années, Peter cite trois épisodes marquants : l’un en République centrafricaine, un autre en Éthiopie, et un troisième… au Brésil.

Au Brésil, l’Australien évoque un assaut violent subi avec Kay sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro. Le couple y est pris à partie par trois agresseurs. L’épisode compte parmi les instants où leur intégrité physique a été la plus menacée.

Les deux autres situations citées par Peter se déroulent en République centrafricaine et en Éthiopie, deux pays où la conjonction de l’insécurité, de l’isolement et de la faiblesse des infrastructures rend les déplacements particulièrement risqués. Horizons Unlimited souligne à travers ce témoignage que le voyage au long cours, en particulier à moto, comporte une part de danger réel, loin des images idéalisées.

Malgré les risques, une ode à la liberté

Malgré ces épisodes, le récit des Forwood reste avant tout une histoire de liberté, de persévérance et de curiosité. Quinze ans à vivre avec le strict nécessaire dans les sacoches, à franchir des frontières, à affronter les imprévus mécaniques et administratifs, mais aussi à multiplier les rencontres.

Leur Harley symbolise ce mode de vie : lourde, fiable, pas forcément conçue pour les pistes, mais emmenée partout par un couple déterminé à ne pas renoncer dès que la route se dégrade.

Pour Horizons Unlimited, le parcours des Forwood incarne une forme extrême de voyage à moto, où la destination se confond avec la durée et la persévérance.

Voyager à moto au long cours : quels enjeux pour un Français ?

Pour un lecteur français, l’expérience de Peter et Kay montre ce qu’implique un voyage au long cours à moto, bien au-delà du simple road trip de vacances. En France, de nombreux motards préparent aujourd’hui des périples de plusieurs mois en Europe, en Asie centrale ou en Afrique de l’Ouest, souvent inspirés par ce type de récit.

La préparation comprend des points incontournables :

  • une moto adaptée, régulièrement entretenue, avec des pièces clés contrôlées avant le départ ;
  • des assurances spécifiques, notamment pour les pays hors Union européenne ;
  • des documents officiels comme le passeport, certains visas et parfois un carnet de passage en douane pour le véhicule ;
  • une bonne connaissance des risques sécuritaires, grâce aux conseils du ministère français des Affaires étrangères.

En France, les équivalents des informations diffusées par Horizons Unlimited peuvent se trouver auprès des clubs de motards, des fédérations ou des forums spécialisés. Le principe reste le même : croiser les retours d’expérience pour évaluer ce qui est faisable ou non.

Une Harley de 1994 taillée… et préparée pour l’endurance

La moto de Peter et Kay est une Harley-Davidson Electra Glide Classic 1340 cm³, un modèle typique de grande routière américaine. Pensée à l’origine pour avaler des kilomètres sur routes goudronnées, elle se retrouve propulsée sur des pistes africaines, des routes défoncées et des climats extrêmes.

Une telle distance – plus de 610 000 km – illustre ce que peut encaisser une mécanique entretenue régulièrement. Le remplacement du moteur après 540 080 km montre aussi la limite physique des pièces, même quand elles sont robustes.

Élément Caractéristique
Modèle Harley-Davidson Electra Glide Classic
Année 1994
Cylindrée 1340 cm³
Kilométrage moteur d’origine 540 080 km
Kilométrage total de la moto plus de 610 000 km

Pour un motard français qui envisage un long voyage, cette histoire rappelle que la préparation mécanique est aussi déterminante que le choix de l’itinéraire. Un carnet d’entretien à jour, quelques pièces de rechange et une formation minimale en mécanique de base peuvent faire la différence en cas de panne loin de tout garage.

Ce que cette histoire change dans la façon de penser le voyage

Le périple des Forwood montre qu’un voyage à moto peut dépasser le cadre des vacances et devenir un projet de vie complet. Quinze ans à parcourir 193 pays avec une seule machine, c’est l’illustration concrète d’une autre manière d’organiser son temps, son argent et ses priorités.

Pour un lecteur en France, ce type de récit sert souvent de déclencheur à des projets plus modestes mais mieux préparés : un tour d’Europe, une traversée du continent africain, ou encore un aller-retour jusqu’en Asie centrale. Dans tous les cas, l’exemple australien donne des repères : la durée possible d’un périple, l’usure réelle d’une moto, la gestion des zones à risque.

Cette expérience rappelle aussi qu’un long voyage ne se résume pas à des paysages spectaculaires. Il y a les moments de difficulté, les dangers comme l’agression à Copacabana, les routes cassées de la République démocratique du Congo ou les tensions en République centrafricaine. Autant d’éléments qui obligent à préparer sérieusement son projet et à accepter qu’un tour du monde à moto reste une aventure exigeante, même pour les plus déterminés.

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