Au Royaume-Uni, le jardinier vedette Alan Titchmarsh alerte : un simple geste en mars permettrait d’obtenir des massifs spectaculaires tout l’été.
Alors que les jardins sortent tout juste de l’hiver au Royaume-Uni, le site familial Netmums relaie les conseils très précis d’Alan Titchmarsh, figure de la BBC, et de la spécialiste des plantes Sarah Raven. Leur message est clair : ceux qui rêvent de grandes fleurs colorées entre juin et août doivent s’occuper dès maintenant d’un type de plantation bien particulier.
En mars, la véritable priorité se joue sous terre
Dans beaucoup de jardins britanniques, mars rime avec première tonte, désherbage ou taille des arbustes. Mais pour Alan Titchmarsh et Sarah Raven, la priorité est ailleurs : ce sont les bulbes à floraison estivale qu’il faut mettre en terre sans tarder.
Cette période se situe dans une fenêtre idéale : les températures remontent, les journées s’allongent et les bulbes disposent de plusieurs mois pour s’enraciner avant les fortes chaleurs. Les guides de jardinage cités par Netmums donnent un créneau allant de la fin février au début avril, avec une tolérance jusqu’au début du mois pour certaines espèces comme les lis, selon Sarah Raven.
Plantés en mars, les bulbes d’été profitent de trois à quatre mois de croissance souterraine, ce qui favorise de grandes fleurs et une floraison plus régulière de juin à août.
Alan Titchmarsh rappelle qu’il aime prévoir sa palette de couleurs à l’avance, expliquant qu’il veut « de petites touches de couleur tout l’hiver jusqu’au printemps ». Cette même logique de planification s’applique, pour lui, aux massifs d’été : la réussite se joue maintenant, pas en mai.
Les experts insistent aussi sur un point pratique : les bulbes doivent être plantés dès que possible après l’achat. S’ils restent trop longtemps dans leur sachet, ils se dessèchent ou se dégradent, ce qui réduit leurs capacités de floraison.
Quels bulbes planter en mars pour des fleurs XXL tout l’été ?
Pour des bordures hautes et théâtrales, les recommandations de Netmums sont claires : miser sur quelques valeurs sûres, déjà largement connues des jardiniers français.
Les grands classiques des massifs spectaculaires
Lis : grandes hampes florales et parfums parfois très marqués, parfaits en arrière-plan de massif.
Glaïeuls : épis colorés, très utilisés en fleurs à couper pour les bouquets.
Freesias : fleurs plus basses mais très odorantes, intéressantes près d’un passage ou d’une terrasse.
Crocosmias : touffes de feuillage fin surmontées de fleurs souvent rouges ou orangées, idéales pour donner du mouvement.
D’autres bulbes sont mis en avant pour leurs têtes généreuses et leur impact visuel.
Dahlias : fleurs allant de la taille d’une balle de golf à celle d’une assiette, avec un choix immense de formes et de couleurs.
Alliums : grosses sphères violettes ou blanches perchées sur tiges rigides, très graphiques.
Bégonias : parfaits en pots ou en bordures, avec une floraison souvent continue tout l’été.
Iris barbus : grandes fleurs sophistiquées, très décoratives au printemps avancé et au début de l’été.
Le conseil récurrent des spécialistes britanniques est de ne pas les disséminer au hasard. Mieux vaut les planter par petits groupes.
Enfoncer les bulbes par groupes de quatre à six crée des taches de couleur franches qui se voient depuis l’autre bout du jardin.
Pour les contenants, Alan Titchmarsh cite particulièrement les bégonias, mais aussi les pétunias, verveines et rudbeckias. Ces plantes retombantes ou tapissantes permettent, selon lui, de transformer pots, petites plates-bandes, jardinières et suspensions en véritables « coussins » de fleurs, capables de tenir plusieurs semaines avec une attention limitée.
Les bons gestes de plantation et d’arrosage en mars
En pots : terracotta, drainage et compost adapté
Alan Titchmarsh explique qu’il privilégie de grands pots en terre cuite, avec des trous de drainage soigneusement vérifiés. Chaque bulbe est installé pointe vers le haut, bien espacé de ses voisins, puis recouvert de substrat.
Vérifier que les trous de drainage ne sont pas bouchés.
Utiliser un compost sans tourbe, plus respectueux de l’environnement.
Laisser un léger rebord vide en haut du pot pour faciliter l’arrosage.
Cette marge évite les débordements à chaque arrosoir et permet à l’eau de bien pénétrer le substrat.
En pleine terre : sol drainant et gravier pour certaines espèces
En massifs, le principe reste le même : pas d’eau stagnante autour des bulbes. Les conseils relayés par Netmums insistent sur la nécessité d’un sol bien drainé, avec un ajout de graviers ou de sable grossier dans les terres lourdes, en particulier pour les lis.
Une fois les bulbes installés, l’entretien reste léger. Alan Titchmarsh résume l’idée : « tout ce que vous avez à faire ensuite, c’est de garder la main sur l’arrosage et vous aurez de belles fleurs tout l’été ». Il recommande des arrosages copieux mais espacés, en laissant l’excédent d’eau s’écouler.
Il souligne aussi l’intérêt d’avoir ses outils « huilés, prêts et accrochés au mur », afin de pouvoir intervenir dès qu’une fenêtre météo se présente, sans perdre de temps à chercher ou remettre en état son matériel.
Thrips : le ravageur caché dans les bulbes stockés
L’article de Netmums met également en garde contre un ennemi discret mais fréquent : les thrips, petits insectes minuscules appartenant à l’ordre des Thysanoptères, comme Thrips tabaci.
Ces insectes se glissent entre les écailles des bulbes et y pondent des œufs capables de passer tout l’hiver dans les sachets de stockage. Au printemps et en été, les larves et adultes s’attaquent aux jeunes pousses et aux fleurs.
Les thrips provoquent des boutons avortés, des taches brunes et des stries argentées sur les pétales, qui gâchent l’effet des floraisons estivales.
Comment préparer les bulbes avant plantation
Les conseils relayés par Netmums sont précis :
Ne conserver que des bulbes fermes et propres, en éliminant tout sujet mou, moisi ou abîmé.
Brosser délicatement la surface pour retirer les débris et insectes visibles.
Pulvériser chaque bulbe avec un mélange d’1 litre d’eau et 1 cuillère à soupe de savon insecticide à base de sels de potassium d’acides gras, ou avec un savon noir doux, un savon de type Castille ou un liquide vaisselle léger.
Laisser sécher les bulbes, puis répéter l’application trois jours plus tard.
Pour certains bulbes comme les glaïeuls, les renoncules ou les anémones, certains jardiniers préconisent en complément un trempage de quelques heures dans 4 litres d’eau mélangés à 1 cuillère à soupe de désinfectant ménager (type Lysol), mais cette méthode n’est pas recommandée pour les tulipes, narcisses ou dahlias.
Lorsque les dégâts sont déjà visibles au jardin, un plan de secours consiste à :
Vaporiser le feuillage avec une solution contenant environ 5 % de savon noir, en soirée.
Installer des plaques engluées jaunes pour capturer les adultes.
Arracher les plantes très déformées.
Faire sécher les bulbes que l’on souhaite conserver, puis les stocker à basse température, entre 2 et 4 °C.
Les experts britanniques rappellent qu’il ne faut jamais replanter des bulbes qui ont passé tout l’hiver dans un garage chaud et sec sans inspection ni traitement, au risque de réintroduire les ravageurs dans les massifs.
Et dans un jardin en France, que faire au mois de mars ?
Pour un jardinier français, les recommandations d’Alan Titchmarsh et de Sarah Raven restent largement transposables. Le climat de nombreuses régions françaises est même légèrement plus doux que celui du Royaume-Uni, ce qui permet parfois de commencer un peu plus tôt, en particulier dans le Sud et sur la façade atlantique.
Les grandes familles de bulbes citées – lis, glaïeuls, dahlias, crocosmias, freesias, alliums, bégonias, iris barbus – se trouvent facilement en jardinerie, en grande surface spécialisée ou en vente par correspondance. Les mêmes principes de base s’appliquent :
Planter entre fin février et début avril selon les régions, en évitant les périodes de gel.
Préférer un sol bien drainé, quitte à alléger la terre avec du sable ou des graviers.
Former des touffes de plusieurs bulbes de la même variété pour un impact visuel plus fort.
Surveiller l’apparition de taches ou de déformations suspectes, qui peuvent signaler la présence de ravageurs comme les thrips.
Les conseils de trempage ou de pulvérisation au savon noir sont aussi couramment utilisés en France, notamment dans les approches de jardinage raisonné qui cherchent à éviter les insecticides de synthèse. Pour des infestations importantes, un jardinier amateur peut se tourner vers les produits de biocontrôle disponibles en magasin spécialisé, en suivant les indications d’usage.
Pourquoi ces bulbes restent un bon investissement pour l’été
Les bulbes à floraison estivale ont un intérêt particulier pour les petits budgets. Ils restent souvent moins chers qu’un grand nombre de plantes en godets, tout en offrant des floraisons généreuses et, pour certains, la possibilité d’être conservés d’une année sur l’autre.
Ils permettent aussi de structurer un jardin : alliums dressés au milieu des vivaces, dahlias en vedette dans un massif, glaïeuls réservés au coin « fleurs à couper », bégonias pour colorer les zones ombragées. Les jardiniers peuvent jouer sur les hauteurs, les couleurs et les périodes de floraison pour obtenir un jardin vivant tout l’été.
Enfin, ces plantations de mars constituent une activité simple et agréable pour relancer la saison : une heure passée à glisser quelques bulbes dans la terre peut transformer l’aspect d’un jardin ou d’un balcon, des semaines plus tard, quand les grandes fleurs colorées prennent le relais des tulipes et des narcisses de printemps.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Pourquoi est-il important de planter les bulbes d'été en mars et non plus tard ?
Planter en mars permet aux bulbes de bénéficier de trois à quatre mois de croissance souterraine avant les fortes chaleurs, ce qui favorise de grandes fleurs et une floraison plus régulière de juin à août.
Quels sont les meilleurs bulbes à planter pour des fleurs spectaculaires tout l'été ?
Les grands classiques sont les lis, glaïeuls, freesias, crocosmias, dahlias, alliums, bégonias et iris barbus. Ces espèces offrent des fleurs généreuses et un impact visuel remarquable.
Comment éviter les thrips dans les bulbes stockés ?
Avant plantation, brosser délicatement chaque bulbe pour retirer les débris, puis pulvériser avec un mélange d'eau et de savon insecticide à base de sels de potassium d'acides gras. Répéter l'application trois jours plus tard.
Faut-il planter les bulbes individuellement ou en groupes ?
Il est préférable de les planter par petits groupes de quatre à six bulbes, ce qui crée des taches de couleur franches visibles depuis l'autre bout du jardin.
Quel type de pot ou de sol est idéal pour ces bulbes ?
Alan Titchmarsh recommande des pots en terre cuite avec drainage vérifié. En massif, un sol bien drainé est essentiel, avec ajout de gravier ou sable grossier pour les terres lourdes, notamment pour les lis.