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Un cuir chevelu gras en permanence : une médecin alerte sur un signe d’une maladie qui touche 1 femme sur 10

Un cuir chevelu gras en permanence : une médecin alerte sur un signe d'une maladie qui touche 1 femme sur 10

Au Royaume-Uni, une dermatologue alerte sur un symptôme capillaire banal en apparence, qui pourrait cacher un trouble hormonal fréquent chez les femmes.

Interrogée par le site britannique Indy100, la dermatologue Aamna Adel met en garde contre un signe souvent minimisé : un cuir chevelu gras en permanence. Selon elle, cette modification peut, dans certains cas, révéler un syndrome hormonal qui concernerait environ une femme sur dix au Royaume-Uni.

Quand un cuir chevelu gras n’est plus « juste » une question de shampoing

Dans la vie quotidienne, beaucoup associent cheveux gras et négligence passagère : un shampoing repoussé, un manque de temps, un stock de shampoing sec épuisé, ou encore un chignon plaqué pour camoufler des racines luisantes. Pour la majorité des gens, cette situation reste ponctuelle.

La spécialiste britannique rappelle pourtant qu’un cuir chevelu gras repose d’abord sur un mécanisme biologique précis : l’hyperproduction de sébum, le film lipidique naturel produit par les glandes sébacées du cuir chevelu. Un certain niveau de sébum est normal, voire protecteur pour la fibre capillaire.

Un cuir chevelu qui regraisse légèrement quelques jours après le shampoing reste considéré comme normal. L’alerte commence lorsque l’excès de sébum devient inhabituel, durable ou s’accompagne d’autres signes hormonaux.

Pour Indy100, le Dr Aamna Adel explique que le problème survient surtout lorsque cette sensation de gras devient beaucoup plus fréquente qu’auparavant, alors que la routine capillaire n’a pas changé. Ce type de modification peut traduire un dérèglement interne, notamment hormonal.

Le rôle des hormones : stress, terrain génétique et syndrome des ovaires polykystiques

La dermatologue, consultante reconnue et fondatrice de la marque de soins du cuir chevelu Rhute – qui revendique une liste d’attente d’environ 18 000 personnes – insiste sur l’origine souvent interne de ce phénomène. Elle souligne que l’excès de sébum est fréquemment lié à :

  • un terrain génétique prédisposant à produire davantage de sébum ;
  • des variations hormonales ;
  • un stress important ou prolongé ;
  • des troubles sous-jacents comme le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK, ou PCOS en anglais).

« C’est souvent génétique ou hormonal », indique-t-elle, en précisant qu’un cuir chevelu particulièrement gras peut être aggravé par le stress ou par certains troubles hormonaux comme le SOPK.

Dans ce syndrome, les niveaux d’androgènes – des hormones dites « masculines » mais présentes chez toutes les personnes, y compris celles ayant des ovaires – peuvent être plus élevés que la moyenne. Or ces androgènes stimulent directement la production de sébum, ce qui peut se traduire par :

  • un cuir chevelu qui graisse très vite ;
  • une peau du visage plus huileuse ;
  • une tendance à l’acné.

Des taux d’androgènes plus élevés peuvent déclencher une augmentation globale de la production de sébum, touchant autant le cuir chevelu que la peau du visage.

Qu’est-ce que le syndrome des ovaires polykystiques selon le NHS ?

Le service de santé public britannique, le NHS, décrit le syndrome des ovaires polykystiques comme une affection fréquente qui modifie le fonctionnement des ovaires. Il ne s’agit pas d’une maladie rare ou exceptionnelle, mais d’un trouble courant dans la population féminine.

Le NHS résume ce syndrome autour de trois grandes caractéristiques :

  • Des règles irrégulières : les ovaires ne libèrent pas d’ovule de façon régulière, ce qui affecte l’ovulation.
  • Un excès d’androgènes : ces hormones peuvent entraîner des signes visibles comme une pilosité plus importante au visage ou sur le corps.
  • Des ovaires dits « polykystiques » : ils apparaissent plus volumineux, avec de nombreux petits follicules remplis de liquide autour des ovules. Malgré le terme, il ne s’agit pas de « kystes » au sens habituel du mot.
  • Le NHS précise que le diagnostic de SOPK peut être posé lorsqu’au moins deux de ces trois éléments sont présents. Un cuir chevelu gras ne suffit donc pas à lui seul à conclure à ce trouble, mais il peut s’inscrire dans un ensemble de manifestations hormonales.

    Selon le NHS, environ une femme sur dix au Royaume-Uni serait concernée par le syndrome des ovaires polykystiques, parfois sans le savoir.

    Autres signes possibles : acné, difficulté à concevoir, prise de poids

    L’organisme public britannique rappelle que le SOPK peut se manifester de manières très variées. Certaines personnes présentent plusieurs symptômes, d’autres presque aucun, ce qui complique le repérage du syndrome.

    Parmi les signes fréquemment associés, le NHS cite :

    • une difficulté à tomber enceinte, liée à une ovulation irrégulière voire absente ;
    • une prise de poids ou une tendance au surpoids ;
    • un affinement des cheveux sur le sommet du crâne, voire une perte capillaire progressive ;
    • une peau grasse, avec ou sans acné ;
    • des règles très espacées, imprévisibles ou parfois inexistantes.

    Dans ce tableau, un cuir chevelu gras très marqué devient un indicateur parmi d’autres. Pris isolément, il peut simplement refléter des soins capillaires inadaptés, une fréquence de lavage trop élevée ou l’usage de produits agressifs qui dérèglent le cuir chevelu.

    La spécialiste interrogée par Indy100 rappelle que d’autres facteurs favorisent aussi l’excès de sébum :

    • accumulation de produits coiffants et de résidus sur le cuir chevelu ;
    • irritation liée à des shampoings trop décapants ou irritants ;
    • lavages trop fréquents qui stimulent la production de sébum en réaction.

    Une maladie fréquente, sans cause unique ni guérison définitive

    Le NHS souligne que la cause exacte du SOPK reste inconnue. Le trouble semble néanmoins souvent familial : plusieurs femmes d’une même lignée peuvent en être atteintes, parfois sans diagnostic officiel.

    Les médecins britanniques considèrent aujourd’hui ce syndrome comme fréquent, tout en reconnaissant que beaucoup de femmes en sont atteintes sans le savoir, faute de symptômes visibles ou d’explorations médicales. Le NHS estime qu’au Royaume-Uni, plus de la moitié des femmes concernées ne présentent aucun signe évident.

    Le syndrome des ovaires polykystiques n’a pas de traitement curatif à proprement parler, mais ses symptômes peuvent être pris en charge et atténués.

    La prise en charge varie selon les besoins : régularisation du cycle menstruel, aide à la fertilité, amélioration de l’acné, soutien face à la prise de poids ou à la chute de cheveux. Le NHS renvoie les patientes vers ses pages d’information dédiées pour détailler les options possibles.

    Ce que cela signifie pour les femmes en France

    Si l’alerte du Dr Aamna Adel concerne le Royaume-Uni et s’appuie sur les données du NHS, le syndrome des ovaires polykystiques est également pris en compte par le système de santé en France. Les principes généraux restent similaires : trouble fréquent, symptômes variables, prise en charge adaptée au cas par cas.

    En France, les premières interlocutrices sont généralement le médecin généraliste ou le gynécologue. Des examens comme une prise de sang hormonale et une échographie pelvienne peuvent être proposés. Le principe de diagnostic s’apparente à celui décrit par le NHS : association de cycles irréguliers, signes d’excès d’androgènes et aspect particulier des ovaires à l’échographie.

    La prise en charge française repose, selon les situations, sur :

    • des traitements hormonaux destinés à régulariser les cycles ou à contrôler certains symptômes ;
    • un accompagnement en cas de projet de grossesse, avec des protocoles spécifiques pour stimuler l’ovulation ;
    • des soins dermatologiques pour la peau grasse, l’acné ou la chute de cheveux ;
    • un suivi nutritionnel et d’activité physique si le poids ou la glycémie sont concernés.

    Un cuir chevelu gras ne suffit jamais à lui seul à suspecter un SOPK. En revanche, lorsqu’il apparaît en parallèle de règles très irrégulières, d’une pilosité inhabituelle ou d’acné persistante, en parler à un professionnel de santé français permet d’orienter vers les examens adaptés.

    Comment distinguer excès de sébum « banal » et signe d’alerte ?

    Le message porté par le Dr Adel et relayé par Indy100 ne vise pas à inquiéter toutes les personnes ayant les cheveux gras, mais à inciter à la vigilance lorsqu’un changement est net et durable. Quelques repères peuvent aider à y voir plus clair :

    Situation courante Situation à surveiller
    Cuir chevelu qui graisse légèrement 2 à 3 jours après le lavage, sans autre symptôme. Cheveux très gras en moins de 24 heures alors que ce n’était pas le cas auparavant.
    Usage ponctuel de produits coiffants, facilement éliminés au shampoing. Accumulation de résidus, démangeaisons, irritations associées.
    Aucune modification des cycles menstruels ni de la pilosité. Cuir chevelu gras associé à règles irrégulières, acné, duvet facial plus marqué.

    En cas de doute, un avis médical permet de trancher entre un simple problème de routine capillaire et un éventuel déséquilibre hormonal sous-jacent.

    Pourquoi l’excès de sébum peut se cumuler avec d’autres problèmes de peau

    Le sébum n’est pas uniquement présent sur le cuir chevelu. Les glandes sébacées se répartissent sur l’ensemble du corps, avec une densité plus forte sur le visage, la poitrine et le dos. Lorsque les androgènes stimulent leur activité, l’effet peut donc se voir à plusieurs endroits en même temps.

    Dans le contexte d’un SOPK, cet excès de sébum peut :

    • obstruer les pores et favoriser les points noirs et boutons ;
    • rendre la peau brillante malgré un nettoyage régulier ;
    • aggraver une acné déjà présente à l’adolescence et la prolonger à l’âge adulte.

    Cette combinaison – cuir chevelu gras, peau brillante, acné persistante – peut alerter le dermatologue ou le gynécologue sur un éventuel déséquilibre hormonal. Le cuir chevelu devient alors un indicateur parmi d’autres, à intégrer à l’ensemble du tableau clinique.

    Pour une personne vivant en France, la démarche reste la même que celle mise en avant au Royaume-Uni : observer ses changements de peau et de cheveux dans la durée, les mettre en relation avec son cycle et, en cas de doute, consulter un professionnel de santé pour vérifier s’il s’agit d’un simple problème de soins ou du signe d’un trouble comme le syndrome des ovaires polykystiques.

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