Dans les parcs, nourrir les canards semble anodin. Aux États-Unis, cette habitude peut pourtant déséquilibrer leur alimentation et leur comportement.
Le média américain spécialisé dans les sciences Popular Science, qui a actualisé un article publié initialement le 14 juillet 2021, rappelle que le pain ne constitue pas un repas adapté aux canards, aux oies et aux cygnes. Des aliments simples, proches de ce qu’ils trouvent naturellement, peuvent mieux convenir lorsqu’un règlement local autorise leur distribution.
Le pain rassasie les canards sans vraiment les nourrir
La scène est familière : des enfants lancent des morceaux de baguette ou de pain de mie au bord d’un étang, tandis que les canards se précipitent. Ces oiseaux apprécient volontiers cette nourriture facile à attraper. Cela ne signifie pas qu’elle répond à leurs besoins.
Le pain est fabriqué à partir de céréales, mais sa transformation le rend très rassasiant pour une valeur nutritionnelle limitée. Un canard qui en consomme trop peut donc moins chercher les végétaux, graines, insectes et autres ressources qui composent son alimentation habituelle.
Le pain apporte de l’énergie à court terme, mais il ne fournit pas aux canards une alimentation suffisamment variée.
Le problème ne concerne pas uniquement la santé d’un animal isolé. Lorsque de nombreux promeneurs donnent régulièrement les mêmes aliments au même endroit, les oiseaux peuvent s’habituer à attendre les humains. Cette dépendance modifie leurs habitudes de recherche de nourriture et peut favoriser une concentration excessive d’animaux autour des berges.
Les aliments qui peuvent remplacer le pain
Le principe conseillé par Popular Science est simple : privilégier des aliments peu transformés et proches de ceux que les oiseaux aquatiques peuvent trouver dans les mares, les champs ou la végétation environnante. Les portions doivent rester petites, car les canards n’ont pas de dents au sens habituel du terme.
Leur bec permet de saisir et de fragmenter la nourriture, sans assurer une mastication comparable à celle des mammifères. Avant de proposer des aliments frais, mieux vaut donc les couper en petits morceaux faciles à avaler.
Des petits pois, du maïs et de petits morceaux de carotte ;
Des flocons d’avoine ;
Du riz ;
Des graines adaptées ;
Des feuilles de salade finement découpées ;
Des épluchures de légumes en très petits morceaux ;
Des raisins coupés avant d’être proposés ;
Des fruits à coque réduits en fragments.
Un mélange de légumes surgelés comprenant des petits pois, du maïs et des dés de carotte constitue une option pratique évoquée par le média américain. Ces aliments sont de petite taille et peuvent être consommés entiers par les oiseaux. Certains flottent aussi à la surface, ce qui les rend accessibles sans laisser de gros morceaux sombrer au fond de l’eau.
Des granulés peuvent aussi être proposés
Il existe des aliments formulés pour les oiseaux aquatiques, vendus notamment pour les oiseaux de compagnie ou d’élevage. Ces granulés ont l’avantage d’être conçus pour leurs besoins alimentaires. Ils ne flottent pas toujours : il vaut donc mieux en déposer une petite quantité près de la rive plutôt que de les jeter loin dans l’étang.
Cette solution ne doit pas transformer une sortie au parc en repas quotidien. Même avec un aliment adapté, les quantités distribuées doivent rester modestes.
Les produits à laisser à la maison
Le pain n’est pas le seul aliment à éviter. Certains produits ne sont pas appropriés, tandis que d’autres peuvent présenter un risque pour les canards et les autres oiseaux d’eau.
Les viennoiseries, biscuits salés, crackers, chapelure et restes de pain ;
Les produits laitiers, comme le fromage ou la glace ;
Les aliments très salés, très sucrés ou fortement transformés ;
Les agrumes et les épinards, susceptibles de gêner l’absorption du calcium selon Popular Science ;
Les aliments abîmés ou moisis ;
Les aubergines, poivrons, pommes de terre, tomates et d’autres plantes de la famille des solanacées ;
Tout emballage, sachet ou élément non comestible.
Les moisissures peuvent être toxiques et dégrader l’environnement autour du plan d’eau. Quant aux emballages, ils risquent d’être ingérés ou de blesser les animaux. Un geste qui se veut généreux peut ainsi laisser des déchets durables sur les berges.
En France, vérifier les règles du parc avant de nourrir les oiseaux
En France, les règles ne sont pas uniformes d’un lieu à l’autre. Les municipalités, les gestionnaires de parcs ou les responsables d’espaces naturels peuvent interdire ou encadrer le nourrissage des animaux sauvages. Des panneaux sont souvent installés à proximité des plans d’eau lorsque cette pratique n’est pas autorisée.
Avant de sortir un sachet de nourriture, il faut donc consulter la signalisation présente sur place. Cette précaution limite les conflits avec les consignes de gestion du site et évite d’attirer durablement les oiseaux dans des zones très fréquentées.
Un canard qui vit dans un parc ne dépend pas nécessairement des promeneurs : il sait généralement chercher insectes, plantes et autres sources de nourriture.
Donner trop de nourriture, même appropriée, peut déséquilibrer son régime naturel. Mieux vaut distribuer une poignée limitée, puis s’arrêter, plutôt que de répondre à chaque approche d’un oiseau par de nouveaux aliments.
Un oiseau en difficulté ne doit pas être pris en charge au hasard
Un canard, une oie ou un cygne qui peine à se déplacer, reste prostré ou semble blessé ne sera pas durablement aidé par quelques aliments. Les oiseaux d’eau peuvent être exposés à de nombreux dangers liés aux activités humaines, dont les collisions avec des véhicules et certaines pollutions.
Dans ce cas, nourrir l’animal ne remplace pas l’intervention de personnes compétentes. Le bon réflexe consiste à prévenir le gestionnaire du parc, la mairie ou un centre de sauvegarde de la faune sauvage, sans tenter de capturer l’oiseau soi-même.
Observer les canards sans les nourrir reste aussi une activité utile. Leur comportement révèle souvent ce qu’ils trouvent sur place : végétaux aquatiques, graines, petits invertébrés ou insectes. Préserver cette recherche naturelle de nourriture contribue à maintenir leur autonomie, tout en gardant les abords des étangs propres.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Pourquoi le pain est-il mauvais pour les canards ?
Le pain est très rassasiant mais peu nutritif. Un canard qui en consomme trop délaisse les végétaux, graines, insectes et ressources qui composent son alimentation naturelle, créant un déséquilibre nutritionnel et alimentaire.
Quels aliments puis-je donner aux canards à la place du pain ?
Les petits pois, le maïs, les carottes coupées en petits morceaux, les flocons d'avoine, le riz, les graines adaptées, les feuilles de salade finement découpées et les fruits à coque réduits en fragments conviennent parfaitement. Les légumes surgelés sont aussi une option pratique.
Quelle quantité de nourriture dois-je donner aux canards ?
Les portions doivent rester petites et limitées. Mieux vaut distribuer une poignée, puis s'arrêter, plutôt que de répondre à chaque approche d'un oiseau par de nouveaux aliments, même appropriés.
Dois-je consulter quelque chose avant de nourrir les oiseaux en parc ?
En France, les règles varient selon les lieux. Les municipalités, gestionnaires de parcs ou responsables d'espaces naturels peuvent interdire ou encadrer le nourrissage. Des panneaux signalent souvent cette interdiction près des plans d'eau.
Que faire si je vois un canard blessé ou malade ?
Ne pas tenter de le capturer soi-même. Il faut prévenir le gestionnaire du parc, la mairie ou un centre de sauvegarde de la faune sauvage, car la nourriture ne remplace pas l'intervention de personnes compétentes.