Aux États-Unis, des épargnants partis de peu ont bâti leur patrimoine en suivant des règles simples, répétées avec constance.
Le média économique américain CNBC Select a interrogé Faron Daugs, planificateur financier certifié et dirigeant d’un cabinet de conseil. Il décrit les pratiques de ses clients les plus fortunés, tous devenus millionnaires sans héritage ni fonds fiduciaire. Ces ménages américains, âgés de 40 à 55 ans, disposent selon lui d’un patrimoine net moyen compris entre 6 et 8 millions de dollars.
Partir de peu et installer une méthode
Le conseiller insiste sur un point : ses clients n’avaient pas tous le même parcours, mais aucun n’a démarré avec un important capital familial. « Ce sont des personnes et des couples qui sont partis de peu », explique Faron Daugs à CNBC Select. Certains ont commencé à travailler après le lycée, d’autres ont terminé leurs études avec seulement 50 dollars sur leur compte courant.
Leur richesse ne repose donc pas sur une recette rapide. Elle s’est construite progressivement, avec une attention portée au budget, à l’épargne, aux placements et aux dépenses du quotidien. Pour les personnes qui souhaitent reprendre leurs finances en main, l’enjeu n’est pas de tout appliquer d’un coup. Le conseiller recommande d’adopter d’abord une ou deux habitudes, puis d’élargir cette discipline au fil du temps.
Réduire les dettes, constituer une réserve et automatiser l’épargne forment, selon Faron Daugs, le socle sur lequel ses clients ont construit leur patrimoine.
Réduire les dettes qui coûtent cher
La première habitude consiste à éviter les dettes de consommation. Les clients de Faron Daugs peuvent avoir un emprunt immobilier, mais cherchent à réduire ou à supprimer les autres crédits. La logique est directe : les intérêts payés ne servent ni à épargner ni à investir.
« Si vous voulez bâtir un patrimoine, vous ne pouvez pas gaspiller de l’argent en payant les intérêts d’un crédit à la consommation, comme ceux des cartes de paiement ou même des prêts automobiles », estime-t-il.
Cette prudence s’étend à l’achat d’une voiture. Ses clients achètent généralement leur véhicule plutôt que de le louer sur une longue durée, puis le conservent longtemps. Une fois le prêt remboursé, ils évitent de remplacer trop vite l’automobile et utilisent cette période sans mensualité pour mettre de l’argent de côté.
Prévoir les imprévus avant de placer
Une panne automobile, une dépense médicale ou une réparation urgente peuvent déséquilibrer un budget. Les clients les plus aisés du conseiller gardent donc une réserve disponible pour faire face à ces situations sans recourir à un nouveau crédit.
Faron Daugs indique que beaucoup d’entre eux mettent de côté l’équivalent de six à neuf mois de dépenses courantes. Ce repère ne doit pas être transposé mécaniquement à chaque foyer. Le montant dépend des revenus, de la stabilité professionnelle, des charges et de la composition familiale. L’idée centrale reste la même : même une petite réserve peut limiter le recours à un emprunt coûteux.
« C’est l’une des premières étapes à accomplir pour construire des fondations financières solides », affirme le planificateur financier.
Investir de façon régulière
Après avoir sécurisé une épargne de précaution, les clients évoqués par CNBC Select suivent un plan de placement organisé. Ils répartissent leur argent entre actions, obligations ou fonds indiciels cotés. Ce sont des instruments qui suivent généralement l’évolution d’un indice financier et dont la valeur peut varier.
Le conseiller recommande de programmer des virements réguliers du compte courant vers un compte dédié aux placements. Cette automatisation évite d’avoir à prendre la même décision chaque mois. Elle aide aussi à distinguer l’argent disponible pour les dépenses courantes de celui destiné à des projets futurs.
« La plupart de mes clients ne ressentent pas l’absence de cet argent dans leur budget, puis peuvent utiliser cette épargne investie pour une future voiture, des vacances ou d’autres objectifs à court ou long terme, sans contracter de dette supplémentaire », précise Faron Daugs.
Définir un objectif avant de placer son argent ;
Garder une épargne disponible pour les dépenses imprévues ;
Tenir compte du délai avant lequel l’argent sera nécessaire ;
Accepter qu’un placement comportant un risque puisse perdre de la valeur ;
Mettre en place des versements réguliers adaptés à son budget.
Utiliser les avantages liés à son travail
Aux États-Unis, Faron Daugs invite ses clients à examiner les dispositifs proposés par leur employeur. Certains employeurs abondent l’épargne retraite de leurs salariés, proposent des assurances collectives, une aide juridique ou des programmes permettant d’acquérir des actions de l’entreprise à des conditions préférentielles.
Ces mécanismes sont propres au cadre américain. Ils ne correspondent pas automatiquement aux droits d’un salarié français. Le principe peut toutefois inspirer une démarche simple : lire les documents remis par l’employeur et vérifier les garanties collectives, les dispositifs d’épargne salariale ou les aides éventuellement accessibles.
Ne pas dépenser pour suivre les autres
Le train de vie peut devenir un piège lorsque les achats répondent surtout à la comparaison sociale. Faron Daugs invite ses clients à résister à la course aux nouveautés et aux remplacements fréquents d’équipements encore fonctionnels.
« Luttez contre le besoin d’avoir sans cesse les appareils les plus récents et les plus performants », conseille-t-il. À ses yeux, les mises à niveau permanentes peuvent faire perdre de l’argent, mais aussi priver un ménage de possibilités d’épargne ou de placement.
Cette règle ne signifie pas qu’il faut renoncer à tous les loisirs ou à tout achat plaisir. Elle invite plutôt à arbitrer en fonction de ses priorités réelles. Un budget sert précisément à identifier ce qui compte pour un foyer, sans laisser les dépenses répétées décider seules de l’avenir financier.
Fiscalité et revenus complémentaires
Les clients du conseiller cherchent aussi à utiliser les mécanismes fiscaux prévus dans leur pays, qu’il s’agisse de l’épargne retraite, de dons, du financement des études ou de certaines dépenses de santé. Il rappelle que ces sujets demandent une compréhension précise des règles applicables.
« Assurez-vous de participer aux régimes et programmes qui peuvent procurer plusieurs avantages », indique Faron Daugs, qui juge utile de solliciter un professionnel de la finance et de la fiscalité.
Certains de ses clients diversifient aussi leurs ressources avec des biens locatifs. Le revenu locatif n’est jamais automatique : il faut tenir compte des périodes sans locataire, de l’entretien, des impôts et des éventuels remboursements d’emprunt. Louer une chambre ou un bien peut également relever de règles locales précises.
Ce qui existe en France
En France, les particuliers peuvent s’informer auprès de l’Autorité des marchés financiers sur les placements, leurs risques et les précautions à prendre face aux arnaques. L’organisme rappelle régulièrement qu’un rendement élevé annoncé sans risque doit susciter la vigilance.
Pour l’épargne à long terme, les salariés peuvent aussi se renseigner sur les dispositifs éventuellement proposés dans leur entreprise, comme l’épargne salariale. Les règles d’accès, les frais, les possibilités de sortie et la fiscalité varient selon les dispositifs. Un relevé annuel, une notice d’information ou le service des ressources humaines peuvent aider à comprendre les options disponibles.
Le principe américain de l’abondement de l’employeur a son équivalent dans certains dispositifs français d’épargne salariale : l’entreprise peut, dans certaines conditions, compléter les versements réalisés par le salarié. Il faut vérifier les modalités propres à chaque entreprise avant toute décision.
Préparer les dépenses des enfants et demander conseil
Aux États-Unis, les familles mentionnées par Faron Daugs peuvent utiliser des plans dédiés au financement des études supérieures de leurs enfants. Commencer tôt permet surtout de répartir l’effort dans le temps. « Il ne faut pas grand-chose pour commencer, mais la puissance des rendements composés peut vous être très bénéfique si vous avez du temps », affirme-t-il.
Les rendements composés désignent le fait que les gains éventuellement obtenus peuvent, à leur tour, produire des gains. Cet effet dépend de la durée, des versements effectués, des frais et de l’évolution des marchés. Il ne garantit aucun résultat.
Enfin, les clients les plus fortunés suivis par le conseiller connaissent les grandes lignes de leur situation : leurs revenus, ce qu’ils possèdent et le coût de leurs placements. Lorsqu’ils demandent un accompagnement, ils s’informent sur les frais facturés et attendent des explications compréhensibles.
« Votre conseiller doit être à la fois un partenaire et un éducateur », souligne Faron Daugs.
La régularité reste le fil conducteur de ces dix habitudes. Selon le spécialiste, ses clients ont d’abord réduit leurs dettes afin de dégager une marge dans leur budget et de constituer une réserve. Ils ont ensuite pu organiser leurs placements et diversifier progressivement leurs ressources.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Par où commencer si j'ai des dettes de consommation ?
Selon Faron Daugs, réduire ou supprimer les dettes autres que l'emprunt immobilier doit être une priorité, car les intérêts payés n'alimentent ni l'épargne ni l'investissement. Une fois libéré de ces dettes, vous pouvez rediriger cet argent vers votre patrimoine.
Quel montant de réserve d'urgence dois-je constituer ?
Les clients fortunés du conseiller conservent généralement l'équivalent de six à neuf mois de dépenses courantes. Toutefois, ce montant dépend de vos revenus, de la stabilité professionnelle, de vos charges et de votre composition familiale. Même une petite réserve peut limiter le recours à un emprunt coûteux.
Faut-il automatiser l'épargne et comment ?
Oui, la plupart des millionnaires interrogés mettent en place des virements réguliers depuis leur compte courant vers un compte dédié aux placements. Cette automatisation évite de devoir prendre la même décision chaque mois et aide à séparer l'argent pour les dépenses courantes de celui destiné aux investissements.
Comment résister à la tentation d'acheter comme les autres ?
Faron Daugs conseille de lutter contre le besoin permanent de nouveautés et de mises à jour d'équipements encore fonctionnels. Un budget sert à identifier vos vraies priorités plutôt que de laisser les dépenses répétées décider de votre avenir financier.
Puis-je appliquer ces conseils en France ?
Le principe général s'adapte à tous les pays : consulter les documents de votre employeur sur l'épargne salariale, les garanties collectives et les aides accessibles, puis optimiser votre fiscalité avec l'aide d'un professionnel en tenant compte des règles applicables en France.