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Un serveur révèle le produit le plus rentable du bar : « C’est évident », et ce n’est ni le café ni la bière

En Espagne, un serveur et patron de bar détaille ce qui fait vraiment tourner la caisse d’un établissement, loin des idées reçues.

Invité d’un pódcast espagnol, un serveur devenu restaurateur explique sans détour pourquoi certains produits rapportent bien plus que d’autres. Le média en ligne qui relaie ses propos précise qu’il s’appuie sur son expérience quotidienne dans des bars en Espagne, où le café et la bière ne sont pas les champions de la rentabilité que beaucoup imaginent.

Un serveur espagnol démonte le mythe du café roi du bar

Dans le pódcast « Rompiendo Esquemas », enregistré en Espagne, Abraham Galera, serveur, patron de bar et créateur de contenus sur les réseaux sociaux, revient sur une croyance tenace dans le milieu : l’idée que le café serait le produit qui laisse le plus d’argent en caisse.

Selon lui, cette perception vient d’un calcul très simpliste. Il rappelle que la matière première du café coûte peu cher et donne l’impression d’une marge spectaculaire.

Le café semble rentable si l’on ne regarde que le prix du paquet et le nombre de tasses servies. Mais la réalité économique est bien différente quand on ajoute le temps, l’occupation de la table et les frais liés au service.

Abraham Galera évoque un exemple classique : un paquet de café acheté une vingtaine d’euros, avec lequel il peut préparer une centaine de tasses. Sur le papier, la multiplication paraît séduisante : chaque café vendu quelques euros semble rapporter très vite de l’argent.

Un calcul qui oublie le temps de service et l’occupation des tables

Pour le serveur espagnol, le problème vient du fait que ce calcul ne prend en compte que le coût du café lui-même, sans intégrer tout ce que consomme un client assis à une table pour une simple boisson chaude.

  • Le temps passé par le personnel pour préparer et servir chaque tasse.
  • La vaisselle qu’il faut laver ensuite (tasses, soucoupes, cuillères).
  • L’usage du wifi par les clients qui restent longtemps pour travailler ou discuter.
  • L’occupation d’une table qui pourrait être utilisée par d’autres consommateurs.

Abraham Galera souligne que de nombreux clients monopolisent une place pendant une longue durée pour un seul café, parfois en profitant des prises électriques et de la connexion internet du bar. Ce comportement réduit le roulement des tables, donc le chiffre d’affaires potentiel.

Il va jusqu’à imaginer, sur un ton volontairement ironique, un café vendu à un prix beaucoup plus élevé, du type sept euros la tasse, qui permettrait alors de dégager un vrai bénéfice. Une façon de montrer que, dans les conditions actuelles, la rentabilité du café reste en réalité limitée, surtout aux heures où l’établissement pourrait vendre des consommations plus chères.

Le véritable moteur de la rentabilité : les alcools forts

Face à ce faux ami qu’est le café, Abraham Galera n’hésite pas une seconde lorsqu’il s’agit de désigner le produit qui, selon lui, fait vraiment la différence sur les comptes d’un bar en Espagne.

Pour lui, c’est limpide : ce qui rapporte le plus dans un bar, c’est l’alcool fort, et non la bière ou le vin du menu.

Il précise qu’il ne parle pas des bières pression ni du verre de vin servi au déjeuner, souvent proposés à prix contenu dans les menus du jour. Ce qui génère une marge bien plus confortable, ce sont les spiritueux et les liqueurs, servis en cocktails ou en verres allongés.

Une bouteille amortie en quelques verres seulement

Pour illustrer son propos, le serveur espagnol prend l’exemple d’une bouteille de whisky achetée une vingtaine d’euros par l’établissement. En quelques boissons mélangées avec du soda, la dépense est déjà couverte.

Une fois la bouteille amortie, tout verre supplémentaire vendu constitue essentiellement de la marge brute, hors charges générales du bar. Le coût de la dose servie reste faible au regard du prix final facturé au client, surtout sur les long drinks et les cocktails.

Produit au bar Coût matière estimé Temps d’occupation de la table Potentiel de marge
Café Très faible Souvent long Limité par le prix de vente
Bière / vin du menu Modéré Moyen Correct, mais encadré par les menus
Spiritueux (whisky, rhum, vodka…) Faible par dose Variable Élevé sur chaque verre

Abraham Galera résume ainsi sa vision : les spiritueux représentent un moyen rapide et simple de « multiplier » la valeur de la bouteille initiale. L’établissement encaisse alors une recette significative avec un temps de préparation réduit et, souvent, sans que le client ne reste très longtemps installé, notamment en soirée.

Une réalité familière aux bars français

Pour un lecteur français, le constat dressé par ce serveur espagnol ne paraît pas totalement nouveau. Dans les cafés et bars en France, le café vendu à l’unité reste un produit d’appel, incontournable pour attirer une clientèle régulière en journée.

Les professionnels français de la restauration indiquent eux aussi que le café, bien que très demandé, supporte difficilement une forte hausse de prix, sous peine de faire fuir les habitués. Résultat : la marge sur chaque tasse existe, mais elle se heurte à un plafond psychologique du client, qui ne souhaite pas payer son expresso trop cher.

En revanche, la logique reste proche de celle décrite en Espagne dès qu’il s’agit de cocktails ou de verres de spiritueux servis le soir. Les bars à cocktails, notamment dans les grandes villes françaises, construisent une grande partie de leur rentabilité sur ces boissons, dont la valeur perçue par le client permet un prix de vente bien supérieur au coût des ingrédients.

En France comme en Espagne, les spiritueux vendus au verre restent souvent des piliers discrets de la rentabilité d’un bar, loin devant le café du matin.

Les boissons alcoolisées fortes nécessitent toutefois une gestion rigoureuse : respect des doses, contrôle de la consommation des clients et vigilance sur la réglementation liée à l’alcool. Les gérants de bars français, comme leurs homologues espagnols, doivent composer avec ces contraintes tout en cherchant à préserver leurs marges.

Pourquoi les bars tiennent à leur café malgré tout

Malgré ce bilan contrasté, les établissements ne renoncent pas au café. En France comme en Espagne, il reste un repère pour la clientèle de quartier et contribue à l’image du lieu. Un bar sans service de café perdrait une partie de sa fréquentation matinale et de son rôle social.

Le café apporte aussi un flux régulier tout au long de la journée, ce qui peut compenser en partie sa marge limitée. Il permet de garder le bar animé, de fidéliser certains clients et d’inciter à la consommation d’autres produits, comme les viennoiseries ou les petites collations.

Ce que cette analyse change pour les clients des bars

Les propos d’Abraham Galera offrent un éclairage utile sur la façon dont un bar gagne réellement sa vie. Pour les clients, cela permet de mieux comprendre pourquoi certains prix paraissent élevés sur des boissons alcoolisées, alors que le café reste souvent relativement abordable.

Cette logique explique aussi la montée en puissance des cartes de cocktails et des offres de spiritueux premium, autant en Espagne qu’en France. Ces boissons deviennent centrales pour l’équilibre économique de nombreux établissements, surtout en soirée et le week-end.

À l’inverse, les consommations jugées « peu rentables » comme un simple café ou un verre d’eau occupent du temps et de l’espace sans générer beaucoup de chiffre d’affaires. Les bars doivent donc trouver un compromis entre accueil, convivialité et nécessité de rentabilité.

Pour les professionnels qui s’installent, l’exemple donné dans ce pódcast espagnol illustre un point clé : la réussite d’un bar ne repose pas uniquement sur le volume de clients, mais aussi sur la structure de son offre. Miser uniquement sur le café ou la bière peut s’avérer insuffisant pour couvrir les charges, quand une sélection maîtrisée de spiritueux et de cocktails améliore fortement les comptes.

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