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Kéto, méditerranéen ou pauvre en graisses : les scientifiques les ont comparés, un seul l’emporte sur ce critère de santé

Trois assiettes représentant les trois régimes comparés : une riche en graisses et viandes (kéto), une avec des légumes colorés et huile d'olive (méditerranéen), et une légère à base de fruits et légumes (pauvre en graisses).

États-Unis : trois régimes populaires ont été comparés chez des personnes obèses et prédiabétiques, avec un gagnant inattendu sur la santé du foie.

Dans un essai clinique mené aux États-Unis et présenté par le média scientifique en ligne ScienceAlert, des chercheurs ont confronté trois régimes très en vue chez les personnes en surpoids. Objectif : départager, à perte de poids égale, le kéto, le méditerranéen et un régime très pauvre en graisses pour savoir lequel améliore le mieux certains marqueurs clés de santé métabolique, en particulier au niveau du foie.

Une étude clinique pour départager trois régimes à la mode

L’étude, publiée dans la revue Cell Metabolism, a été menée par une équipe de l’université Washington à Saint-Louis, aux États-Unis. Quarante-deux adultes souffrant d’obésité, de prédiabète et d’un excès de graisse dans le foie ont été recrutés.

Les participants ont été répartis au hasard dans trois groupes :

  • un régime cétogène très pauvre en glucides (kéto) ;
  • un régime de type méditerranéen ;
  • un régime très pauvre en graisses, principalement à base de végétaux.

Tous avaient le même objectif : perdre environ 10 % de leur poids de départ. Point important, chaque repas et chaque encas étaient fournis par les équipes, ce qui limite fortement les écarts et les erreurs de suivi, fréquents dans les études nutritionnelles.

Trois assiettes, trois philosophies alimentaires

Les menus reflétaient clairement la philosophie de chaque régime. Dans le groupe kéto, les participants consommaient des plats riches en graisses et très pauvres en glucides, comme des salades aux œufs, du porc effiloché ou du poulet avec asperges.

Le groupe méditerranéen bénéficiait de repas proches de ce que l’on associe à ce modèle : flocons d’avoine avec amandes et myrtilles, quinoa accompagné de haricots noirs et maïs, ou encore pâtes au pesto et au poulet.

Les participants du régime pauvre en graisses, centré sur les végétaux, recevaient par exemple des smoothies aux fruits, des wraps de légumes dans une tortilla, ou encore des mélanges de céréales complètes avec du saumon.

En moyenne, le protocole a duré environ cinq mois, le temps que chacun atteigne les 10 % de perte de poids fixés par les chercheurs.

Sur la balance, match nul : les trois régimes ont permis d’atteindre le même objectif de 10 % de perte de poids.

Le kéto largement en tête sur la santé du foie

L’intérêt de cette étude ne tenait pas tant à la perte de poids qu’aux effets « cachés » sur la santé métabolique, en particulier sur le foie et la glycémie.

L’endocrinologue Max Petersen, premier auteur de l’étude, explique à ScienceAlert : « Nous voulions savoir si les macronutriments d’un régime modifient les bénéfices métaboliques de la perte de poids. »

Les résultats montrent que le régime cétogène se distingue nettement pour les marqueurs de santé du foie.

Les chercheurs constatent, chez les participants kéto, une baisse plus marquée de la graisse hépatique et une amélioration supérieure de la sensibilité à l’insuline du foie.

En chiffres, la quantité de graisse dans le foie diminue en moyenne :

  • de 67 % chez les personnes suivant le régime kéto ;
  • de 45 % chez celles au régime méditerranéen ;
  • de 45 % également dans le groupe pauvre en graisses.

La sensibilité du foie à l’insuline s’améliore dans les trois groupes, mais elle augmente de deux à trois fois plus chez les participants kéto, selon l’équipe de Washington. Les chercheurs relèvent aussi une baisse de la production de nouvelles graisses par le foie et une diminution de la production de glucose hépatique dans ce groupe.

« Nous avons été très intéressés de voir que plusieurs aspects de la santé du foie s’amélioraient davantage avec le régime cétogène », souligne Max Petersen auprès de ScienceAlert. Pour lui, ce n’est pas un seul paramètre isolé qui penche en faveur du kéto, mais un ensemble cohérent de signaux.

Un impact marqué sur la prédiabète et le risque cardiovasculaire

Au-delà du foie, les chercheurs se sont concentrés sur la prédiabète, ce stade où la glycémie est trop élevée sans atteindre encore les critères du diabète de type 2, mais où le risque de basculer est élevé.

Régime Part des participants en rémission de la prédiabète
Kéto 50 %
Méditerranéen 29 %
Pauvre en graisses 7 %

La moitié des personnes du groupe kéto sont ainsi passées en rémission de la prédiabète, contre 29 % dans le groupe méditerranéen et seulement 7 % dans le groupe pauvre en graisses.

Les chercheurs s’attendaient à une amélioration globale de la sensibilité à l’insuline avec la perte de poids, mais l’ampleur des effets dans le groupe kéto les a surpris, notamment au regard de la composition très riche en graisses de ce régime.

Chez ces participants, environ 73 % des calories provenaient des lipides, contre 35 % dans le régime méditerranéen et 15 % dans le régime pauvre en graisses.

« Nous avons été surpris que, chez nos participants présentant une obésité métaboliquement défavorable, le régime cétogène ne provoque pas d’effets nocifs sur les profils de cholestérol sanguin », indique Max Petersen. Selon lui, les facteurs de risque cardiovasculaire avaient au contraire tendance à s’améliorer, malgré un apport élevé en graisses saturées.

Pourquoi un régime très pauvre en glucides agit autant ?

Les auteurs avancent une explication : la réduction extrême des glucides dans le kéto – seulement 4 % des calories quotidiennes dans l’étude – entraîne des niveaux très bas de glucose et d’insuline dans le sang.

Cette situation pourrait :

  • freiner la production de nouvelles graisses dans le foie ;
  • favoriser la dégradation des graisses déjà stockées ;
  • améliorer la réponse du foie à l’insuline ;
  • stabiliser la glycémie chez les personnes en prédiabète.

Les chercheurs restent prudents : l’essai ne porte que sur 42 personnes. Ils soulignent que la petite taille de l’échantillon peut masquer certaines différences entre les groupes et qu’il faudra des études plus larges pour confirmer ces résultats.

États-Unis : un protocole strict, loin de l’alimentation quotidienne

L’étude s’est déroulée dans un cadre très contrôlé, aux États-Unis, avec une prise en charge complète de l’alimentation des volontaires. Chaque repas était calibré, ce qui n’a rien à voir avec la vie quotidienne, où chacun doit faire ses courses, cuisiner et gérer la tentation.

Les chercheurs signalent aussi que l’on ne sait pas si des régimes simplement « pauvres en glucides », mais sans atteindre l’état de cétose, procureraient des bénéfices comparables à ceux observés ici. L’étude s’intéresse à une forme très stricte de régime kéto.

Max Petersen prévient d’ailleurs que ce type d’alimentation reste très éloigné du régime occidental moyen : « La restriction en glucides nécessaire pour être en cétose est très sévère. La plupart des gens savent que le pain et les pâtes contiennent des glucides, mais peuvent ignorer que c’est aussi le cas de nombreux autres aliments, y compris des aliments généralement considérés comme sains, comme les légumes féculents, les fruits et les légumineuses », explique-t-il à ScienceAlert.

Ce que cela signifie pour un lecteur français

Les résultats de cet essai américain ne s’appliquent pas directement en France, où les recommandations officielles s’appuient plutôt sur une alimentation de type méditerranéen ou sur le modèle « manger varié et équilibré » préconisé par les autorités de santé.

Pour un Français en surpoids ou prédiabétique, cette étude suggère néanmoins plusieurs pistes :

  • réduire nettement l’apport en glucides peut avoir un effet important sur la graisse du foie et la prédiabète ;
  • un cadre médical ou diététique est indispensable avant de se lancer dans un régime aussi strict qu’un kéto thérapeutique ;
  • la qualité globale des aliments (présence de légumes, de protéines, de graisses de bonne qualité) reste centrale, quel que soit le « camp » choisi.

En France, un médecin généraliste ou un endocrinologue peut orienter vers un diététicien-nutritionniste pour adapter l’alimentation en cas d’obésité, de prédiabète ou de foie gras non lié à l’alcool. Les approches restent individualisées, en tenant compte des médicaments, des habitudes de vie et des éventuelles pathologies associées.

Régime kéto, méditerranéen, pauvre en graisses : comment s’y retrouver ?

Les grandes différences entre les trois approches

Pour comprendre les enjeux, il est utile de comparer la place des glucides, des graisses et des protéines dans ces trois régimes.

Régime Part approximative de graisses Objectif principal
Kéto Très élevée (73 % des calories dans l’étude) Induire la cétose en coupant presque tous les glucides
Méditerranéen Modérée (35 %) Mettre l’accent sur les graisses insaturées, les végétaux, le poisson
Pauvre en graisses Faible (15 %) Réduire les lipides, privilégier les aliments végétaux peu gras

Le régime méditerranéen mise sur l’huile d’olive, les fruits, les légumes, les céréales complètes, les légumineuses et le poisson, avec une consommation limitée de viande rouge et de produits transformés. Il est depuis longtemps associé à une réduction du risque cardiovasculaire dans de nombreuses études.

Le régime pauvre en graisses cherche surtout à diminuer l’apport lipidique, en privilégiant les végétaux, les produits céréaliers et des sources de protéines maigres.

Le kéto, lui, inverse complètement le schéma classique : les glucides sont ramenés à un niveau très bas, ce qui pousse l’organisme à utiliser principalement les graisses comme carburant, en produisant des corps cétoniques.

Ce qu’implique concrètement un régime kéto strict

Adopter un régime kéto thérapeutique comme dans l’étude ne signifie pas seulement supprimer les sucreries ou les sodas. Cela implique souvent d’éliminer ou de réduire fortement :

  • le pain, les pâtes, le riz, les pommes de terre ;
  • la plupart des fruits ;
  • de nombreuses légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots) ;
  • certains légumes riches en amidon.

À la place, l’assiette se compose en grande partie d’aliments riches en graisses et en protéines : viandes, poissons, œufs, fromages, huiles, oléagineux, accompagnés de légumes pauvres en glucides.

Cette réorganisation radicale peut s’avérer difficile à tenir dans la durée pour une grande partie des personnes. Elle nécessite souvent un accompagnement, une bonne connaissance des aliments et une surveillance médicale, surtout en cas de pathologies associées ou de traitement médicamenteux.

Un intérêt potentiel combiné à des limites à ne pas négliger

L’essai présenté par ScienceAlert met en avant des bénéfices notables du régime kéto sur des facteurs comme la graisse du foie et la prédiabète, à perte de poids identique. Il renforce l’idée que la composition de l’alimentation, et pas seulement les calories, joue un rôle clé dans la santé métabolique.

Les auteurs rappellent toutefois plusieurs limites : petit nombre de participants, durée relativement courte, contexte très encadré, et impossibilité de dire si ces effets se maintiennent au long cours ou en vie réelle. Ils soulignent aussi que tous les régimes testés ont permis d’atteindre 10 % de perte de poids, ce qui, en soi, reste déjà un gain important pour la santé.

Pour un lecteur français concerné par l’obésité, la prédiabète ou la stéatose hépatique non alcoolique, ces résultats invitent surtout à discuter avec un professionnel de santé des différentes options alimentaires possibles, du degré de restriction acceptable et des bénéfices attendus, plutôt qu’à adopter seul un régime kéto strict sans suivi.

Questions fréquentes

Pourquoi le régime cétogène améliore-t-il davantage la santé du foie ?

La réduction extrême des glucides en kéto (seulement 4 % des calories quotidiennes dans l'étude) entraîne des niveaux très bas de glucose et d'insuline dans le sang. Cela freine la production de nouvelles graisses dans le foie, favorise la dégradation des graisses stockées et améliore la réponse du foie à l'insuline.

Le régime cétogène riche en graisses n'augmente-t-il pas le risque cardiovasculaire ?

Contrairement aux attentes, les chercheurs ont observé que les facteurs de risque cardiovasculaire avaient tendance à s'améliorer chez les participants kéto, même avec un apport en lipides représentant 73 % des calories quotidiennes. Les profils de cholestérol sanguin ne se sont pas dégradés.

Combien de personnes ont participé à cette étude et est-elle fiable ?

Quarante-deux adultes obèses et prédiabétiques ont participé à l'essai clinique. Les chercheurs reconnaissent que la petite taille de l'échantillon peut masquer certaines différences et qu'il faudra des études plus larges pour confirmer ces résultats.

Cette étude reflète-t-elle la réalité de l'alimentation quotidienne ?

Non, l'étude s'est déroulée dans un cadre très contrôlé aux États-Unis avec une prise en charge complète de l'alimentation des volontaires. Chaque repas était calibré, ce qui ne correspond pas à la vie quotidienne où chacun doit faire ses courses, cuisiner et gérer la tentation.

Les régimes simplement « pauvres en glucides » donnent-ils les mêmes résultats que le kéto strict ?

L'étude ne s'intéresse qu'à une forme très stricte de régime cétogène. Max Petersen prévient que la restriction en glucides nécessaire pour atteindre l'état de cétose est très sévère, et on ne sait pas si des régimes moins stricts procureraient des bénéfices comparables.
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