Au Portugal, un pharmacien affirme que la plupart des gens avalent leurs comprimés de la mauvaise façon… et propose une méthode étonnamment simple.
Dans un article du média en ligne portugais Notícias ao Minuto, un pharmacien explique que le geste que beaucoup répètent depuis l’enfance pour avaler leurs médicaments ne serait pas le plus adapté. Il détaille une astuce très concrète pour faciliter la prise des comprimés, notamment pour celles et ceux qui peinent à les avaler, et rappelle aussi les règles à respecter lorsque l’on envisage de les couper.
Un pharmacien portugais remet en cause notre manière d’avaler les comprimés
La scène est connue : le comprimé posé sur la langue, puis un grand verre d’eau pour le faire passer. Pour le pharmacien portugais Guille, qui intervient sur les réseaux sociaux, cette méthode n’est pas idéale. Selon lui, beaucoup de personnes « peuvent avoir passé une vie entière à prendre mal leurs comprimés », rapporte Notícias ao Minuto.
Dans une de ses vidéos, ce professionnel de santé s’adresse en particulier aux patients qui ont du mal à avaler les médicaments solides. Il décrit une alternative très simple, que l’on peut reproduire chez soi avec un objet que l’on trouve facilement dans les cuisines ou les bars.
L’astuce du pharmacien : oublier le grand verre d’eau et utiliser un petit verre de type « shot » pour avaler le comprimé sans s’en rendre compte.
Pourquoi le grand verre d’eau n’est pas toujours la meilleure option
Le pharmacien part d’un constat : la plupart des gens mettent le comprimé directement dans la bouche, puis boivent en suivant une bonne gorgée, voire un grand verre d’eau. « C’est une erreur », explique-t-il dans la publication relayée par le média portugais.
Ce geste peut gêner la déglutition, surtout chez les personnes anxieuses ou sensibles au réflexe nauséeux. Le comprimé colle parfois au palais, se place de travers sur la langue ou reste coincé quelques instants dans la gorge, ce qui crée une sensation désagréable, voire angoissante.
Résultat : certains patients repoussent leur traitement, le prennent en retard, ou finissent par abandonner un médicament pourtant prescrit pour une pathologie chronique.
L’astuce du petit verre : comment procéder concrètement
La solution proposée par le pharmacien est étonnamment basique : se servir non pas d’un grand verre, mais d’un petit verre type « verre à shot ».
Le principe : mettre un fond d’eau dans un petit verre, y déposer le comprimé, puis avaler le contenu en une seule gorgée.
Selon les explications rapportées par Notícias ao Minuto, la méthode se déroule en trois étapes :
- remplir un petit verre avec une petite quantité d’eau ;
- y placer le comprimé, qui flotte ou tombe au fond ;
- porter le verre aux lèvres et avaler le tout d’un seul geste.
Le pharmacien souligne que « de cette façon, vous ne remarquerez même pas que vous l’avez pris ». Le comprimé est entraîné rapidement avec l’eau, ce qui réduit la sensation de « blocage » dans la bouche ou la gorge.
Pourquoi ce geste peut faciliter la déglutition
Avec une petite quantité de liquide, la gorgée est plus contrôlable. La langue et le palais sont moins sollicités, le comprimé reste en suspension dans l’eau et ne colle pas aux muqueuses. L’ensemble glisse en bloc vers l’arrière de la bouche, ce qui limite le réflexe nauséeux.
Pour les personnes sujettes à la phobie des comprimés, ce type de stratagème peut aider à reprendre confiance. L’enjeu est loin d’être anodin : une prise correcte et régulière des traitements conditionne leur efficacité.
Casser un comprimé récalcitrant : une fausse bonne idée ?
Le média portugais élargit ensuite la question : que faire lorsque le comprimé est trop gros ou trop difficile à avaler entier ? Beaucoup de patients choisissent spontanément de le casser.
Dans certains cas, ce geste ne pose pas de problème particulier et n’altère pas l’effet du médicament. Mais, comme le rappelle l’Ordre des pharmaciens portugais, cette pratique peut aussi s’avérer risquée selon le type de comprimé concerné.
Certaines formes orales ne doivent pas être cassées, car le fractionnement peut modifier la dose reçue, changer la manière dont le médicament se libère dans l’organisme ou provoquer des irritations locales.
Les alternatives possibles avant de casser un médicament
L’Ordre des pharmaciens du Portugal recommande, chaque fois que c’est possible, de contourner la difficulté en changeant de forme pharmaceutique. Plusieurs options existent :
- solutions buvables (liquides à mesurer à la cuillère ou avec une seringue graduée) ;
- comprimés effervescents à dissoudre dans l’eau ;
- granulés ou poudres pour suspension orale, à mélanger dans un verre.
Lorsque ces alternatives ne sont pas disponibles, casser le comprimé peut être envisagé, mais seulement avec l’avis d’un professionnel de santé.
La fameuse « ligne » au milieu du comprimé : un repère à manier avec prudence
Dans de nombreux cas, les comprimés comportant une petite rainure au milieu peuvent être divisés. Cette marque indique généralement l’endroit où le médicament peut être fractionné.
L’Ordre des pharmaciens portugais prévient toutefois que cette règle n’est pas universelle : tous les comprimés avec rainure ne sont pas forcément prévus pour être cassés. L’organisme insiste : il faut d’abord en parler avec son pharmacien.
Le risque, en fractionnant à l’aveugle, est de casser un comprimé qui ne se partage pas bien, voire d’obtenir deux morceaux de tailles très différentes. Dans ce cas, la dose ingérée n’est plus fiable, ce qui peut entraîner un sous-dosage ou un surdosage.
Les comprimés qu’il ne faut surtout pas casser
Certaines catégories de médicaments ne sont généralement pas destinées à être fractionnées. L’Ordre des pharmaciens portugais met particulièrement en garde sur plusieurs cas de figure.
| Type de comprimé | Raison d’éviter de le casser |
|---|---|
| Comprimés pelliculés (avec film ou enrobage) | Le revêtement sert à masquer le goût ou l’odeur, ou à protéger le médicament. |
| Formes à libération prolongée ou modifiée | Le fractionnement peut libérer le principe actif trop vite. |
| Comprimés asymétriques | Risque d’obtenir des fragments contenant des doses inégales. |
Pour les comprimés pelliculés, l’organisme explique que le film de surface peut avoir plusieurs objectifs : masquer un goût très amer, neutraliser une odeur désagréable, protéger le principe actif de l’acidité de l’estomac ou au contraire protéger la muqueuse digestive. Si l’enrobage est rompu, le médicament peut avoir un goût jugé « intolérable » et, dans certains cas, perdre une partie de son intérêt pharmaceutique.
Les comprimés asymétriques posent un autre problème : il devient quasi impossible de casser la tablette en deux parties vraiment équivalentes. Le patient peut alors recevoir une dose trop faible un jour, trop forte le lendemain, sans s’en rendre compte.
Ce que cela signifie pour un patient en France
Les principes rappelés par l’Ordre des pharmaciens portugais sont partagés en France par les autorités sanitaires et les pharmaciens d’officine. L’Ordre des pharmaciens français, comme l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), rappelle régulièrement que la forme d’un médicament n’est jamais choisie au hasard.
En pharmacie en France, le réflexe attendu reste le même : avant de casser un comprimé ou de modifier sa forme (l’écraser, le mâcher, le dissoudre sans indication formelle), il faut se tourner vers un professionnel de santé. Pharmacien d’officine et médecin traitant peuvent proposer :
- un dosage différent, avec des comprimés plus petits ;
- une forme buvable, si elle existe ;
- une autre molécule ayant la même indication mais une présentation plus adaptée.
En maison de retraite ou en établissement de santé, l’écrasement des comprimés est par exemple très encadré, justement pour éviter les erreurs de dose ou les modifications d’absorption du médicament.
Quand la difficulté à avaler cache un autre problème
Pour certains patients, l’enjeu dépasse la simple gêne passagère. Des troubles de la déglutition, liés à l’âge, à une maladie neurologique ou à des antécédents de chirurgie ORL, peuvent rendre la prise de comprimés particulièrement délicate. Dans ces situations, le médecin peut orienter vers un examen spécialisé et adapter les traitements.
La crainte d’avaler de travers peut aussi prendre une dimension psychologique. Des personnes sans problème médical particulier développent une véritable appréhension, voire une phobie. L’astuce du petit verre peut alors être un premier outil, mais un accompagnement par un professionnel de santé ou un psychologue peut parfois s’avérer nécessaire.
Quelques repères pratiques à garder en tête
Pour limiter les mauvaises surprises avec un traitement sous forme de comprimés, certains réflexes restent valables quel que soit le pays :
- lire systématiquement la notice, qui précise si le comprimé peut être cassé, mâché ou doit être avalé entier ;
- ne jamais improviser avec un médicament pelliculé ou à libération prolongée ;
- signaler dès la prescription que l’on a du mal à avaler les comprimés ;
- demander conseil à son pharmacien avant toute modification du mode de prise.
La technique du petit verre popularisée au Portugal par le pharmacien Guille illustre une réalité souvent sous-estimée : l’efficacité d’un traitement ne dépend pas seulement de la molécule ou de la dose, mais aussi de gestes très concrets du quotidien. Un simple changement d’habitude peut parfois rendre un traitement bien plus supportable, à condition de respecter les consignes de sécurité autour du médicament lui-même.









